Histoire des Skavens : Différence entre versions

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Au cours de l’hiver de l’année 1111, une nouvelle maladie fut mise au point par le Clan Pestilens et confiée aux adeptes du Clan Eshin pour que ses agents la dispersent dans les puits et les sources des villes de l’Empire. Naturellement, les épidémies étaient si omniprésentes dans le [[Vieux Monde]] que peu de gens auraient pu concevoir qu’elles fussent des armes de guerre. Les premiers signes de l’infection étaient des taches noires sur la peau, suivies par des douleurs aux articulations et des poussées de fièvre. L’incubation variait de quelques minutes à plusieurs semaines. Le malade était alors pris d’horribles convulsions pouvant durer des heures et finissait par trépasser. Les cadavres ne tardaient pas à prendre une teinte grisâtre écœurante.
 
Au cours de l’hiver de l’année 1111, une nouvelle maladie fut mise au point par le Clan Pestilens et confiée aux adeptes du Clan Eshin pour que ses agents la dispersent dans les puits et les sources des villes de l’Empire. Naturellement, les épidémies étaient si omniprésentes dans le [[Vieux Monde]] que peu de gens auraient pu concevoir qu’elles fussent des armes de guerre. Les premiers signes de l’infection étaient des taches noires sur la peau, suivies par des douleurs aux articulations et des poussées de fièvre. L’incubation variait de quelques minutes à plusieurs semaines. Le malade était alors pris d’horribles convulsions pouvant durer des heures et finissait par trépasser. Les cadavres ne tardaient pas à prendre une teinte grisâtre écœurante.
  
Les citoyens de l’Empire baptisèrent le fléau [[Maladie du Vieux Monde#La Peste Noire|Peste Noire]], à cause des taches noires et grandissantes qu’elle faisait apparaître sur la peau au fur et à mesure de l’affaiblissement de sa victime, mais beaucoup craignaient même de seulement en parler. La maladie fut pour la première fois détectée dans les régions du sud, frappant simultanément les villes de [[Nuln]], [[Altdorf]] et [[Talabheim]], et beaucoup pensèrent donc qu’elle avait été apportée par les marchands [[Tilée]]ns. À l’époque, les moyens de communication étaient limités, et ce ne fut que quand la peste répandit par les routes et les fleuves que l’on put mesurer la véritable étendue du fléau. C’est alors que la panique éclata. Bientôt, les cités fermèrent leurs portes aux colonnes de misérables réfugiés qui fuyaient la maladie mais elles finirent par succomber une par une l’épidémie ou à leurs propres maladies causées par la surpopulation qui s’ensuivit. [[Middenheim]] réussit même à éviter l’épidémie en scellant ses viaducs, mais les autres villes n’eurent pas cette chance. Partout ailleurs, les villages furent balayés par l’épidémie, les villes furent abandonnées et les cités devinrent des mouroirs où les vivants croulaient sous les cadavres.
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Les citoyens de l’Empire baptisèrent le fléau [[Maladies du Vieux Monde#La Peste Noire|Peste Noire]], à cause des taches noires et grandissantes qu’elle faisait apparaître sur la peau au fur et à mesure de l’affaiblissement de sa victime, mais beaucoup craignaient même de seulement en parler. La maladie fut pour la première fois détectée dans les régions du sud, frappant simultanément les villes de [[Nuln]], [[Altdorf]] et [[Talabheim]], et beaucoup pensèrent donc qu’elle avait été apportée par les marchands [[Tilée]]ns. À l’époque, les moyens de communication étaient limités, et ce ne fut que quand la peste répandit par les routes et les fleuves que l’on put mesurer la véritable étendue du fléau. C’est alors que la panique éclata. Bientôt, les cités fermèrent leurs portes aux colonnes de misérables réfugiés qui fuyaient la maladie mais elles finirent par succomber une par une l’épidémie ou à leurs propres maladies causées par la surpopulation qui s’ensuivit. [[Middenheim]] réussit même à éviter l’épidémie en scellant ses viaducs, mais les autres villes n’eurent pas cette chance. Partout ailleurs, les villages furent balayés par l’épidémie, les villes furent abandonnées et les cités devinrent des mouroirs où les vivants croulaient sous les cadavres.
  
 
La virulence et la vitesse de propagation de la maladie étaient terribles et ses victimes trépassaient en quelques jours, voire quelques heures, une fois les premiers symptômes apparus. Aucun remède connu n’avait d’effet et la rapidité de l’épidémie ne laissait pas le temps de l’étudier. On pensa bientôt qu’il serait impossible de l’arrêter et que les suppliques adressées aux [[:Catégorie:Panthéon Occidental|Dieux]] (n’importe quels [[:Catégorie:Panthéon Chaotique|Dieux]]) étaient la seule façon d’y échapper. Des villages entiers furent balayés, les nobles comme les manants étaient atteints, les cités devinrent des mouroirs où les vivants croulaient sous les cadavres qui s’empilaient dans les rues et dépassaient en nombre les vivants. Des bandes de [[Flagellants]] erraient sans but en annonçant que Sigmar avait été courroucé et que sa colère s’abattait sur le pays parce qu’il était corrompu
 
La virulence et la vitesse de propagation de la maladie étaient terribles et ses victimes trépassaient en quelques jours, voire quelques heures, une fois les premiers symptômes apparus. Aucun remède connu n’avait d’effet et la rapidité de l’épidémie ne laissait pas le temps de l’étudier. On pensa bientôt qu’il serait impossible de l’arrêter et que les suppliques adressées aux [[:Catégorie:Panthéon Occidental|Dieux]] (n’importe quels [[:Catégorie:Panthéon Chaotique|Dieux]]) étaient la seule façon d’y échapper. Des villages entiers furent balayés, les nobles comme les manants étaient atteints, les cités devinrent des mouroirs où les vivants croulaient sous les cadavres qui s’empilaient dans les rues et dépassaient en nombre les vivants. Des bandes de [[Flagellants]] erraient sans but en annonçant que Sigmar avait été courroucé et que sa colère s’abattait sur le pays parce qu’il était corrompu
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Pendant des années, les Seigneurs de la Peste siégeant au Conseil furent en position de faiblesse et durent adopter de nouvelles tactiques. Ils choisirent de reconstituer lentement leurs forces tout en louant les services du Clan Eshin pour semer l’anarchie par le biais d’assassinats et de manipulations politiques. Les [[Croisades contre l'Arabie|croisades]] humaines contre l’[[Arabie]] et les rébellions en Tilée ne sont que deux exemples des nombreuses conséquences des actions du Conseil. Néanmoins, ces méthodes ne permirent pas d’obtenir de véritables avancées, c’est pourquoi le Clan Pestilens parvint à convaincre le Conseil de tenter une autre invasion des royaumes humains.
 
Pendant des années, les Seigneurs de la Peste siégeant au Conseil furent en position de faiblesse et durent adopter de nouvelles tactiques. Ils choisirent de reconstituer lentement leurs forces tout en louant les services du Clan Eshin pour semer l’anarchie par le biais d’assassinats et de manipulations politiques. Les [[Croisades contre l'Arabie|croisades]] humaines contre l’[[Arabie]] et les rébellions en Tilée ne sont que deux exemples des nombreuses conséquences des actions du Conseil. Néanmoins, ces méthodes ne permirent pas d’obtenir de véritables avancées, c’est pourquoi le Clan Pestilens parvint à convaincre le Conseil de tenter une autre invasion des royaumes humains.
  
Cherchant à répéter le succès obtenu contre l’Empire, les Skavens frappèrent avec une force et une fureur équivalentes, mais cette fois contre la [[Bretonnie]]. Là-bas, leur maladie favorite fut connue sous le nom de [[Maladie du Vieux Monde#La Variole Rouge|Variole Rouge]] à cause des marques écarlates qui apparaissaient sur le visage et la gorge de ses victimes. La Variole Rouge mettait plus de temps à tuer que la Peste Noire, ce qui la rendait un peu plus facile à contenir, mais les souffrances de ses victimes n’en étaient que plus atroces. Elle apparut d’abord à [[Bordeleaux]] et ensuite à [[Brionne]], avant de se répandre à l’est le long de [[la Brienne]], et au sud jusqu’en Tilée. À Bordeleaux, elle tua un tiers de la population, mais le '''Baron Giscard du Pontet''' ordonna que les quartiers pauvres soient brûlés. Cet acte, aussi dénué d’humanité qu’il fût, permit cependant d’endiguer la maladie.
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Cherchant à répéter le succès obtenu contre l’Empire, les Skavens frappèrent avec une force et une fureur équivalentes, mais cette fois contre la [[Bretonnie]]. Là-bas, leur maladie favorite fut connue sous le nom de [[Maladies du Vieux Monde#La Variole Rouge|Variole Rouge]] à cause des marques écarlates qui apparaissaient sur le visage et la gorge de ses victimes. La Variole Rouge mettait plus de temps à tuer que la Peste Noire, ce qui la rendait un peu plus facile à contenir, mais les souffrances de ses victimes n’en étaient que plus atroces. Elle apparut d’abord à [[Bordeleaux]] et ensuite à [[Brionne]], avant de se répandre à l’est le long de [[la Brienne]], et au sud jusqu’en Tilée. À Bordeleaux, elle tua un tiers de la population, mais le '''Baron Giscard du Pontet''' ordonna que les quartiers pauvres soient brûlés. Cet acte, aussi dénué d’humanité qu’il fût, permit cependant d’endiguer la maladie.
  
 
L’assaut fut réellement donné vingt-cinq ans plus tard, lorsque toute la Bretonnie et le nord de la Tilée connurent une importante épidémie de Variole Rouge. Là encore, le Conseil attendit que la maladie décime la population avant d'envoyer ses armées. Au départ, rien ne put stopper les hommes-rats et plusieurs villages et bourgs furent mis à sac. Les villes de Brionne et de [[Quenelles]] furent assiégées, mais les seigneurs du nord de la Bretonnie ne mirent pas longtemps à réagir, les forces du Duc de [[Parravon]] et des [[Elfes Sylvains]] d’[[Athel Loren]] intervinrent et écrasèrent les Skavens à la '''Bataille de Rémarche''', mettant un terme prématuré à leur tentative de soumission des royaumes humains.
 
L’assaut fut réellement donné vingt-cinq ans plus tard, lorsque toute la Bretonnie et le nord de la Tilée connurent une importante épidémie de Variole Rouge. Là encore, le Conseil attendit que la maladie décime la population avant d'envoyer ses armées. Au départ, rien ne put stopper les hommes-rats et plusieurs villages et bourgs furent mis à sac. Les villes de Brionne et de [[Quenelles]] furent assiégées, mais les seigneurs du nord de la Bretonnie ne mirent pas longtemps à réagir, les forces du Duc de [[Parravon]] et des [[Elfes Sylvains]] d’[[Athel Loren]] intervinrent et écrasèrent les Skavens à la '''Bataille de Rémarche''', mettant un terme prématuré à leur tentative de soumission des royaumes humains.

Version du 13 juin 2019 à 17:19

Les Skavens sont une race d’hommes-rats bipèdes si furtifs et discrets que beaucoup nient leur existence. Se sont des créatures égoïstes, mesquines, jalouses, retors et sournoises, élevées dans une société turbulente qui prise la survie par-dessus tout.
Les Skavens n’ont que faire du passé et ne gardent aucune trace de leur histoire. Pour un Skaven, les deux seuls instants qui ont la moindre importance sont le moment présent, où ils ne règnent pas encore sur le monde, et le moment très proche, où ce sera le cas. La seule forme d’histoire que les Skavens considèrent digne d’intérêt est leur histoire personnelle, et non celle de leur race dans sa globalité. Un individu se souviendra des jours glorieux où il parvint au sommet de la hiérarchie de son clan, ou du méprisable ennemi qui provoqua sa chute, mais il se souciera rarement de ses origines ou des hauts faits de tout autre Skaven que lui. Ces créatures n’ont aucun rituel commémorant les morts, et les objets anciens sont tout simplement mis en pièces et récupérés pour en faire de nouveaux.

Les Skavens sont des créatures impatientes par nature, et à moins d’être soumis à quelque autorité, ils choisiront toujours la solution la plus expéditive. Lorsqu’un Skaven se penche sur l’histoire passé, c’est seulement parce qu’il réfléchit à la manière d’expliquer ses actes de la façon qui le glorifie le plus, ou tout au moins comment il peut diminuer le mérite de ses rivaux. Les Skavens n’ont aucune notion de l’histoire ou de la postérité. Ils complotent et se battent constamment entre eux pour s’arroger le plus de pouvoir le temps que dure leur courte vie. Marquer l’histoire ne signifie rien pour eux, car les héros d’hier n’ont pas plus d’importance que leurs propres déjections, et sont oubliés tout aussi rapidement.

Les Skavens n’ont pas non plus besoin de calendrier. Quand il s’agit de planifier des assauts militaires ou l’élaboration de bâtiments de grande taille, les Skavens ne basent leur calcul de l’écoulement du temps que sur des éléments concrets, comme les pauses destinées à se sustenter, les couchers de soleil ou les phases de la Lune du Chaos, Morrslieb. En dehors de cela, ils n’ont pas de concept de temps ou de dates, ni même d’années, de générations ou d’âges.

C’est pour cette raison que l’histoire des Skavens n’est qu’une suite d’incertitudes, car les événements majeurs appartiennent aux légendes et ne sont pas chroniqués. Les hommes-rats sont évoqués régulièrement dans les annales des Nains, moins souvent dans celles des Elfes, et très rarement dans celles des hommes. Quant à la poignée d’écrits possédés par les Clans Skavens, ils sont subjectifs et servent des buts de propagande.

Par conséquent, l’histoire des Skavens reste inconnue et les habitants du Vieux Monde ont peu de chances de la découvrir. Les hommes-rats eux-mêmes ne s’en soucient pas, et les rares humains qui font l’effort d’en rassembler et d’en cataloguer les éléments sont confrontés à d’insurmontables difficultés. Les seules sources disponibles sont les rares humains qui ont été témoins de l’accomplissement des plans des Skavens et ont réussi à y survivre. De plus, il est évident que bien des agents humains, qu’ils soient malveillants ou bien intentionnés, ont activement édulcoré ou altéré les quelques rapports dont on dispose concernant les actes des hommes-rats, persécutant ceux qui creusent un peu trop le sujet.

La raison pour laquelle ils agissent de la sorte reste aussi mystérieuse que tous les autres aspects des complexes projets des Skavens. Quoi qu’il en soit, leur impact est indéniable ; les chroniques extrêmement rares qui relatent l’histoire des Skavens sont bien maigres, contradictoires et pleines de supputations. Les quelques braves qui tentent de les compléter sont constamment frustrés, quand ils ne finissent pas sur le bûcher. Par conséquent, le récit historique que vous trouverez ci-dessous ne peut être imputé à aucun habitant du Vieux Monde et doit être traité en conséquence.


La Première Vague

La Chute de Kavzar représenté sur cette tapisserie.
L’histoire relatée dans La Chute de Kavzar est en grande partie véridique. La communauté fut fondée par l’une des premières tribus d’humains, entre les Irranas au nord et la Mer Tiléenne au sud. Peu après son installation, un groupe de Nains en quête de gisements de minerai découvrit également la région. Prenant immédiatement conscience de la richesse des montagnes et du sous-sol, les deux races conclurent une alliance. Les humains et les Nains travaillèrent et vécurent en parfaite harmonie, s’entraidant du mieux possible.

Bien qu’ils vécussent séparés, les humains en surface et les Nains sous terre, les Nains fournissaient la pierre, le métal et les compétences d’artisans nécessaires à l’évolution de la ville des humains, tandis que ces derniers travaillaient aux champs pour nourrir la population des deux communautés. Associée à la prospérité de la région et des montagnes, la coopération entre ces deux grandes races permit à la cité d’atteindre sont apogée en termes d’architecture et de culture en l’espace d’une seule génération. Les techniques de construction et les talents d’ingénieur des habitants étaient les plus exceptionnels qu’on ait jamais vus dans le Vieux Monde, et il allait falloir attendre des siècles avant que les réalisations d’une communauté humaine n’arrivent à la cheville des merveilles qu’on trouvait dans les rues de cette ville. Le fleuron de la cité était son immense tour, qui reste à ce jour le plus haut bâtiment jamais érigé dans le Vieux Monde et qui se prolongeait dans le sous-sol, à une profondeur égale à sa hauteur si l’on en croit la légende.

Toutefois, malgré toute leur science, les bâtisseurs de la cité furent incapables de hisser le dernier élément au sommet de leur tour spectaculaire. C’est alors que l’étranger encapuchonné mentionné dans le mythe de Kavzar fit son apparition. L’identité de ce personnage reste la plus impénétrable énigme liée aux Skavens et n’a toujours pas été élucidée. Les rares fois où ils parlent de leurs origines, les Skavens se réfèrent à ce personnage sous le nom du «Façonneur», et on prétend qu’il appartiendrait à «une race plus ancienne que la leur». Si l’on y ajoute la pluie de Malepierre invoquée par la suite, la conclusion la plus probable est que le Façonneur était peut-être le Rat Cornu en personne, et que la première Cloche Hurlante (que les hommes-rats nomment la Grande Cloche Hurlante), suspendue au sommet de la tour de la cité, était conçue pour invoquer des météorites depuis les cieux.

Quels qu’aient pu être l’identité et les desseins réels de l’étranger, l’effrayant pouvoir attribué à la cloche suscite l’incrédulité. En sonnant, elle déclencha une averse, un brouillard et un froid sans fin, emprisonnant la cité autrefois splendide dans une chape de ténèbres et de détresse. Puis vint le déluge de Malepierre, déformant et pervertissant la région à tout jamais. Les récoltes furent empoisonnées, le minerai corrodé et les humains et les Nains décimés par la maladie, la famine et le meurtre. La cité elle-même, dans toute la gloire et la splendeur de son architecture, fut dégradée et corrompue par cette averse de Chaos brut, puis transformée en un labyrinthe cyclopéen dont la hideur était à la mesure de son ancienne beauté. Et tandis que les habitants périssaient et que la ville était transformée, des créatures naissaient, qui allaient dévorer les rares survivants et feraient à jamais leur foyer de cette parodie de cité. Les hommes-rats étaient nés d’un massacre et leur tout premier acte en ce monde fut un génocide.

L'Avènement de Skarogne

On ne sait que très peu de choses sur les premières années des Enfants du Rat Cornu après qu'ils eurent investi la cité qui allait devenir Skarogne. Durant les années qui suivirent la destruction de Kavzar, ils firent profil bas, s’engraissant sur les ressources qu’ils avaient prises en renversant la cité. On pense qu’ils étaient satisfaits de leur nouveau foyer, croissant et multipliant dans les terriers qui s’étendaient en dessous et amassant toujours plus de Malepierre. On peut imaginer qu’il y eut de terribles conflits internes et même des guerres entre eux, car cette race est célèbre pour sa sournoiserie. Et en massacrant les faibles, ils devinrent de plus en plus forts. Mais les hommes-rats restèrent cachés du reste du monde, comme un cauchemar qu’on se hâte d’oublier, hantant les ruines marécageuses du cadavre décrépit de la cité. Quoi qu’il en soit, ce n’est qu’environ 1600 ans avant la naissance de Sigmar que les premiers véritables Skavens commencèrent à émerger des tunnels obscurs sous la ville en ruine, dotés d’une intelligence acérée et d’un corps humanoïde.

Leur nombre crût rapidement malgré les périodes de disettes et d’épidémies déjà endémiques sous Skarogne. Il fallut creuser de nouveaux tunnels, car le monde à la surface était trop dangereux avec ses bêtes et ses tribus d’Orques et de Gobelins ou de tribus transhumantes d’hommes sauvages et bien pire encore. Les chamans Skavens mirent alors en place un plan visant à ouvrir de gigantesques failles partout dans le monde, que leur race pourrait coloniser. Des quantités considérables de Malepierre furent rassemblées afin de servir de combustible à une invention diabolique. Les sorciers assuraient (ou en tout cas, espéraient secrètement), que cette machine allait transcender le sort qu’ils se préparaient à jeter, et que sa puissance leur permettrait de modeler à volonté la roche et les montagnes.

Ils travaillèrent pendant des décennies jusqu’à ce que finalement, lors d’une grandiose cérémonie au cœur une salle spécialement creusée dans les entrailles de Skarogne, l’invocation débuta. Les Sorciers invoquèrent l’énergie brute qui parcourait les profondeurs de la terre, pour l’accumuler de force dans leur machine démente de fer et de cuivre. Les rouages de la machine tournèrent et ses condensateurs rudimentaires bourdonnèrent en emmagasinant l’énergie magique. Le sol se mit à trembler jusqu’à ce que ses grondements sourds couvrent les mélopées des sorciers. Loin au-dessus de leurs têtes, la Grande Cloche vibrait tandis que la Tour du Rat Cornu oscillait et se fissurait dangereusement. Puis la machine eut un problème. Une partie de son système pourtant ingénieux se grippa, provoquant une réaction en chaîne catastrophique ; il y eut un éclair de lumière aveuglante, et toute l’énergie accumulée fut libérée brutalement.

Des tunnels et des bâtiments s’effondrèrent et la terre fut parcourue de spasmes violents. Toute la plaine sur laquelle reposait la ville s’affaissa brutalement, des geysers et de la lave jaillissant des fissures. Les dégâts empirèrent encore au fur et à mesure que l’onde de choc s’étendait. Des volcans endormis depuis longtemps se réveillèrent. Coulées de lave, tremblements de terre et glissements de terrain dévastèrent l’Ancien Royaume des Nains. Ces derniers, déjà épuisés par leur guerre contre les Elfes, n’étaient pas préparés à une telle catastrophe.

La Chute de Kavzar sonne l’avènement de Skarogne

Le Conseil des Treize

Skarogne gisait sous une couche de gravats. En dehors du Temple du Rat Cornu, aucun bâtiment n’avait survécu. Lentement, de petits groupes de Skavens émergèrent et découvrirent la dévastation qu’ils avaient provoquée. Une foule se rassembla petit à petit devant le temple. Nul n’osait y pénétrer, pourtant tous savaient qu’ils devaient chercher Conseil auprès de leur Dieu. Alors qu’ils murmuraient devant les portes fermées, celles-ci s’ouvrirent à la volée et douze silhouettes en sortirent, baignées par la lumière mystique qui émanait de l’intérieur.

Les douze Skavens vêtus de gris s’adressèrent à leurs ouailles d’une seule voix. Le temps était venu pour les Enfants du Rat Cornu de se répandre à travers le monde, de se multiplier dans les lieux sombres, et de prendre le pouvoir. Le Dieu leur avait exposé son plan et c’était à eux, les Seigneurs de la Ruine, de le mener à bien.

Il fallut des semaines pour dégager les tunnels, mais lorsque les Skavens parvinrent finalement jusqu’à la salle où se trouvait la machine, ils découvrirent que les sorciers avaient atteint leur objectif, partiellement tout au moins. De grandes fissures avaient mises à jour d’anciennes galeries qui s’enfonçaient dans les ténèbres sur des centaines de kilomètres.

La Grande Migration

Les Skavens survivants se divisèrent en douze tribus, chacune sous la tutelle d’un Seigneur de la Ruine. Certaines restèrent à Skarogne et une poignée s’aventura dans les plaines à la surface pendant que les autres plongeaient dans les racines du monde. C’est ainsi que les Enfants du Rat Cornu se dispersèrent depuis les entrailles de Skarogne. Plus aucun cataclysme ne pourrait jamais les exterminer. À peine quelques mois plus tard, ils attaquaient les Nains des Montagnes du Bord du Monde, puis se répandirent partout comme un cancer.

Les Skavens migrateurs établirent des forteresses sur les Terres du Sud, en Arabie et sur les Terres Sombres. Le seigneur Malkrit, un des membres du Conseil des Treize, mena le Clan Moulder vers le nord, en un lieu que l’on appellerait bientôt Malefosse. Le seigneur Viskrin ordonna au Clan Eshin de se diriger vers le lointain Cathay. Certains Skavens allaient même traverser les mers pour fonder des communautés dans les jungles humides de Lustrie.

Les mythes et les légendes de la plupart des races et des nations du Vieux Monde conservent la trace de ces migrations. À Kislev, elles sont présentées comme résultant des actes du frère maléfique d’Ursun, qui devint le Père des Rats et conduisit ses serviteurs vers le nord pour punir l’orgueil de son frère. En Norsca, elles se mêlèrent aux légendes des Démons marins et on dit qu’ils furent repoussés dans l’océan grâce à d’anciennes chansons. En Arabie, leur invasion fut surnommée le «Polissoir aux Érudits», car les créatures y furent perçues comme une punition divine visant les hommes qui se fiaient trop à la science, et en Cathay on affirma qu’ils avaient été vomis de la gueule gigantesque du Grand Dragon Noir qui vit enroulé dans les profondeurs de la terre.

La Longue Guerre du Pic Dolent

La guerre entre Nagash et les Skavens au Pic Dolent.
Au cours du siècle suivant, les Skavens se disséminèrent, mais la plupart des clans continuèrent d’envoyer régulièrement des messagers à Skarogne. C’est ainsi que la nouvelle de la découverte d’un important gisement de Malepierre se propagea à travers tout le Cloaque. À l’aube du monde, une énorme météorite de cette matière s’était écrasée dans la partie centrale des Montagnes du Bord du Monde, au niveau du Pic Dolent. Ses entrailles recelaient ainsi une quantité inimaginable de Malepierre.

Au fil du temps, l’érosion avait dispersé de la poussière de Malepierre dans les régions alentours, corrompant la vie qui s’y développait. Les eaux polluées de la mer prirent une teinte verdâtre et donnèrent naissance à des serpents marins d’une taille prodigieuse. C’était là que Nagash, le fondateur de l’art nécromantique, avait élu domicile. Il lui avait fallu de longues années pour terminer la construction de Nagashizzar, l’Abîme Maudit, la plus formidable des forteresses maléfiques du monde. Des légions de Morts-Vivants extrayaient la Malepierre de sous le Pic Dolent pour alimenter les sortilèges de Nagash, et les rares tribus humaines déformées qui vivaient dans la région le vénéraient et lui obéissaient comme à un dieu.

Au début, les Clans Skavens avides de ses richesses s’en prirent à Nagashizzar de façon désordonnée, sans le moindre succès. Puis le Conseil des Treize planifia leurs attaques : des hordes entières prirent la forteresse d’assaut par ses galeries pour s’en emparer comme elles l’avaient déjà fait avec maintes cités Naines. Mais les serviteurs de Nagash étaient légions et n’abandonnaient jamais. Les combats s’étirèrent sur des jours, puis des semaines et enfin des mois sans que les Skavens parviennent à prendre l’avantage. Les Technomages du Clan Skryre arrivèrent pour briser le statu quo, mais depuis la salle du trône, loin au-dessus des combats, Nagash protégeait ses troupes des enchantements des hommes-rats. Des escarmouches se prolongèrent ainsi pendant de longues décennies.

Les Skavens portèrent la guerre contre les tribus humaines autour de Nagashizzar. Leurs villages brûlèrent et leurs habitants furent massacrés, mais les hommes craignaient plus Nagash que les Skaven. Au bout d’un siècle, le Conseil réalisa que ce conflit ne lui apportait rien et ne faisait que drainer ses ressources. À la même époque, il reçut des messagers du Grand Nécromancien, qui lui proposait une alliance. En retour de son aide, Nagash lui fournirait de la Malepierre. Après de longues délibérations, le Conseil accepta son offre. Même s’il aurait préféré s’approprier tout le gisement de Malepierre, ses armées n’étaient pas inépuisables. La proposition de Nagash valait mieux que rien, tout au moins pour l’instant…

La Destruction de Nagash

Après avoir scellé le pacte, le Conseil des Treize ordonna à tous les Skavens d’observer la trêve tandis qu’il cherchait des moyens détournés pour voler la Malepierre. La plupart de ses tentatives furent stériles, mais cela n’avait guère d’importance, car depuis les clans avaient découvert d’autres gisements du précieux minerai. Cependant, quand Nagash envoya de nouveaux émissaires proposant de la Malepierre en échange d’esclaves Orques et Gobelins, le Conseil redoubla d’efforts pour découvrir ce qu’il manigançait.

Ses espions n’apprirent d’abord pas grand-chose en dehors du fait que les armées du Seigneur Liche prenaient la mer sur des navires d’os depuis le port de la Mer de Fiel. Lorsqu’elle revint, la flotte ramenait avec elle un unique prisonnier, un roi humain d’un royaume du sud. Puis un événement dont le Conseil s’aperçut sans que ses espions aient besoin de le prévenir se produisit : des flots d’énergie noirs commencèrent à s’accumuler au-dessus du Pic Dolent. Ces nuages fuligineux annonçaient immanquablement la préparation d’un sort d’une amplitude telle qu’il pourrait remodeler le monde.

Les présages inquiétants se multiplièrent. Les Prophètes Gris eurent des visions d’apocalypse et vinrent prévenir le Conseil. Ses membres usèrent de toutes leurs ressources pour découvrir ce que tramait Nagash et ils finirent par apprendre avec consternation la venue au sud d’une horde de Morts-Vivants dont la taille dépassait l’entendement. Des millions de Morts-Vivants étaient en marche vers Nagashizzar, répondant à l’appel de leur maître. Aucune armée au monde ne pouvait espérer vaincre ces légions, dont les effectifs grossissaient de jour en jour. Toute vie sur la planète allait être balayée comme un fétu de paille.

La terreur s’empara des membres du Conseil. Après tout, ils seraient sûrement les premiers à subir la colère de Nagash. Leurs espions les informèrent que Nagashizzar était étrangement calme, comme si le Grand Nécromancien se reposait après un terrible effort, et ils réalisèrent qu’ils devaient profiter de cette occasion pour l’éliminer avant que ses armées arrivent, mais comment ? Assurément, aucun Skaven n’était capable d’une telle prouesse…

C’est alors que le Conseil se souvint du prisonnier qui se languissait dans les geôles de Nagash. Nul doute qu’il sauterait sur cette opportunité qui lui serait donnée de se venger. Il aurait toutefois besoin d’une arme assez puissante pour vaincre son adversaire, d’une arme si redoutable, en fait, qu’elle sonnerait aussi le glas de son porteur. Mais cela n’avait pas d’importance pour le Conseil qui, pour la première fois, vota unanimement l’exécution de ce plan.

Le Conseil fit forger dans l’urgence une lame de Malepierre. Les Prophètes Gris enchantèrent le métal encore chaud, puis les Technomages du Clan Skryre y gravèrent des runes si redoutables que leur simple lecture était mortelle. Enfin, une pierre de vision fut enchâssée dans le pommeau afin que le Conseil puisse suivre le déroulement des événements et protéger son porteur. Avant même que la lame soit froide, elle fut placée dans un coffre de plomb et transportée à travers le Cloaque.

Les serviteurs du Conseil s’introduisirent dans les cachots de Nagashizzar par des tunnels secrets. Ils libérèrent le roi sans dire un mot et déposèrent le coffre ouvert devant lui avant de s’enfuir. L’humain s’empara de l’épée, puis les membres du Conseil le guidèrent jusqu’à la salle du trône. Le roi obéit en silence et traversa les couloirs déserts. Au dehors, le nuage de poussière soulevé par la horde en approche était visible à l’horizon.

Nagash se trouvait seul dans la salle du trône, baigné dans une pénombre inquiétante. L’humain s’approcha avec hésitation, et se figea devant la silhouette monumentale dressée face à lui. Sous l’impulsion mentale du Conseil, il leva son arme et frappa. Au dernier instant, le Seigneur Liche leva le bras pour parer le coup. L’épée trancha le membre au niveau du poignet. Nagash était totalement sorti de sa torpeur et tenta de lancer un sort pour écorcher vif son assaillant, mais le Conseil protégeait sa marionnette. Deux seigneurs Skavens s’écroulèrent foudroyés en aidant à dévier les énergies maléfiques.

L’humain devint fou de rage et abattit sa lame sur Nagash comme un forcené. Les ossements du Seigneur Liche finirent par joncher le sol, et tandis que le roi s’éloignait en titubant, submergé par la folie et l’égarement, les Skavens qui l’avaient suivi discrètement s’emparèrent des restes de Nagash pour les jeter dans les forges. Suite à sa destruction, ses légions de morts-vivants tombèrent en poussière. C’est ainsi que le plus puissant Nécromancien de tous les temps fut vaincu, et que le danger qu’il faisait peser sur le reste du monde fut levé.

La Chute de la Forteresse Rikek

Le Conseil des Treize, bien qu’ébranlé par la perte de certains de ses membres, désigna le Clan Rikek pour investir et prendre en charge les industries de Nagashizzar. Ce Clan était dirigé par un membre du Conseil en personne, le Seigneur de Guerre Graskk, qui put ainsi étendre son influence. Les humains de l’empire de Nagash furent réduits en esclavage. Au cours des siècles qui suivirent, des quantités prodigieuses de Malepierre furent amenées jusqu’à Skarogne. Évidemment, le Clan Rikek en retira un prestige immense. Toutefois, dans leur folle hardiesse, les Skavens avaient sous-estimé le pouvoir de Nagash. Ainsi, un peu plus de trois cents ans plus tard, une silhouette encapuchonnée se présenta aux portes de Nagashizzar, désormais appelée la Forteresse Rikek, et demanda à entrer. Les Guerriers des Clans jaillirent pour s’emparer de lui mais se figèrent d’effroi : des Goules émergèrent des ombres, puis l’étranger fit un geste et les portes de la citadelle s’ouvrirent à la volée. Nagash retira alors sa capuche pour découvrir son visage squelettique et ses yeux incandescents. Il était revenu d’entre les morts, et extermina la presque totalité du Clan Rikek en une seule nuit.

Lorsque les rares survivants atteignirent Skarogne, le Conseil envoya une immense armée assiéger Nagashizzar avant que le sorcier ne puisse assouvir sa vengeance sur le reste des Skavens. Toutefois, au bout de plusieurs mois de combat, il parut évident que Nagash avait été considérablement affaibli par sa "renaissance", et qu’il n’était plus que l’ombre de lui-même. De plus, comme les hommes-rats avaient déjà épuisé les ressources en Malepierre des mines du Pic Dolent, il n’y avait aucune raison de prolonger ce ruineux conflit. Les Skavens battirent donc en retraite, laissant le Nécromancien pourrir dans les ruines de sa forteresse inexpugnable, trop faible pour s’aventurer au dehors.

L’Avènement du Clan Pestilens

L’Avènement du Clan Pestilens est arrivé ! Pour le Rat Cornu !
C’est à cette époque qu’une nouvelle puissance émergea dans les jungles de Lustrie. C’était un Clan oublié qui avait considérablement changé depuis qu’il avait quitté Skarogne, mais un jour, il y retournerait pour réclamer son dû.

Le nom d’origine du clan qui s’enfonça dans les déserts d’Arabie au cours de la Grande Migration a été perdu dans les brumes du temps. Nul ne sait comment il découvrit les tunnels sous le Grand Océan qui menaient aux terres des créatures à sang froid. Quoi qu’il en soit, les Skavens émergèrent d’une Cité-Temple en ruine au cœur de la Lustrie. Même si les hommes-rats étaient habitués aux marécages fourmillant d’insectes, les maladies tropicales prélevèrent un lourd tribut. Lorsque le clan fut finalement réduit à quelques centaines de survivants à la fourrure poisseuse, en proie à des fièvres délirantes, ceux-ci eurent une vision : s’ils consacraient leur vie à servir le Rat Cornu, ils seraient épargnés. Leur Dieu leur demandait de parcourir la jungle à la recherche de victimes à sacrifier pour apaiser sa faim, et s’ils révéraient les maladies qui les rongeaient, ils atteindraient la sublimation. C’est ainsi qu’une nouvelle branche de Skavens fut enfantée dans la douleur : les Moines de la Peste du Clan Pestilens.

Les Skavens qui jaillirent de la Cité-Temple en ruine étaient des créatures hideuses, défigurées par les maladies qui les couvraient de pustules et de bubons purulents. Au fil des siècles, le Clan se multiplia et découvrit les secrets ésotériques que renfermaient les temples recouverts de végétation. Des milliers des reptiles bipèdes cherchant à protéger les sites antiques de leur civilisation furent sacrifiés au nom du Rat Cornu tandis que le Clan Pestilens sombrait de plus en plus dans la corruption.

L’empire des Hommes-Lézards fut plongé dans la guerre, le sang et les épidémies. Ce fut une époque de carnages à une échelle délirante qui firent couler des fleuves de sang. Les deux camps ne montraient aucune pitié et n’hésitaient pas à commettre les actes les plus vils pour l’emporter. Les années deviennent des décennies, et la guerre s’enlisa. Finalement, en l’an 100 du Calendrier Impérial, les combats atteignirent leur paroxysme et le Seigneur Nurglitch, titre donné traditionnellement au plus puissant des Seigneurs de la Peste, décréta qu’il était temps pour le Clan Pestilens de rentrer sur sa terre natale. Une fois sur les rivages des Terres du Sud, les Moines de la Peste établirent plusieurs repaires. Des émissaires furent envoyés à Skarogne pour rencontrer les Seigneurs de la Ruine, annoncer leur retour et leur nouveau rôle en tant que prêtres de la décrépitude du Rat Cornu. Le Clan Pestilens réclamait de plus des droits de reproduction, une gabelle sur la Malepierre et des places au sein du Conseil. Évidemment, le Conseil des Treize n’avait pas besoin d’une nouvelle faction avec laquelle il devrait partager son pouvoir. Ils firent massacrer les émissaires et renvoyèrent leurs cadavres pourris aux Seigneurs de la Peste en guise de leçon d’humilité.


La Guerre Civile

Ce casus belli permit au Clan Pestilens de lancer une offensive mûrement préparée contre les clans loyaux envers le Conseil des Treize. Le premier mouvement des Moines de la Peste fut de prendre la cité humaine de Bhagrusa, déchaînant apparemment leur frustration sur la plus proche communauté humaine. Mais leur véritable objectif ne fut révélé que quand ils assiégèrent la forteresse Skaven qui se trouvait dissimulée dessous. Toute communication avec cette lointaine communauté Skaven fut immédiatement interrompue. Le Conseil, inquiet, envoya une troupe d’éclaireurs, et au bout de plusieurs mois, ils découvrirent ce qu’il était advenu de l’ancienne cité humaine. Elle était dépourvue de toute étincelle de vie et remplie de cadavres de Skavens pourrissants et arborant les stigmates d’une terrifiante maladie. Les Moines de la Peste avaient encerclé la forteresse du Clan Merkit avec d’immenses chaudrons remplis d’une mixture immonde d’abats et de chair en putréfaction mêlée de Malepierre, et ils s’étaient servis de gigantesques soufflets pour inonder les grottes creusées sous la ville de vapeurs nocives qui transmettaient toutes sortes de maladies mortelles. Ceux qui avaient fui à la surface avaient été capturés et réduits en esclavage, et seul le seigneur Merkit en personne et une poignée de ses lieutenants avaient réussi à s’échapper pour relater cette tragédie.

La Guerre Civile Skaven voit les "loyalistes" du Conseil des Treize...
...affronter le Clan Pestilens et ses "alliés"...
En guise de représailles, le Conseil des Treize envoya des armées de Guerriers des Clans assistés de Technomages utilisant leurs terribles machines. À ce moment, la nouvelle de l’ignoble massacre de Bhagrusa s’était cependant répandue et plusieurs clans des Terres du Sud avaient capitulé suite aux démonstrations de force des Moines de la Peste, et ils fournirent à ces derniers une chair à canon indispensable. L’incapacité du Conseil à s’occuper du Clan Pestilens le discrédita et bien des Clans Guerriers se séparèrent du reste de la société Skaven, soit pour se faire la guerre entre eux, soit pour rejoindre le Clan Pestilens dans les Terres du Sud. Au bout de quelques générations, le Conseil perdit complètement le contrôle des Terres du Sud et commença à perdre sa mainmise sur l’Empire Souterrain dans son propre territoire.

Pendant presque quatre cents ans, les Skavens restèrent divisés en deux hémisphères : le nord étant dirigé par le Conseil des Treize, et le sud par les Seigneurs de la Peste. De nombreux clans restèrent neutres ou changeaient d’allégeance selon les circonstances, soutenant toujours la faction la plus avantageuse. Il en résulta un état de guerre constant qui ravagea les Terres du Sud pendant des générations, mais il semblait bien que rien n’était destiné à changer. Les Skavens étaient dans une impasse, chaque camp croyant être le préféré du Rat Cornu. Les deux camps eurent recours aux épidémies, à la sorcellerie et aux trahisons sans jamais réussir à prendre l’avantage. Le statu quo fut finalement brisé par la réapparition du Clan Eshin, de retour d’Extrême-Orient après une longue absence.

Formés aux arts de l’assassinat au Cathay, ses tueurs vêtus de noir pouvaient s’infiltrer dans les repaires les mieux défendus et abattre leurs ennemis les plus puissants sans être découverts. Le Clan Eshin prêta serment d’allégeance au Conseil des Treize et se mit immédiatement à l’œuvre pour anéantir le Clan Pestilens. Pendant des générations, le Clan Eshin se servit de tactiques de terreur et d’assassinat pour ramener les clans renégats sous la coupe du Conseil, plusieurs Seigneurs de Guerre rebelles et même des Seigneurs de la Peste moururent dans des circonstances mystérieuses, brisant peu à peu la mainmise du Clan Pestilens sur les Terres du Sud alors que ses appuis disparaissaient un à un. Les Seigneurs de la Peste réalisèrent que la situation serait bientôt intenable et demandèrent des pourparlers. Les Prophètes Gris intercédèrent auprès des Seigneurs de la Ruine afin qu’ils jurent de ne pas tenter d’assassiner les émissaires. Ainsi, Nurglitch, le plus puissant Seigneur de la Peste du Clan Pestilens, se rendit dans le nord pour traiter avec le Conseil.

Naturellement, il y eut plusieurs tentatives pour tuer ce dirigeant important durant son voyage, mais il finit par arriver à Skarogne. Là, il s’inclina devant le Grand Temple du Rat Cornu et demanda à être accepté au sein du Conseil, offrant les ressources du Clan Pestilens aux Seigneurs de la Ruine. Nurglitch disposait d’un argument supplémentaire ; lui et ses disciples étaient porteurs d’une souche particulièrement virulente de fièvre du crâne jaune et s’ils n’arrivaient pas à se mettre d’accord, ils seraient forcés de la libérer, exterminant le Conseil tout entier ainsi qu’une grande partie de la race des Skavens.

C’est ainsi que le Clan Pestilens rentra dans le giron du Conseil. S’y tailler une place n’était plus qu’une formalité, dont le Seigneur Nurglitch s’acquitta en défiant le Seigneur Vask, le plus vulnérable de ses membres, qui fut foudroyé par sa morsure empoisonnée. Le Clan Pestilens s’octroya ainsi la septième place du Conseil. Alors que ces siècles de guerre civile avaient permis aux races de la surface d’échapper pendant un temps à l’attention des hommes-rats, le prix à payer serait lourd en définitive ; l’art des Seigneurs de la Peste s’ajoutait à l’arsenal des Skavens.

La Peste Noire

Les humains de cette époque étaient encore moins conscients de la menace des Skavens qu’aujourd’hui. Ils n’avaient affronté que les Peaux-Vertes lors des Guerres Naines, et ces guerriers taciturnes n’avaient pas vu la nécessité de décrire les hommes-rats en détail. Une fois les armées des Orques et des Gobelins mises en déroute, il n’y avait plus grand-chose à craindre. Sans ennemi extérieur, l’humanité devint son propre adversaire. Quelques siècles après que Sigmar eut fondé cette grande nation, l’Empire était paralysé par la corruption, l’indolence et les dissensions. Ceux qui restent toujours sceptiques vis-à-vis de la ruse et de l’intelligence surnaturelles des hommes-rats devraient prendre note : même s’ils n’ont rien fait pour favoriser ce processus de décrépitude sociale, ils ont coordonné leurs plans multiséculaires pour frapper au moment exact où l’Empire était au plus bas. À la fin du premier millénaire, l’Empereur Boris l’Avide ne devait sa place sur le trône qu’au fait qu’il était le seigneur le plus corrompu de son royaume, et son Empire s’était effondré sous lui, sombrant dans les affres de la guerre civile.

Au cours de l’hiver de l’année 1111, une nouvelle maladie fut mise au point par le Clan Pestilens et confiée aux adeptes du Clan Eshin pour que ses agents la dispersent dans les puits et les sources des villes de l’Empire. Naturellement, les épidémies étaient si omniprésentes dans le Vieux Monde que peu de gens auraient pu concevoir qu’elles fussent des armes de guerre. Les premiers signes de l’infection étaient des taches noires sur la peau, suivies par des douleurs aux articulations et des poussées de fièvre. L’incubation variait de quelques minutes à plusieurs semaines. Le malade était alors pris d’horribles convulsions pouvant durer des heures et finissait par trépasser. Les cadavres ne tardaient pas à prendre une teinte grisâtre écœurante.

Les citoyens de l’Empire baptisèrent le fléau Peste Noire, à cause des taches noires et grandissantes qu’elle faisait apparaître sur la peau au fur et à mesure de l’affaiblissement de sa victime, mais beaucoup craignaient même de seulement en parler. La maladie fut pour la première fois détectée dans les régions du sud, frappant simultanément les villes de Nuln, Altdorf et Talabheim, et beaucoup pensèrent donc qu’elle avait été apportée par les marchands Tiléens. À l’époque, les moyens de communication étaient limités, et ce ne fut que quand la peste répandit par les routes et les fleuves que l’on put mesurer la véritable étendue du fléau. C’est alors que la panique éclata. Bientôt, les cités fermèrent leurs portes aux colonnes de misérables réfugiés qui fuyaient la maladie mais elles finirent par succomber une par une l’épidémie ou à leurs propres maladies causées par la surpopulation qui s’ensuivit. Middenheim réussit même à éviter l’épidémie en scellant ses viaducs, mais les autres villes n’eurent pas cette chance. Partout ailleurs, les villages furent balayés par l’épidémie, les villes furent abandonnées et les cités devinrent des mouroirs où les vivants croulaient sous les cadavres.

La virulence et la vitesse de propagation de la maladie étaient terribles et ses victimes trépassaient en quelques jours, voire quelques heures, une fois les premiers symptômes apparus. Aucun remède connu n’avait d’effet et la rapidité de l’épidémie ne laissait pas le temps de l’étudier. On pensa bientôt qu’il serait impossible de l’arrêter et que les suppliques adressées aux Dieux (n’importe quels Dieux) étaient la seule façon d’y échapper. Des villages entiers furent balayés, les nobles comme les manants étaient atteints, les cités devinrent des mouroirs où les vivants croulaient sous les cadavres qui s’empilaient dans les rues et dépassaient en nombre les vivants. Des bandes de Flagellants erraient sans but en annonçant que Sigmar avait été courroucé et que sa colère s’abattait sur le pays parce qu’il était corrompu

L’Empire est dépassé par la Peste Noire et l'invasion qui la suit...
En 1115, Boris l’Avide, le plus haï et le plus incompétent des Empereurs succomba lui-même à la peste et les habitants opprimés eurent enfin quelque chose à fêter. Ironiquement, l’Empereur tant détesté fut une des dernières victimes de la maladie, son emprise s’étant amoindrie les quatre années précédentes. Mais plus des trois-quarts de la population de l’Empire avait été tuée. C’est alors que le Conseil des Treize lâcha ses Clans Guerriers contre les restes pantelants de l’Empire. Les régions décimées furent facilement conquises, leurs défenseurs étant tués et dévorés tandis que les récoltes étaient pillées et le bétail volé. Les murs d’enceinte s’effondraient sous le vacarme des Cloches Hurlantes. Les quelques humains épargnés par la peste n’avaient pas le temps de se préparer, ni même la volonté nécessaire pour résister aux Skavens. Beaucoup les virent comme la dernière trompette de l’apocalypse, un fléau qui balayerait jusqu’au dernier vestige de l’humanité décimée. Renforcés par cette terreur, les armées d’hommes-rats marchaient à ciel ouvert dans le Reikland, l’Averland, le Wissenland et le Talabecland et l’armée impériale était impuissante à les en empêcher. Vertholf Bergon de Nuln décrivit les terres environnant la cité comme «Une vision d’enfer, les terres assombries jusqu’à l’horizon par la fumée des bûchers qui embrasaient le ciel de rouge et répandaient des nuages de ténèbres aussi loin que portait le regard.» Seules les grandes cités du sud comme Altdorf, Nuln et Averheim résistèrent, mais risquaient maintenant la famine. Au nord, la Peste Noire continuait de sévir avec une intensité terrifiante. Et chaque hiver, des milliers de personnes mouraient, victimes de la faim dans les quelques rares cités qui avaient échappé aux ravages de la maladie ou de la guerre.

Au cours des sept années qui suivirent, les Skavens réduisirent en esclavage tous les humains qu’ils capturèrent. Ceux qui étaient trop jeunes ou trop vieux pour travailler furent exécutés à vue et ceux qui tenaient debout et pouvaient manier une pioche furent envoyé dans les mines des Skavens. En l’espace d’une autre année, un tiers de la population déjà exsangue de l’Empire avait été massacré ou réduit en esclavage. Des hordes de Guerriers des Clans encerclaient les villages, les incendiaient et s’emparaient des fuyards. De longues colonnes d’esclaves traînaient leurs pieds vers les camps de travail établis dans les ruines d’Übersreik et de Pfeildorf au Wissenland. Les plus chanceux travaillaient dans les champs afin de nourrir les hordes d’hommes-rats. Les autres étaient envoyés dans les mines et ne revoyaient jamais la lumière du jour.

Alors que l’Empire était pillé de ses ressources et de ses hommes, le prestige du Clan Pestilens croissait proportionnellement. Même les Seigneurs de la Ruine ne pouvaient nier l’efficacité de l’épidémie de Peste Noire. Les Seigneurs de la Peste usèrent de cet avantage pour s’assurer deux places de plus au Conseil, totalisant ainsi trois sièges, ce qui ne s’était jamais produit auparavant pour aucun clan.

Seules trois cités tenaient bon face à l’envahisseur Skaven : Altdorf, Talabheim et Middenheim. Toutefois, étant donné l’absence d’Empereur sur le trône, les hommes-rats se considéraient victorieux et il ne restait pas assez d’humains assez braves pour les contester. Il semblait bien que ce fût la fin de l’Empire de Sigmar, mais une fois encore, le destin changea la donne et deux événements empêchèrent le coup fatal de s’abattre.

En 1116, les Skavens marchèrent vers l’ouest pour prendre les derniers territoires de l’Empire. Mais en entrant en Sylvanie, ils rencontrèrent un ennemi qu’ils ne pouvaient pas vaincre aussi facilement et une nouvelle abomination fut lâchée dans le vaste monde. Cinq ans plus tôt, lors de la Geheimnisnacht, quand la peste avait commencé, on avait aperçu une pluie de météorites qui s’abattait sur la Sylvanie. Comme la pierre qui tomberait plus tard sur la ville de Mordheim, il est maintenant évident que ces météorites étaient composée, entièrement ou partiellement, de Malepierre. Dans le chaos des années de peste, nul n’avait été envoyé s’enquérir des dégâts qu’elles avaient provoqués, mais quand les troupes des Skavens passèrent les frontières de la Sylvanie, à la recherche de toujours plus de Malepierre. Ils se heurtèrent rapidement à des hordes de cadavres ambulants tués par la peste et à des tribus de Goules.

Confrontés à un ennemi immunisé contre la maladie et la peur et dont les effectifs étaient presque équivalents aux leurs, les Skavens furent privés des avantages tactiques dont ils avaient l’habitude. La petite troupe qui avait été envoyée en Sylvanie fut rapidement éliminée par la horde des Morts-Vivants et leur général Nécromancien, Frederick Van Hal. Les Skavens répliquèrent comme ils l’avaient toujours fait ; en envoyant vague sur vague de soldats dans la province pour écraser leur ennemi. La guerre entre ces deux races abominables dura presque cinq ans et aucun camp ne parvint à l’emporter. Mais cette lutte écarta les grandes armées des hommes-rats des restes de l’Empire et épuisa leurs troupes (ainsi que celles des morts-vivants, ce qui était tout aussi bénéfique aux humains). Finalement, l’Empire avait une chance de contre-attaquer ses conquérants, mais les dégâts qui lui avaient été infligés étaient si terribles que personne n’était assez brave pour envisager la réussite d’une telle entreprise, sans parler de convaincre d’autres hommes de se rallier à cette cause perdue.

Personne ? Pas tout à fait.

Quand la peste avait frappé, le Comte Électeur Mandred von Zelt, dirigeant de Middenheim, avait ordonné que les grands viaducs de pierre de la cité fussent détruits pour empêcher l’épidémie d’entrer dans ses murs. Cette action décisive avait épargné à la cité le plus gros des horreurs du fléau et son armée était restée forte. Quand les hommes-rats attaquèrent en 1118, ils reconnurent Middenheim comme le dernier bastion de la puissance impériale et assiégèrent la cité sise au sommet de l’Ulricsberg. Mais celle-ci était bien défendue, et malgré les ravages des Jezzails et des équipes de Coureurs d'Égouts, toutes les percées des Skavens furent stoppées avant qu’ils ne puissent les exploiter. Le responsable des défenses de la ville n’était autre que le Comte Électeur Mandred. Il n’hésitait jamais à commander depuis les remparts ou à mener lui-même ses hommes dans les égouts. Finalement, avant que le courage des défenseurs ne puisse être vaincu, les Skavens succombèrent à la maladie qu’ils avaient eux-même propagée. Leurs effectifs fondirent comme neige au soleil, et ils furent obligés de se contenter d’établir un repaire sous la cité avant de battre en retraite.

Ancienne représentation de la victoire de Mandred le Tueur de Rats et sa victoire sur les "rats Hommes-Bêtes"...
Ce siège signala le tournant de la guerre. Les invincibles armées Skavens se diluèrent en hordes désorganisées. Bien conscient du fait qu’il s’agissait peut-être de sa dernière chance d’arrêter l’immonde marée des hommes-rats, Mandred rallia à lui les Comtes Électeurs survivants et mena la croisade contre les hommes-rats. Après avoir affronté pendant des années des adversaires écrasés par le nombre et effrayés, affaiblis par la peste qui ravageait leurs rangs, les Skavens perdirent leurs batailles les unes après les autres. Ils lancèrent une ultime contre-attaque lors de la Bataille des Collines Hurlantes. Ils faillirent remporter la victoire, jusqu’à ce que Mandred décapite le Seigneur de Guerre Vrrmik du Clan Mors, un des éminents membres du Conseil des Treize. Tout espoir de victoire s’envola pour les Skavens. En 1124, ils furent définitivement chassés dans leurs terriers et le Comte Mandred Tueur de Skavens, dont le heaume arborait désormais le crâne de Vrrmik, fut élu empereur.

Les Skavens étaient trop affaiblis par la peste et la guerre pour continuer le combat. De plus, ils avaient capturé tellement d’esclaves lors de leurs campagnes que les Seigneurs de la Ruine craignaient une révolte. Ces derniers décidèrent donc de recouvrer leurs forces avant de lancer un nouvel assaut. Mais celui-ci n’eut jamais lieu car au cours des vingt-cinq années qui suivirent, l’Empire se releva plus rapidement que ce à quoi ils s’attendaient. Sous le règne éclairé de Mandred, les villes furent reconstruites, les terres de nouveau cultivées et les réfugiés retournèrent à leurs anciens foyers. Pire encore, il ordonna la création de corps spécialisés dans la lutte contre les hommes-rats, comme la Garde des Égouts. Pour couronner le tout, un soulèvement d’esclaves eut bel et bien lieu dans l’Empire Souterrain, ainsi que plusieurs épidémies de Peste Noire qui, de façon suspecte, décimèrent des clans entiers tout en épargnant d’autres.

Le Conseil des Treize se réunit à Skarogne et les accusations ne tardèrent pas à fuser entre les Seigneurs de la Peste et les autres membres. Les clans ravagés par la peste demandaient des compensations, tout comme ceux visés par des tentatives d’assassinat répétées… Finalement, décision fut prise de remettre à plus tard toute opération dans l’Empire, en dehors d’une ultime vengeance.

Un assassin du Clan Eshin s’infiltra dans le palais de l’Empereur Mandred et le tua. Il laissa derrière lui des preuves accusant à tort quelque Mutant, si bien que jusqu’à ce jour, les historiens ne font pas de lien entre la Peste Noire, les Skavens et l’assassinat de l’Empereur. Au fil du temps, on en vint à oublier cette époque, qui devint entourée de mythes et de légendes. Aujourd’hui, la majorité des hommes refusent de croire en l’existence des Skavens.

  • Une Histoire Oubliée : Si l’on se souvient parfaitement de la Peste Noire de 1111, les chroniques de l’Empire ont oublié ou délibérément omis de mentionner l’invasion de Skavens qui l’accompagna. On y parle simplement d’un déferlement de rats de taille inhabituelle, lesquels dévorèrent les nombreux cadavres jusqu’à atteindre un nombre et des proportions énormes. Aujourd’hui, les exploits de Mandred le Tueur de Rats ont été édulcorés et presque oubliés, et on l’a ramené au statut de héros de contes pour enfants. Des gravures le représentent souvent en train de chasser ces satanées vermines des rues d’un simple coup de botte.

La Variole Rouge

Pendant des années, les Seigneurs de la Peste siégeant au Conseil furent en position de faiblesse et durent adopter de nouvelles tactiques. Ils choisirent de reconstituer lentement leurs forces tout en louant les services du Clan Eshin pour semer l’anarchie par le biais d’assassinats et de manipulations politiques. Les croisades humaines contre l’Arabie et les rébellions en Tilée ne sont que deux exemples des nombreuses conséquences des actions du Conseil. Néanmoins, ces méthodes ne permirent pas d’obtenir de véritables avancées, c’est pourquoi le Clan Pestilens parvint à convaincre le Conseil de tenter une autre invasion des royaumes humains.

Cherchant à répéter le succès obtenu contre l’Empire, les Skavens frappèrent avec une force et une fureur équivalentes, mais cette fois contre la Bretonnie. Là-bas, leur maladie favorite fut connue sous le nom de Variole Rouge à cause des marques écarlates qui apparaissaient sur le visage et la gorge de ses victimes. La Variole Rouge mettait plus de temps à tuer que la Peste Noire, ce qui la rendait un peu plus facile à contenir, mais les souffrances de ses victimes n’en étaient que plus atroces. Elle apparut d’abord à Bordeleaux et ensuite à Brionne, avant de se répandre à l’est le long de la Brienne, et au sud jusqu’en Tilée. À Bordeleaux, elle tua un tiers de la population, mais le Baron Giscard du Pontet ordonna que les quartiers pauvres soient brûlés. Cet acte, aussi dénué d’humanité qu’il fût, permit cependant d’endiguer la maladie.

L’assaut fut réellement donné vingt-cinq ans plus tard, lorsque toute la Bretonnie et le nord de la Tilée connurent une importante épidémie de Variole Rouge. Là encore, le Conseil attendit que la maladie décime la population avant d'envoyer ses armées. Au départ, rien ne put stopper les hommes-rats et plusieurs villages et bourgs furent mis à sac. Les villes de Brionne et de Quenelles furent assiégées, mais les seigneurs du nord de la Bretonnie ne mirent pas longtemps à réagir, les forces du Duc de Parravon et des Elfes Sylvains d’Athel Loren intervinrent et écrasèrent les Skavens à la Bataille de Rémarche, mettant un terme prématuré à leur tentative de soumission des royaumes humains.

La Deuxième Guerre Civile

La Deuxième Guerre Civile fait rage et les armées Skavens s’affrontent sans merci !
Suite à l’échec retentissant de la fièvre rouge, certains Seigneurs de la Ruine demandèrent l’expulsion des Seigneurs de la Peste du Conseil des Treize. Après des mois de manœuvres politiques, de chantages, de menaces, d’assassinats et de versements de pots-de-vin, le Conseil organisa un vote.

Le jour du vote, le Clan Pestilens tenta de prendre le contrôle du Conseil en déclarant que les autres Seigneurs de la Ruine étaient coupables d’hérésie. De nombreux Clans Guerriers le suivirent, et des combats éclatèrent entre les gardes albinos du Temple du Rat Cornu, les Moines de la Peste et les innombrables clans de Skarogne. L’anarchie se répandit rapidement au gré des prises et des pertes de territoire.

Le Clan Skryre s’attendait à un tel retournement de situation, et s’était préparé à lancer sa propre offensive. Ses technologies ensorcelées se mesurèrent à la folie des Moines de la Peste. Ikit la Griffe, récemment promu Très Haut Technomage, mena l’assaut, officiellement pour «restaurer l’ordre dans la cité». En quelques semaines, le Clan Skryre se rendit maître du Temple du Rat Cornu. Des équipes de Jezzails furent postées dans la tour, et les entrées furent couvertes par des machines diaboliques qui repoussèrent toutes les contre-attaques. Le Seigneur Morskittar se déclara Maître de Skarogne et tenta de rétablir le Conseil sous son égide bienveillante, mais il était trop tard : les combats s’étaient propagés à tout l’Empire Souterrain.

Cela dura plus de quatre cents ans. Les alliances se faisaient et se défaisaient sans cesse entre des dizaines de factions. Les Clans Pestilens, Skryre et Moulder étaient à la tête des plus puissantes, tandis que le Clan Eshin restait neutre et louait ses services au plus offrant. C’est au cours de cette période que le Clan Skryre transforma peu à peu son repaire sous Skarogne. Des machines infernales de toutes tailles et de toutes sortes furent assemblées. C’est notamment grâce à certaines d’entre elles qu’Ikit la Griffe fut en mesure de détecter le raz-de-marée de Magie Noire qui précéda la grande invasion du Chaos. Ainsi, le Seigneur Morskittar était prêt lorsque les Prophètes Gris déclarèrent leurs intentions.

Le Rat Cornu Marche Parmi ses Enfants

Les présages abondèrent alors qu’une immense armée du Chaos se rassemblait dans les désolations du nord. Morrslieb dévorait le ciel et des pluies de météores s’abattirent. Les Prophètes Gris se rendirent dans toutes les forteresses des Skavens aux quatre coins du Cloaque et leur posèrent un ultimatum : être présent à la fête annuelle de la Saison Vermineuse sous peine de subir la colère du Rat Cornu, car ils allaient l’invoquer pour qu’il mette un terme à la guerre qui divisait les clans.

La guerre civile doit cesser, car l’Avènement est pour bientôt...
Aucun Seigneur de Guerre n’osa ignorer l’avertissement des Prophètes Gris, même si certains d’entre eux, craignant un piège, n’envoyèrent que leurs émissaires. La veille du rituel, tous les envoyés se rassemblèrent à Skarogne. Pour la deuxième fois de toute l’histoire des Skavens, un représentant de chaque Clan se trouvait devant le Temple du Rat Cornu. La peur planait au-dessus de l’assistance lorsque les portes s’ouvrirent et qu’apparurent en file indienne les cent soixante-neuf silhouettes formant la totalité de l’ordre des Prophètes Gris. Le Seigneur Devin Kritislik fermait la marche. Il portait un grimoire relié en peau humaine qu’il posa sur un lutrin de fer. Il couina les premiers mots de l’incantation, et l’air s’emplit de bruits et de craquements sinistres. Les Prophètes Gris reprirent en chœur, et le chant s’amplifia. Puis les sacrifices commencèrent.

Un par un, cent soixante-neuf esclaves moururent dans des douleurs de plus en plus atroces, le dernier expirant sous les griffes de Kritislik lui-même. Leurs couinements de peur et de souffrance franchirent les dimensions pour atteindre les oreilles du Rat Cornu dans son royaume au-delà de la raison. Des éclairs lacérèrent les cieux, jetant une lumière blafarde sur la scène. La Grande Cloche sonna, si fort qu’elle finit par recouvrir les chants et le vacarme du tonnerre. Au bout de treize coups, elle s’arrêta, laissant planer dans l’air ses vibrations maléfiques pendant de longues secondes.

Au bout de ce long silence, le Seigneur Devin ouvrit la gueule en hurlant. Une fumée noire jaillie de ses entrailles monta en volutes autour du clocher. Une griffe immense déchira alors le voile de la réalité, puis une ombre aussi noire que la nuit la plus noire émergea de la brume, coiffée de grandes cornes torsadées. Deux yeux rouges grands comme les portes d’une citadelle jetèrent un regard avide sur les Skavens, qui se prosternèrent immédiatement. Plusieurs d’entre eux moururent, foudroyés par la terreur.

La griffe gigantesque se tendit et s’empara d’une pleine poignée de Skavens couinant d’horreur. Des crocs jaunes brillèrent furtivement lorsque le Rat Cornu les engloutit avec délectation avant de recommencer, encore et encore. Une fois le Dieu rassasié, une colonne de Malepierre pure se matérialisa sur le parvis. Elle était dotée de treize côtés, chacun gravé de treize runes étincelantes qui énuméraient les commandements du Rat Cornu et annonçaient la prophétie de l’Avènement.

Le Rat Cornu s’adressa alors à ses enfants d’une voix ressemblant au piaillement démentiel d’un million de rats. Il leur dit que leurs guerres l’avaient diverti, mais qu’il était temps qu’elles cessent. Ils devaient désormais répandre la corruption afin de conquérir le monde et permettre Sa résurrection. Il ordonna la reconstitution du Conseil des Treize, soumis à Sa toute-puissance. Seuls Ses élus pourraient hériter d’un siège après avoir touché le pilier. Le Dieu disparut ensuite dans les limbes, et la faille dimensionnelle se referma dans un bruit de succion.

L’odeur de la peur imprégnait les survivants. Ils clignèrent des yeux, incertains quant à la scène dont ils venaient d’être les témoins. Le Seigneur Rakin fut le premier à poser la patte sur le pilier. Il fut consumé par un feu noir jusqu’à n’être plus qu’un petit tas de cendres. Jusqu’à la fin de la nuit, nombreux furent ceux qui renoncèrent à risquer leur vie, mais beaucoup se soumirent tout de même au test. Seuls douze d’entre eux le passèrent avec succès. L’aura de pouvoir qui les entourait prouvait qu’ils étaient les élus du Rat Cornu. Depuis cette nuit, le Conseil des Treize n’a plus changé, même si beaucoup de Skavens ont tenté de toucher le pilier. Quelques-uns ont survécu, mais quasiment aucun n’a jamais réussi à vaincre un des Seigneurs de la Ruine.

La Guerre Sous le Monde

Les Skavens se battent contre les Nains depuis la première fois ou leurs tunnels se sont rencontrés. Nul ne sait quelle fut la réaction des hommes-rats lorsqu’ils découvrirent les corridors de pierre taillée des Nains, mais depuis ce jour, les deux sociétés sont constamment en guerre.

Les Nains sont de coriaces adversaires...
Les Nains de l’ancien temps avaient bâti un empire qu’ils pensaient éternel, relié par un ingénieux réseau de routes souterraines nommé l’Ungdrin Ankor. Mais l’âge d’or des Nains s’est éteint depuis longtemps, en grande partie a cause des attaques des Skavens. Peu de temps après des tremblements de terre et des éruptions volcaniques de grande ampleur, les Skavens attaquèrent l’empire des Nains. La première forteresse a tomber fut Karak Varn. Ses mines avaient été inondées, et les Gobelins de la Nuit s’en prenaient aux niveaux supérieurs. Les Nains se défendaient avec ténacité, mais une nouvelle menace apparut sous la forme des hommes-rats. Ils investirent les niveaux inférieurs. Les Nains étaient habitués aux attaques des vils Gobelins, mais les hordes de Skavens qui se déversèrent dans leur dos furent un coup fatal.

Les Skavens ne pouvaient pas profiter du poids du nombre dans les couloirs étroits. Leurs nuées de vermine se contentaient de se jeter en avant pour submerger l’ennemi pendant que d’autres troupes creusaient des tunnels pour le prendre a revers. Souvent, les Skavens faisaient coïncider leurs attaques avec celles des Peaux-Vertes, et poussaient même ces derniers à attaquer au bon endroit, au bon moment pour faciliter leurs propres assauts. En fait, sans les Skavens, les armées des Peaux-Vertes n’auraient jamais pu entrer dans la forteresse naine de Karak Ungor, cachée dans les profondeurs souterraines. Les sapeurs Skavens furent aussi responsables de l’inondation de Karak Varn un an plus tard, et les Nains parlent encore de l’affreux spectacle qui s’ensuivit, quand les hommes-rats se délectèrent des cadavres boursouflés de leurs frères d’armes noyés. Assaillis par le haut et le bas, les Nains perdirent une a une leurs mines et leurs forteresses.

  • La Guerre Contre les Choses-Vertes : Aussi bien les Skavens que les Peaux-Vertes bénéficient de la chute d’une cité Naine, cependant ces deux espèces sont loin d’être autre chose que des alliées de circonstances. Les combats entre les Enfants du Rat Cornu et les Peaux-Vertes sont monnaie courante, chaque camp cherchant à exterminer l’autre par tous les moyens possibles et imaginables. Mais puisque ces deux espèces sont entièrement dénuées de scrupules, des trêves peuvent être conclues si chacune y trouve son compte. Lorsqu’ils en ont l’occasion, les Skavens n’hésitent jamais à manipuler les Chefs Orques particulièrement idiots (ce qui est le cas de la très grande majorité d’entre eux) pour les laisser se salir les mains a leur place. Ces pactes tiennent le temps (très court) qu’une des factions trahisse l’autre. Les Gobelins de la Nuit sont plus difficiles à vaincre que les Orques lors d’une guerre prolongée car s’ils sont moins forts, ils sont en revanche bien plus malins. Ils sont en compétition avec les Skavens pour les meilleurs repaires, qui sont souvent d’anciennes cites Naines, ceux-ci feront donc tout ce qui est en leur pouvoir pour tuer ou réduire en esclavage les tribus de Gobelins de la Nuit qui croisent leur chemin !

La Chute de Karak aux Huit Pics

Bien que forcés d’abandonner de nombreux bastions, les Nains n’auraient jamais pensé perdre Karak aux Huit Pics, l’une des plus belles et des plus prospères de leurs cités. Lorsque les Skavens trouvèrent un passage vers les mines les plus profondes de la ville, les Nains avaient appris a les contrer et réagissaient rapidement à la moindre menace. Ils ne se contentaient pas de se défendre passivement ; ils creusaient des contre-mines, posaient des pièges et leurs Maîtres des Runes concevaient des armes et des armures redoutables. Les Mineurs furent épaulés par des équipes de Brise-Fer chargées de garder les tunnels les plus menacés. Les galeries des Skavens débouchaient sur des lignes d’arbalétriers Nains qui accueillaient les assaillants avec des volées de carreaux. Chaque pouce de terrain gagne coutait la vie a des milliers de Guerriers des Clans, et chaque nouveau coude recelait son lot de pièges et de Nains retranches derrière des défenses bien préparées.

Les Clans Guerriers à court de ressources allèrent consulter le Conseil des Treize. Celui-ci établit un plan qui garantissait la prise de Karak aux Huit Pics au bout de dix générations de Skavens. Tout d’abord, il fallut convaincre les tribus de Peaux-Vertes d’arrêter leurs guerres intestines assez longtemps pour s’unir contre les Nains. L’étape suivante consista a empoisonner les puits des Nains avec de la Malepierre. Au fil des mois, les Nains s’affaiblirent alors que leur constitution luttait contre le dépérissement. Des Rats Géants achetés au Clan Moulder furent utilisés pour les harceler sans cesse, mais ce furent les inventions du Clan Skryre qui firent définitivement la différence.

Le Lance-Feu, à la fois puissant et facilement transportable, pouvait faire fondre les portes en Gromril, sans parler des murs de boucliers des Nains qui les protégeaient. Malgré tout, cela ne suffit pas à les vaincre entièrement. Il fallut attendre l’arrivée des Globes de Vent Toxique pour que les Technomages viennent à bout de la résistance des guerriers Nains et de l’inventivité de leurs artisans. Dès lors, plus rien ne pouvait stopper l’avance des Skavens. Peu à peu, les salles jonchées des cadavres des fils de Grungni tombèrent entre leurs mains, et au bout d’un siècle et demi d’une guerre impitoyable, les quelques centaines de Nains survivants abandonnèrent Karak aux Huit Pics à leurs adversaires.

Les Skavens eurent alors à affronter les Orques et les Gobelins dans les niveaux supérieurs et les ruines de la cité désormais abandonnée par ses occupants d’origine. Lors d’une bataille titanesque dans les halls cérémoniels du quartier ouest, le Clan Mors fit s’effondrer la voûte pour couper toute voie d’accès aux Peaux-Vertes vers les niveaux inférieurs, enterrant vivant par la même occasion plusieurs tribus d’Orques et de Gobelins, ainsi que les clans Skavens rivaux (le Clan Mors ayant oublié de faire part à ces derniers de son plan). Peu de temps après, le Conseil des Treize accorda au Clan Mors, qui l’a conservé jusqu’à ce jour, le contrôle de la Cité aux Piliers.

Le Siège de l’Empire des Nains

La chute de l’une de leurs villes les plus prospères et les plus renommées prouva aux Nains que les Skavens représentaient une menace sans précédent. Même si les confédérations de tribus Orques et Gobelines menaient à des guerres cataclysmiques, elles étaient toujours de courte durée, et laissaient des survivants malgré les dégâts qu’elles provoquaient. Les campagnes d’usure des Skavens menaçaient de détruire totalement toutes les forteresses des Nains, sans leur laisser le moindre répit ni la moindre chance. Les Nains ne cessèrent jamais de se battre, et lors de cette guerre qui fit rage pendant des siècles, ils perdirent et regagnèrent de vastes portions de leur ancien empire à plusieurs reprises. Mais malgré tout, leurs ennemis gagnaient inexorablement du terrain. En -380 CI, les deux armées libérèrent toute l’étendue de leur sinistre puissance sur la capitale Naine de Karaz-a-Karak. Il sembla un moment que l’heure du splendide et inébranlable Empire des Nains avait sonné, mais un cri de résistance éclata alors, sous la forme du rugissement d’un canon. Les Nains venaient de découvrir les secrets de la poudre et ils l’utilisèrent en grande quantité à Karaz-a-Karak pour repousser les hordes vertes et velues.

Depuis la perte de Karak aux Huit Pics, toutes les cités Naines ont été la cible d’attaques. Même Karaz-a-Karak, qu’on pensait pourtant être la plus imprenable des forteresses de ce monde, a été infiltrée. Ses niveaux inférieurs sont désormais scellés par de puissantes runes et sont constamment gardés, car les Nains savent mieux que quiconque ce qui est tapi dans les entrailles de la terre.

Lorsque Nains et Skavens se rencontrent, de violents combats ont lieu. Chaque affrontement inaugure de nouvelles tactiques dans les deux camps. Les Nains ont souvent dû livrer bataille jusque dans leurs plus grands halls, où leurs interminables lignes de boucliers défient les Skavens de venir s’y briser. Après avoir subi plusieurs défaites cuisantes, ces derniers se sont adaptés une fois de plus. Les Cloches Hurlantes et les Creusets de la Peste se sont révélés dévastateurs sous les voûtes caverneuses, même s’il est quelque peu laborieux de les démonter pour les transporter le long des tunnels avant de les assembler pour la bataille. Beaucoup de Nains s’obstinent à vouloir reconquérir leur ancien royaume, mais de plus en plus d’entre eux ont conscience que parvenir à conserver leurs forteresses existantes est déjà un objectif ambitieux.

Peu à peu, les royaumes Nains continuent d’être grignotés. Karak Izril a été pillée et ses halls abandonnés aux mains des Peaux-Vertes. Les mines de Grim-Duraz dans les Montagnes Grises ont été balayées par le Clan Morbidus, cependant les maladies qu’il a libérées dans les boyaux se sont avérées si virulentes que la forteresse est désormais inhabitable, même par des Skavens. On murmure toutefois que le Clan Pestilens aurait discrètement investi les mines.

L’Élévation du Clan Mors

Comme des hyènes autour d’une proie blessée, les Clans Guerriers s’agitent dans l’Empire Souterrain aux abords des forteresses Naines. L’un d’entre eux a réussi à se hisser au-dessus de la masse de ses congénères depuis qu'il s’est emparé de la Cité des Piliers : le redoutable Clan Mors. Il a pillé suffisamment de bastions Nains pour équiper des légions entières de vermines de choc d’armures Naines ouvragées. Queek Coupe-Têtes, le plus puissant Seigneur de Guerre de ce Clan, est devenu si sûr de lui qu’il envoie dorénavant des messages d’avertissement aux Nains avant de s’attaquer à une de leurs mines.


Le Siège de l’Empire des Nains vit de terribles affrontements pour le contrôle des Karaks.

Une Menace Croissante

Suite à l’invocation du Rat Cornu, les nombreux clans autrefois divisés se sont mis à obéir au doigt et à l’œil aux consignes des Prophètes Gris, et rivalisent de courbettes et de flagorneries à l’encontre du Conseil des Treize, au point que certains sont passés maîtres dans cet art. Les guerres ouvertes entre clans ont presque totalement disparu tandis que les enfants du Rat Cornu se sont mis à œuvrer de concert pour accomplir leur destinée : la domination du monde.

La population Skaven a stagné pendant les cinq siècles qu’a duré la guerre civile. Afin qu’elle reparte à la hausse, les Seigneurs de la Ruine se sont assuré que les clans cessent de se réduire en esclavage les uns les autres, et se sont tournés vers d’autres sources de main-d’œuvre. Sur les ordres des Prophètes Gris, des villages et des bourgs entiers aux abords de Marais Putrides ont disparu. Certains ont été réduits à l’état de ruines fumantes, d’autres ont été décimés par des épidémies fulgurantes. Dans d’autres cas, les habitants se sont évanouis sans laisser la moindre trace. Ces villes fantômes attisent la curiosité des voyageurs et sont la source de spéculations extravagantes. Les cas qui suscitent le plus de controverses sont ceux où le hameau a été littéralement englouti par la terre, si bien qu’il ne subsiste plus qu’un vaste cratère au fond jonché d’étais brisés et de gravats. Les habitants de la région sont pourtant loin de se douter de la véritable origine de ces événements inquiétants…

L’Œuvre Corruptrice

Les Prophètes Gris ne cessent d’aller et venir de Skarogne à travers tout le Cloaque pour diffuser les ordres du Conseil et s’assurer qu’ils sont appliqués à la lettre. Les plus importants repaires de l’Empire Souterrain ont servi de base arrière à de nouvelles offensives. Les Clans Guerriers du Mont Purulent et du Pic Fétide ont cessé de se quereller afin de s’unir et soumettre les tribus de Gobelins de la Nuit qui pullulent dans les Voûtes. Le Clan Pestilens, soutenu par le Clan Septik, a mené des attaques depuis les Marais Putrides pour faire des prisonniers au sein de la population des villages du Wissenland, au sud de l'Empire. Le Clan Pestilens s’est empressé de faire l’écho de ses succès initiaux auprès du Conseil des Treize, même si l’arrivée d’une grande armée de Nuln l’a depuis forcé à battre en retraite précipitamment. De toute façon, les consignes des Seigneurs de la Ruine sont claires : piller et harceler. L'heure n'est pas encore venue de déclencher une guerre.

Depuis le Gouffre Noir et d’autres forteresses secondaires, plusieurs assauts ont été menés contre de petites villes de l’Empire et de la Bretonnie de part et d’autre des Montagnes Grises. Le Conseil espère ainsi fragiliser l’alliance qui unit ces deux puissantes nations humaines en semant entre elles les graines de la suspicion.

L’Empire est un fruit mûr, et tandis qu’il est affaibli, les Skavens sont au mieux de leur forme. Ils ont toujours des tunnels sous chaque cité, ce sont leurs pattes griffues qui tirent les ficelles de bien des entreprises humaines dans l’ombre, et leur esprit pervers est toujours à l’affût, préparant leur vengeance finale contre ces arrivistes de choses-hommes. Si la Tempête du Chaos est terminée, un autre ouragan s’apprête à déferler sur l’humanité. Et quand il le fera, l’histoire des Skavens changera à tout jamais et celle des hommes arrivera peut-être à son terme…

L’Attaque de Nuln

L’Attaque de Nuln par les forces de Thanquol.
Après de longues années passées à reconstituer leurs forces sous les cités de l’Empire, les Skavens ont finalement porté de nouveau la guerre sur ses terres. Une campagne de manipulation et de corruption orchestrée par le Conseil a ainsi culminé avec l’attaque de la cité-état de Nuln. Les Skavens s’étaient aperçus depuis longtemps qu’ils pouvaient s’assurer l’obédience des humains par la corruption ou la menace. C’est ainsi que de nombreux hommes d’influence, parmi lesquels le Haut Magistrat de Nuln, ont été impliqués dans un plan des hommes-rats visant à plonger l’Empire dans la guerre civile. Malheureusement, des impondérables ont mis cette stratégie à l’eau, et un assaut de rétorsion a été déclenché à la hâte contre la ville.

C’est Thanquol, le Prophète Gris, qui était responsable de l’organisation de ce plan, qui requérait la coordination des quatre Clans Majeurs et de plusieurs Clans Guerriers. Les assaillants se sont infiltrés par les égouts et ont réussi à ravager presque la moitié de la ville sous une marée de Guerriers des Clans, de Rats Géants et de Rats-Ogres. Des Vermines de Choc ont presque réussi à capturer la Comtesse Emmanuelle. Malgré tout, plusieurs membres du Conseil ont exprimé leur désapprobation quant à cette attaque, menée selon eux prématurément. Plus encore ont été déçus par son échec. Malgré tout, le Seigneur Devin Kritislik s’est empressé de souligner qu’au cours de l’attaque, un Clan Guerrier plutôt contestataire a été éradiqué. La bataille a également prouvé que les sorts lancés pour préserver le secret entourant leur espèce semblent fonctionner, puisqu’en dépit de la destruction d’une bonne partie de la ville et de nombreux morts, la majorité de la population de Nuln refuse toujours de croire en l’existence des Skavens. Même les soldats impériaux qui se sont mesurés à eux ont cru affronter une race particulière d’Hommes-Bêtes. En demandant au Clan Eshin de récupérer leurs cadavres, les Skavens sont parvenus à berner la plupart des humains.

Les Attaques du Chaos

Dans les 500 ans qui ont suivi la chute de Mordheim, les Skavens sont revenus deux autres fois en grand nombre à la surface du Vieux Monde. À chaque fois, ils apparurent durant des périodes marquées par le Chaos. Par conséquent, ces événements sont comme d’ordinaire oubliés dans les plus importantes chroniques, ce qui va tout à fait dans le sens de la stratégie des hommes-rats.

En 2032, Magnus le Pieux, comme Mandred le Tueur de Rats avant lui, rassembla un Empire divisé et corrompu sous sa bannière afin de résister à une invasion du Chaos qui déferlait depuis le nord. Il s’allia avec le Tsar des Kislevites, et ensemble, leurs armées tinrent bon face au véritable raz-de-marée du Chaos qui s’écrasa sur la cité de Kislev avant de finalement battre en retraite. Les braves soldats qui avaient survécu retournaient dans leurs foyers, victorieux, quand des tirailleurs Skavens les attaquèrent, transformant leur marche de victoire en une retraite désespérée vers le refuge que constituaient les cités du centre du pays. Les armées de l’Empire furent à nouveau réduites à quelques survivants, mais il n’y eut pas d’autre attaque. On ignore par quel caprice du destin (s’il y en eut bien un) les Skavens ne purent tirer profit de la situation.

Deux siècles plus tard, les forces du Chaos se levèrent à nouveau, et la Tempête du Chaos déferla sur Middenheim. Quand Archaon mena ses armées dans l’Empire, les Skavens étaient là, horde rapace grignotant les os et dévorant les blessés. Durant le siège de Middenheim, leurs sapeurs détruisirent une grande partie des remparts et causèrent encore plus de dégâts derrière les lignes de défense. Valten, le plus grand héros de l’Empire, fut tué par le Maître Assassin Snikch alors qu’il gisait, blessé, dans sa tente. Toutefois, on ne vit qu’une petite partie des troupes militaires des Skavens durant la Tempête et ils ne saisirent jamais leur chance comme ils l’avaient fait autrefois.

Peut-être leurs actes furent-ils noyés parmi tant d’autres dans cette lutte titanesque. Ou peut-être qu’ils étaient occupés par d’autres ennemis, bien au-delà des frontières de l’Empire. La troisième possibilité est plus terrifiante encore ; peut-être qu’ils attendaient, comme avant, que la bataille soit terminée pour frapper à leur tour. Bien que la Tempête se soit apaisée, l’Empire reste déchiré, ses soldats éparpillés et épuisés, ses habitants terrifiés et troublés. Les épidémies et la peste sont plus que jamais présentes à cause des charniers des champs de bataille, et la famine rôde comme un loup affamé.


Sources

  • Warhammer JdR - Les Fils du Rat Cornu
  • Livre d’Armée des Skavens, V7