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Bataille des Routes du Nord

De La Bibliothèque Impériale

Alors que les premières neiges de l’hiver tombent sur les Terres Désolées en 2278, les habitants de l'Empire furent soulagés par un repli inespéré des forces de Frydaal la Forgechaîne, la Championne du Chaos qui avait ravagé la Côte du Westerland au cours des dernières années. Hélas, ce soulagement fut de courte durée, car tandis que ses forces se retiraient pour attendre les neiges, les ombres du Chaos s'enfonçaient toujours plus profondément dans les forêts de la Drakwald et de Laurelorn...

Une Catastrophe Imminente modifier

Les habitants d'Isenbuttel, une ville isolée nichée entre la Forêt de la Drakwald et les Landes du Miroir, s'étaient bien préparés pour l'hiver à venir, malgré les combats qui avaient fait rage dans les Terres Désolées voisines. Même après avoir payé une lourde dîme à Marienburg, leurs réserves de bois de chauffage étaient bien garnies et leurs garde-manger contenaient suffisamment de salaisons pour nourrir la population pendant les longs mois à venir. Alors que l'hiver est souvent considéré comme une période de grande incertitude et de péril, les citoyens d'Isenbuttel remercièrent Taal pour leur bonne fortune, alors même que la neige commençait à tomber.

Lorsque le froid de l'hiver s'empara du pays, d’étranges phénomènes devinrent monnaie courante dans la ville. Le lait tournait pendant la collecte, la viande séchée qui aurait dû se conserver pendant des mois commençait à se gâter et le bois de chauffage à pourrir et à s'effriter bien qu'il fut protégé des éléments. Beaucoup y virent un signe des dieux annonçant la fin de leur bref répit, tandis que d'autres, plus sceptiques, commencèrent à serrer leurs haches et leurs pistolets un peu plus fort en regardant les forêts enneigées. Au fur et à mesure que les événements étranges se multipliaient, les habitants de la ville craignaient chaque jour un peu plus les mauvais présages qui s'accumulaient autour d'eux. Certains firent même des cauchemars dans lesquels ils voyaient des créatures bestiales se rassembler dans l'ombre et des images des forêts du Vieux Monde englouties dans la fumée et l'obscurité.

Suie et Neige modifier

Ils eurent beau prier et honorer les dieux, les malheurs de la ville ne s'atténuèrent pas, car ce n'était pas l'ire des dieux qui avait apporté cette diablerie sur leur paisible bourgade, mais un péril bien plus proche. L'origine de ces épreuves ne tarda pas à être révélée lorsque des cors et d'horribles braiments commencèrent à résonner dans la forêt, annonçant l'arrivée de la Progéniture du Chaos. Les habitants eurent à peine le temps de saisir leurs armes que les Hommes-bêtes surgirent de la lisière des bois dans un rugissement primitif, armes rouillées et tisons enflammés prêts à l'emploi.

Pourtant, ce ne sont pas les lames des Hommes-bêtes qu'ils auraient dû craindre, car parmi la horde se trouvait une créature courbée et décharnée portant un grand bâton. Tandis que les familiers difformes du chamane marchaient devant lui, les habitants paniqués furent pris de spasmes et de convulsions, submergés par leurs traits primitifs et bestiaux tandis qu'ils succombaient à l'influence corruptrice du Chaos. Bientôt, les habitants de la ville gisaient sur le sol en se tortillant et en hurlant, leurs corps agonisant tandis que leurs membres se divisaient et que des protubérances osseuses se frayaient un chemin à travers la chair de leurs hôtes. Isenbuttel fut rapidement vidée de tout ce que les Hommes-bêtes pouvaient manger, avant que les bâtiments restants ne soient brûlés et laissés à l'abandon.

En Proie aux Cauchemars modifier

Dans la ville de Rosche, au nord-est d'Isenbuttel, les gens se demandaient si la neige n'avait pas rendu les routes impraticables lorsque, pendant plus d'une semaine, ils ne reçurent ni nouvelles ni marchandises de leurs voisins. Conscient des dangers qui guettaient encore le pays et craignant pour le sort de ses semblables en ces temps difficiles, le maire de Rosche envoya des cavaliers sur la route pour prendre des nouvelles de la maigre population d'Isenbuttel. Peu après le départ des cavaliers, les habitants commencèrent à remarquer des événements étranges et de mauvais présages en ville - qui, sans qu'ils le surent, ressemblaient étrangement aux malheurs qui s'étaient récemment abattus sur les pauvres habitants d'Isenbuttel.

Cependant, alors que les habitants d'Isenbuttel étaient tourmentés par des visions de mort et d’affliction, les habitants de Rosche étaient affligés par un rêve singulier : la vision d'une créature aveugle et bestiale, dotée de grandes cornes recourbées et d'un bâton crochu, qui leur demandait de se rendre vers le nord, dans une clairière enneigée au centre de laquelle se trouvait une grande pierre gravée d'une rune. Comme de nombreux habitants rêvaient de ce maudit Homme-bête, le bourgmestre de la ville sut que le mal était en marche et envoya des cavaliers dans les villes de Gorssel et de Leydenhoven dans l'espoir de les avertir du danger qui les attendait. Même s'il savait que ses avertissements pouvaient ressembler aux divagations d'un fou et qu'ils avaient plus de chances de rester lettre morte que d'être écoutés, le maire espérait que ces nouvelles permettraient à ses concitoyens de se préparer à tout ce qui pourrait arriver.

Visions de l'Avenir modifier

Les cavaliers envoyés en éclaireurs sur la route d'Isenbuttel furent surpris de constater que la route était dégagée et qu'ils purent progresser rapidement sur une route aux ornières profondes, seulement saupoudrée d'une fine couche de neige. Mais leur surprise se mua rapidement en inquiétude lorsque leurs torches révélèrent que la neige poudreuse qui flottait dans l'air du crépuscule était chargée de suie et de cendres qui, compte tenu de leur lourdeur dans la brise froide, ne pouvaient provenir que d'un grand incendie. Les cavaliers hâtèrent leurs montures vers Isenbuttel dans l'espoir de découvrir la source de l'incendie et d'aider les habitants de la ville à faire face au désastre qui venait de les frapper.

Cependant, aucun des cavaliers n'était préparé à ce qui les attendait en ville, et pas un ne put se résoudre à raconter les horreurs qu'ils avaient découvertes dans les ruines calcinées de la ville autrefois prospère. Incapables d'aider les habitants, sauf à abréger les souffrances des quelques survivants mortellement blessés et horriblement mutés, les cavaliers s'affairèrent toute la nuit à la sinistre tâche de dresser un bûcher funéraire pour les morts, avant de remonter à cheval et de prendre le chemin du retour. Le voyage de retour fut bien plus sombre, les cavaliers ne partageant guère plus de quelques mots, chacun essayant à sa manière de chasser de son esprit les horreurs qu'il avait vues. Ils étaient loin de se douter que pendant qu'ils élevaient des bûchers dans l'obscurité, le même mal qui avait dévasté Isenbuttel s'était abattu sur Rosche.

La Ruine de Rosche modifier

Même sans la pénible épreuve endurée par les cavaliers, les jours passés en selle peuvent donner au voyageur le plus aguerri l'envie de rentrer chez lui, et chaque membre de la triste compagnie avait hâte de s'asseoir près d'un foyer chaud et de manger à sa faim. Ils étaient loin de se douter qu'aucun accueil chaleureux ne les attendait alors qu'ils parcouraient les dernières lieues en direction de Rosche, car les Sabots Fendus avaient déjà traversé la ville et exercé leur cruauté sur ses habitants.

Les cavaliers, incapables d'abandonner leurs amis et leurs familles aux charognards, s'attelèrent une fois encore à la tâche macabre d’ériger un bûcher funéraire et d'apporter une fin miséricordieuse à ceux qui agonisaient tandis que la puissance du Chaos déchirait leurs corps. C'est au cours de cette horrible tâche que les cavaliers découvrirent des empreintes de sabots fraîches dans la neige, révélant la taille considérable de la harde qui avait détruit leurs foyers. Bien que les cavaliers n'échangèrent que peu de mots tandis qu'ils faisaient de leur mieux pour enterrer leurs voisins et leurs proches, chacun d'entre eux maudit silencieusement les immondes serviteurs du Chaos qui sévissaient sur leur terre natale.

Alors que les flammes consumaient la chair souillée des habitants de Rosche, les cavaliers jurèrent aux dieux qu'ils ne laisseraient pas une autre communauté souffrir comme eux et leurs voisins. Une fois encore, ils montèrent à cheval et prirent la Route du Grand Nord dans l'espoir de devancer la harde responsable des attaques et d'avertir ceux qu'ils rencontreraient de la menace qui semblait remonter vers le nord.

Soldats sur la Route modifier

Alors que les cavaliers quittaient les ruines encore fumantes de leur village, les douces averses de neige se transformèrent en épais blizzard, ralentissant leur allure. Même si le temps n'avait pas entravé leur progression, les cavaliers auraient encore eu des jours de voyage devant eux avant d’atteindre la croisée des routes du nord et les colonies qui s'y trouvaient. En priant Ulric, le dieu de l'hiver, les braves gens du Westerland avancèrent tant bien que mal à travers la tempête, espérant que la neige aurait ralenti les Hommes-bêtes autant qu'eux.

Après des jours de voyage, luttant contre la faim et l'exposition aux éléments, les cavaliers atteignirent finalement la croisée des routes du nord où, par un heureux hasard, une compagnie de soldats mercenaires de Middenheim avait établi son camp au bord de la route pour se protéger de la tempête hivernale. Les cavaliers furent invités à rejoindre les soldats près de leurs feux de camp et à se remplir la panse d'un repas chaud, tout en évoquant leurs tourments de manière énigmatique, avertissant les soldats de doubler leur garde et d'être prêts à combattre la menace de front.

Le commandant de la compagnie de mercenaires écouta les récits des cavaliers qui se réchauffaient près du feu, ne sachant que faire de leur histoire. Il voyait bien qu'ils avaient traversé une épreuve, mais l'idée d'une brailleharde d'une centaine de têtes parcourant les lisières de la forêt en plein hiver lui paraissait presque risible. Ayant participé à maintes reprises à la purge printanière de la Drakwald, le commandant savait que les Hommes-bêtes se cachaient dans les profondeurs de la forêt à l'arrivée de la neige, attendant le froid dans des clairières isolées autour de leurs monolithes malveillants.

Avertissements Urgents modifier

Après avoir pris une soirée pour réfléchir à leurs dires, le commandant en vint à la conclusion que si les cavaliers avaient été attaqués par quelque chose, il s'agissait plus probablement de bandits et de brigands que d'Hommes-bêtes – le froid mordant et la faim les poussant à aggraver le problème dans leurs esprits. Plutôt que de laisser les cavaliers risquer d'ébranler le moral de ses soldats avec leurs histoires à dormir debout, le commandant les convoqua dans sa tente et les informa que dès que le temps se dégagerait, ils devraient se mettre en route.

Frustrés que le commandant ait ignoré leurs avertissements, les cavaliers maudirent l'homme pour son imbécillité et commencèrent à se préparer à partir immédiatement malgré le mauvais temps. Voyant le désespoir sur les visages des cavaliers qui préparaient leurs maigres provisions pour le voyage, le commandant leur demanda de déposer leurs affaires et d'attendre au moins jusqu'au matin, ce qui lui donnerait le temps de réfléchir plus longuement à leur histoire et d'en discuter avec ses subordonnés. Si ces pauvres âmes étaient désespérées de se faire entendre au point de risquer des engelures ou de s’exposer à la mort en voyageant dans une tempête aussi féroce, peut-être que leurs histoires avaient une certaine valeur après tout.

Ne sachant que faire du soudain revirement du commandant, les cavaliers s'installèrent dans l'espoir de trouver leur premier repos décent depuis des jours. Hélas, leurs rêves furent peuplés de visions où les Hommes-bêtes semaient la mort et la destruction, chaque cavalier revivant les épreuves des derniers jours et se réveillant avec des sueurs froides ou des cris d'angoisse. À l'insu des soldats endormis et des cavaliers paniqués, des yeux bestiaux les observaient depuis les frondaisons toutes proches.

Les Tempêtes de l'Hiver modifier

À travers les yeux de son familier, Kralmaw, le Prophète de la Ruine, observait les Sabots Fendus sortir des arbres entourant le carrefour où les mercenaires étaient campés. L'épaisse couche de neige dissimulerait le bruit de l'approche des bêtes jusqu'aux derniers instants, lorsque les soldats n'auraient que quelques secondes pour prendre les armes et donner l'alerte. Depuis la forêt de Laurelorn, à plusieurs lieues au nord, Kralmaw avait prévu l'issue de cette bataille depuis des semaines et ne se souciait guère de ce qui allait se produire, son esprit étant occupé par d'autres visions bien plus pressantes d’avenirs potentiels.

À travers les forêts de du Vieux Monde, Kralmaw assistait au rassemblement en grande horde de la Progéniture du Chaos, chacun d'entre eux étant attiré par l'appel de l'Enfant de l'Ombre, dont le pouvoir était déjà capable d'attirer les Hommes-bêtes de tout le continent malgré sa récente renaissance. Des visions d'Hommes-bêtes labourant des congères de plusieurs mètres d'épaisseur envahirent l'esprit de Kralmaw, témoin d'un rassemblement si vaste qu'il pourrait réduire en ruines le soi-disant Empire de l'Homme et provoquer la fin de toutes choses.

Alors que le chamane voûté se délectait des visions de la destruction à venir, une autre vision s'imposa à son esprit. À l'est, de sombres nuages d'orage se formaient dans le ciel et des éclairs argentés s'abattaient sur les hardes d'Hommes-bêtes amassés en Laurelorn. Sous les yeux de Kralmaw, la tempête s'abattait sur les Sabots Fendus en violentes rafales et le tonnerre grondait dans le ciel comme les cris d'une bête puissante. Quel que fût le message que les dieux du Chaos tentaient de lui adresser, Kralmaw ne fût pas encore en mesure de le discerner...

Source modifier

  • Warhammer The Old World - Arcane Journal Braillehardes Hommes-Bêtes, 2025 (Traduction communautaire du warhammer-forum)
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