Gardien des Secrets

De La Bibliothèque Impériale
Les Tueurs de Slaanesh, les Dévoreurs d’Agonie, les Grands Cornus, les Abjects, les Spoliateurs de Peau, les Hôtes de la Tristesse, (Q’tlahsi’issho’akshami)
« Viens à moi. Viens à moi ! Tu sais bien que c’est ce que tu as toujours désiré. Toute ta vie tu as rêvé de moi, désespérément, jusqu’à maintenant ... Réveille-toi ! Réveille-toi et viens à moi, car ta récompense t’attend dans mes bras… »
- Leshtrigell, Gardien des Secrets


Les Gardiens des Secrets

La passion, le plaisir, la douleur et l’inspiration ; tels sont les domaines de prédilection du Gardien des Secrets. Les Démons Majeurs de Slaanesh incarnent l’expérimentation à outrance et le désir exalté, concepts intimement liés à la chair. Ils ont beau être repoussants et horribles, ils fascinent les mortels par une allure monstrueuse, selon un phénomène que rien ne peut expliquer.

Les Gardiens des Secrets profanent tout ce qui est noble et pur, dépouillent les croyants de leur foi, et ne promettent que la damnation. Ils tirent leur force de la corruption des autres, et se régalent des péchés et des excès comme un mortel apprécie les grands crus et les plats raffinés. Pour un Gardien des Secrets, la peur et le désir sont les plus succulents des mets, et le ravissement qu’éprouvent les mortels est sa nourriture, d’autant plus riche si la victime se retrouve plongée des sommets de l’extase jusqu’aux tréfonds de la terreur. Rien n’est plus délectable, aux yeux d’un Gardien, que de tramer l’enlèvement d’un freluquet vaniteux tandis qu’il baigne dans l’adulation de ses admirateurs, pour l’isoler et le confronter à la terreur la plus abjecte. Une fois que la victime est moralement brisée et souillée par ses propres déjections, le Démon la contraint à faire face aux moqueries méprisantes de ses anciens camarades et laudateurs.

Les Dévoreurs d’Agonie représentent ce qu’il y a de plus licencieux. Ils vivent pour provoquer les sens, créer, expérimenter et se vautrer dans les caprices passionnels des mortels. Ils savent aussi émousser l’esprit, au point qu’il devient presque impossible d’apprécier ce qui ne relève pas de l’extraordinaire. Ils sont la douleur de l’échec, l’agonie de l’excès et tout ce qui pousse les mortels à oser les actes les plus fous pour fuir l’ordinaire. Tel le danseur, le noceur du calvaire se déplace avec une grâce presque liquide, virevoltant aussi légèrement que les doigts des amants sur la chair. Où qu’il se présente, tout devient possible. Mais derrière lui, il ne laisse que l’angoisse et l’agonie, aussi palpables et douloureuses que la pointe du couteau. Et tous ceux qui ont connu ces sommets de plaisir sont ravagés par le désespoir et la sensation de vide, tentant désespérément de s’extraire de leur existence terrestre sur la voie illusoire des promesses des grands cornus, bercés par la mélodie ensorceleuse du rire de Slaanesh.

Les Gardiens des Secrets rient et se réjouissent de tout, exhortant leurs esclaves à commettre des actes de plus en plus audacieux. Il sait jouer de tous les instruments, il sait tout dessiner et celui qui l’entend chanter est condamné à perdre son âme. Son rire est à mi-chemin entre le ricanement d’une femme sans-cœur et l’hilarité d’un enfant innocent. Il assassine sans arrière-pensée, sans compassion et sans remords, juste pour le plaisir de voir le sang éclabousser et d’entendre le timbre de la voix du mourant. Brillants et capricieux, les Gardien des Secrets s’adonnent à toutes sortes de fantasmes avec un abandon parfaitement égoïste et cruel, sans se soucier le moins du monde de ceux qu’ils font souffrir.

Un Spoliateur de Peau est un adversaire terrifiant, qui sait savourer comme nul autre la douleur, la caresse de ses coups dans la chair, les organes et les os de ses proies. Ses immenses pinces peuvent couper en deux un chevalier en armure d’un revers gracieux, et ses poings sont capables de réduire en pulpe le plus robuste des ennemis. Le Démon accorde un soin particulier au moindre des coups qu’il porte. Il sait transformer une caresse innocente en étreinte suffocante, ou une gifle légère en coup de taille terrifiant qui répandra au sol les entrailles de son ennemi selon des motifs plaisants.

Un Gardien des Secrets ne craint ni la douleur ni les blessures, car chaque sensation, qu’elle soit agréable ou cuisante, lui arrache des cris et des gémissements qui étourdissent non seulement les sens, mais aussi les fondements même de toute raison. Les Gardiens des Secrets consument les âmes de ceux qu’ils tuent, chacune étant une friandise délicieuse qui ira nourrir Slaanesh. Affronter un Gardien des Secrets revient donc à s’exposer à une mort atroce, mais aussi à risquer la damnation éternelle. On dit que ces Démons préfèrent les âmes des Elfes plus que celles de toute autre race, pour des raisons encore mal comprises, mais le fait est que de tous les royaumes qui ont subi les déprédations de Slaanesh, c’est l’île d’Ulthuan qui en a le plus souffert.


Manifestation

La décadence prospère là ou ce Démon passe.

Dès qu’un Hôte de la Tristesse apparaît en ce monde, les tentacules de la volonté de Slaanesh peuvent se déployer, portés par les Vents de Magie pour supplicier et tourmenter les mortels sur des kilomètres à la ronde. Chaque chose est en proie à un frémissement impie, un désir latent qui ne demande qu’à s’exprimer. Les mortels se retrouvent en nage, le cœur battant la chamade. Les animaux se montrent fébriles et violents, les chevaux s’agitent dans leur écurie et tiraillent leur harnachement. Les armes se mettent à vibrer d’une énergie invisible. Le bois frémit et se tord. Les arbres crissent et la terre bâille pour faire jaillir des torrents d’eau pleine de vie, issue de ses profondeurs. Les inhibitions s’évanouissent, les loyautés ancestrales s’oublient et les liens de confiance faiblissent. La passion emplit le cœur et l’esprit de chacun et ceux qui ne la contiennent pas s’y abandonnent sans la moindre retenue.

Mais l’influence d'un Dévoreur d’Agonie est loin de se limiter à ces picotements physiques. Les peintres montrent une inspiration enfiévrée, esquissant et dessinant frénétiquement, pour produire des chefs d’oeuvre insoupçonnables. Les lèvres des poètes délivrent de magnifiques vers qui évoquent parfaitement le plus grand chagrin ou le désir le moins pudique. Les chanteurs offrent des mélodies d’une telle beauté que ceux qui les entendent en meurent le cœur brisé. Le Démon hante les rêves des mortels de visions si magnifiques qu’ils se débattent en se lamentant de l’impossibilité d’atteindre la perfection de ces cauchemars. À leur réveil, ils errent dans la mélancolie, accablés par ce désir insatiable. Plus le Démon se rapproche, plus ses effets se précisent. L’artiste peint avec son propre sang, le poète s’arrache les yeux dans le seul but de connaître la véritable obscurité, le chanteur s’étouffe en voulant s’extraire de l’imperfection à laquelle le condamnent ses cordes vocales de mortel. Le monde semble s’adoucir, présentant des couleurs chaudes et des formes harmonieuses, rondes et scintillantes, tandis que les lames s’affûtent, les émotions s’intensifient et l’esprit s’embrase vers la folie.


Aspect

« Il a exaucé tout mes désirs, mais il m’a pris tout ce qui m’était cher. Et pourtant je donnerai n’importe quoi pour l’admirer une fois encore… »

La vue d’un Gardien des Secrets est une expérience traumatisante. Il se présente sous la forme d’un être androgyne à la stature improbable. Il est doté de quatre bras, dont deux se terminent par des pinces, qui s’agitent et invitent chaleureusement à le rejoindre danser au rythme du plaisir et de la douleur engendrés par les excès des mortels. Ses énormes yeux aux allures de gemmes renferment les secrets de l’extase et de la souffrance, les mystères de la luxure et des pulsions les plus terrifiantes. De sa peau aux teintes douces émane un musc stupéfiant qui exacerbe les sens, réjouit l’esprit et insinue des sinistres envies irrépressibles dans l’esprit et le cœur des mortels.

On raconte qu'il n’est pas deux Gardiens des Secrets qui se ressemblent, et que la forme de chacun d’eux est issue du caprice de Slaanesh au moment de sa manifestation. Il est vrai que l’aspect de ces Démons Majeurs est très varié : certains présentent une tête de taureau, d’autres un visage androgyne désarmant de beauté qui ne cache que mieux la dépravation de leur cœur, mais qu’elle soit humaine ou bestiale, elle est encadrée de cornes recourbées qui luisent d’un éclat huileux. Tous ont deux paires de bras, des yeux semblables à des gemmes, des mouvements sensuels et brutaux à la fois. Une langue serpentine frétille entre ses dents acérées, comme pour goûter l’énergie perverse qui charge l’air. Sur la partie gauche de son torse, se superposent plusieurs seins hypertrophiés, telles d’obscènes tiques. Le monstre se tient sur de puissantes jambes terminées par des griffes presque reptiliennes. Le Gardien foule la terre, vêtu d’un costume élaboré aux couleurs étranges, fait de matériaux exotiques, allant de chaînes dures comme l’acier aux velours les plus soyeux.

Cependant, aussi horrible soit-il, on ne peut s’empêcher d’admirer le Grand Cornu, quel que soit l’acte ignoble qu’il est en train de commettre.


Pouvoirs

Un Gardien des Secrets menant les ost du Prince de Chaos au combat.

Quand apparaît le Gardien des Secrets, tout espoir s’envole. Sa présence dévaste l’esprit des mortels qui l’entourent, son charme démoniaque réduisant leur capacité de concentration, car les talents meurtriers des Gardiens des Secrets ne se limitent nullement au combat physique. Issus de la matière du Chaos et maîtrisant la Magie insidieuse du Prince des Plaisirs, ce sont des magiciens accomplis qui ravagent leurs cibles par des spasmes d’agonie, obscurcissent leur sens par des promesses de gloire et savent donner une forme à leurs rêves et à leurs cauchemars. Le Gardien des Secrets n’aime rien tant que déployer sa Magie subtile et maléfique pour retourner le frère contre le frère et jeter sur les lignes ennemies un voile d’illusions qui embrume les esprits. Les rares mortels qui peuvent combattre ce Démon doivent être purs de cœur et d’esprit, car ce monstre s’entoure d’enchantements conçus pour endormir la raison et confondre les sens. Bien des héros se sont révélés incapables de résister à leurs instincts primitifs pendant que le Gardien des Secrets jouait avec eux et les démembrait avec une élégance exaltante.

Le Gardien des Secrets danse à travers le champ de bataille, survolant les régiments et les héros en puissance. Il exulte à chaque claquement de pince, mêlant son rire aux hurlements des mourants. Qu’il soit ou non en train de combattre, le Gardien des Secrets domine les mortels de ses manières d’un autre monde. Ceux qui succombent à son charisme sont prêts à tout pour satisfaire leur nouveau maître, oubliant jusqu’aux bases de la décence sous l’influence de son aura.

Mais quand il se lasse de ce petit jeu, le Gardien des Secrets plonge bien souvent ses pinces dans la chair de ses esclaves, lentement, pour mieux savourer les derniers soubresauts des organes et s’abreuver de la lueur mourante de leurs yeux, avant de ne laisser derrière lui qu’une charpie sanguinolente. Ce sort est probablement préférable à celui de ceux qu’abandonne le Grand Cornu, car l’être qui a côtoyé ce monstre ne pourra jamais retrouver ces sensations de sublime extase…


Sources

  • Warhammer JdR : Le Tome de la Corruption
  • Livre d’Armée des Démons du Chaos V8