Esclave Skaven

De La Bibliothèque Impériale
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Les misérables esclaves, dont la vie se termine toujours brutalement au cours d’une séance de travaux forcés, d’une expérience dangereuse ou sur un champ de bataille
Les plus misérables de tous les Skavens sont assurément les Esclaves. Ces malheureux ont été arrachés à leur clan et réduits à une existence de servitude et l’Empire Souterrain dépend en grande partie de leur labeur. Ceux-ci accomplissent toutes sortes de tâches ingrates comme le forage de nouveaux tunnels, l’extraction de minerai et la récolte de nourriture. En temps de disette, ils peuvent aussi faire office de provisions. La plupart des Esclaves sont des Skavens nés dans la servitude, au plus bas niveau d’une société strictement hiérarchisée. Leurs rangs croissent au fil des guerres intestines et accueillent les captifs des clans vaincus. Parfois, des non-Skavens rejoignent leurs rangs, mais les autres races ne font pas long feu sous les fouets de leurs maîtres hommes-rats. Ils ne sont pas irremplaçables, c’est pourquoi on les envoie souvent en manœuvre suicide sur le champ de bataille ou en première ligne de choc pour rompre le front ennemi et semer le trouble. L’espérance de vie de ces hommes-rats est particulièrement courte, mais ceux qui survivent acquièrent un statut minimal en tant que « Grandes-Pattes ».

La vie d’un Esclave est cruelle, mais brève. La nourriture est si rare que le cannibalisme est un moyen de survie très prisé, et chaque jour est une lutte contre la mort. Un Esclave souffrant de la plus légère affliction, comme une claudication ou un œil enflé, est aussitôt repéré comme une proie potentielle par ses pairs. Les malades apprennent à dissimuler leurs infirmités, mais on ne peut tromper l’odorat développé d’un Skaven. Les infirmes ne survivent jamais bien longtemps.

Au combat, les Esclaves sont déployés pour absorber les tirs ennemis et noyer l’adversaire sous la masse. Beaucoup périssent, mais ces pertes sont acceptables, du moment qu’elles protègent leurs supérieurs des flèches et ralentissent la progression ennemie. S’ils arrivent à abattre quelques-uns de leurs adversaires dans la foulée, c’est encore mieux. Certains Esclaves manient des frondes, d’autres ont la chance d’avoir pu récupérer des lances et des boucliers. Il n’est pas rare que des Esclaves survivent à une bataille, bien que cela ait des effets néfastes sur la surpopulation de leur terrier. En des temps désespérés, les plus sauvages d’entre eux peuvent même être promus Guerriers des Clans. Cependant, les Esclaves qui faillissent sont traités sans pitié. Ceux qui ne sont pas exterminés par l’ennemi sont piétinés par les vagues successives de leur propre camp.

La plus célèbre révolte d’Esclaves eut lieu dans Skarogne même. Les Esclaves de plusieurs clans se soulevèrent sous l’impulsion d’un dénommé Skabbicus, l’un des leurs devenu guerrier et qui leur promit une existence meilleure. Des légions de Vermines de Choc s’enfoncèrent dans les tunnels pour mater la rébellion, mais les Esclaves résistèrent. Ils faillirent remporter la liberté, mais le Conseil des Treize fit preuve de ruse en promettant l’amnistie à quiconque se rendrait et dénoncerait le meneur de la révolte. Dix mille Esclaves dénoncèrent Skabbicus et assistèrent à sa mise à mort. La promesse d’amnistie fut rapidement oubliée et les mutins furent punis. La production des mines de Skarogne chuta sensiblement au cours des semaines qui suivirent, mais tout le monde mangea à sa faim…

  • Sacrifiables : Les Esclaves sont poussés au-devant des armées Skavens pour épuiser les projectiles de l’ennemi ou tester sa force. Les généraux Skavens les envoient se faire massacrer sans la moindre hésitation, et ce sont encore eux qui se préoccupent le plus de ce qui peut leur arriver !


La dernière chose dont il se souvenait, c’était d’avoir prononcé une prière à Sigmar. Une terrifiante tête animale avait grondé, il avait entendu le fracas d’une lame contre son heaume et tout était devenu noir une fraction de seconde avant qu’il ne perde connaissance. Il avait imploré Sigmar de ne pas le laisser mourir de cette manière.
En reprenant conscience, il pensa un court instant remercier son dieu de l’avoir entendu. Puis sa vision s’éclaircit et il sentit les chaînes qui pesaient sur son cou et ses bras. Il se souvint alors que les dieux sont cruels et capricieux. Certes, il avait survécu, mais pour devenir l’esclave des hommes-rats.
Il jeta un regard autour de lui dans la cellule exiguë où il était étendu, essayant de distinguer les visages des autres dans l’obscurité. L’un de ses compagnons soldats se trouvait-il là ? La vision d’un visage amical serait d’un grand réconfort. Mais il ne vit que des vieillards inconnus dont les yeux reflétaient sa propre terreur. Il pensa à son frère, Heinrich, disparu au cours d’une bataille contre les hommes-rats, au printemps passé. Avait-il abouti dans un endroit tel que celui-ci ? Et si c’était le cas, y était-il encore ?
L’espoir lui rendit un peu de courage. Il essaya de se relever en s’appuyant contre les murs de pierre. Presque aussitôt, un autre prisonnier se jeta sur lui, s’agrippant à lui de ses mains moites et glacées. Il regarda le visage de l’homme, espérant y voir quelque chose de familier, mais il n’y avait plus la moindre humanité dans cet être. Ses yeux roulaient dans leurs orbites, aveugles et injectés de sang, et sa peau parcheminée était collée à son crâne comme un papier humide. Le pauvre fou essaya de lui parler, mais sa bouche n’était plus qu’une plaie et on lui avait depuis longtemps coupé la langue à l’aide d’une lame ébréchée.
Il repoussa le vieil estropié et se redressa. Il vit une grille au-delà de laquelle brillait une faible clarté. Tout à coup, cette lueur disparut. Une silhouette apparut, éclairée en contre-jour et sur la tête de cette ombre il vit se découper deux oreilles pointues. Les longues moustaches de la créature frémissaient dans un léger courant d’air. La puanteur était telle qu’elle lui fit monter les larmes aux yeux et qu’il retomba assis par terre. La grille s’ouvrit dans un grincement de ferraille et des pattes griffues, tannées comme du vieux cuir, attrapèrent sa chaîne et le tirèrent brutalement hors de la cellule.
Le monde tournoya autour de lui. On le traîna sur le sol et il sentit les cailloux d’un chemin rocailleux lui entamer la peau du dos. La muraille d’une falaise s’élevait au-dessus de sa tête et, au-delà, il aperçut une caverne immense, d’une taille inconcevable, emplie de lumières et de bruits, toute résonnante du tintamarre d’un millier de forges et d’un millier de chantiers navals. Son esprit refusait d’imaginer qu’une telle chose fût possible dans ces noirs souterrains. On s’arrêta soudain de le traîner et il fut bousculé par les autres prisonniers qui avaient été entraînés à sa suite. Il vit le vieux fou. Celui-ci essayait toujours d’articuler quelque chose et lui mugissait des hurlements insistants de sa voix rauque. Un avertissement, peut-être ? Un terrible cri d’alarme pour le prévenir de ce qui était sur le point de se produire ? À quelle torture allaient-ils le soumettre ? Quels renseignements espéraient-ils lui extorquer ?
Des pattes griffues l’empoignèrent et le jetèrent sur un banc. On fixa les chaînes de ses poignets dans le bois, au moyen de pointes de fer qui l’empêcheraient de s’enfuir. Il réalisa confusément qu’on venait de le lier à une sorte de banc de forçats, non pas sur une galère mais dans un moulin destiné à moudre du grain. Ils avaient l’intention de l’utiliser comme esclave. Eh bien, il était capable de supporter cela. Il avait déjà travaillé au moulin dans son enfance. C’était un rude métier, mais il aurait ses nuits pour préparer son évasion. Il était vigoureux. Presque aussi fort que son frère. Il en trouverait d’autres tels que lui. Il parviendrait à s’échapper. Il survivrait.
Un nouveau hurlement résonna lorsque le vieux fou fut poussé à côté de lui. Il eut un mouvement de recul et d’horreur au contact visqueux de la peau froide comme la mort du vieil estropié lorsque celui-ci lui agrippa les mains. Et soudain, il comprit. Le vieillard plaçait leurs deux mains l’une à côté de l’autre, de manière à lui montrer que les anneaux qu’ils portaient tous deux au majeur étaient identiques.
Il releva les yeux, abasourdi par ce qu’il venait enfin de saisir. Il plongea son regard dans les yeux de la créature inhumaine et brisée qu’était devenu son frère en six mois à peine. Et il perdit la raison…


Sources

  • Warhammer JdR - Les fils du Rat Cornu
  • Livre d'Armée des Skavens, V7