Les Brumes du Marais Hurlant
Autres actions
Lors de la 97ème année du règne du 11ème Roi Phénix, sous l’effet conjugué du vent et du mauvais sort, les brumes enchantées qui enveloppaient la Côte Voilée se gonflèrent et s’épaissirent. À mesure qu’elles devenaient plus denses, leur Magie accumulée brillait comme un phare dans les Royaumes du Chaos. C’est ainsi que les Démons trouvèrent prise sur les terres d’Yvresse.
Les Hauts Elfes affrontèrent l’armée démoniaque à la lisière extérieure du Marais des Lamentations. Moranion d’Athel Tamarha, père d’Eltharion, chevauchait à leur tête. Les Princes d’autres royaumes lui devaient de nombreuses faveurs, et les grands régiments de Lanciers de ses domaines furent donc rejoints par des guerriers de Chrace, d’Eataine et même de royaumes plus lointaines. Moranion aurait besoin de toute leur habileté et de toute leur vaillance dans les heures à venir.
Au plus fort de la bataille, un Buveur de Sang descendit du ciel, rugissant et beuglant tandis qu’il se traçait un chemin sanglant à travers un régiment de Lions Blancs. Les bûcherons de Chrace continuèrent à se battre, même s’ils savaient qu’ils étaient surpassés. Leur courage fut bientôt récompensé par le salut : un Phénix Spire-de-Feu, laissant derrière lui un sillage flamboyant, plongea hors de l’obscurité pour lacérer le Buveur de Sang de ses puissantes serres. Dans un claquement tonitruant, le fouet du Démon s’abattit, s’enroulant autour du cou de l’oiseau de feu. Le Phénix poussa un cri de rage tandis que ses ailes puissantes s’efforçaient en vain de le faire remonter dans les airs, mais le Buveur de Sang était trop fort. Indifférent aux coups de hache des Lions Blancs, le démon tira la bête vers lui et lui déchira la gorge avec ses crocs sauvages. Jetant le cadavre du phénix au sol, le Buveur de Sang rugit de triomphe.
Mais les flammes du Phénix déchu ne s’éteignirent pas avec sa mort. Elles continuèrent à brûler, devenant de plus en plus chaudes et furieuses à chaque instant qui passait. Les Lions Blancs reculèrent lorsque leurs capes s’enflammèrent, mais le Buveur de Sang, rendu fou par sa soif de sang, traversa les flammes. Le Démon avait fait trois pas lorsqu’un grondement tonitruant retentit ; le corps du Phénix explosa dans une pluie de plumes enflammées, et une colonne de feu s’éleva en spirale dans le ciel. Pris au cœur de l’incendie, la chair du Buveur de Sang noircit et se craqua, mais, insensible à la douleur, il continua d’avancer, assoiffé de sang. En effet, il était tellement déterminé à s’emparer des crânes des Lions Blancs restants qu’il ne remarqua pas que les flammes se rassemblaient et fusionnaient pour former une nouvelle créature : le Phénix était en train de renaître.
Il ne fallut qu’un instant au Phénix Spire-de-Feu pour apercevoir son ancien bourreau et, poussant un grand cri, il plongea pour attaquer. En entendant le cri, le Buveur de Sang se retourna, mais avant que le Démon n’ait pu brandir ses armes, le Phénix était déjà sur lui. Ses serres s’enfoncèrent profondément dans les épaules du Buveur de Sang et son bec dur comme le fer transperça l’armure du Démon pour atteindre le cœur noir qui battait dans sa poitrine. Dans un dernier rugissement, la forme physique du démon périt et son esprit fut renvoyé dans les Royaumes du Chaos. Ce coup fatal scella l’issue de la bataille. À la chute du Buveur de Sang, la Magie qui soutenait son armée commença à se dissiper. Les Démons s’évanouirent dans la brume et la paix revint sur Yvresse, pour un temps.
Source modifier
- Livre d’Armée des Hauts Elfes, V8