Ormskaro

De La Bibliothèque Impériale

Ormskaro est un village de Norsca niché au fond d’un fjord. Il s’étend du rivage à un plateau des hautes terres en grimpant des pentes escarpées. Les eaux calmes du fjord sont un lieu de mouillage idéal pour les drakkars. Des barques de pêcheurs se fraient un chemin entre les navires de guerre et forment une noria entre le village et la haute mer.

Le bourg est un conglomérat de huttes en torchis ou en rondins. Les modestes habitations des serfs se pressent autour des quelques maisons de pierre des Jarls en formant un dédale de rues de terre battue. Ici et là, on peut apercevoir des enclos, mais la plupart d’entre eux sont en si mauvais état qu’ils ne retiennent plus leur bétail, si bien que celui-ci circule placidement entre les maisons, leurs propriétaires comptant sur le marquage des bêtes pour les retrouver. Le moindre espace libre est occupé par les ateliers des artisans et les étals des marchands. Ils sont installés sous de grandes tentes ouvertes, de larges banderoles proclamant les talents ou les biens proposés par leur propriétaire. À proximité du rivage, sur une grande plate-forme de bois, des chasseurs de baleine s’affairent régulièrement à dépecer un cachalot et à en extraire l’ambre gris.

Ormfell[modifier]

Accrochée aux pentes qui entouraient le fjord, une grande palissade de bois forme un mur qui isole le sommet du reste du village. Une seconde enceinte, de pierre, se dresse au-delà et entoure une haute tour de granit. Ce sont le mur et la tour d'Ormfell. Cet édifice remontant à la nuit des temps est un jour devenu la forteresse d'Ormnir, le roi des Sarls. Il s’y est installé avec sa tribu et a fondé Ormskaro. Les Sarls n’ont pas tardé à imposer leur loi dans la région, et à devenir une des plus puissantes tribus de Norsca. Lorsque la grande armée d'Asavar Kul a marché sur les faibles royaumes du sud, ce fut le petit-fils d’Ormnir, Ulgra Mange-les-Trolls, qui a mené les Sarls au combat. Ses guerriers ont ramené suffisamment de pierre de la ville en ruine d'Erengrad pour bâtir le mur d’enceinte de la tour. Aujourd’hui encore, cette muraille est le symbole de leur victoire contre les Kislévites.

Le grand hall d’Ormfell est une vaste chambre située au cœur de la forteresse. Ses murs de pierre disparaissent sous les trophées : des peaux de bêtes étranges, les boucliers de champions déchus, les bannières ensanglantées d’armées vaincues… Toute cette galerie d’objets glorifie l’histoire des Sarls et leurs victoires. Le squelette du monstre nommé Morrgawr, un animal titanesque également surnommé le Naufrageur, pend du plafond, à plus de quinze mètres du sol. Ormnir est devenu roi après avoir tué cette créature. Cet événement a été à l’origine de la prospérité d’Ormskaro. De nombreux héros avant lui avaient tenté sans succès de vaincre cette créature, et c’est finalement la lance d’Ormnir qui a mis un terme à son règne de terreur. Le trône d’Ormfell est situé au milieu de la pièce, entouré de peaux d’ours et de tapis dérobés lors du pillage de cités arabiennes. Il mesure près de quatre mètres et a été fabriqué avec la mâchoire de Morrgawr, laquelle est incrustée d’or, de saphirs et de jade. Le siège est en fourrure d’hermine et de tigre des glaces, tandis qu’à ses pieds se trouve un tabouret recouvert de soie rehaussée de fils d’argent.

Le Champ de Sang[modifier]

Le Champ de Sang est le terrain d’entraînement des guerriers d’Ormskaro, le lieu où les Sarls adolescents peuvent prouver leur virilité au cours de duels féroces. Il est situé sur un plateau qui surplombait la mer et résonne sans cesse du fracas des armes. L’odeur du sang s’y mêle souvent à celle de l’air marin. Un des coins du plateau est réservé à un guerrier d’Ormskaro appartenant à la tribu des Sarls. C’était là qu’ont lieu des combats si sanglants et violents qu’en comparaison, les épreuves des adolescents et l’entraînement des guerriers ressemblent à des jeux innocents. On nomme cette arène la Forêt du Loup, car elle est dédiée à un seul héros. En effet, c’était là que Wulfrik le Vagabond choisit les hommes destinés à rejoindre son équipage. Chacun de ses retours à Ormskaro marque le début d’une grande fête pour les Sarls. Il y a des chants et des danses, toutefois le paroxysme de ces célébrations ne se déroule pas dans les grands halls de la ville, mais ici, dans la Forêt du Loup. Les hommes libres, les serfs et les huscarls de la ville s’y rassemblent pour voir les plus féroces guerriers de Norsca s’affronter afin de gagner le privilège de rejoindre l’équipage du Croc des Mers, et de partager la gloire de Wulfrik.

Habitants[modifier]

  • Le roi actuel est Viglundr, même s'il sent que sa position est menacée par la gloire grandissante du guerrier qui était son général jusqu'à ce que les dieux le maudissent, et qui reste le fiancé de sa fille, Wulfrik. Celui-ci ne rentre à Ormskaro qu'entre deux missions que lui donnent les dieux.
  • Le devin qu’on nommait Agnarr vit dans une petite hutte coincée entre l’atelier d’un forgeron et un entrepôt de salaisons de poisson. Contrairement aux autres, cette hutte n’est pas en bois et en pierre, mais en os de baleine. Les côtes d’une dizaine de ces animaux sont attachées les unes aux autres à l’aide de grosses cordes pour former un abri de fortune. Des scènes tirées des sagas ont été minutieusement sculptées dans les ossements. Il est vieux, si vieux que même les anciens d’Ormskaro ne se souviennent pas de lui étant jeune. Il est chauve. La peau de son crâne est plissée comme celle d’une tortue ; quant à celle de son visage, elle est blême et semble tendue sur les os de son crâne comme un masque mortuaire. Ses yeux bleus et aveugles sont perdus dans le vague. Il porte une robe en peau de phoque, la tête de l’animal reposant sur une de ses épaules. Il s’appuie lourdement sur un fémur de troll gravé : son pied gauche est bot et traîne mollement derrière lui. 
  • Il y a aussi un prophète à Ormskaro, un vieux Sarl vêtu de peaux de requin dont le visage est encadré par l’énorme mâchoire du poisson carnassier. C’est Rundulfr le Prophète d’Ormfell, à l'œil unique couleur d’ambre qui luit au milieu de son front.

Source[modifier]

  • C.L. Werner, Wulfrik, Black Library, 2011