Femme-Médecine

De La Bibliothèque Impériale
« La seule chose qui soit pire que d’avoir une Vedma dans une Stanitsa, » affirma Chaglyn, un Ataman Ungol, « c’est de ne pas en avoir. »
Ce à quoi Radii Tyurin, un cavalier Ailé Godospar, répondit : « Certes, les Vedma ont leur place parmi nous. Du moment qu’elles sont loin de moi. »


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Une antique tradition magique a survécu parmi les Ungols, et son influence s’étend jusqu’aux Gospodars : celle des Femmes-Médecine (ou Vedma) qui sont les détentrices de la tradition orale de leurs tribus, servant d’intermédiaires avec les esprits de la steppe et de guetteuses capables de repérer la corruption du Chaos. Contrairement à ce qu'on pourrai croire, elles ne sont réellement populaires nulle part, même en Kislev. Les raisons en deviennent évidentes quand on examine plus en détail leurs activités.

Les Femmes-Médecine ont une réputation de sagesse parce qu’elles connaissent une bonne partie de l’histoire des tribus Ungols et savent gérer les créatures des steppes. Elles se servent de ce savoir pour aider la tribu. Dans certaines régions, ce rôle de détentrices du savoir peut les rendre populaires, mais dans les steppes septentrionales du Kislev, leur champ de connaissances se limite presque exclusivement aux désastres du passé et aux déprédations des serviteurs du Chaos. Par conséquent, leurs conseils se limitent souvent à dire aux gens qu’ils n’ont pas le droit de faire certaines choses qui leur paraissent pourtant tout à fait sensées. « Cette vallée a l’air à l’abri et fertile, mais elle renfermait autrefois un culte qui pactisait avec les démons », « Voyager vers le sud à cheval peut vous apporter la fortune, mais si la Rota n’accomplit pas un rituel spécifique, les spectres d’une bande de pillards kurgans seront libérés et se lanceront à sa poursuite », etc.

Parmi les Ungols, nul ne met en doute la sagesse des Femmes-Médecine. Aucune histoire traditionnelle ne raconte ce qu’il advient quand on le fait, mais chaque année, certains Gospodars rapportent de nouvelles histoires concernant ceux qui ont ignoré les conseils des Vedma, et les Ungols relatent celles des derniers désastres qui sont survenus chez leurs ennemis. Plus un groupe a passé de temps dans les steppes, moins il est susceptible d’ignorer les conseils d’une Vedma, mais il y en a toujours qui nourrissent certains soupçons quant à l’origine du savoir de ces chamanes. Certains Ungols nourrissent des doutes similaires, mais font remarquer que s’il y a vraiment un démon dans les collines, c’est sans doute que la Vedma a été informée de sa présence par le monstre lui-même…

Point positif : quand elles finissent par être les représentants les plus âgés d’un groupe, les Femmes-Médecine ont souvent une réelle mesure de sagesse, ce qui fait que suivre leurs conseils mène très rarement à de véritables désastres. Leur obéir n’est peut-être pas très agréable, mais c’est généralement sûr, ce qui est très important dans les steppes.

Les Ungols n’aiment pas les Femmes-Médecine, mais ils les tolèrent et suivent leurs conseils, car ils savent que les alternatives sont encore pires. Presque tous les villages Ungols s’unissent pour défendre leurs Femmes-Médecine contre les menaces extérieures, comme des répurgateurs de l’Empire ont pu le constater à leurs dépens. Naturellement, dans certains cas, ils ne se décident à intervenir que quand les répurgateurs les ont un peu torturées, juste au cas où elles serviraient vraiment le Chaos. Les Gospodars sont bien plus méfiants vis-à-vis des Femmes-Médecine. Ils pensent qu’elles ont toutes des pouvoirs magiques, lancent des malédictions aux gens (et en particulier aux Gospodars qui leur déplaisent) et se servent de leur magie pour séduire les hommes virils. D’un autre côté, les Gospodars reconnaissent à contrecœur que les Femmes-Médecine jouent un rôle important et, par conséquent, ils ne les persécutent pas. La plupart préféreraient toutefois qu’elles le fassent de loin. Les étrangers ont tendance à croire que les Vedma Kislevites sont de toute évidence des sorcières qui pactisent avec les Sombres Puissances. Les habitants de l’Empire sont particulièrement enclins à croire ce genre de chose, si bien que les répurgateurs qui viennent au Kislev s’attirent souvent de graves ennuis.

Les Femmes-Médecine sont des filles « choisies par les esprits », c’est-à-dire dotées de la Vision (la capacité de reconnaître, au toucher, si un objet ou une personne émet de la magie ou s'il a été affecté par elle). Elles sont enlevées à leurs parents tandis qu’elles sont encore jeunes et on les fait disparaître discrètement pour les former avec les autres Femmes-Médecine. Chez les Ungols, cette pratique est acceptée, quoique rarement avec bonne grâce. Chez les Gospodars, les Femmes-Médecine doivent parfois enlever les candidates, ce qui aggrave leur réputation de voleuses d’enfants.

La plupart des Femmes-Médecine n’ont aucun pouvoir magique en dehors de la Vision. Toutefois, quelques-unes reçoivent plus de dons des esprits et ont le pouvoir de lancer des sorts. Ce pouvoir a deux effets secondaires. Premièrement, la femme-médecine semble vieillir plus vite que la normale, ce qui fait qu’à trente printemps, elle ressemble à une vieille femme de soixante ans. Cette apparence n’affecte pas les capacités mentales ou physiques de la femme-médecine, ce qui fait que cette vieillarde peut s’avérer bien plus alerte qu’elle n’en a l’air. C’est pourquoi on appelle « Vedma » (« vieille sorcière » en Kislevite) les Femmes-Médecine qui utilisent la Magie. Les Staraja Vedma sont celles qui utilisent la magie de base, tandis que les Matriarches Vedma sont les plus puissantes d’entre elles. Deuxièmement, la magie ralentit le processus de vieillissement réel de la sorcière. Une sorcière peut facilement vivre plus de cent ans, et certaines sont bien plus âgées encore.

Les Femmes-Médecine ont une organisation à l’échelle de la nation, mais ses activités sont plutôt restreintes. Ce sont des Femmes-Médecine uniques ou de petits groupes qui gèrent la plupart des problèmes, et elles éprouvent rarement le besoin (ou le désir) de faire appel à leurs consœurs. Néanmoins, toutes les Femmes-Médecine reconnaissent l’autorité des vieilles mères, les plus âgées et les plus sages d’entre elles. La plupart de ces femmes sont des Staraja Vedma, mais certaines font simplement partie des plus âgées des Femmes-Médecine. Les vieilles mères déterminent où les corrompus sont formés et quelles missions ils reçoivent. Elles sont aussi responsables de la formation initiale des Femmes-Médecine et choisissent lesquelles deviendront des Vedma. En théorie, elles pourraient orienter les Femmes-Médecine vers d’autres objectifs, mais la politique qui se réduit à « combattre le Chaos » semble la bonne depuis des générations, et il semble bien improbable qu’elle change de sitôt (si tant est qu’elle change un jour).

Beaucoup de Femmes-Médecine vivent dans des villages ou des groupes nomades et veillent sur leur communauté. La plupart des Vedma vivent loin des autres humains, seules dans des régions isolées ou en voyageant d’un endroit à un autre. Cette répartition n’a rien d’obligatoire, et il existe des exceptions dans les deux sens, bien que les Femmes-Médecine isolées soient plus rares que les Vedma qui vivent dans des communautés sédentaires. Souvent, il existe plusieurs Femmes-Médecine dans la même localité, mais dans ce cas, l’une d’entre elles est la femme-médecine de la communauté tandis que les autres sont ses apprenties et ses assistantes. Cette tradition permet de s’assurer que les Femmes-Médecine ont l’expérience nécessaire avant d’endosser la responsabilité d’une communauté et fournit une garantie de succession en cas de décès soudain de l’une d’entre elles.

Staraja Vedma

Rares sont les femmes Ungols qui développent des pouvoirs magiques sans avoir au préalable montré qu’elles étaient dotées du « troisième œil ». C’est ainsi que la plupart des Staraja Vedma, ces femmes capables d’invoquer les esprits du Kislev, sont d’anciennes Femmes-médecine. On dit que leurs pouvoirs sont à la fois une bénédiction et une malédiction, car si on ne peut nier qu’elles apportent un soutien à leur communauté, les esprits exigent un tribut élevé pour daigner répondre : le vieillissement prématuré de ces femmes. C’est pourquoi beaucoup de femmes-médecine redoutent la possibilité que les esprits entendent leur appel. À l’instar de ces dernières, les femmes qui subissent une grande perte, comme le décès d’un époux ou d’un enfant, peuvent également être choisies par la Veuve Vénérable et acquérir une compréhension intime des esprits tourmentés du Kislev. Les Staraja Vedma de ce type vivent souvent seules, dans le chagrin de leur amour perdu et de leur jeunesse flétrissante.

Matriarche Vedma

Les légendaires Matriarches Vedma sont des sorcières très puissantes, célèbres pour leurs pouvoirs de divination et de guérison, et leur influence sur les esprits de la Veuve Vénérable. La plupart mènent une vie rudimentaire dans une hutte très rustique, loin des communautés sur lesquelles elles veillent. Ces Matriarches Vedma quittent rarement leur demeure hantée, ce qui oblige ceux qui recherchent leur assistance à entreprendre un périple compliqué. Quelques-unes sillonnent néanmoins le Kislev au gré des esprits, pour partager leur savoir. Bien que la plupart paraissent d’un âge à les faire ployer, leur échine courbée craquant dangereusement au moindre mouvement, elles ont gardé toute la vigueur de leur jeunesse et peuvent s’avérer étonnamment vives.

Les Esprits

Les Femmes-Médecine s’occupent également de la myriade d’esprits mineurs qui habitent dans les steppes. Toutes ont la Vision, la capacité de voir ou de ressentir d’une manière ou d’une autre les créatures surnaturelles, ce qui leur permet de chercher les esprits susceptibles de causer des problèmes à une Rota et de s’occuper de leur cas.

Ces esprits sont d’ordinaire malveillants et malicieux, et tenter de les détruire ou de les chasser ne fait qu’entraîner des représailles pires encore. Les Femmes-Médecine tentent parfois cette approche quand un esprit représente une trop grave menace, mais en temps normal, elles parviennent à un accord pour l’apaiser, ce qui implique généralement pour les villageois d’accomplir une tâche étrange et difficile ou désagréable. Les sacrifices ne sont pas rares, mais un esprit qui demanderait un sacrifice humain signerait son arrêt de mort. D’étranges rituels ou interdictions s’appliquant au village tout entier font aussi souvent partie du marché. Les esprits qui demandent aux habitants de faire quelque chose qui leur plaît sont incroyablement rares, et les Femmes-Médecine rapportent donc rarement de bonnes nouvelles de leurs négociations.

Par ailleurs, les Femmes-Médecine sont très proches des esprits et par conséquent, elles peuvent les envoyer harceler leurs ennemis. Certaines menacent très exactement de faire ce genre de choses quand plusieurs villages se querellent, et quelques-unes sont même capables de mettre leurs menaces à exécution. Par conséquent, même les Femmes-Médecine qui ne disposent pas personnellement de pouvoirs magiques peuvent avoir accès à des renforts surnaturels, lesquels n’ont pas forcément à cœur les intérêts des humains.

Les Corrompus

À force de vivre aussi près des Désolations du Nord, une contrée régulièrement foulée par des hordes de mutants, déformée et remodelée d’innombrables fois par les forces du changement, on doit s’attendre à ce que le peuple du Kislev manifeste parfois des signes de corruption. Ce genre de manifestation est très dangereux. Ceux qui sont touchés par les Puissances de la Corruption sont des espions et des traîtres tout désignés. Dès que les symptômes apparaissent, les Femmes-Médecine peuvent les déceler grâce à la Vision et prendre les mesures qui s’imposent. Elles emmènent l’individu corrompu loin dans l'Oblast et il disparaît comme s’il n’avait jamais existé.

La corruption se manifeste normalement chez les nouveaux nés et les parents livrent leurs enfants altérés sans protester. Ce qui ne veut pas dire qu’ils apprécient. S’ils sont capables d’admettre que la mutation de leur enfant n’est pas la faute de la femme-médecine, il est difficile de ne pas en vouloir à une sorcière qui vous enlève la chair de votre chair. C’est encore plus difficile quand la corruption n’est pas visible et que seules les Femmes-Médecine peuvent la détecter. Dans ce genre de cas, les Gospodars protestent souvent et, parfois, la femme-médecine doit agir furtivement pour écarter la menace du village.

Presque tout le monde s’imagine que les Femmes-Médecine tuent les corrompus, afin que leurs esprits souillés ne puissent pas revenir hanter les vivants. Elles encouragent cette croyance, mais la vérité est tout autre.

Les corrompus sont en réalité emmenés dans des communautés lointaines et cachées où ils sont réduits en esclavage et forcés de prêter main-forte aux Vedma pour accomplir leurs desseins, aussi sinistres soient-ils. La plupart des corrompus trouvent rapidement la mort, victimes de brutales tortures ou dépouillés de leur énergie vitale pour alimenter certains rituels. Ceux qui ont assez de résistance pour supporter la cruelle caresse des Vedma finissent par être envoyés dans le Nord et périssent au combat dans les Désolations du Chaos. Les Femmes-Médecine se justifient en affirmant que la seule façon pour une âme corrompue de se purifier est de combattre les forces qui ont suscité la corruption : elles donnent donc ordre aux corrompus de se battre et de mourir pour le Kislev.

Il existe bien des théories quant aux origines de cette tradition, même si les manigances des Femmes-Médecine ne s’ébruitent pas en dehors de leurs rangs. Ceux qui sont au courant affirment qu’elles obéissent simplement aux mêmes coutumes que les Norses, lesquels envoient également les altérés au-devant de leur destin dans les profondeurs de la Terre des Ombres. D’autres encore pensent qu’envoyer ces pauvres mortels souffrants à une mort violente revient simplement à purger le pays d’une corruption indésirable.

Sources

  • Warhammer JdR- La Reine des Glaces