Naïade

De La Bibliothèque Impériale
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« Le simple fait de penser à ces elfines des eaux me rend dingue, surtout après ce qu’a fait cette sorcière. J’étais là, en train de pêcher pour arrondir ma journée et payer mon patron lorsque cette elfine est sortie de l’eau comme une fichue impératrice, toute dégoulinante et, si vous me le permettez, complètement nue à l’exception de ses cheveux bleus ! Du coup, je ne savais plus où regarder ; ces fichues elfines ont donc aucune dignité ! Elle m’a regardé comme si j’étais un bestiau, un peu comme Torie regarde le chien avant de lui balancer un coup de pied. « Que fais-tu? », qu’elle me demande d’une voix amusée, toute mouillée et bruissante. Je lui réponds que je pêche pour payer le patron. « Qui est le patron? » Je lui dis que c’est celui qui a fait construire ma maison et qui possède toutes ces terres, y compris la rivière. Et c’est là qu’elle a pas trop aimé. Elle est partie dans une rage folle. Elle m’a sauté dessus et m’a attrapé à la gorge et… bah… elle a lancé un sort ou un truc dans ce genre ! Elle est devenue cette… cette chose ! C’était pas naturel, ça c’est sûr. Et elle a essayé de me noyer ! Bon, c’est là que j’ai perdu connaissance. Lorsque je suis enfin revenu à moi, ma canne à pêche était cassée et mon poisson avait disparu. Satanée voleuse ! Mais ce n’est qu’en rentrant au village que j’ai réalisé l’ampleur de son crime. Il y avait foule autour de la maison du patron. Et du sang ; du sang partout. Sur les murs, sur le toit de chaume. C’était horrible ; tout simplement horrible. Le corps du patron était dehors, pendu à son arbre par un crochet qu’on lui avait planté dans la bouche. Je hais les Elfes ! Et je la déteste tout particulièrement ! Lorsque je lui mettrai la main dessus, je la corrigerai pour ce qu’elle a fait au patron. »
- Branweed Bouclesseau, Chasseur d’Elfes
« J’entends leurs chuchotements moqueurs. Là où les arbres sont soignés et aimés, on m’ignore. Les Asur se détournent de moi. Eh bien, j’en ferai de même à leur égard ! Je chanterai lorsqu’ils viendront, mais cette fois, ce sera un chant différent… »
Lorilli, Naïade du Reik

Les Naïades sont de beaux et insaisissables esprits de la nature qui vivent dans les cours d’eau du Vieux Monde. À l’instar des Dryades, ce sont des métamorphes nés, capables d’adopter une terrible forme martiale. Souvent, elles prennent l’apparence d’Elfes minces à la peau bleu pâle. Elles ont les yeux et les cheveux blancs ou bleus, et semblent toujours avoir la peau humide. Les Naïades aiment la solitude et défendent farouchement leur territoire contre toute menace potentielle. Ce sont des créatures insondables, capables de céder à leurs émotions sans crier gare.

L’existence des Naïades est sujette à de nombreux débats. Ce que nul ne saurait contester, c’est que de nombreux récits populaires décrivent différentes espèces de belles jeunes femmes des cours d’eau qui attirent les hommes et sonnent leur glas. Certaines de ces histoires sont plus connues que d’autres, mais la plus célèbre reste celle de Lorlay.

Je vois la jeune femme assise,
Si belle sur un rocher déchiqueté.
Ses yeux tout de blanc brillent,
alors qu’elle coiffe ses cheveux dorés,

De ses douces mains lissées.
Elle fredonne des chants d’antan.
Ils sont profonds et envoûtants,
Issus de rimes merveilleuses.

Un batelier la regarde et l’écoute,
Charmé par le chant qui retentit,
Il ignore la falaise qui le guette,
Laissant son canot le mener à sa perte.

Le Reik dévore l’un et l’autre,
L’homme et son bateau.
Et nous sommes témoins du pouvoir
De Lorlay à la voix haut perchée.

Franz-Heinrich Holzer

Ce qui rend ce texte unique, c’est que Lorlay est le nom d’un endroit réel, d’une d’imposante formation volcanique située au beau milieu du Reik, à une soixantaine de kilomètres en aval de Grissenwald. Le fleuve se sépare donc en deux à son niveau, le courant accélérant considérablement de chaque côté de l’affleurement. Bien qu’il soit possible d’y élever un pont, nul n’a jamais pris la peine de le faire. L’auberge qui se trouve tout près fait des affaires incroyables grâce à la légende de Lorlay et est devenue un lieu populaire auprès des riches Altdorfers qui viennent y passer leurs dernières nuits avant leur mariage.

Pour les humains, la seule preuve de l’existence des Naïades leur vient de vieux textes Nains et Elfiques, comme ceux que l’on trouve dans les bibliothèques de l’Ordre Lumineux d’Altdorf.

Il est très difficile de trouver des textes fiables au sujet des Naïades, mais ce n’est pas impossible. Par exemple, les Carnets d’Inthelion constituent une bonne référence : "Mon cœur fut comme transpercé lorsque j’en reçus l’ordre, car nous allions être séparés. Ma belle épouse ne peut quitter sa demeure au cours lent. Contrairement à Orialthanus, je ne puis désobéir. Je reviendrai, mais ne connaîtrai plus la joie." Pour une description plus explicite et venimeuse, reportez-vous au Livre des Rancunes : "Puissent-elles toutes bouillir dans l’huile personnel de Dwimmulsson ! Ces fichus Elfes se mêlent de tout ce qui ne les regarde pas ! Avons dû abandonner les navires hier car ils ne flottaient plus. Fichus esprits des rivières !" Il semblerait donc que les Naïades existent, ou du moins existaient. Du reste, peut-être sont-elles apparentées aux Dryades de Bretonnie ?
- Sigo Bentele, Magister de l’Ordre Lumineux

La précision de tels extraits est rare et contredit les affirmations des érudits Elfes et Nains contemporains, qui ne semblent pas vouloir débattre officiellement du sujet. Pour de nombreux érudits, cet état de fait semble laisser entendre qu’il faut creuser la question.

Source[modifier]

  • Warhammer JdR : Le Compagnon