Bataille de la Porte Est de Karak aux Huit Pics

De La Bibliothèque Impériale
« Certains d’entre vous vont très certainement mourir. Je veut dire, beaucoup d’entre vous. Mais si cela doit arriver, faites en sorte d’emporter le plus de raclures Peaux-Vertes possible avec vous, par Valaya ! D’accord ? »
Belegar Marteau-de-Fer, Roi de Karak au Huit Pics, peu avant l’assaut principal
Le Throng Nain affronte les Gobelins de la Nuit de la Tribu de la Lune Crochue pour le contrôle de Karak aux Huit Pics.
En 2498, dans une tentative pour briser l'étau de Gobelins de la Nuit et de Skavens qui les prenaient à la gorge, le roi Belegar Marteau-de-Fer de Karak aux Huit Pics envoya un message à sa famille de Karaz-a-Karak pour appeler des renforts. L'aîné de sa famille, le seigneur Duregar, rassembla immédiatement une armée et marcha vers le sud. Les forces de Duregar, recrutées à la hâte comprenaient entre autre une bande de Tueurs ainsi que le Maître des Runes Hurgar le Noir. L'armée longea les versants ouest des Montagnes du Bord du Monde vers le sud. Elle se trouva bientôt confrontée à l'ennemi au cours de la bataille des Crocs où elle dut affronter une armée d'Orques à la sortie occidentale du Col du Chien Fou. Après avoir vaincu les Orques, Duregar franchit le col puis continua vers le sud en direction du Col de la Mort et de la porte est de Karak aux Huit Pics.

La porte est de Karak aux Huit Pics se trouvait à plusieurs lieues à l'intérieur du Col de la Mort, au bout d'une large vallée parsemée de tombes Naines en ruines. Les Nains avançaient en ordre de bataille, s'attendant à voir l'ennemi dévaler les pentes abruptes qui dominaient leur route. La porte est avait été construite des milliers d'années auparavant à un endroit où la vallée se rétrécissait en un défilé large de quelques centaines de mètres. Là les Nains avaient construit leur porte, c'était autrefois une forteresse virtuellement imprenable mais il ne restait à présent plus que quelques pierres empilées entre les quelles passait la route. Face à la porte se trouvait une tour de garde immense et grise dont le sommet commandait les accès de toute la vallée. Bien que partiellement en ruine, cette tour de guet avait été rebâtie et fortifiée par les Gobelins de la Nuit. En approchant de la porte, les Nains s'aperçurent que la tour était entre les mains de l'ennemi.

Les Nains continuèrent néanmoins à avancer. Soudain des Orques et des Gobelins dévalèrent les versants. Derrière eux, une bande d'Orques ricanants leur coupait toute retraite. L'armée du seigneur Duregar était bel et bien encerclée. Les lourd rochers d'un Lance-Rocs commencèrent à pleuvoir sur leurs rangs compacts depuis le sommet de la tour. Ils forcèrent l'allure, dans l'espoir d'effectuer une percée pour atteindre la porte est. Alors qu'ils approchaient des Gobelins de la Nuit, une grande clameur s'éleva et des Fanatiques émergèrent des rangs et se précipitèrent contre eux en tourbillonnant. Les déments se jetèrent sur les Nains en faisant tournoyer leurs boulets. Certains furent abattus par des carreaux d'arbalètes, d'autres partirent dans de mauvaises directions et ne causèrent pas le moindre dommage, mais les derniers tuèrent beaucoup de Nains avant de s’effondrer d'épuisement.

Les Nains avancèrent, balayant les Gobelins de la Nuit devant eux, mais à chaque fois qu'une brèche leur laissait voir la porte, des Gobelins toujours plus nombreux la refermaient immédiatement. Les archers Gobelins de la Nuit faisaient pleuvoir leurs traits depuis la tour de guet. Les flèches empennées de noir frappaient aussi bien les Gobelins que les Nains, mais les archers ne cessaient pas le feu pour autant.

Les choses semblaient bien mal engagées pour les Nains. Près de la moitié de l'armée avait mordu la poussière dans sa première tentative pour atteindre la porte alors que la horde des Peaux-Vertes ne semblait pas diminuer. Avec l'obstination typique des Nains, Duregar conduisit ses troupes vers un tumulus pour un dernier baroud d'honneur.

Alors que les Nains se préparaient à l'inévitable assaut, une explosion fit voler la porte en éclats dans un nuage de poussière. Alors que le nuage se dissipait, Duregar vit des Nains se précipiter dans leur direction. Pris au dépourvu, les Gobelins de la Nuit se dispersèrent en laissant pas mal des leurs sur le carreau. Le roi Belegar et les Nains de Karak aux Huit Pics avaient avancé vers l'est depuis l'autre côté de la porte et massacré l'arrière-garde inattentive des peaux-vertes avant de faire exploser la porte avec de la poudre à canon.

Le désordre s’installa chez les Orques et les Gobelins. Skarsnik, le Seigneur de Guerre Gobelins de la Nuit, qui regardait les événements depuis le haut du défilé, vit son armée hésiter. Pour les Nains, s'était un répit inespéré : les deux groupes firent leur jonction dans une mer de sang Peaux-Vertes. Formant un carré compact, les Nains commencèrent à entamer leur retour vers la porte. Avant même qu'ils n'aient fait la moitié du chemin, les Orques et les Gobelins se regroupèrent et retrouvèrent la confiance à la vue du faible nombre de leur ennemis. Les roches du Lance-Rocs et les flèches noires s'abattirent à nouveau sur les rangs Nains.

De nombreux Nains furent fauchés par les flèches Gobelines, mais plus encore réussirent à atteindre la porte. Des Squigs furent lâchés. Les Tueurs en occirent plusieurs alors que les autres, rendus fous, se retournèrent contre les Gobelins de la Nuit et arrachèrent quelques têtes, bras et jambes avant de fuir dans les montagnes. Brisant les rangs des derniers Gobelins de la Nuit, le seigneur Duregar et le roi Belegar se dirigèrent vers l'ouest. Les Gobelins de la Nuit continuèrent à harceler les Nains jusqu'à la citadelle mais, grâce à leurs armures, ceux-ci ne subirent que peu de pertes. A la nuit tombée, Skarsnik était maître du champ de bataille mais Duregar et Belegar avaient échappé à la nasse.

La bataille de la Porte Est resterait dans les annales comme un grand et héroïque combat contre un ennemi largement supérieur en nombre. Les Nains ne pouvaient en aucun cas gagner cette bataille, mais ils avaient approché la victoire d'aussi près que possible. Peut-être Duregar avait-il commis l'erreur de se jeter dans le piège de Skarsnik, mais l'héroïsme des Nains avait retournée la situation. Leur malheur était d'avoir contre eux l'un des chefs Gobelins les plus rusés de tous les temps. D'ordinaire, l’indiscipline naturelle des Orques et des Gobelins aurait permis aux troupes de Duregar de manœuvrer avant que les Peaux-Vertes n'offrent une véritable résistance. Mais la poigne de fer avec laquelle Skarsnik tenait les montagnes, ses réseaux d'espionnage et ses tours de guet, lui permit de connaître ou d'anticiper tous les mouvements des Nains.

Les Nains avaient perdu de nombreux guerrier valeureux en tentant de porter secours à Karak aux Huit Pics. Mais, d'un autre côté, les nouvelles troupes comprenaient les pertes des défenseurs et toute menace immédiate était écartée de la forteresse. Dans les années qui suivirent, les Nains furent capables de monter plusieurs expéditions pour retrouver des trésors et découvrir les tombes de plusieurs de leurs rois. Toutefois, ils demeurèrent incapables d'étendre leur territoire durement gagné. Karak aux Huit Pics resta un royaume contrôlé par Skarsnik et les Skavens dans lequel les Nains ne purent conserver qu'une enclave dérisoire.

Source

  • Livre d'Armée des Nains, V5