Jabberslythe

De La Bibliothèque Impériale
« Nous l’entendîmes d’abord, fumieux et grulieux, grachant et braimant. Tirant leurs racines et hisse et ho ! les arbres, comme de vives étrucheuses, fuyaient devant lui. Mais nul dans la troupe ne fut aussi malignieux qu’eux. À l’orée de la noircité effrichante, la forme ranvolait et ressautait sans se décider qui du lézardelle ou du caquevent elle était. Un rai de lune coula sur sa grandiloquance et tous les cœurs s’éprouvirent en glaciements. Une estocarre ? Je ne sais point, mais j’apperçois encore ses poilures et sa boulgue bavillante. Un bras se tord et craquère ; siffle le roc, pourrit l’armure. Le fumet des cadavres, la langue lapant ce miel écroupiant et les doigts embouchés dans la dentiture gloutonnante. Mes yeux plurlent et je tombe à genoux flageollants. Tel le croquemitaine, il dévore l’ami et précipite ma perdimnation. Depuis, mon âme gambifole dans les limbes. »
- Divagations de l’unique survivant d’une patrouille de soldats dans la Reikwald, incarcéré au Sanatorium d’Altdorf


Les Jabberslythes font partie des créatures les plus ignobles et les plus anciennes de la forêt. Ils sont horrible à contempler, à tel point que même l’eau refuse de refléter leurs traits. Ils ressemblent à un croisement écœurant de crapaud, de limace draconique et d’insecte aux innombrables appendices. L’anatomie de ces créatures de cauchemar rassemble et exacerbe ce que la nature a de plus repoussant.

Les Jabberslythes sont des monstres maladroits, mais leurs mutations les aident à capturer les proies les plus agiles, comme les farfadets qui ont la malchance de virevolter au-dessus de leurs antres, ou les Ungors qui se promènent dans les parages. Leur grande langue gluante et protractile peut être projetée très rapidement pour s’enrouler autour d’une proie de la taille d’un cheval avant de le trainer dans la gueule béante du monstre. Sous leurs paupières lourdes brillent une ruse animal et leur sang est en fait un liquide acide et puant, qui jaillit de la moindre plaie qu’on leur inflige en grandes giclées sifflantes afin de brûler l’agresseur. Il est très difficile d’échapper à un Jabberslythe, car il est doté d’ailes rudimentaire qui lui permettent d’effectuer de grands bonds. Ses griffes vorpales peuvent réduire un arbre en brindilles et il sait faire preuve d’une ténacité extraordinaire quand il poursuit une proie.

En dépit de tout cela, l’arme la plus redoutable d’un Jabberslythe reste son apparence révulsante. C’est une bête si bizarre et dérangeant que le simple fait de poser les yeux sur elle peut rendre irrémédiablement fou. Ceux qui regarde trop longuement un Jabberslythe finissent par tourner en rond en courant de façon désordonnée, tout en répétant des choses insensés, en ricanant comme des déments, ou même en se poignardant avec leurs propres armes pour tenter de mettre un terme à la vision qui les a définitivement fait basculer dans la folie. Ces malheureux sont des proies faciles pour un Jabberslythe qui n’a plus qu’à se trainer vers elles, une bave acide dégoulinant de ses lèvres retroussées alors qu’il anticipe le festin à venir.

Le battement sourd des tambours des Hommes-Bêtes attire parfois un Jabberslythe hors de son antre. En effet, il comprend instinctivement qu’un gibier de taille sera bientôt à sa portée. Les braiments, les hurlements et le son des libations peuvent pousser un Jabberslythe à s’envoler lourdement vers le lieu des festivités, pris d’une faim soudaine et dévorante. Les hommes-bêtes essayent autant que possible d’ignorer la présence du monstre, car même eux ne sont pas immunisé au traumatisme que provoque sa vision. Cependant, un Seigneur des Bêtes ne tentera jamais de le chasser, car il sais que les Chamans peuvent influencer son comportement et le forcer à attaquer l’ennemi. D’ailleurs, les Hommes-Bêtes apprécient plus que tout de voir une ligne de bataille bien ordonnée se disloquer et succomber à la démence à la vue d’un Jabberslythe.


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Source

  • Livre d’armée des Hommes-Bêtes, V7