Sac de Marienburg
Autres actions
Guidé davantage par la chance que par le bon sens, Otto Steinroth, le tristement célèbre Pirate Rouge de Marienburg, mena une puissante flotte à travers les brumes d’Ulthuan en XI, 181 (2344 CI). Ses Loups Impériaux ravagèrent la ville de Sardenath et ses équipages pillèrent ses trésors, si bien que les navires de Steinroth repartirent vers leur port d’attache bien plus riches qu’à leur arrivée.
Cependant, par ces actes, le Pirate Rouge attira le malheur sur la ville de Marienburg, car il provoqua la colère du Seigneur des Mers Aislinn, dont la flotte était arrivée trop tard au secours de Sardenath. Ses navires étaient rapides et auraient facilement pu rattraper le Pirate Rouge et le détruire en mer, mais le Seigneur des Mers était déterminé à donner un exemple que la toute jeune race humaine n’oublierait pas de sitôt. C’est ainsi qu’il suivit les navires de Steinroth à travers les mers agitées, utilisant toute sa ruse nautique pour rester indétectable. Ce n’est que lorsque la flotte du Pirate Rouge fut à nouveau amarrée le long des quais du quartier du Guilderveld à Marienburg qu’Aislinn passa à l’action.
Au début de la bataille, les artilleurs de l’Île de Rijker, pourtant rompus à repousser les raids de Bretonnie et des Norses, virent leur tir compromis par un brouillard inexplicable qui descendit depuis la baie du Manaanspoort Zee et envahit la ville au moment même où le premier coup de canon fut tiré. Sous le couvert de ce brouillard, la flotte des Hauts Elfes se mit en formation de blocus et commença à bombarder le port. Le navire amiral d’Aislinn, le Dragon de Saumure, dont les plats-bords étaient bondés des meilleurs guerriers de Lothern, entra dans le port et déversa ses troupes le long du quai. Si les habitants de Marienburg avaient connu la raison de l’attaque d’Aislinn, ils se seraient sans doute écartés et l’auraient laissé assouvir sa vengeance sans entrave, afin de mettre fin au blocus de leur ville, mais la seule chose qu’ils savaient, c’était que leur ville était ravagée par les flammes et que des guerriers elfiques progressaient dans leurs rues en tuant tout ceux qu’ils rencontraient. Ainsi, les guerriers d’Aislinn se retrouvèrent bloqués dans leur progression vers les navires-loups de Steinroth, non seulement par les rustres du Pirate Rouge, mais aussi par certaines des meilleures troupes du Westerland.
C’est ainsi que commença une bataille confuse le long du quai. Les Asur prirent le dessus dès le début, car ils avaient créé le brouillard et celui-ci ne gênait donc pas leur vision. Les hommes du Pirate Rouge, qui n’avaient aucune envie de se battre dans le camp des perdants, ne purent bientôt plus tenir. Lorsque Steinroth lui-même fut abattu par l’épée d’Aislinn, les survivants jetèrent leurs armes et plongèrent dans l’eau pour prendre la fuite, mais ils ne pouvaient échapper aux archers elfiques à l’œil vif. La volonté des Pirates était peut-être brisée, mais les soldats de Marienburg se battaient avec tout le désespoir d’hommes défendant leur foyer. Les armes à feu crachaient et grondaient tandis que les tireurs westerlandais cherchaient en vain des cibles dans le brouillard. Le port résonnait du cliquetis de l’acier contre l’acier alors que les hallebardiers et les épéistes tentaient de chasser les Asur du quai. Mais ils se battaient en vain. Petit à petit, les Hauts Elfes ratissèrent les quais autour des Loups Impériaux, et alors que la Garde Maritime formait des murs de lances pour sécuriser le quai, d’autres montèrent à bord des navires et récupérèrent tout ce qui avait vraiment de la valeur : des livres de savoirs anciens, des sceptres et des diadèmes royaux, ainsi que les armes des Princes de Sardenath.
Puis, sur ordre d’Aislinn, les Hauts Elfes se retirèrent vers le Dragon de Saumure, emportant avec eux non seulement leurs morts, mais aussi un grand nombre de marchands Asur ( extrêmement véhéments) du quartier d’Elfeville adjacent, et dont les réserves de vins fins et de soieries orientales devaient désormais être abandonnées - aucun Elfe ne pouvait espérer rester libre à Marienburg après les événements de cette journée.
Lorsque le navire amiral d’Aislinn rejoignit sa flotte, il fit demi-tour vers Marienburg, les yeux plissés. Il fit un signe de tête sec aux Mages rassemblés sur le pont avant, qui lancèrent une conflagration de flammes vivantes sur le quai du Suiddock. Les incendies se propagèrent rapidement des navires aux jetées, puis des jetées aux entrepôts, consumant tout sur leur passage. Lorsque le Dragon de Saumure eut atteint la haute mer, toute la flotte marchande de Marienburg, ainsi qu’une grande partie des richesses accumulées par la ville, avaient été réduites en cendres et dispersées au gré du vent.
Aislinn fut accueilli de manière mitigée à son retour à Ulthuan. Les proches des personnes tuées à Sardenath le saluèrent comme un héros, tout comme les Princes qui estimaient que la puissance des Hauts Elfes devait se faire sentir davantage dans les autres contrées. Beaucoup d’autres, en particulier ceux qui avaient grandement profité du commerce avec Marienburg, dénoncèrent les actions d’Aislinn comme étant inutilement cruelles et équivalant à une déclaration de guerre. Dans les mois qui suivirent le sac de Marienburg, la position du Seigneur des Mers à la cour fut réduite à peau de chagrin, une situation qui ne fut pas améliorée par les nouvelles campagnes de représailles menées par Aislinn contre les colonies de Norsca. Ironiquement, les mêmes actions qui isolèrent le Seigneur des Mers parmi les cours d’Ulthuan le rapprochèrent bientôt du Roi Phénix, car Finubar voyait en Aislinn une cruauté qu’Ulthuan ne pouvait se permettre de mettre de côté.
Source modifier
- Livre d’Armée des Hauts Elfes, V8