Sartosa

De La Bibliothèque Impériale

Une rumeur qui circule dans le Vieux Monde affirme que tous les Tiléens sont des pirates. En fait, ce n'est rigoureusement vrai que pour les Sartosiens. La cité franche de Sartosa est bien connue pour être un repaire de pirates et de brigands de tout poil, un refuge où l’on accueille sans poser de questions tous ceux qui veulent se soustraire aux pouvoirs en place du Vieux Monde et c'est pour cette raison que cette cité est souvent baptisée la Cité des Pirates. C’est un endroit terriblement dangereux, où des pirates ivres n’hésitent pas à enrôler de force les individus sans méfiance, où chaque heure connaît son lot de duels et de bagarres de taverne, où les docks crasseux et surpeuplés sont infestés de coupe-jarrets et de tire-laine à l’affût de proies faciles Pourtant, malgré tous ces périls, un aventurier suffisamment coriace et doté d’une indomptable volonté de survivre peut non seulement subsister, mais également faire fortune, débarrassé du joug écrasant des impôts iniques, de la noblesse autoritaire et des contraintes de lois draconiennes. À partir des rivages de Sartosa, de fabuleuses contrées exotiques sont à portée de main, depuis l’Arabie, au sud, jusqu’à l’immense continent qui s’étend au-delà du Grand Océan, en passant par les Principautés Frontalières, à l’est.

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L’Histoire de Sartosa

La côte de Sartosa est rocheuse et les terres intérieures sont plutôt accidentées. Les Elfes y possédaient une colonie qui fut plus tard occupée par les Tiléens venus du continent. Hélas, la cité qu'ils édifièrent fut détruite par la flotte de Settra. La quasi totalité de la population fut tué et les ruines de la cité de Sartosa restèrent abandonnées pendant longtemps, mais un jour débarquèrent des pillards nordiques. Ils vainquirent facilement les habitants éparpillés de l'île et la petite garnison de mercenaires de Luccini. Depuis ce repaire, les Nordiques ravagèrent les côtes de Tilée jusqu'à leur défaite lors de la bataille navale de Cappo Cinno. Les Nordiques survivants furent engagés comme mercenaires par Luccini et purent rester sur l'île pour la garder. Leurs descendants furent cependant balayés par la flotte d'invasion des corsaires d'Arabie commandée par Nafal Muq en 1240. Les corsaires occupèrent l'île pendant à peu près deux cent cinquante ans, au cours desquels ils furent une menace constante. Plusieurs batailles navales eurent lieu dans les parages de Sartosa entre les corsaires et les galères de Luccini, Remas et Tobaro.

Finalement, l'île fut arrachée des mains des corsaires par une armée mercenaire dirigée par Luciano Catena. C'était un prince de Luccini et un descendant, comme son nom l'indique, des jumeaux divins Lucan et Luccina. L'émir Abd al Wazaq et ses corsaires furent repoussés dans leur forteresse de la cité de Sartosa et contraints à la reddition après un siège très long et sanglant. Luciano permit à Al Wazaq de s'enfuir en Arabie à la condition qu'il abandonne tous ses trésors, dont beaucoup d'œuvres d'art volées en Tilée. Al Wazaq dut aussi abandonner les femmes de son harem, qu'en désespoir de cause il avait entraînées pour lui servir de gardes du corps. Elles furent promptement recrutées comme mercenaires par les Tiléens !

Le reste des corsaires survivants fut autorisé à rester sur place et fut engagé pour servir dans la flotte de Luciano. Ce fut l'une des premières fois que des mercenaires d'Arabie étaient engagés par un général Tiléen. Luciano et ses héritiers dirigèrent Sartosa comme une principauté pendant quelque temps. La cité fut reconstruite, ses défenses furent renforcées, et elle devint une base pour la flotte mercenaire des princes de Luccini. Mais cette période de stabilité ne devait pas durer. Il y avait plusieurs contingents de mercenaires occupants les forteresses à divers endroits de l'île, et certains dans différentes tours à l'intérieur de la cité elle-même. Les rebellions contre le prince devinrent de plus en plus fréquentes et Sartosa fut de plus en plus difficile à contrôler.

Finalement, le prince perdit toute autorité sur l'île lorsque la flotte de galères mercenaires se mutina. L'anarchie régna alors tandis que les bandes de mercenaires s'entre-déchiraient. La plupart des mercenaires de l'île se firent pirates, pillant les navires Tiléens et tout ce qui naviguait en Mer du Sud. Cela se révéla bien plus profitable que la profession de soldat de fortune, les chances de survie étaient plus élevées, ainsi que les gains.

Les diverses bandes de mercenaires qui occupaient l'île cessèrent de se battre entre elles et commencèrent à collaborer lors d'actions de piraterie. Les attaques de navires et des côtes de la Mer Tiléenne rapportèrent des hordes de captifs et d'otages qui vinrent grossir la population de Sartosa jusqu'à ce qu'elle devienne un repaire de pirates sans foi ni loi.

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Les Autorités en Place

La cité de Sartosa n’est soumise à l’autorité d’aucun roi, comte ou maire. Les prêtres et les sorciers n’y tiennent pas conseil afin d’offrir le secours de leur sagesse. On n’y trouve aucune aristocratie qui vaille la peine d’être mentionnée. Sartosa est gouvernée par une seule puissance : celle des pirates.

En théorie, à Sartosa, chacun bénéficie des mêmes libertés, mais ces libertés sont le produit de l’anarchie et ne s’accompagnent d’aucun droit, ou presque, si ce n’est celui que procurent la force et la volonté d’en user. En pratique, tous les citoyens de Sartosa doivent allégeance et services à leurs supérieurs dans la hiérarchie sociale. Au sommet de cette échelle trônent les Seigneurs Pirates, des capitaines « à la retraite » qui se sont arrogé les privilèges de la noblesse et des riches oisifs. Il s'agit d'un titre plutôt pompeux pour quelqu'un qui ne règne pas vraiment mais se contente d'appliquer une justice expéditive lors des disputes concernant le butin.

Une Cité Véritablement Libre

Pour le meilleur ou pour le pire, Sartosa est presque absolument affranchie des intrigues politiques qui sont le lot commun dans les autres cités-états de Tilée. En plus de son statut de « cité franche », qui lui offre une complète indépendance face à toutes les organisations politiques, les individus y jouissent d’une liberté d’action considérable. Malgré l’anarchie généralisée et le manque à peu près total de législation, la population se conforme tout de même aux règles du "code de la Piraterie". La ville est considérée comme un terrain neutre par tous les pirates des mers et des océans. N’importe quel capitaine peut venir s’amarrer à ses jetées sans craindre d’être arrêté ou abattu par les représentants de l’ordre au moment où il posera le pied à terre ; néanmoins, cela ne signifie pas qu’il n’aura pas à affronter ses rivaux si d’aventure ceux-ci se trouvent à quai en même temps que lui.

Le Code de la Piraterie

Le soi-disant "code de la Piraterie" est la seule réglementation qui ait cours à Sartosa, pardonnant les larcins mais appliquant souvent la peine définitive aux meurtriers, aux escrocs et aux traitres. Il met à la fois l’accent sur la liberté individuelle et sur la loyauté qu’un individu doit à son capitaine, ses compagnons d’équipage et son navire (dans cet ordre). Tous ne s’y soumettent pas, mais il est suffisamment bien connu pour que tous les habitants de la ville soient avertis de ses différentes règles, ne serait-ce que pour sauvegarder leur peau.

Lorsqu’un homme en tue un autre, on considère qu’il est dans son droit si son honneur a été bafoué de quelque manière que ce soit bien que, dans la plupart des cas, « la force prime sur le droit ». En revanche, il ne faut pas oublier que le fait de tuer un homme en pleine rue dans une ville gouvernée par des pirates expose généralement le meurtrier aux représailles de ses camarades de bord et la plupart des gens sont conscients des conséquences que peuvent entraîner de telles actions.

Voici l’énoncé de certaines des règles non écrites du code. Ces règles peuvent toutefois être interprétées de mille manières différentes et il est toujours possible de les déformer à loisir (pour autant que le contrevenant soit capable de convaincre ses interlocuteurs que c’est lui qui est dans le vrai).

  • Chaque homme doit obéir aux ordres de son capitaine et de ses officiers.
  • Un homme d’équipage a le droit de défendre sa personne ainsi que son honneur.
  • Un homme peut en défier un autre en duel loyal, mais c’est son adversaire qui aura le choix des armes. Personne ne pourra s’interposer avant que l’un des deux adversaires ne soit mort ou ne se soit avoué vaincu.
  • Le butin sera partagé de la manière suivante : 1 part pour chaque homme d’équipage ; 3 parts pour le capitaine ; 2 parts pour le maître charpentier, le maître d’équipage et le canonnier.
  • Quiconque tente de déserter sera abandonné sur une île déserte avec pour seul provision une arme et une gourde d’eau.
  • Quiconque fait preuve de paresse ou néglige de nettoyer ses armes sera privé de sa part au prochain butin.
  • Quiconque frappe un membre de l’équipage aura le dos tanné de 40 coups de fouet appliqués sur la peau nue.
  • Chacun a le droit de voter lors des décisions importantes.
  • Quiconque sera surpris en train de voler un autre membre d’équipage aura les oreilles et le nez fendus avant d’être abandonné à terre.
  • Pour avoir fait monter une femme à bord sous un déguisement, le châtiment est la mort.
  • Nul ne pourra quitter l’équipage avant que chacun de ses membres n’ait amassé la somme de 500 Co.
  • Aucun homme d’équipage n’est autorisé à fraterniser avec des sorciers ou d’autres pratiquants des arts sombres.

Les Seigneurs Pirates

Tous les pirates, ou presque, rêvent de découvrir un trésor qui leur permettra de se retirer à Sartosa pour y vivre fastueusement en riches aristocrates. Les capitaines les plus prospères achètent ou se font bâtir de vastes villas au cœur de la ville ou parmi les collines rocheuses qui forment les contreforts du mont Ertinia. Certains abandonnent totalement la piraterie et vendent tous leurs navires, tandis que d’autres préfèrent conserver le contrôle de leurs affaires qu’ils dirigent comme un commerce ordinaire. Quelle que soit leur préférence, ces Seigneurs Pirates mènent l’existence de tous les riches oisifs du monde.

En tant que citoyens les plus riches et les plus influents de Sartosa, les Seigneurs Pirates endossent souvent le rôle de dirigeants officieux de la ville : ils arbitrent les disputes et émettent des « suggestions » qui auraient force de loi dans d’autres contrées. Cependant, la plupart du temps, ils ne demandent pas mieux que de laisser les Sartosiens gérer leurs propres affaires comme ils l’entendent. La concurrence et les rivalités sont rudes entre Seigneurs Pirates et certains d’entre eux nourrissent de solides rancunes à l’égard de leurs confrères. Ils sont toutefois conscients qu’ils n’ont aucun intérêt à rompre le statu quo et évitent donc d’entrer en guerre ouverte. Ils préfèrent régler leurs éventuelles « difficultés » par personne interposée, au moyen d’assassinats discrets et de toutes sortes de manœuvres plus ou moins frauduleuses.

De tels Seigneurs Pirates ont été très nombreux au cours des siècles, et la plupart ne sont pas morts de vieillesse ! Le plus long règne est celui de la "Princesse Pirate de Sartosa", sans aucun doute grâce à sa réputation méritée d'être dix fois plus cruelle que n'importe lequel de ses prédécesseurs !

La piraterie est la raison d’être de Sartosa et l’île accueille à bras ouverts tous ceux qui se conforment au code de la Piraterie. Bien qu’il existe une modeste économie basée sur les produits de la mer, la construction de navires, la fabrication de cordages et autres activités similaires, l’essentiel des finances et des marchandises qui alimentent Sartosa proviennent du pillage des vaisseaux marchands qui sillonnent la mer Tiléenne ou des petites villes côtières mal défendues qui jalonnent ses rivages.

Les Mercenaires

Tous les habitants de Sartosa ne sont pas des pirates : la seconde catégorie de citoyens, en terme de nombre, se compose de mercenaires. À ce que l’on dit, tout homme possédant au moins une massue et la volonté de s’en servir peut trouver du travail dans l’une des nombreuses sociétés de mercenaires de Sartosa. On y croise d’anciens soldats impériaux, des chevaliers Bretonniens en disgrâce, des Nains errants, des Tueurs, des piquiers Tiléens et des bretteurs Estaliens, tous à la recherche d’un emploi. La plupart finissent par se faire embaucher comme gardes du corps par les plus riches capitaines ou comme marins sur des vaisseaux pirates.

Pour faire face à la demande en hommes d’armes, plusieurs sociétés de mercenaires se sont constituées un peu partout et il est possible d’y trouver du travail sans grandes difficultés. Quelques-unes ont conclu des « contrats d’exclusivité » avec l’une ou l’autre des cités-états Tiléennes, dont certaines engagent parfois des armées entières pour mener certaines de leurs campagnes. Ces sociétés n’hésitent pas à s’affronter avec la dernière brutalité lorsqu’il s’agit de s’assurer les services de nouvelles recrues et il n’est pas rare qu’elles aillent jusqu’à se lancer dans des guérillas plus ou moins ouvertes contre leurs concurrentes. Désireux de rester en dehors des intrigues des diverses sociétés, certains mercenaires préfèrent voler de leurs propres ailes. Il y a suffisamment de travail pour tout le monde, mais un mercenaire solitaire court toujours le risque de se faire « engager » de force par l’une ou l’autre de ces sociétés, particulièrement s’il a la réputation d’être efficace.

Les Cités-États de Tilée

Les nobles Tiléens ne détiennent aucun pouvoir légal ou autorité sur Sartosa, mais ils n’en exercent pas moins une influence considérable sur l’économie de la cité pirate et on peut dire, de manière assez ironique, qu’ils sont ses principaux partenaires commerciaux. Il est de notoriété publique que les nobles et les marchands des cités-états utilisent fréquemment des pirates pour transporter leurs cargaisons, garder leurs propres navires ou attaquer les vaisseaux de leurs concurrents, bien que tout le monde nie qu’une telle chose ait pu arriver lorsqu’elle se produit. Il n’est pas exceptionnel que des aristocrates, leurs intermédiaires ou de riches marchands se rendent à Sartosa afin de s’assurer les services d’un capitaine et de son vaisseau pour toutes sortes d’affaires aussi illégales que frauduleuses. Cependant, quoi qu’en dise la légende, il n’existe guère de code d’honneur chez les brigands et il n’est pas rare qu’un navire pirate se retourne contre ses employeurs pour piller les vaisseaux du noble Tiléen qu’il était justement chargé de protéger. Malgré tout, pour chaque route maritime interdite par la marine Tiléenne, une nouvelle route s’ouvre car les profits du commerce illégal sont trop alléchants pour que tout le monde puisse résister à l’appât du gain.

Au fil des siècles, irritées par les abus des pirates, les cités-états ont plusieurs fois tenté d’assiéger Sartosa, mais toutes leurs tentatives ont échoué. Chaque fois que cela s’est produit, les pirates se sont unis, ont constitué un imprenable rempart de galions et de cotres et ont décimé toutes les flottes qui se présentaient.

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L’Île de Sartosa

L’île elle-même est un promontoire rocheux, escarpé, qui naquit il y a bien des années de l’éruption d’un volcan à présent (quasiment) en sommeil, le mont Ertinia. Elle est en permanence balayée par des vents alizés réguliers, soufflant de l’ouest, qui créent un courant constant très apprécié des pirates qui ont élu domicile dans ces eaux. On trouve peu de plages autour de l’île ; les murailles de ses falaises de calcaire poreux dominent la mer, s’élevant à des hauteurs qui peuvent aller de quelques mètres à plusieurs dizaines de mètres. Ces falaises sont truffées d’innombrables cavernes, tunnels et crevasses, pour la plupart accessibles depuis la mer, qui en font le repaire favori des pirates qui souhaitent établir de petites bases d’opération privées à l’écart de la cité. Seules quelques grottes, parmi les plus vastes et les plus proches de Sartosa, ont été complètement explorées. Les marins parlent de plusieurs grandes cavernes qui resteraient encore à découvrir et toutes sortes de rumeurs et d’histoires invraisemblables circulent au sujet des trésors, des monstres et des secrets interdits qui y seraient dissimulés, mais il est conseillé de ne pas se fier aux cartes achetées dans les ruelles de Sartosa.

La mer, elle-même, offre à Sartosa sa meilleure défense car le détroit qui sépare l'île du continent est animé d'un courant mortel, d'ailleurs baptisé le courant des pirates. Sa puissance est telle qu'aucun bateau ne peut accoster au nord de l'île. On ne peut s'approcher de l'île que par le sud, via les périlleux Sables du Crâne, une zone de bancs de sable sans cesse mouvante sur lesquels les bateaux peuvent facilement s'échouer. Seuls les pirates apprennent comment passer ces bancs de sable et le fait de révéler ce secret à un étranger constitue une trahison qui est généralement punie de la plus atroce des manières. Il arrive que même des bateaux pirates s'échouent sur les bancs de sable et, dans ce cas, la loi des Pirates leur applique la règle des épaves, ce qui signifie que leur cargaisons peuvent être prises avant que les vents et les marées disloquent les bateaux. Cela donne lieu à des combats sauvages entre les bandes rivales, sans parler des hommes de l'équipage du bateau échoué qui supportent mal de voir leur butin durement acquis être pillé alors qu'ils sont en vue du port d'attache.

Grâce au mont Ertinia, l’île est extrêmement fertile, mais le travail de la terre y est très difficile à cause de l’abondance de roches et de petits cailloux. La plupart des fermes sont proches de la cité mais on en trouve quelques-unes disséminées sur l’île ; elles produisent essentiellement du raisin, des olives et du blé. La superficie relativement modeste de ces fermes et l’insatiable appétit des pirates obligent la population de Sartosa à importer la plus grande partie de ses produits alimentaires. La plupart des fermiers sont obligés de se placer sous la « protection » d’un ou plusieurs Seigneurs Pirates qui s’approprient une large portion de leur récolte mais qui, en échange, les protègent des attaques des brigands, toujours à l’affût d’une bonne occasion de remplir les cambuses de leurs bateaux.

Les eaux environnantes sont extrêmement poissonneuses ; on y pêche sans le moindre effort une abondance de poissons, de poulpes, d’huîtres et de palourdes. Ces richesses marines constituent la principale ressource alimentaire de la population car les marchands honnêtes qui osent venir jusqu’à Sartosa pour commercer ne sont pas très nombreux. Les eaux peu profondes qui s’étendent autour de la cité et le long de la côte nord-ouest de l’île abritent également de nombreux bancs d’huîtres perlières. En vérité, les magnifiques perles fines que l’on y récolte constituent l’un des principaux produits d’exportation de Sartosa. La récolte de ces perles, une activité déjà dangereuse en elle-même, le devient doublement à cause des pirates en quête de profits faciles. Pour pouvoir continuer à exercer leur métier, la plupart des pêcheurs de perles acceptent à contrecœur la protection d’un certain nombre de pirates ou de factions criminelles… en échange d’une substantielle portion de leurs revenus, naturellement.

Le Mont Ertinia, les Dieux et Jack des Sept Mers

Sartosa est née de l’éruption d’un énorme volcan, le mont Ertinia, qui surgit des fonds océaniques il y a d’innombrables millénaires. L’un des contes les plus populaires de Sartosa raconte que l’île est apparue lorsqu’un jeune marin perdu en mer à la suite du naufrage de son navire supplia les Dieux de le sauver en leur promettant en échange sa foi et sa fidélité éternelle. Aucun des Dieux ne lui répondit, à l’exception de Ranald le Roublard qui lui accorda son sauvetage en laissant tomber dans les vagues une goutte de flammes et de lave en fusion qui fit monter une île au-dessus des flots. Hélas, cette arrogante intervention suscita la colère de Manann, le Dieu des Mers. Afin d’apaiser sa fureur, Ranald ordonna au marin de les honorer tous les deux, Manann et lui, par des offrandes d’or et de butin. Ne voyant aucun autre moyen de satisfaire à cette demande, le marin se fit pirate afin de payer sa dette et devint le plus célèbre de tous les pirates du monde : Jack des Sept Mers. De très nombreuses fables racontent les exploits de Jack des Sept Mers et certains le considèrent comme un aspect de Ranald lui-même.

Aujourd’hui le mont Ertinia est presque complètement en sommeil. De temps à autre, il émet un énorme panache de vapeur et de cendres qui retombent parfois sur la cité déployée au-dessous de lui. Les habitants de Sartosa sont particulièrement fiers de leur volcan dont la silhouette domine le paysage et ils le considèrent comme une sorte de saint patron. Lorsqu’ils aperçoivent le volcan sur l’horizon, les marins qui reviennent vers les rivages sartosiens ont coutume de verser une rasade de rhum dans les vagues en accompagnant cette offrande d’un salut rituel : « Ertinia en vue! »

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La Cité de Sartosa

La cité de Sartosa s’accroche à son île rocailleuse, au sud de la péninsule Tiléenne. Comme la ville est le site le plus remarquable de l’île, la plupart des voyageurs les désignent toutes les deux du même nom. Étant donné la distance qui la sépare des autres cités-états Tiléennes, Sartosa n’est quasiment pas mêlée aux imbroglios politiques qui agitent le continent. Bien que son éloignement puisse présenter un certain nombre d’avantages, cette distance, ainsi que la réputation plutôt louche de la cité, découragent la plupart des colons de venir s’y installer, en dehors des pirates qui en ont fait leur port d’attache évidemment.

Malgré son statut de ville, la population autochtone de Sartosa est relativement peu nombreuse et ne peut rivaliser en nombre avec celles des autres cités, à part lorsque les pirates y font relâche, durant un mois à peu près, afin d’y dépenser leur or mal acquis. C’est une cité faite de bric et de broc, une immense agglomération de ruines et de tunnels mélangeant les architectures Elfe, Tiléenne et Arabienne, un empilement de quartiers accolés les uns aux autres au fil d’innombrables siècles par des individus appartenant à de nombreuses races et cultures différentes. Les diverses reconstructions consécutives aux canonnades occasionnelles ont donné un aspect bigarré à la ville. Les maisons qui bordent les rues offrent un panorama bigarré, une débauche de styles, de couleurs et de formes variés, où de belles villas de stuc blanc à toits de tuiles rouges voisinent avec des masures faites de bois flotté et de vieille toile à voile. Dans le plus ancien quartier de la cité, on trouve même quelques bâtiments en pierre de taille, incroyablement anciens, qui ne sauraient avoir été conçus par un esprit humain. Nul ne sait quels furent les bâtisseurs de ces étranges édifices ni quelle était leur destination première.

Les habitants de Sartosa sont aussi bariolés et disparates que les éléments qui composent son architecture. Des Tiléens de souche se promènent au coude à coude avec des mercenaires Norses, tandis que des gens de l’Empire cherchent querelle à des Bretonniens. On croise même parfois des individus à l’allure encore plus exotique, dont la couleur de peau et l’accent étranger trahissent les origines lointaines.

La cité est abritée par des murs, protégées des assauts maritimes par de gigantesques engins de guerre abrités à l'intérieur de la cité, ou encastrés dans de solides bunkers creusés dans les falaises avoisinantes.

Le Rocher de Jack des Sept Mers

Un spectacle insolite accueille les navires qui entrent dans la baie des Pirates, le port de Sartosa. Une grande statue grossièrement sculptée, représentant Jack des Sept Mers, se dresse sur un petit affleurement rocheux situé en plein milieu de la baie, le regard tourné vers le septentrion. Cette statue de 7 mètres de haut représente un homme tenant un grand sac en main. Personne ne sait qui a bien pu réaliser cette effigie, mais pour autant que quiconque puisse s’en souvenir, elle a toujours été là. Ce n’est pas un travail d’une grande finesse et les traits de son visage sont difficiles à discerner, même de près. En plus de cela, d’étranges symboles sont gravés sur le devant et l’arrière de la sculpture et personne n’a jamais pu déterminer quelle pouvait être leur signification. Cette statue est très aimée des pirates et de la population et les marins ont coutume de se rendre en canot jusqu’au rocher afin de déposer des offrandes à ses pieds avant de s’embarquer pour un long voyage.

Tous les quatre ou cinq ans, des rumeurs selon lesquelles la statue serait bien différente de ce qu’elle paraît se mettent à circuler dans les tavernes : on raconte qu’un trésor serait enterré sous ses pieds ou que les étranges symboles seraient en réalité une carte ou encore qu’elle s’animerait lors de certains jours particuliers. Bien sûr, il se trouve toujours quelques écervelés pour écouter ces boniments et certains n’hésitent pas à aller jusqu’au rocher pour essayer de creuser sous les pieds de la statue dans l’espoir de découvrir ce qui est censé y être dissimulé. Jusqu’à présent, personne n’a jamais eu la chance d’y trouver quoi que ce soit et tous ceux qui se font prendre se font généralement étriller, si ce n’est pire, car la population tout entière considère la statue comme la mascotte et la protectrice de la cité.

La Falaise

Sartosa est une cité verticale. Sa partie basse s’étend le long du rivage qui longe le pied d’une falaise montant à près de trente-cinq mètres de hauteur. Pour grimper jusqu’au sommet de cette falaise, les citoyens de Sartosa ont élevé un prodigieux labyrinthe de passerelles et d’échafaudages accrochés à la paroi de pierre. Plusieurs maisons s’agrippent également à la paroi, au milieu de cette forêt de planches, de perches et de madriers. Certaines demeures sont même directement creusées dans le calcaire poreux de la falaise. La plupart ne sont que des tanières sordides mais quelques-unes, généralement les plus anciennes, sont de somptueuses résidences richement aménagées.

Dans la journée, la circulation est très dense sur les étroites passerelles de ces échafaudages et elle peut même devenir dangereuse lorsque l’on y croise des conducteurs de bestiaux qui mènent leurs vaches ou leurs chevaux vers le sommet de la falaise. Le vent de mer qui souffle en permanence forcit parfois, cinglant la falaise de féroces bourrasques qui rendent les déplacements encore plus risqués. En dépit de ces périls, les gens de Sartosa s’accommodent très bien de leur situation et se moquent sans vergogne des nouveaux venus lorsqu’ils doivent escalader les hauteurs vertigineuses de leurs échafaudages branlants. Au fil des siècles, toutes sortes de cordes, de filets et d’équipements de sûreté ont été ajoutés aux passerelles et aux échelles ; en cas de chute, il est possible de se rattraper à l’un de ces filets, cordages ou autres supports, pour éviter une chute mortelle en direction des rues crasseuses qui serpentent loin au-dessous.

Une fois au sommet de la falaise, le visiteur découvre le panorama du reste de la ville déployée parmi une succession de collines rocheuses et peu élevées. La cité est beaucoup moins surpeuplée au sommet de la falaise et c’est là que l’on peut voir les belles demeures, les villas et les manoirs des Seigneurs Pirates.

La Rue de la Jambe de Bois

La principale artère de Sartosa est connue sous le nom de rue de la Jambe de Bois et elle constitue à elle seule une sorte de "quartier". C’est une avenue sinueuse et tortueuse qui longe le contour du bas de la falaise délimitant les bas quartiers de la ville. La rue de la Jambe de Bois est bordée de maisons délabrées et d’échoppes de tanneurs, de poissonniers, de forgerons d’armes et de dizaines de tavernes et d’auberges. Partout, des vendeurs de nourritures diverses et variées crient à qui mieux mieux pour vanter les mérites de leurs fricassées et victuailles de nature souvent douteuse. Des jongleurs et des bateleurs essayent tant bien que mal de gagner quelques sous en évitant de se faire rosser par les pirates avinés qui n’apprécient pas toujours leurs cabrioles.

Le Terrier Dans la Falaise

Le Terrier dans la Falaise est une taverne notoirement dangereuse, assez appréciée des pirates. C’est vraiment l’endroit où aller pour s’acoquiner avec un équipage ou conduire une affaire illicite de quelque nature qu’elle soit. Le Terrier est installé à l’intérieur d’une grotte naturelle qui s’ouvre dans la falaise, au-dessus de la rue de la Jambe de Bois. Dans la journée, elle ne paraît guère différente de n’importe quelle autre résidence ou bâtisse, mais dès la tombée du jour des torches et des lanternes sont allumées le long des passerelles et illuminent les bâches et les auvents qui décorent sa devanture. La musique est fournie par un aveugle qui joue de l’orgue de barbarie en essayant de couvrir les voix des ivrognes qui beuglent leurs chansons de mer tandis que les soubrettes dansent au son de ce charivari, pour la plus grande joie de la clientèle. Grecco, le propriétaire des lieux, prépare de savoureux ragoûts de porc, de poisson ou de volaille pour ses clients sous les yeux de son ara écarlate qui hoche la tête en rythme. Grecco a le don de se souvenir des noms et des visages de tous ceux qui visitent son établissement et il sait presque tout ce qui se passe dans la cité.

Les Docks

À Sartosa, on trouve d’innombrables docks et mouillages où s’ancrent les navires pirates, les vaisseaux marchands et les bateaux de pêche. Les docks fourmillent d’activité en permanence, quelle que soit la saison, de jour comme de nuit ; les équipages y arrivent et en repartent, les débardeurs chargent et déchargent les marchandises, les pêcheurs se préparent pour la prochaine journée ou débarquent le produit de leur pêche précédente. Bien que certains docks soient mieux fréquentés que d’autres, aucun n’est particulièrement sûr pour les naïfs ou les individus non avertis. Seul un imbécile aurait l’imprudence de s’y promener sans avoir au moins un poignard en poche et la plupart des gens n’hésitent pas à faire étalage de leurs armes afin de dissuader les agresseurs éventuels.

Les docks sont divisés en plusieurs zones, chacune avec son atmosphère caractéristique, ses conditions de mouillage spécifiques et ses propriétaires. En abordant pour la première fois à Sartosa, tout capitaine court le risque d’aboutir au "mauvais" dock et de subir toutes sortes d’inspections injustifiées et de harcèlements divers de la part des brutes qui contrôlent le quai où il s’est amarré, en plus de se voir extorquer des taxes d’amarrage exorbitantes. Ces docks changent souvent de mains et au retour de l’un de leurs voyages les capitaines qui ont l’habitude de traiter avec une catégorie particulière de canailles peuvent très bien découvrir que leurs docks favoris sont passés sous le contrôle d’un nouveau forban.

Les Docks de l’Homme Mort

Considérés de tous comme le pire mouillage de Sartosa, les docks de l’Homme Mort sont le lieu où viennent s’amarrer les navires des capitaines les plus méprisés. En plus des pirates et de quantité d’autres gredins, on y croise également les plus pauvres des pêcheurs et pêcheurs de perles, ainsi que toute une population de misérables qui triment jour et nuit pour gagner à peine de quoi survivre. Les jetées de planches branlantes des docks de l’Homme Mort sont le refuge des individus les plus durs et les plus désespérés. Ironiquement, c’est pourtant l’un des lieux de la cité où il est le plus facile de trouver du travail.

Les docks de l’Homme Mort possèdent quatre grandes jetées, toutes dans un état déplorable. Bien qu’elles soient suffisamment longues pour accueillir les plus gros navires, la plupart des capitaines qui possèdent ce genre de vaisseaux peuvent se permettre d’aller s’amarrer ailleurs. Ces docks sont sous la protection d’un Tiléen brutal, un certain Donato Buccina, une brute colossale qui se donne l’allure d’un respectable homme d’affaires, mais qui n’hésite pas à faire respecter sa loi par le meurtre et le passage à tabac sur son territoire. Il y a bien longtemps, Buccina a perdu son nez au cours d’une rixe et il recouvre ce qu’il en reste d’une prothèse plaquée d’or qu’il polit impeccablement jusqu’à ce qu’elle brille. Il porte des vêtements de gentilhomme, mais ceux-ci sont souillés de taches de vin et de sang. À moins d’un arrangement d’une nature ou d’une autre ou d’avoir réussi à marchander avec lui, Buccina exige une taxe de 1 co par pied de longueur pour chaque navire à quai. Il se désintéresse le plus souvent des pêcheurs les plus pauvres et les plus misérables, bien qu’il ordonne de temps à autre à ses sbires d’en rosser quelques-uns afin de renforcer sa domination sur cette partie des docks.

À l’extrémité de chacune des jetées se trouve une sorte de point de rencontre où tout le monde peut aller chercher un emploi, soit sur les divers navires qui se trouvent là, soit comme débardeur, soit dans l’une des quelques entreprises commerciales de l’endroit. Ce sont généralement des travaux éreintants, mais ils permettent aux indigents qui végètent ici de se procurer les quelques cliquets nécessaires à leur prochain repas. En plus de ces emplois légaux, les capitaines pirates sont toujours à l’affût de recrues potentielles et il n’est pas rare de voir passer leurs groupes de rabatteurs en maraude. Bien que l’esclavage soit considéré d’un très mauvais œil dans cette ville (les citoyens de Sartosa sont jaloux de leur liberté et considèrent l’esclavage comme la pire des ignominies), les « serviteurs assujettis » sont légion sur les docks de l’Homme Mort ; on les voit courir en tous sens parmi les jeunes matelots et les autres serviteurs, pressés d’accomplir les tâches et les corvées que leur confient leurs maîtres.

Regina Bacini

À l’extrême pointe nord de la cité, les docks du quartier de Regina Bacini sont les meilleurs de Sartosa… ce qui, en vérité, ne signifie pas grand-chose. On y voit les navires les plus impressionnants, ceux des Seigneurs Pirates les plus riches, et plusieurs d’entre eux possèdent même leur poste d’amarrage privé. Les jetées sont dans un bien meilleur état que la plupart de celles que l’on peut voir ailleurs à Sartosa. Seuls les plus indécrottables des idiots pourraient avoir l’idée de tenter le moindre esclandre à cet endroit où les membres d’équipages des meilleurs navires pirates patrouillent en permanence.

Chez Smithy

C’est la plus grande et la plus animée des tavernes du quartier de Regina Bacini. Smithy montre une préférence marquée pour la clientèle des gens de l’Empire ; les Tiléens, les Estaliens et les Bretonniens sont plutôt mal accueillis chez lui. Cette xénophobie débouche souvent sur de violents incidents car les marins étrangers mal informés qui poussent sa porte par hasard dans l’intention de boire une bonne chope n’y trouvent que des regards peu amènes et des insultes racistes plus désagréables encore. La soupe de poulpe de Smithy et la bière corsée qu’il importe du Reikland sont célèbres à Sartosa. Jour et nuit, la taverne résonne de chansons à boire impériales et elle est toujours bondée. Il n’est pas rare que les réjouissances se poursuivent sur les docks, avec les inévitables bagarres qui en résultent. Autrefois, Smithy était matelot dans la marine impériale. Il fut renvoyé pour ivresse et pour vol ; après plusieurs années d’errance sur les mers du sud, il a fini par aboutir à Sartosa où il a gagné sa taverne aux dés.

La Tête de Bœuf

C’est l’un des meilleurs restaurants de Sartosa, spécialisé dans les préparations à base de bœuf et de porc, deux denrées extrêmement prisées sur l’île. Après une prise exceptionnellement importante, les Seigneurs Pirates se font un devoir de célébrer l’événement ici, par un repas particulièrement plantureux. La nourriture y est étonnamment bonne et souvent accompagnée des vins les plus rares et des meilleures bières et Kvas de tout le Vieux Monde. La Tête de Bœuf est considérée comme un « terrain neutre » par tous les pirates : le port d’armes y est strictement interdit et la clientèle prend cette interdiction extrêmement au sérieux. Les contrevenants sont généralement jetés dehors et rossés, parfois à mort. Les récidivistes se voient interdire l’entrée du restaurant et peuvent s’attendre à se retrouver nez à nez avec la gueule d’un pistolet chargé (les gardes sont les seuls autorisés à porter une arme).

C’est ici que les aristocrates des cités-états de Tilée viennent négocier avec les capitaines pirates pour les embaucher en qualité de corsaires. Afin d’éviter d’être reconnus, par d’autres nobles ou des ennemis potentiels, ils viennent généralement masqués. Si l’un de ses clients n’a pas de masque, le patron peut lui en prêter un.

Les Docks du Flétan Noir

Il y a de nombreuses années, les jetées du dock du Flétan Noir furent dévastées par un raz-de-marée inattendu. La reconstruction se fit au milieu d’une grande confusion et d’amères disputes au sujet de la meilleure manière de procéder. Aujourd’hui, elles présentent l’aspect d’une masse désordonnée de quais et de bâtisses diverses Ces docks sont ceux de la « classe moyenne » de Sartosa : capitaines de pirates, petites pêcheries et autres affaires du même genre. Un bon nombre de ces petites entreprises sont installées directement sur les jetées, ainsi les marins n’ont même pas besoin de se rendre à terre pour obtenir tous les services dont ils ont besoin.

Le long des jetées du Flétan Noir se pressent de nombreuses tavernes et auberges, ainsi qu’un certain nombre de commerces d’alimentation et de maisons closes. Ces bâtisses s’élèvent à plusieurs étages de hauteur, perchées sur de hauts pilotis chancelants. Une multitude de cordes sont tendues entre les maisons, pavoisées d’innombrables drapeaux et bannières qui claquent au vent. La croyance populaire veut que le fait d’accrocher le pavillon d’une prise de mer à ces cordes porte bonheur à celui qui le fait et certains de ces drapeaux sont de véritables antiquités. Les docks du Flétan Noir sont bien connus pour la foule de camelots qui fourmillent dans ses rues, offrant aux passants toutes sortes de colifichets en provenance des quatre coins du Vieux Monde. La plupart de ces babioles sont absolument sans valeur, mais il arrive que l’un de ces marchands ambulants ait un objet réellement précieux à proposer. Toutefois, les acheteurs ont intérêt à se montrer circonspects car les tire-laine repèrent vite ceux qui font un peu trop étalage de leur argent. Ils les détroussent alors sans tarder et rapportent l’objet au camelot qui l’a vendu.

L’Armurerie de Fitzmann

C’est la plus importante boutique d’armes à feu de Sartosa. Bien que Fitzmann fabrique certaines des armes qu’il vend, il est avant tout brocanteur et achète la plus grande partie de son stock aux pirates qui reviennent au port après une fructueuse campagne. C’est ainsi que l’on peut trouver chez lui des armes originaires des quatre coins du Vieux Monde, mais la qualité est très variable. En général, Fitzmann achète ses marchandises à la moitié du prix, excepté pour la poudre noire qu’il paye au prix du marché car c’est un produit extrêmement demandé à Sartosa. Il essaye souvent ses nouvelles armes en tirant un coup de feu dans l’eau ; les gens du quartier se sont accoutumés à entendre des explosions, mais les nouveaux venus sursautent lorsque résonne une déflagration inattendue.

Il y a un an de cela, un marin ivre qui voulait démontrer la précision de son pistolet a tiré un coup de feu dans un baril de poudre, faisant exploser la moitié de sa boutique. Heureusement, l’incendie fut rapidement maîtrisé et son affaire fut sauvée, mais Fitzmann n’a pas encore terminé les réparations. Il emploie deux gardes du corps Tiléens pour empêcher que l’on s’introduise dans la boutique durant la nuit. Ces deux individus sont armés jusqu’aux dents et se promènent devant la boutique d’un air important, une demi-douzaine des pistolets de Fitzmann pendus à la ceinture, afin de décourager ceux qui pourraient avoir envie de se laisser aller à la tentation.

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Liste d'Armée

Il existe une liste d'armée totalement non-officielle, créée par des fans, pour mettre sur pieds une armée de pirates de Sartosa à Warhammer, disponible ici (en anglais) : Warhammer Armies : Pirates of Sartosa

Sources

  • Warhammer JdR : Le Compagnon
  • Livre d'Armée des Mercenaires V5