Castello del Dimenticato

De La Bibliothèque Impériale

Le Castello del Dimenticato (Forteresse de l'Oublié) est une ville fortifiée peuplée d'exclus et de rejetés. Cette Principauté Frontalière se situe vers le Col du Feu Noir, dans les Montagnes Noires au sud de l'Averland, à une semaine de la frontière impériale. Le fondateur et Prince de la ville est un ancien Mercenaire Tiléen nommé Davio Maurizzi. Les Orques n'ont jamais repéré le Castello, qui n'a jamais été sérieusement menacé jusqu'à ce que l'armée averlandaise de Jurgen von Kopf le rase sous le règne de Marius Leitdorf.

Le Castello se trouve à une certaine distance du col proprement dit. Il est caché dans une vallée boueuse voisine où un quatuor de montagnes basses se rencontre. On y accède par un sentier passant par un col et un tunnel qui semble avoir été creusé par les Nains il y a des milliers d'années, mais ces anciens propriétaires ont disparus tout comme les traces de richesse dans les collines avoisinantes. Les fondateurs du Castello, cependant, avaient des raisons d'apprécier l'artisanat d'autrefois. La tranchée permettait à la ville d'approcher facilement du col, à l'abri de la vue des armées orques qui pourraient se déchaîner jusqu'à la frontière impériale. Une fois le cap rocheux passé, la ville est visible. Elle est assise au ras d'une falaise de l'autre côté de la vallée. Pour atteindre ses portes, il faut encore traverser un demi-mille de terre humide, dénudée à l'exception des mauvaises herbes et des herbes rustiques.

Les murs du Castello ont douze pieds de haut et sont faits de bois récupéré, renforcé à l'intérieur par des bandes d'acier rouillé, également récupéré. Ils sont gris à cause des intempéries et leurs planches sont inégales, si bien que le sommet du mur rappelle les dents dentelées d'un orque. De gros rochers ont été disposés sur le terrain pour diriger les ennemis vers la porte, encadrée de deux tours d'où les défenseurs peuvent utiliser leurs arbalètes et leurs balistes sur n'importe quel orque, Skaven ou Bandit qui essayerait de l'envahir. Il a l'air plus fort qu'il ne l'est vraiment. Pour les colons du Castello, la notion d'une rue droite est inconnue : les cabanes, les hangars et les taudis étaient regroupés au hasard. Lorsqu'un espace entre des bâtiments se poursuit sur plus de quinze pieds, ses habitants le considèrent comme une rue, et même les artères principales de la ville sont des sentiers sinueux. Les maisons reposent sur de mauvaises fondations, voire aucune. Les toits sont généralement effondrés au milieu. Les portes reposent avec peine sur des charnières béantes. La plupart des maisons sont faites de boue durcie, renforcée par des bouts de bois, mais une poignée de chalets plus grands ont été construits en pierre.

Le Dolorosa La Bara est une taverne au bout d'une ruelle, en bois de construction gris légèrement penchés vers l'ouest. C'était une structure d'un étage assez grande pour accueillir une centaine de buveurs, à condition qu'ils soient disposés à se serrer un peu. Une enseigne fanée pend au-dessus de ses doubles portes qui craquent; elle représente un cercueil, son couvercle refermé sur la forme protestante et bruyante d'un mercenaire vêtu comme un bouffon. Sa tête gémissante, ses doigts griffus et ses pieds sans chaussures dépassent du cercueil, qui était transpercé par une défense de mammouth. Des gouttelettes de sang rouge ont été disposées au point d'impact - l'artiste a manifestement adoré ce détail macabre. Plus tard, d'autres mains ont retouché son travail, de sorte que le sang reste frais, bien que le reste du dessin ait disparu. On peut entendre diverses traductions de son nom tiléen, allant de la Taverne Pas Tout à Fait Morte à Douloureux le Cercueil. Giacomo, le propriétaire est dans la soixantaine avancée, un âge élevé dans ces régions indomptées. Il a des os fins et une grosse tête ronde, ornée d'une mince mèche de cheveux argentés. Une moustache couleur neige très fine décore sa lèvre supérieure.

Le manoir du prince Davio Maurizzi est une grande structure, dépassant de la paroi rocheuse qui forme le seul mur impénétrable du Castello. Il a trois étages de haut; il était construit en bois noir et patiné. Des marches en bois mènent à un grand porche orné de balustrades en fer épais et grossièrement travaillé. Des gargouilles en plâtre, dont les visages jadis sifflants sont aplatis, sont assises dans un désarroi lugubre, empilées dans un coin éloigné du porche. Un emblème grossièrement travaillé est suspendue à un auvent; il représente les murs d'une forteresse se découpant sous un soleil couchant. Des portes en fer forgé séparent le manoir du prince du reste de sa ville; elles encerclent une triste étendue d'herbe morte habitée par une fontaine cassée et par un quartet de vieilles statues, qui représentaient des nus antiques, assis sur des socles, sans têtes et sans bras.

Source

  • Robin D. Laws, Angelika Fleischer 1 - Honour of the Grave, Black Library, 2003