Croisade

De La Bibliothèque Impériale
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« C’est dans la guerre que nous glorifions nos Dieux, car quelle plus grande cause y a-t-il que combattre et mourir au nom d’Ulric ? »
- Frandegast Ulfheim, Chevalier du Loup Blanc


Templar by neisbeis.jpg
Dans un monde de guerre et de violence, il n’est pas surprenant que l’une des expressions les plus courantes de la religion prenne la forme de templiers, des guerriers saints, des croisés combattant pour le compte de leur Dieu, de son culte et de ses valeurs. Ces individus constituent des adversaires inébranlables, qui ne craignent pas leurs ennemis : ces guerriers croient leur cause juste et tant qu’ils vivent selon les idéaux de leur foi, ils ont les faveurs de leur divinité tutélaire, y compris dans l’autre monde.

La plupart des cultes impériaux disposent (officiellement ou non) d’une ou de plusieurs branches militaires. Ses ordres de guerriers sont chargés de protéger le culte et ses biens. Bien souvent, ces organisations prennent la forme d’Ordres de Chevalerie et de Prêtres-Guerriers. Ils constituent l’épée et l’écu de leur culte, le protégeant de ses ennemis tout en faisant avancer sa cause (religieuse et temporelle) par la force.

La plus pure expression de la présence militaire d’un culte est la Croisade. Les annales de l’histoire impériale sont pleines de pages tachées de sang décrivant les terribles guerres menées pour le compte d’un culte ou d’un autre. Parmi ces récits, aucun ne décrit aussi bien les accès de violence qui animent les cultes que les croisades contre l'Arabie.

À l’origine, le concept de croisade s’adressait aux guerriers, offrant une bonne raison aux chevaliers et aux templiers de partir à la guerre. Néanmoins, lors des croisades contre l’Arabie et de la plupart des croisades ultérieures, de nombreux paysans et roturiers se sont joints aux chevaliers, et les conséquences ont parfois été tragiques. Les bénéfices à la fois matériels et spirituels que l’on peut retirer d’une croisade sont très tentants, si bien que de nombreux individus qui n’ont rien à faire sur un champ de bataille font vœu aux côtés des guerriers. Si le concept de paysans entreprenant une croisade est louable, la pression exercée sur des ravitaillements parfois maigres, sans oublier le manque d’entraînement et la vulnérabilité de ces irréguliers, donnent de sacrés maux de crâne aux chefs de l’armée. Si les autorités religieuses font leur possible pour décourager ces sympathisants de se joindre aux croisades, on ne peut pas faire grand-chose pour les en dissuader.

Plusieurs tragédies, parfaitement documentées, impliquent ce type de roturiers lors de croisades. La Croisade des Épouses était une sorte de pèlerinage effectué par les femmes de nombreux des croisés dans le but de soutenir leurs hommes. Se rendant seules en Arabie, sous-armées et mal protégées, elles constituèrent des proies faciles pour les esclavagistes et les soldats qui les accueillirent sur les plages d’Arabie, si bien que beaucoup furent enlevées, tuées, voire pire encore.

La Croisade de la Miséricorde fut lancée par des disciples de Shallya aux côtés d’une expédition militaire préparée par l’Église de Sigmar contre un royaume de bandits formé dans les profondeurs de la Drakwald par des mutants, des malades et autres adorateurs du Chaos. Les Shalléens souhaitent apaiser les Sigmarites et les empêcher de tuer des innocents. Ils échouèrent, se perdirent dans la forêt et furent tués par les bandits ou dévorés par les hommes-bêtes.

Les Guerres Religieuses

« Il n’y a jamais rien de saint dans une guerre. »
- Brutte van der Klar, vétéran

Si les croisades contre l’Arabie ont conduit à la formation de nombreux ordres chevaleresques et branches militaires de nos cultes contemporains, il est important de bien noter que ces guerres étaient animées par des ambitions politiques avant toute autre considération religieuse. Les confits ne naissaient pas de désaccords religieux, mais étaient les réponses toutes désignées d’attaques gratuites. Ces actes de violence inattendus permettaient aux diverses provinces et aux cultes qui les reliaient de mettre leurs différends de côté et de se retrouver dans une cause commune. C’est grâce à ce schéma que les cultes du Vieux Monde lèvent aujourd’hui encore leurs armées et partent à la guerre contre les ennemis de leur foi et de leurs croyances, exploitant le prestige et les honneurs du passé pour parvenir à leurs desseins présents.

La plupart des croisades contemporaines sont fondées sur des désaccords religieux et n’ont pas franchement d’explication politique. Certaines croisades sont menées au grand jour, comme celles qu’entreprennent les disciples de Myrmidia et d’Ulric contre les autres cultes, mais d’autres sont purement internes, nées d’un schisme dangereux se manifestant sous la forme d’événements d’une rare violence, comme on le voit souvent entre Sigmarites. Certaines des pires croisades opposent les adorateurs d’un même Dieu divisés par leur ethnie et leur culture, ce qui explique notamment les problèmes actuels entre l’Estalie et la Tilée. Enfin, quelques croisades visent les ennemis de la foi, plus particulièrement les Peaux-Vertes, les adorateurs du Chaos et autres créatures des ténèbres.

Début d’une Guerre Religieuse

Avant toute chose, une guerre religieuse a besoin d’un élément déclencheur. Il peut s’agir d’un simple désaccord sur un texte religieux ou d’une horde de Peaux-Vertes fondant sur les villages et hameaux regroupant les fidèles d’un temple précis. Parfois, le conflit naît de vieilles rancunes, de bigoterie ou d’une bonne vieille crise d’intolérance. En de rares cas, les guerres religieuses sont la faute d’un prêtre ambitieux cherchant à gravir les échelons de sa hiérarchie en remportant une victoire militaire.

Une fois la cause entendue, le temple ou l’Église dans son ensemble cherche à réunir les ressources nécessaires pour mener à bien le conflit. Chaque prêtre agit dans son domaine d’influence, faisant étalage des maux de ses ennemis et ralliant le soutien de la paysannerie. Durant cette période, ils en profitent également pour faire appel au soutien financier et militaire de la noblesse et autres personnalités, sans oublier les autres temples du culte. Alors que soldats et or commencent à se déverser, le culte prépare son offensive.

Les Fanatiques

Quand une croisade oppose des adversaires raisonnables, le conflit armé peut être évité. Parfois, une simple démonstration de force et de foi suffit à ramener le camp adverse à la table des négociations et à éviter le bain de sang. Cependant, de tels efforts sont généralement compromis en présence de fanatiques. En effet, fanatiques et autres Flagellants ne raisonnent pas en termes d’intérêt du culte ou de la nation ; ils sont animés par une soif de sang et un besoin viscéral de prouver la justesse de leurs propos. Dès lors qu’une foule de fanatiques part en guerre, rien ne peut l’arrêter et elle poursuit son chemin jusqu’à ce qu’un adversaire l’anéantisse ou jusqu’à ce qu’elle ait eu son lot de famine, de maladies et de morts, s’en retournant alors dans ses pénates… en attendant l’arrivée d’un nouvel Agitateur.

Le Croisé

C’est sans doute le plus formidable exploit qu’un templier puisse accomplir pour partir en guerre au nom des Dieux. Jadis, plus particulièrement pendant les croisades contre l’Arabie, il était rare qu’un chevalier ne parte pas en croisade aux côtés de son ordre. Mais ces derniers temps, les croisades ne sont plus à la mode, notamment à une telle échelle. Les croisés sont des vétérans des croisades qui ont accumulé énormément de gloire pour leur ordre et leur culte grâce à des exploits réalisés en terre étrangère contre les ennemis de leur foi. Ce sont des hommes expérimentés, habitués à se battre dans toutes sortes de milieux, contre toutes sortes d’adversaires. Du reste, beaucoup de chevaliers de retour de croisade voient leurs exploits à jamais gravés dans les légendes de leur ordre.

Tous les croisés ne sont pas issus de la noblesse ou d’un ordre de chevalerie, mais c’est le cas de beaucoup d’entre eux. Certains sont des hommes pieux qui sont de simples soldats, combattant ainsi aux côtés d’armées de templiers et de chevaliers. Malgré leur statut, leurs exploits n’en sont pas moins nobles.

Guerres Religieuses et Cultes

Les croisades Ulricaines, Myrmidéennes et Sigmarites sont les plus courantes, ce qui s’explique simplement par leur nature martiale et ne signifie pas que ses fois défendent leurs croyances et adorateurs avec plus de ferveur que les autres. Pour des raisons évidentes, les croisades Shalléennes prennent une tout autre forme, alors que les croisades entreprises par des adorateurs de Ranald, Taal et Rhya sont inexistantes, du moins au sens habituel du terme.

Les cultes de Sigmar et d’Ulric encouragent activement les croisades, appelant leurs disciples à prendre les armes et à se joindre au combat contre leurs ennemis. Bien souvent, il s’agit d’affaires désordonnées, organisées par un temple ou une secte, voire par des Agitateurs et autres Démagogues. Les croisades d’envergure, organisées par l’ensemble d’un culte, sont beaucoup plus rares. Elles doivent recevoir l’aval des plus hautes autorités de l’Église, et bien évidemment se doter des financements et des hommes nécessaires à leur succès. Ces véritables croisades de Sigmar ou d’Ulric (chaque culte en a au moins organisé une contre l’autre depuis la fondation de l’Empire) sont inévitablement lancées à une échelle nationale, attirant ainsi l’armée d’un Comte Électeur et une foule de nobliaux, ainsi que les forces de divers Ordres de Chevalerie.

Lorsque le culte de Myrmidia lance des opérations militaires contre ses ennemis, ses forces se déploient avec tous les atours religieux d’une croisade, sans pour autant considérer être investies d’une telle mission. Qualifier une attaque Myrmidéenne de «croisade» parce qu’elle est de nature religieuse revient à qualifier un Nain de «violent» parce qu’il aime castagner des Peaux-Vertes. Les attaques Myrmidénnes prennent cette forme, c’est tout.

Si les autres cultes se tournent rarement vers les croisades, même le plus pacifique des temples peut sombrer dans la violence s’il est confronté à de dangereux hérétiques ou, pire encore, à des adorateurs du Chaos ou de quelque autre divinité blasphématoire. Le croisé hésitant a plus de facilités à terrasser un ennemi qui - selon son culte - est un serviteur des Sombres Puissances ou qui est accusé de pervertir la nature des Dieux à de sinistres fins.

Les croisés (et de nombreux prêtres et templiers) voient la croisade comme une forme de pèlerinage. La vision traditionnelle du pèlerinage peut paraître contradictoire avec une guerre sainte. Souvent, on demande aux pèlerins de voyager sans armes ni équipement ; ils démontrent ainsi la foi qu’ils ont en leur Dieu. Les croisés voient cependant leur action comme un autre moyen de parvenir à leur but. Plutôt que de demander à leur Dieu de les protéger et de combattre pour eux, ils font l’effort de protéger leur foi et de se battre au nom de leur divinité… Cette dernière n’est certainement pas en danger, mais ses croyances ou adorateurs peuvent l’être. Il arrive à certains chevaliers de dépenser toute leur fortune pour financer une croisade, considérant là qu’il s’agit d’un acte digne d’une vie entière menée dans la vertu. La plupart des cultes ne sont sans doute pas d’accord avec ce point de vue, mais peu oseraient se passer des fonds d’un riche noble.

Le Butin de la Guerre

Le coût des croisades est ridiculement élevé, car il s’agit généralement de guerres menées en terre étrangère. Si le culte (ou l’ordre) lève une partie des fonds, le gros du poids financier repose sur les épaules des croisés eux-mêmes, qui n’ont souvent pas d’autre choix que de vendre tout ce qu’ils possèdent pour financer l’expédition.

Les croisés ont donc droit à ce qu’on appelle des prises ou butins de guerre, ce qui consiste à se servir parmi les biens de l’ennemi. Parfois, il s’agit de quantités d’or fabuleuses, qui assurent la fortune des croisés qui rentrent chez eux, mais également de leur ordre. Mais quelquefois, les croisés prennent ce qu’ils peuvent, aussi singulier ou incommode que cela puisse paraître, qu’il s’agisse d’animaux inconnus, d’armes exotiques, de reliques anciennes ou d’otages.

On reconnaît généralement les croisés de retour de campagne à leurs vêtements somptueux et à leur équipement inhabituel. Par exemple, les Chevaliers Panthères portent des peaux de félins exotiques tués en Arabie. D’autres croisés montent d’étranges animaux, comme des chameaux ou de gracieux chevaux Arabiens, très rares dans l’Empire. Certains s’approprient également les armes et l’armure de leurs ennemis, brandissant d’imposants cimeterres ou enfilant de vieilles armures pillées dans les tombes de la Terre des Morts.

L’exubérance de telles pratiques contraste avec la nature austère de nombre d’ordres saints, mais permettre aux chevaliers de s’emparer de butins de guerre est également une façon de les pousser à participer à la croisade, sans compter que cela galvanise ceux qui ont tout donné pour combattre au nom de leur foi.

Source

  • Warhammer JdR - Le Tome de la Rédemption