Bologs et Cachtorr, les Géants d'Albion

De La Bibliothèque Impériale
« Mes aïeux ! Quel manque d’élégance ! Mes compagnons et moi-même avions traqué Ranoldo et ses ruffians jusqu’aux collines Trantines, lorsqu’ils ont lâché sur nous ces horribles Géants d’Albion et cet individu hirsute. Ils ont aplati nos lignes en beuglant le mot le plus grossier que j’ai jamais entendu ! Je dis que si les habitants de cette île sont tous pareils à ces brutes, les Dieux soient loués qu’elle soit encore inexplorée. »
- Seigneur Haut Elfe Daverlon, général gentilhomme et mercenaire
Les Géants d’Albion, Bologs et Cachtorr, combattant sous la direction d’Hengus le Druide
Les Druides d’Albion affirment que la race de gigantesques Géants qui habitent leur île fut introduite par les Anciens afin de préserver cette terre sacrée des intrus. Qu’en est-il réellement, personne de nos jours ne peut le dire. Toujours est-il que les côtes austères d’Albion sont bel et bien hantées par des titans primitifs qui, du haut de leurs falaises couvertes de brume, prennent un malin plaisir à lancer d’énormes rochers sur les navires qui approchent trop près pour les réduire en miettes et précipiter leurs équipages dans les flots. Les Druides ont un étrange pouvoir sur les Géants et peuvent leur faire ériger les grands monolithes qui parsèment l’île. Avec l’aide de leur force colossale, d’immenses menhirs sont ainsi disposés en cercles ou en colonnes afin de mesurer les cycles du soleil, des lunes et des étoiles.

Forgés depuis la terre elle-même, les Géants d’Albion en sont les gardiens. Ce sont des créatures puissantes s’énervant facilement et se déchaînent souvent à travers le pays pour décourager les aventuriers. Beaucoup des Géants qui ont été créés pour garder les pierres d’Ogham apprécient de se tenir au sommet de falaises et de lancer de gros rochers sur n’importe quel navire qui tente de s’amarrer. La vue de l’un de ces géants est souvent suffisante pour éloigner les chasseurs de trésors potentiels. Les géants sont très protecteurs de la terre et attaquent tous les intrus qui mettent le pied sur l’île et seules les tribus des habitants d’Albion ont gagné la confiance des géants. Le pourquoi ils se battent est connu que d’une poignée de druide et d’Oracle, mais l’arrivée d’autres races nouvelles sur Albion signale une réelle menace pour leur mode de vie, qui est restée inchangée depuis des millénaires.

De tous les Géants, le plus grand est Bologs. Il est vénéré comme un Dieu par les hommes des cavernes d’Albion, qui ont gravé son image dans les collines crayeuses de leur île, brandissant sa massue. Si Bologs est en effet redoutable, on ne peut pas en dire autant de son intelligence, même en fonction des critères déjà bien bas des Géants d’Albion. En fait, la seule chose qu’il arrive à peu près à dire est son nom. Un jour qu’il arpentait les falaises, le brouillard se leva et il put contempler de son œil unique la mer grise et les plages de galets qui s’étendaient en contrebas. C’est alors qu’il aperçut une petite troupe d’Elfes qui avait débarqué sur le rivage. Les Elfes virent également le Géant qui les toisait du haut de la falaise, aussi leur chef s’avança-t-il en s’écriant dans la langue des Druides (avec un fort accent, il est vrai) « Nous venons en paix ! Nous voulons faire du commerce ! » Entendant ces paroles dont le sens ne parvint jamais jusqu’à son cerveau, le Géant ne trouva qu’une chose à répondre « BOLOGS ! » Puis il lança un rocher de plusieurs tonnes qui mit un terme à la dernière tentative de colonisation elfique d’Albion à ce jour.

Le plus grand Géant d’Albion après Bologs est Cachtorr, son frère jumeau. Il est un peu plus intelligent que Bologs - suffisamment du moins pour comprendre le langage des Druides. Ce fut lui qui combattit le terrible Dong et sa compagne, Mae-Dong, deux horribles Géants du nord d’Albion. Cette lutte mythique est censée avoir duré plusieurs siècles, durant lesquels les colosses se lançaient des rochers d’un bout à l’autre du pays aussitôt que la brume se dissipait. La grande majorité des projectiles ratèrent leur cible et se plantèrent profondément dans le sol, créant ainsi les premiers menhirs qui font depuis la célébrité d’Albion.

Néanmoins, les siècles passèrent et Albion resta cachée dans ses brumes, isolée du reste du monde. Puis vint le jour où le fameux général Tiléen Geasar, premier citoyen de Remas, débarqua sur Albion à la tête de son armée. À cette époque, il cherchait à affermir sa position politique à Remas, et le meilleur moyen lui avait semblé de conquérir Albion qui, selon la légende, regorgeait d’or et de joyaux et abritait les trésors du légendaire Triton lui-même. Alors que les galères Tiléennes accostaient sur la plage rocailleuse, Bologs et Cachtorr apparurent au sommet de la falaise et commencèrent à précipiter d’énormes blocs de pierre sur les arrivants. Terrifiés, les hommes de Gaesar remontèrent à bord de leurs embarcations et commencèrent à s’éloigner du rivage. Ulcéré, le général se saisit alors du coffre contenant la paye de ses hommes et le lança par-dessus bord. Voyant les pièces d’or s’éparpiller dans les vagues, les Tiléens sautèrent à l’eau et, finalement, toute l’armée se retrouva sur la plage. La soif de l’or avait été plus forte que la peur des Géants !

Ignorant les rochers qui tombaient de part et d’autre, Gaesar et ses hommes se dirigèrent vers l’intérieur des terres. Bientôt, ils furent confrontés aux autochtones primitifs, à de nombreux autres Géants et aux Druides déchaînés, sans compter qu’il s’était mis à pleuvoir ! Même en voyant ses hommes au bord de la mutinerie, Geasar refusait de faire marche arrière. Il retournerait à Remas en conquérant, sous les hourras de la foule, ou ne rentrerait pas du tout. Mais il fallait ruser.

Réfrénant sa colère, il s’avança vers les ligues adverses et clama : « Oh barbares sans cervelle ! Je vous offre tous les avantages de la civilisation : des routes, l’eau courante, l’argent, l’urbanisation et la poésie Tiléenne ! Soumettez-vous, et tout ceci sera à vous ! »

Perplexes, les tribus d’Albion se regardèrent les unes les autres. C’est alors qu’un seul mot retentit derrière lui, semblant sortir de la pluie et du brouillard, « BOLOGS ! » Reprenant le cri de guerre de leur Géant, tous les hommes des cavernes se mirent à frapper leurs armes de pierre contre leurs boucliers et leurs chars primitifs, criant en choeur « Bologs ! Bologs ! Bologs ! »

Dépité, Gaesar ordonna la charge. La bataille qui s’ensuivit fut sanglante et indécise, jusqu’à ce que les deux camps, exténués, se replient chacun de leur côté. Gaesar fit alors une ultime tentative de médiation, car même s’il devait fuir Albion, il devait en ramener quelque chose pour avoir droit à son triomphe à Remas.

« Donnez-moi les Géants en otages, » hurla-t-il, « et je me retirerai ! »

Les Druides, connaissant les Tiléens de réputation, considérèrent son offre. Même s’ils étaient sûrs de battre Gaesar aujourd’hui, ils savaient qu’à la longue, leur île ne résisterait pas au flot des envahisseurs. Que pouvaient des haches de pierre contre les épées et les canons de milliers de guerriers déterminés ? Finalement, le vieux Druide Hengus accepta et alla choisir deux Géants parmi les plus petits.

Alors qu’ils s’avançaient vers les lignes Tiléennes, Gaesar s’écria « Pas ceux-là ! Moi, je veux les gros ! », en pointant Cachtorr et Bologs du doigt. Et c’est ainsi qu’en dépit des protestations des sauvages qui voyaient leurs Dieux faits prisonniers, les Druides donnèrent leur accord, espérant ainsi éviter à leur peuple la décadence de la civilisation.

Après avoir remis ses galères à flot, Gaesar fit voile vers Remas, les deux Géants entravés par des chaînes d’ancres pataugeant derrière lui. Mais la nouvelle de son retour l’avait précédée et ses opposants politiques avaient pris leurs dispositions. Se mêlant à la foule, ils prirent part aux acclamations et accueillirent le conquérant à bras ouverts pour endormir sa méfiance. Mais au moment opportun, une douzaine de dagues jaillirent de sous les capes et, alors même que Gaesar posait le pied sur le quai, il fut assassiné par les conspirateurs.

« Gaesar est mort ! Vive la République ! » crièrent-ils.

Cédant à la panique, les hommes de Gaesar chargèrent la foule avant d’être massacré à leur tour. Plus par rancoeur envers la cité que par pitié envers les captifs, l’un d’entre eux libéra Hengus et ses Géants de leurs chaînes. Totalement désorientés, Bologs et Cachtorr causèrent des ravages dans les rues de Remas, jusqu’à ce qu’ils finissent enfin par en atteindre les faubourgs et s’enfoncent dans la campagne, Hengus à leurs trousses.

Depuis, les deux Géants et le Druide arpentent le pays, complètement perdus, à la recherche d’un peu d’ombre pour se protéger du soleil Tiléen. Comme on pouvait s’y attendre, de nombreux généraux ont proposé de louer leurs services, ce qu’Hengus s’est toujours empressé d’accepter dans l’espoir de trouver un jour le moyen de regagner la lointaine Albion.

Devise : « La plus grosse paire du monde ! »
Cri de guerre : « BOLOGS ! »


Hengus possède l’Objet Magique suivant :
  • Bâton d’Oggum : Hengus détient cet objet magique fabriqué par les Druides d’Albion, qui permet au Druide d’imposer sa volonté aux Géants et possède également des vertus protectrices.

Source[modifier]

  • White Dwarf 81 - Janvier 2001