Cité Incontournable : Différence entre versions

De La Bibliothèque Impériale
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[[Image:Inex1.jpg|right|thumb|350px|La Gueule, lentrée de la Cité Incontournable]]
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:''La ville a été construite par une sombre folie. Elle s’est étendue à travers la terre pour me mener avec crainte sur le chemin qui m’amènerais à son portail. Les pierres la constituant avaient été extraites pendant la nuit et dans chaque détail on retrouvait une allusion à la cruauté du Chaos. L’éternité avait servi d’architecte, d’ingénieur et de maître aux maçons de la ville, et avait guidé tous leurs niveaux et fils à plomb.''
 
:''La ville a été construite par une sombre folie. Elle s’est étendue à travers la terre pour me mener avec crainte sur le chemin qui m’amènerais à son portail. Les pierres la constituant avaient été extraites pendant la nuit et dans chaque détail on retrouvait une allusion à la cruauté du Chaos. L’éternité avait servi d’architecte, d’ingénieur et de maître aux maçons de la ville, et avait guidé tous leurs niveaux et fils à plomb.''
  

Version du 17 août 2017 à 16:39

La Gueule, l’entrée de la Cité Incontournable
La ville a été construite par une sombre folie. Elle s’est étendue à travers la terre pour me mener avec crainte sur le chemin qui m’amènerais à son portail. Les pierres la constituant avaient été extraites pendant la nuit et dans chaque détail on retrouvait une allusion à la cruauté du Chaos. L’éternité avait servi d’architecte, d’ingénieur et de maître aux maçons de la ville, et avait guidé tous leurs niveaux et fils à plomb.
J’ai tourné mes pieds vers l’horizon lointain, et la ville était toujours devant moi. Une fois de plus j’ai tourné, et encore la même chose. Je n’ai plus alors eu le choix de m’approcher des portes de la ville, et ses tours et murs m’ont paru indistinctement plus haut. Les portes étaient la fin de chaque route, et le désespoir a rongé mon cœur.
Pendant que je faisais une pause pour chercher un nouveau moyen de m’échapper, j’ai vu que je n’étais pas seul sur ce chemin inévitable et affreux. Entre moi et la ville se tenait un homme, sa tête baissée et ses yeux démoralisés, perdu dans une certaine contemplation profonde. Pendant que je l’observais il s’est tourné vers la ville. Ses pas étaient fermes, mais il n’est pas allé tout près de la porte. Je l’ai observé pendant qu’il me passait à côté et s’en allait loin des portes jusqu’à ce qu’il ait disparu dans les brumes lointaines. Ainsi il était possible d’éviter la ville et son obscurité, et j’ai résolu pour marcher, contre toute attente et contre la raison, vers la ville. Et lorsque j’ai fait cela, la ville s’est mise à rétrécir, puis disparut...
- Extrait du Liber Malefic


Une cité de la folie et du désespoir, piégeant mortels et Démons...
Faite de la substance même de la folie la plus noire et imaginée par des architectes déments, la Cité Incontournable (appelée aussi Cité Inévitable ou Inexorable) se trouve au carrefour de plusieurs routes sinueuses, oubliées et peu fréquentées, qui sillonnent les Désolations du Chaos, scintillantes comme des miroirs aux alouettes destinés à attirer les individus trop confiants. Souvent, les voyageurs, ravis de trouver une route au beau milieu du néant des steppes, ont tendance à la suivre sans se soucier de l’endroit où elle conduit. Mais ces routes maudites mènent toutes à la Cité Incontournable. Le plus exaspérant, c’est qu’une fois que l’on commence à suivre l’une de ces routes, elle vous amène toujours à cette destination, quelles que soient les circonvolutions de son parcours, et cela même si vous rebroussez chemin et tentez de vous en aller. Le voyageur malchanceux finit toujours par voir la cité apparaître devant ses yeux. Selon des rumeurs persistantes, certaines de ces routes pénétreraient même très loin dans l’Empire et les contrées voisines, où elles seraient reliées au réseau routier de manière à attirer de pauvres innocents dans le piège. La Cité Incontournable devient la seule destination possible pour ces malheureux.

La cité commence par se profiler à l’horizon, comme une plaie aux lèvres déchiquetées qui s’ouvrirait dans le ciel gris d’ardoise. Elle engendre également des illusions d’optique : un instant elle paraît toute proche, puis l’instant suivant elle semble reculer très loin, ce qui rend impossible toute estimation de distance. Elle dégage une impression de menace qui couve et ses portes ressemblent à une gigantesque gueule béante. À l’intérieur, tout est recouvert d’une couche de poussière noire qui résiste à toutes les tentatives de nettoyage.

La description la plus détaillée que l’on en connaisse se trouve dans le Liber Malefic, un grimoire également connu sous le nom de Livre des Prédictions du Chaos, qui fut écrit par l’érudit Marius Holseher. Celui-ci, qui nie avoir jamais voyagé physiquement jusqu’à la Cite Incontournable, affirme l’avoir visitée en rêve et dans ses visions. Il prétend y avoir vu plusieurs doubles de lui-même, errant dans la cité, l’air sombre et perdus dans leurs pensées. Holseher ne propose aucune explication sur ce phénomène. Peut-être s’agissait-il d’illusions, de visions dans lesquelles il se voyait lui-même, dans le passé ou le futur, ou encore d’habiles métamorphes, des créatures engendrées par le Chaos pour l’induire en tentation ou le démoraliser. Il raconte qu’il a réussi à échapper à la séquestration éternelle entre les murailles de la cité en se détournant et en s’enfonçant dans une brume mystérieuse qui s’est formée alors qu’il plongeait dans une profonde dépression. Personne d’autre n’a jamais parlé de cette brume, même si Holseher est catégorique dans ses affirmations et prétend qu’il s’agit là du seul moyen d’échapper à une mort certaine

En réalité, les rues et les galeries de la Cité Incontournable semblent désertes, mais elles abritent un grand nombre de créatures. Les âmes des damnés ou de ceux qui se sont un jour perdus après y être entrés déambulent dans une solitude éternelle, cherchant désespérément un moyen de s’échapper. Des êtres désincarnés implorent les visiteurs de les guider, tandis que d’autres prétendent connaître le chemin de la sortie, mais ils ne font que désorienter ceux qui leur font confiance et les perdre dans les méandres des ruelles, en les éloignant un peu plus de toutes les issues possibles. Des Démons et des mutants rôdent également dans les rues, gloussant de rire aux malheurs des égarés. Ils attaquent rarement, mais ils narguent leurs victimes et les tourmentent à distance. L’une des plus étonnantes particularités de ce lieu est que l’on peut y voir se côtoyer des Démons qui servent les quatre dieux du Chaos. Cependant, il est impossible de savoir si cela signifie que la cite est un terrain neutre pour eux ou s’ils ont été pris au piège, eux aussi.

La Cité Incontournable est le symbole de tout ce qui est perdu et des épreuves qui accablent ceux qui se trouvent pris dans des situations inextricables, sans possibilité d’en sortir. Les illusions et les labyrinthes y ramènent sans arrêt les voyageurs au même point, quel que soit le chemin qu’ils choisissent d’emprunter. Certains érudits voient la Cite Incontournable comme une métaphore vivante de la spirale descendante dans laquelle sont attirés tous ceux qui se laissent séduire par le Chaos, car une fois engagé sur ce chemin, personne ne peut espérer en revenir.

  • L’Âme Perdue : Tout comme la route sinueuse et obsédante qui mène à la Cité Incontournable, le labyrinthe déconcertant des rues qui se cachent derrière ses remparts a tendance à troubler l’esprit de ses visiteurs jusqu’à ce qu’ils ne soient plus capables de se souvenir de l’endroit où ils sont, ni de celui où ils désirent aller.


Source

Livre d’Armée des Démons du Chaos, V7