Cannibale

De La Bibliothèque Impériale
« Il y a des choses là-dessous, dans les cavernes. Affamées, aveugles. Des choses pas bien quand elles sont nées. Ils vous reniflent et… Eh bien, tout c’que j’dis, c’est qu’y a pas grand chose à manger, dans leurs trous. »
- Thurgat Brise Os, Brute Ogre
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Lorsqu’un Ogre dénué de panse vient au monde, ce qui est heureusement rare, la tribu ne souffre pas de le laisser vivre et les rejetons sont confiés au Boucher qui les emmène en dehors du camp, dans la grotte la plus profonde, généralement scellée avec un énorme rocher. Le Boucher le fait alors rouler sur le côté et jette le nouveau-né dans la fosse, avant de refermer l’entrée. Ces pratiques eugéniques sont devenues très courantes depuis que les Ogres ont quitté les plaines, car la faiblesse équivaut à un arrêt de mort dans la société Ogre. Ceux-ci pensent qu’en offrant ainsi ces enfants malingres à leur Dieu, celui-ci jugera les nouveau-nés et accordera sa bénédiction à ceux qui s’en montrent dignes.

La réalité est quelque peu différente, seules la discrétion et la sauvagerie permettront à l’enfant difforme de s’en sortir. Les cavernes des Montagnes des Larmes abritent toute une population de monstruosités et même un Ogre adulte peut s’estimer extrêmement chanceux s’il y survit ne serait-ce qu’une semaine. Pourtant, contre toute attente, certains des orphelins parviennent à subsister, s’accrochant désespérément à la vie. Les quelques nourrissons efflanqués qui survivent aux premiers jours entament une existence pleine de noirceur, grattant et fouillant en quête d’une maigre pitance, et se nourrissant des choses qui rampent dans le sol suintant : rats, vers, sangsues, morceaux de carcasse et autre détritus jetés dans le réseau de galeries par les Ogres de la surface, plus favorisés par la nature. Usant de furtivité et de la férocité née du désespoir pour chasser, une petite poignée d’enfants sauvages réussit à mener une existence troglodytique et malsaine.

Les galeries qui serpentent sous les Montagnes des Larmes dissimulent davantage de secrets que les laissés pour compte de la société Ogre. Fait inconnu de tous, hormis de quelques clans d’hommes-rats, les grottes souterraines sont parcourues de filons de Malepierre, une étrange roche noire aux reflets verdâtres qui contamine tout ce qu’elle touche. Un Ogre paria qui vit assez longtemps apprend à assouplir sa silhouette émaciée afin de se glisser entre les fissures pour échapper aux prédateurs, lesquels incluent leurs semblables, car lorsque la nourriture se fait rare, ce qui est presque toujours le cas, les Cannibales se jettent sans hésiter sur les plus faibles pour les dévorer. Ces individus sont si affamés qu’ils engloutissent tout ce qui leur tombe sous la main, même les denrées les plus impures. Ce régime délétère entraîne des mutations qui transforment ces êtres nerveux et crasseux en bêtes immondes à la vigueur effrayante, car seuls les plus forts, les plus rapides et les plus violents survivent à leur habitat infernal. Les Ogres ont donné à ces créatures - sans faire preuve d’une grande imagination - le nom de Cannibales.

Encore plus voraces que les Ogres, les Cannibales sont des machines à dévorer dégénérées, se résumant à des muscles noueux, à des griffes et à de la bestialité, car les combats incessants et un désespoir absolu en font de véritables monstres. La quête insatiable de nourriture d’un Cannibale est facilitée par la faculté de ses mâchoires à se distendre, comme celles des serpents, pour avaler les plus grosses proies. En outre, sa bouche est hérissée de dents qui poussent très vite, se renouvelant quotidiennement, et parfois encore plus rapidement. Ses puissantes mâchoires peuvent sectionner une tête sans effort, ce dont ils ne se privent jamais.

Habitué à l’obscurité totale des souterrains, le Cannibale se sert de ses narines dilatées pour flairer son gibier et le traquer sans relâche. Il peut alors arriver qu’il fasse irruption dans des grottes habitées par d’autres races : des tunnels creusés par les Gobelins de la Nuit, les galeries d’une mine Naine, ou les terriers des Skavens. Le Cannibale se faufilera par la plus petite ouverture pour accéder à un environnement aussi riche en nourriture. Il se jettera sur tout ce qu’il peut trouver et les couloirs résonneront alors de bruits spongieux de mastication. Certains Cannibales parviennent parfois à s’échapper de leur basse-fosse labyrinthique, détalant lorsque leur caverne est descellée ou après avoir découvert une issue vers l’extérieur. Ils rôdent alors dans l’ombre des pentes des Montagnes des Larmes, flairant et dévorant les imprudents, et retournant dans leur antre avant l’aube.

Lorsque les Ogres vont à la guerre, les Tyrans ouvrent les accès aux souterrains et attirent les Cannibales avec des carcasses. Soit ils sont capturés et emmenés à la bataille dans des cages, soit ils sont guidés dans la bonne direction grâce à une piste de chair sanguinolente. Les Cannibales capturés ont souvent les yeux bandés, car ils sont si peu accoutumés à la lumière qu’ils hurlent une fois exposés au soleil. Cette cécité n’est nullement handicapante, car le vent leur apporte l’odeur du sang de l’ennemi, et une fois que les Cannibales ont sentis l’odeur du sang ou de la peur, ils deviennent des machines à tuer dont le seul but est de massacrer ses victimes pour se gorger de chair palpitante. Dans une débauche de coups de griffes et de dents acérées, les Cannibales attaquent avec une terrifiante férocité, projetant dans les airs têtes tranchées, membres coupés et viscères arrachés, et ignorant les blessures comme la douleur.

Source

  • Livre d’Armée Royaumes Ogres V8
  • Livre d’Armée Royaumes Ogres V6