Affrontement sur la Route de Zandri
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La Fureur de Settra modifier
La vengeance est un acte impliquant des êtres égaux. Or Settra l’Impérissable n’en possède aucun.
Ainsi, lorsque le Seigneur de Nehekhara mena ses armées contre le royaume naissant de Bretonnie, il le fit non pas comme un homme cherchant à se venger d’un rival, mais comme un tyran voulant dresser un chien indiscipliné. La colère de Settra était double : non seulement les chevaliers de Bretonnie avaient mené une croisade sur ses terres et rempli leurs sacoches des richesses de son ancien royaume, mais ils avaient également abattu le roi Septhah l’Amarante, l’un des commandants les plus loyaux et les plus fiables de Settra. Avec les terres de Bretonnie dans sa ligne de mire, Settra ordonna au port de Zandri de préparer sa flotte pour le périlleux voyage vers le Golfe Noir ainsi que de sortir ses armées de leurs tombeaux sablonneux. Jour et nuit, la vaste horde de travailleurs squelette trimaient, leur force d’âme leur permettant d’exécuter les ordres de leur seigneur sans qu’ils n’aient besoin de se nourrir ou même de se reposer. À leurs côtés, les légions de Settra restaient immobiles sur le quai en attendant de pouvoir monter à bord de la vaste flotte de barques fraîchement réparées et nouvellement construites.
Le plan de Settra était très simple. Plutôt que de perdre des mois à naviguer sur des mers potentiellement hostiles, il allait envahir les terres divisées connues aujourd’hui sous le nom de Principautés Frontalières afin de s’assurer un avant-poste dans le Vieux Monde. À partir de ces bastions fraîchement acquis, il serait libre de marcher à travers les Voûtes et de lancer son assaut sur les provinces les plus méridionales de la Bretonnie.
Le Grand Roi confia le commandement de son avant-garde à un Prince des Tombes agressif et impitoyable du nom de Ptolethor le Radieux qui, dans sa vie, avait commandé les vastes forces navales de Settra. L’objectif de Ptolethor était simple et brutal : conquérir les colonies de Kasos et de Thessos mais aussi pousser des flots de réfugiés terrifiés. Tandis que ces citadins effrayés semaient la peur et la panique dans les Principautés Frontalières, le prince rejoignait son seigneur pour l’assaut de la ville côtière de Matorea.
Mais le prince rencontra une résistance bien plus forte qu’il ne l’avait prévu lors de son débarquement dans les Principautés Frontalières car la région n’était pas sans héros pour la défendre. Des commandants mercenaires de renom s’étaient rendus en toute hâte à Kasos ainsi qu’à Thessos afin de protéger ces importants centres de civilisation de l’attaque imminente. Chaque commandant était accompagné de guerriers disciplinés et aguerris issus de sa propre famille, mais aussi d’une multitude d’autres compagnies de mercenaires vétérans bien payées pour étoffer leurs rangs. Pourtant, même avec ces forces expérimentées et ces commandants chevronnés orchestrant la défense des deux colonies, la puissance de Nehekhara était trop grande. Les deux villes tombèrent à quelques jours d’intervalle et leurs défenseurs furent passés au fil de l’épée. Les rares qui survécurent durent fuir à travers les Principautés Frontalières totalement terrorisées.
L’Éveil modifier
Tandis que le gros des forces de Settra se préparait à embarquer sur les navires de Zandri, une autre branche de la puissance militaire de Nehekhara complotait dans un but bien différent. Les Prêtres Liches du Culte Mortuaire avaient reçu un ordre simple de Settra : suivre les traces de Septhah l’Amarante jusqu’aux Terres Arides, où il avait poursuivi les lâches chevaliers de Bretonnie. Une fois les restes du Prince des Tombes déchu localisés, ils devraient faire revenir son esprit de l’au-delà une nouvelle fois. Ce faisant, ils octroyaient à Settra un lieutenant de confiance pour surveiller les prêtres renégats et leur duplicité éternelle. Une fois Septhah revenu à la vie et ayant pris le commandement de l’armée, celle-ci devait marcher vers le nord et assiéger la Citadelle de Myrmidia et la forteresse naine de Barak Varr, afin d’empêcher ces deux colonies bien approvisionnées et lourdement armées de prêter main-forte à Matorea.
Les prêtres du Culte Mortuaire n’étaient pas assez fous pour aller à l’encontre des ordres de leur roi, mais, comme Settra l’avait prévu, ils allaient d’abord satisfaire certains de leurs propres désirs. Au-delà des frontières de Nehekhara, il restait de nombreux sites anciens sacrés pour le Culte Mortuaire, renfermant toutes sortes de trésors séculaires et de secrets oubliés depuis longtemps. Et de toutes les choses enfermées dans ces vastes temples cachés, ce sont les constructions géantes que les prêtres apprécient le plus : des statues vivantes de bêtes monstrueuses endormies depuis longtemps dans leurs tombes scellées et n’attendant que l’appel de leurs maîtres pour à nouveau s’éveiller.
Un à un, les Prêtres Liches visitèrent ces sites cachés et récitèrent les incantations d’éveil, redonnant vie aux monuments endormis des anciens dieux et leur ordonnant de reprendre le chemin de la guerre. Des scorpions géants se frayèrent un chemin depuis les profondeurs des sables, leurs énormes griffes capables de broyer la roche et l’acier sans grand effort ; de monstrueux Necrosphinx secouèrent la poussière de leurs peaux de pierre en s’avançant vers la lumière du soleil, tandis que des rangs entiers d’Ushabti sortirent à l’unisson de leur sommeil séculaire pour servir à nouveau leurs maîtres du Culte Mortuaire.
Une fois leurs rangs renforcés, les prêtres poursuivirent leur marche dans les Terres Arides et leur recherche du site de la dernière bataille du roi Septhah. Finalement, au sommet d’un plateau situé dans les Monts du Dos du Dragon, les Prêtres Liches découvrirent les restes des guerriers tombés au combat et se mirent rapidement au travail pour les réanimer, mais du roi, il n’y avait aucun signe. Conscient de la colère de Settra, le Hiérophante Ashurtak divisa ses forces et leur ordonna de parcourir chaque caverne et chaque crevasse à la recherche du Roi des Tombes disparu. Alors que la zone de recherche s’étendait, l’attention d’Ashurtak fut attirée par la tour elfique de Tor Anrok, dont la garnison avait régulièrement défendu les colonies voisines humaines depuis leur arrivée dans les Terres Arides. Le Hiérophante soupçonnait les Asur d’être impliqués d’une manière ou d’une autre dans la défaite du roi Septhah et rassembla ses forces pour marcher contre eux, sachant qu’il trouverait les réponses qu’il cherchait ou forcerait les Elfes à payer de leur sang leur supposée implication.
Le Massacre de Tor Anrok modifier
Alors que les légions du Culte Mortuaire avançaient vers la tour elfique, les villages qui se trouvaient sur leur chemin furent abandonnés à la hâte par leurs occupants, qui s’enfuirent vers Tor Anrok dans l’espoir d’y trouver un sanctuaire. Dans la tour, l’armée elfique, vêtue d’une cotte de mailles en argent étincelante et armée des fameux arcs et lances de la Garde Maritime de Lothern, attendait stoïquement les forces de Nehekhara sur les remparts. Ashurtak se dirigea seul vers les grandes portes de chêne pour parlementer avec les défenseurs, leur proposant des conditions simples : si le corps du roi Septhah était rendu immédiatement, il n’y aurait pas de sang versé. En revanche, si le corps n’était pas rendu, tous les habitants de Tor Anrok seraient massacrés.
Le commandant de Tor Anrok insista sur le fait que les Elfes n’avaient aucune connaissance de la disparition du Roi des Tombes, avant d’avertir le Prêtre Liche que la seule chose que l’on pouvait trouver dans la tour était les lames acérées de ses défenseurs. Un sourire sinistre se dessina sur les lèvres minces d’Ashurtak face aux menaces du commandant elfique et, d’un ordre aboyé, lança sa horde de squelettes et ses constructions monstrueuses à l’attaque.
Les flèches volaient depuis les remparts, tandis que les Elfes lançaient volée après volée sur les rangs en contrebas, brisant des crânes grâce à des tirs savamment placés. Pendant ce temps, les carreaux lancés par les Baliste à Répétition "Serre d'Aigle" fauchaient les rangs des guerriers squelettiques avant de se tourner vers le Nécrosphinx et le Colosse de Nécrolithe qui s’approchaient des murailles. Préoccupés par ceux qui se trouvaient au-delà du mur, les Elfes ne remarquèrent pas la menace qui se frayait un chemin jusqu’à la surface derrière eux.
La terre trembla tandis qu’un raz-de-marée de scarabées surgissait du sol derrière les murailles et déferlait sur les défenseurs. Des dizaines de Gardes Maritimes tombèrent lorsque les minuscules scarabées s’enfoncèrent dans la chair exposée, rongeant et mordant les Elfes qui tentaient désespérément de repousser les insectes. Alors que les scarabées attiraient l’attention des Elfes, les scorpions des tombes et les Nécroserpents jaillirent du sol et arrachèrent les Elfes de leurs postes avant de plonger à nouveau sous la terre, ne laissant aucune trace de leur victime, si ce n’est de la terre fraîchement retournée. L’assaut souterrain plongea les défenseurs dans le désarroi le plus complet, nombre d’entre eux abandonnant leurs postes pour être saisis par les monstres fouisseurs, tandis que leur commandant tentait désespérément de maintenir l’ordre et de rallier ce qu’il restait des défenseurs horrifiés.
Mais les cris de ralliement de la commandante elfique moururent sur ses lèvres, car une vile lame serpentine lui avait été plantée dans le dos par ce qui semblait être une masse tourbillonnante de scarabées, au sommet de laquelle se trouvait le crâne de l’infâme tueur de rois, le prince Apophas, le Seigneur Scarabée Maudit. Avec leur capitaine tué et encerclé de tous côtés, les Elfes se battirent courageusement, mais la chance les avait abandonnées et chacun d’entre eux fut enterré vivant dans d’atroces hurlements. Le prince Apophas et les constructions monstrueuses du Culte Mortuaire avaient mis en déroute les défenseurs avant même que la force principale d’Ashurtak n’atteigne les murs, laissant la tour étrangement silencieuse, tandis que les Prêtres Liche la fouillaient à la recherche du roi déchu. Hélas, si Septhah l’Amarante avait été tué par les Elfes, son corps ne reposait pas dans la tour.
Ashurtak perdit un peu de temps avant de retirer ses troupes de la tour de Tor Anrok, l’endroit étant désormais désert et ne présentant aucun signe de ce qui s’y est passé, à l’exception des corps de ses défenseurs désormais enterrés profondément sous ses fondations…
Des Adversaires Inattendus modifier
Sans aucun signe du roi Septhah, Ashurtak pressa son armée de remonter la Route de Zandri en direction de la citadelle de Myrmidia et de Barak Varr. Bien qu’il n’ait pas réussi à localiser les restes du roi, il ne laisserait pas tomber le Seigneur de Nehekhara. Flanquée des Monts du Dos du Dragon à l’est et de la côte étincelante du Golfe Noir à l’ouest, la macabre procession marchait de jour comme de nuit, ne laissant rien d’autre dans son sillage qu’un paysage ravagé de hameaux brisés et de colonies incendiées. Cependant, cette traînée de destruction ne passa pas inaperçue aux yeux des autres habitants des Terres Arides.
La fumée qui s’élevait dans le sillage de l’armée nehekharienne agissait comme un signal incandescent pour les tribus d’Orques et de Gobelins vivant dans les montagnes, et les bandes de guerriers nomades se précipitèrent pour se battre contre les Rois des Tombes. Pendant des semaines, les Orques ralentirent l’armée du prêtre, tandis que les bandes se jetaient sur la colonne squelettique, semant le chaos avant de battre en retraite précipitamment. La frustration d’Ashurtak augmentait à mesure que les raids Orques et Gobelins devenaient plus fréquents, car son avancée prenait de plus en plus de retard et Settra allait bientôt débarquer à Matorea en espérant que son flanc est serait à l’abri des représailles.
Ashurtak savait qu’un défi direct était le seul moyen d’entraîner les Orques dans un affrontement définitif. Il envoya donc des émissaires dans l’espoir de délivrer un message simple au seigneur de guerre Orque local, quel qu’il soit. Rencontrez les légions de Nehekhara dans une bataille ouverte, ou tous les habitants des Terres Arides les reconnaîtront comme des lâches.
Au cours des jours suivants, les raids Orques diminuèrent jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent complètement. Alors que certains Prêtres Liches présents y virent le signe que les attaques des Orques étaient enfin terminées, le Grand Prêtre savait qu’il s’agissait simplement du calme avant la tempête. Alors que l’armée du Culte Mortuaire approchait de l’extrémité nord des Monts du Dos du Dragon, le conflit qui l’opposait depuis des semaines aux Orques des Terres Arides allait connaître une conclusion violente. Si les attaques des Orques avaient diminué, puis cessé, ce n’était pas parce qu’ils s’étaient désintéressés de la situation. Au contraire, ils s’étaient ralliés et rassemblés en une seule force qui descendait des montagnes comme une avalanche verte.
Des dizaines d’Orques foncèrent vers les guerriers nehekhariens et les colossales constructions de pierre, tous faisant face, sous le commandement des Prêtres Liches pour affronter la menace qui se profilait. Au centre de la marée verte se tenait la créature qu’Ashurtak s’attendait à voir: une brute massive et hideuse, un Orque qui poussait un cri de guerre puissant tandis que la horde s’élançait vers l’avant. L’Orque était un spécimen monstrueux qui dépassait d’une tête tous ceux de son espèce qui étaient présents, une hache grossière à deux têtes serrée dans ses mains charnues.
L’aspect le plus choquant de l’apparence du chef de guerre était cependant le porte-trophée attaché à son dos, duquel pendait la forme déchue du roi Septhah l’Amarante. Les lignes de front ayant été tracées à la hâte, Ashurtak se prépara à affronter la horde Orque de face. Il savait que la victoire lui permettrait non seulement d’ouvrir la voie vers la citadelle de Myrmidia et Barak Varr, mais aussi de récupérer le corps du roi Septhah et ainsi le remettre au service de Settra.
Source modifier
- Warhammer The Old World - Arcane Journal Roi des Tombes de Khemri, 2023 (Traduction communautaire du warhammer-forum)