L'Empire et la Répression de la Magie

De La Bibliothèque Impériale
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« Ils me traitaient de "sorcière", mais je leur ai fait payer. Quand leur fille portait un enfant qu’ils ne voulaient pas garder, quand il y avait une maladie qu’aucun soigneur ne savait guérir, qui venaient-ils implorer ? Quand ils avaient besoin de moi, leur belle morale disparaissait avec le crépuscule. Comme toujours. »
- Adria, la Sorcière


Bien des millénaires après la longue guerre entre les Elfes et les Nains, qui se solda par l’exode des premiers et leur disparition du Vieux Monde, la terre se trouva pour l’essentiel abandonnée aux Orques, aux Gobelins et aux tribus barbares des humains. En ces temps reculés, les humains n’étaient que des sauvages vêtus de peaux de bêtes, à peine discernables des Orques aux yeux des Elfes qui quittaient ces contrées. Ces tribus d’humains primitifs restèrent largement divisées jusqu’à l’avènement de Sigmar Heldenhammer. Sigmar lança et conduisit le mouvement d’unification des tribus antagonistes des humains. Il créa des liens d’amitié avec la race déclinante des Nains lorsqu’il sauva Kurgan Barbe de Fer, Haut Roi des Nains, des griffes d’une bande de pillards Orques.

Dans ces jours anciens, le peuple de l’Empire de Sigmar entretenait peu de relations avec la Magie ou les arts qui s’y rattachent. La plupart des gens pensaient que tout ce qui touchait à la sorcellerie était dangereux par essence, malsain et probablement maléfique. Cette opinion découlait du fait que les quelques humains qui étaient sensibles à la Magie n’avaient pas la moindre idée de la manière de s’en servir sans difficulté et encore moins de l’utiliser sans risque. En fait, un grand nombre de ces sorciers primitifs tombèrent sous l’influence corruptrice du Chaos et devinrent fous ou furent absorbés par les Royaumes du Chaos.

L'Influence des Nains

Un autre des facteurs significatifs qui contribuèrent à entretenir la méfiance de l’Empire vis-à-vis de la Magie et de son usage pourrait bien découler de sa longue association avec les Nains. Cette race n’a que peu, voire pas du tout, d’affinité avec la Magie ; les Nains ne sont pas capables de la percevoir comme le peuvent les Elfes et certains humains et encore moins de la manipuler pour créer des sorts. Ainsi les Nains, qui sont par nature farouchement conservateurs, ont-ils développé un sentiment de suspicion et de méfiance envers la Magie. Cette façon de penser a évidemment été renforcée par leur longue et terrible guerre contre les Elfes, durant laquelle ceux-ci, maîtres de la Magie, l’utilisèrent comme si cela leur était inné.

À cause des liens d’amitié existants entre Sigmar et leurs royaumes, les Nains entreprirent de civiliser les tribus humaines en leur enseignant des techniques de construction et de métallurgie très évoluées par rapport aux capacités primitives dont disposaient les humains de cette époque. En plus de ces avancées technologiques et scientifiques, les humains assimilèrent sans aucun doute un certain nombre de croyances et de pratiques culturelles auprès de leurs mentors Nains. Il est fort probable que la profonde méfiance des Nains à l’encontre des utilisateurs de la Magie et de l’art de la pratiquer fit partie de ces acquis culturels. Toutefois, cette défiance ne s’étendait pas jusqu’aux merveilleuses œuvres des Maîtres des Runes Nains ou aux saints hommes et femmes des tribus humaines qui obtenaient régulièrement des résultats magiques par leurs rituels et leurs prières. Comme aujourd’hui les Prêtres de l’Empire, on considérait que ces mystiques du passé communiquaient avec les Dieux. Les résultats surnaturels obtenus par ces personnes étaient donc des exemples de la façon dont les Dieux pouvaient opérer des miracles par l’intermédiaire de leurs serviteurs les plus pieux et étaient extrêmement éloignés de la dangereuse sorcellerie pratiquée (intentionnellement ou non) par les rares malheureux capables de percevoir et de manipuler la matière brute des Vents du Chaos. Voilà du moins l’opinion générale des bons citoyens de l’Empire.

Dans les tribus humaines, les rumeurs allaient bon train au sujet de l’infamie qui frappait ces pauvres infortunés, accablés par la folie et les mutations à cause de leurs incontrôlables aptitudes magiques utilisées sans formation, jusqu’à ce que Sigmar décrète que de tels individus étaient clairement maudits. Sigmar avait affronté de nombreux sorciers et Démons à la guerre et il avait été grièvement blessé par Nagash, le Grand Nécromancien. Ajoutées aux conseils catégoriques de ses alliés Nains et à sa propre foi en la force de son bras et en un honnête labeur, ces expériences contribuèrent probablement à convaincre le premier Empereur que pour maîtriser et faire prospérer son Empire, les seules véritables préoccupations de son peuple devaient être de se tenir prêt à faire la guerre et de construire des villes fortifiées de bois et de pierre. Et en aucun cas la Magie et l’art de la maîtriser.

La Magie et les Cultes de l'Empire

Lorsque Sigmar entra dans la légende, les opinions relatives à la Magie se dégradèrent encore. De nombreux Prêtres la considéraient avec de plus en plus d’inquiétude, particulièrement au regard de la façon qu’elle avait de corrompre la forme physique. La Magie était une énergie impure, responsable de l’apparition des mutants, de l’existence des hommes-bêtes et qui attirait de nombreux maux. Il est dans la nature de l’homme de craindre et de condamner ce qu’il ne comprend pas. En outre, comme de nombreux utilisateurs de Magie étaient également des adeptes des Puissances de la Ruine, il leur parut logique de commencer par interdire purement et simplement l’usage de la Magie pour protéger l’Empire de la menace du Chaos.

Au fil du temps, cette manière de penser finit par gagner de nombreux autres cultes de l’Empire. Nul ne pouvait nier que là où les prédicateurs de Sigmar avaient effectué leurs flamboyantes purifications, il y avait moins de mutants, moins de calamités et pratiquement plus aucune poussée de peste démoniaque. L’usage de la Magie fut interdit pendant des siècles, à la fois par la tradition et par le code civil et même, à certaines époques, officiellement condamné par les dirigeants des cultes religieux. De terribles punitions attendaient ceux que l’on prenait à s’adonner à "l’ensorcellement" et des châtiments plus affreux encore étaient réservés à ceux qui allaient jusqu’à pratiquer "les arts de sorcellerie". Plus le temps passait, plus le nombre d’adeptes de la Magie démasqués et brûlés augmentait. Les Prêtres avaient découvert qu’une bonne condamnation au bûcher pouvait à la fois leur servir à protéger leurs ouailles, à rappeler ses devoirs religieux au peuple et à lui procurer un peu de distraction pendant les mois d’hiver.

Dans la plupart des cas, toute personne essayant de protéger les accusés connaissait le même sort, par mesure de sécurité. Des milliers d’innocents furent sans aucun doute exécutés au cours de cette "époque ardente", dans une ferveur religieuse sans cesse grandissante qui persista jusqu’à l’accession au pouvoir de l’Empereur Magnus.

Dans les zones rurales de l’Empire, on pouvait toujours rencontrer des herboristes locaux, des diseuses de bonne aventure, des fabricants d’amulettes, des rebouteux et autres sorciers de village, qui vivent tous de la superstition et de l’ignorance. Pourtant, en dépit du fait que l’on peut à peine considérer ces praticiens comme des utilisateurs de Magie, les paysans de l’Empire, craintifs et superstitieux, les traitaient de telle façon qu’aucun d’eux ne pouvait jamais se penser complètement à l’abri des bigots de leurs communautés. Nombre d’entre eux furent chassés de village en village, torturés et brûlés par des foules terrorisées ou même par les Répurgateurs de l’Empereur.

Les rares individus qui étudiaient la Magie et l’art de la pratiquer ou, pire encore, qui vénéraient les Dieux du Chaos, le faisaient dans le plus grand secret. Il s’agissait invariablement de personnes riches ou nobles, s’engageant dans ce genre de recherches pour tromper leur ennui ou dans le but d’acquérir certains avantages commerciaux, politiques ou guerriers. La majorité possédaient de naissance une affinité naturelle avec la Magie, d’une nature ou d’une autre. Ces individus riches et puissants étaient ceux qui étaient le mieux à même de dissimuler leurs activités aux yeux du public (mais pas toujours les effets que celles-ci pouvaient avoir sur eux) et qui possédaient les ressources nécessaires pour se procurer les grimoires occultes interdits et les différents objets magiques nécessaires à améliorer leurs capacités.

À la Recherche d’un Savoir Secret

Pendant toute cette période de persécution, de petits groupes d’individus sensibles à la Magie (faisant généralement partie des classes les plus riches) réussirent à se regrouper et à mener des expériences clandestines. Certains créèrent même leurs propres traditions ésotériques, quoique celles-ci fussent d’une portée limitée et assez peu évoluées. Quelques personnes ou comités d’une qualité exceptionnelle réussirent à ne pas tomber sous la domination des ténèbres ou simplement à ne pas s’autodétruire par maladresse. Ces gens apparaissaient de temps en temps au grand jour, toujours au moment des épidémies de peste ou lorsque la guerre déchirait le pays, mais ces groupuscules ne subsistaient jamais bien longtemps. Même pendant la désespérante et apparemment interminable période d’anarchie qui porte le nom de l’Âge des Trois Empereurs, les autorités religieuses ou civiles tolérèrent rarement bien longtemps l’existence de telles congrégations occultes, indépendamment du fait que celles-ci pouvaient être totalement inoffensives ou du bien qu’elles tentaient de faire. Tous ceux qui admettaient ouvertement posséder des talents ou des connaissances occultes finissaient inévitablement par être mis à mort, qu’il s’agît d’individus isolés ou de communautés entières.

Malgré quelques dangereux échecs et l’obstination bornée que les Répurgateurs mirent à s’efforcer de les démanteler, certaines de ces sociétés secrètes consacrées à la création d’une tradition occulte unifiée se révélèrent remarquablement persistantes au cours des siècles. L’une de ces disciplines, l’Alchimie, parvint même à acquérir une certaine respectabilité, une fois qu’elle se fut débarrassée de tous ses liens apparents avec la Magie. Malgré cette maigre victoire, les tentatives de rationalisation des arts occultes étaient loin de présenter des formes universelles ou de correspondre à des croyances communes. Au fil des longues années que dura la persécution, le processus d’expérimentation le plus répandu chez ceux qui étaient suffisamment courageux, déraisonnables ou désespérés pour tenter d’élaborer une tradition magique fut la méthode du "ça passe ou ça casse" ; avec, évidemment, des résultats très variés.

La Tentation des Ténèbres

Il n’est pas inexact d’affirmer que si la répression de l’usage de la Magie fut aussi stricte et sanglante, c’est à cause du fait que la majorité des utilisateurs de Magie de ce temps s’étaient tournés vers les arts sombres. Comme la législation impériale ou provinciale, pas plus que les règlements ou les doctrines des différents cultes, ne prévoyait aucun moyen légal d’effectuer d’authentiques recherches sur la Magie, "l’ère des bûchers" eut une allure de prophétie qui se réalise. La conviction universelle voulait que ceux qui pouvaient utiliser l’énergie magique fussent impurs et maléfiques. Devant de telles superstitions, les individus sensibles à la Magie et qui se trouvaient en position de pouvoir l’utiliser décidèrent qu’il valait mieux prendre le risque de se tourner vers les arts sombres. Si cela pouvait leur procurer une chance de se protéger de la persécution des cultes de l’Empire, qu’avaient-ils à perdre ? Par ailleurs, nombre d’entre eux étaient convaincus qu’une sensibilité révélée à la Magie les condamnait automatiquement au bûcher et à la damnation. Ils avaient donc tout à gagner à étudier les arts sombres, ou même à vénérer les Dieux Sombres eux-mêmes.

Source

  • Warhammer JdR - Les Royaumes de Sorcellerie V2