Catégorie:Rois des Tombes

De La Bibliothèque Impériale
« Jadis, à une époque reculée de notre longue histoire, après la chute du royaume des Nains, mais avant l’arrivée de Sigmar et des Unberogens, d’étranges tribus dont nul ne se souvient plus sont arrivés dans les forêts et les plaines du Vieux Monde. D’où venaient-elles ? Nul ne peut le dire, même si bien des érudits de ma connaissance se tournent toujours vers le sud quand le sujet est évoqué, semblant préférer ce point cardinal aux ténèbres qui hantent le nord. Ils parlent d’une civilisation bâtissant des monuments de pierre pour marquer leur passage et de leurs nobles qui étaient enterrés dans de grands monticules de terre marqué de symboles protecteurs afin de dissuader les pilleurs de tombes. Nous n’en savons guère plus à leur sujet car ils ont disparu aujourd’hui et seuls quelques vestiges de leurs œuvres sont parvenus jusqu’à nous. Ils étaient doués pour le travail du bronze car les rares objets qu’ils nous ont laissés sont demeurés purs et intacts malgré les longues années qui se sont écoulées depuis qu’ils furent forgés. La rumeur prétend qu’ils étaient également doués dans l’art de la Nécromancie, mais je ne puis affirmer assurément qu’il ne s’agit pas là d’une superstition paysanne. »
- Waldemarr, Érudit de Nuln


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Loin au sud du Vieux Monde, au-delà des frontières de la civilisation de l’Empire, bien loin de l’existence misérable des paysans Bretonniens et des subterfuges et traîtrises de la Tilée, au cœur des dunes de sable d’un désert balayé par le simoun, reposent les nécropoles aussi vastes que des villes et les tombeaux cyclopéens d’une antique civilisation. Aucun être vivant n’y a élu domicile, mais ces lieux sont pourtant loin d’être inhabité. On l’appelle Nehekhara, la Terre des Morts, le domaine maudit des Rois des Tombes.

Nehekhara était autrefois un royaume à l’architecture florissante et aux dynasties empreintes de noblesse. Ses Prêtres-Rois menaient des armées aux armures d’or contre les tribus barbares et les hordes de Peaux-Vertes qui menaçaient leur prospérité. Leurs troupes étaient composées de phalanges de lanciers qui s’étiraient aussi loin que l’horizon, de régiments d’archers dont les traits noircissaient le ciel, et de bataillons de chars aux charges foudroyantes. Les Nehekhariens écrasèrent un à un leurs adversaires grâce à leur génie tactique, si bien que leurs domaines s’étendirent jusqu’aux Terres du Sud infestées de créatures reptiliennes, et jusqu’aux forêts grouillantes de monstres au nord. Leur gloire était telle que les Rois de Nehekhara finirent par refuser que la mort vienne les priver de ce qu’ils avaient accompli. Les conseillers les plus proches des Prêtres-Rois étaient leurs Prêtres Liches, des sorciers immensément puissants dont la seule et unique mission était de préparer le mausolée de leur Roi, et son après-vie immortelle. Lorsqu’un Roi des Tombes mourait, ses Prêtres Liches embaumaient son corps au cours d’un rituel funéraire élaboré en prévision d’un au-delà glorieux, et consacraient sa dépouille dans l’attente du Jour de l’Éveil, lorsqu’ils reviendraient habiter un paradis doré, entourés de leurs sujets et de leurs possessions. Ces derniers étaient donc sacrifiés aux côtés de leur maître lorsque celui-ci mourait, afin qu’il puisse régner sur eux pour l’éternité. Au fil du temps, les nécropoles de Nehekhara dépassèrent en taille les cités des vivants, tandis que le nombre de cadavres qu’elles abritaient dépassait largement celui des vifs. Nul ne pouvait imaginer que ce puissant empire pourrait être détruit par la soif de pouvoir d’un seul homme…

En effet, toute la population de Nehekhara fut maudite et condamnée à la non-vie à cause de magies nécromantiques blasphématoires. Le sorcier corrompu Nagash déclencha une catastrophe qui tua tous les êtres vivants du royaume et dans le même temps, envahit les tombeaux des Rois et se répandit sur les charniers des nécropoles. Son cruel sortilège affecta les Rois et leurs serviteurs de différentes manières mais tous se levèrent de leur tombe. Des guerriers squelettes jaillirent depuis leurs cryptes oubliées, prêts à servir leur Roi. Après des siècles d’emprisonnement, les corps raidis de héros et d’anciens généraux s’éveillèrent. Si les squelettes n’étaient plus que des automates attendant les ordres de leurs maîtres, les Rois et les Princes s’éveillèrent de leur sommeil séculaire pour trouver leurs facultés préservées par les incantations lancées sur leurs corps embaumés. Ils émergèrent de leurs sarcophages avec épouvante, car ils étaient morts avec la certitude de se dresser de leurs lits mortuaires dans une enveloppe immortelle, resplendissants et prêts à jouir d’un paradis éternel, mais ils s’éveillèrent tels qu’ils étaient, leurs corps à moitié décomposés sous leurs vêtements de funérailles et leurs bandelettes, guère plus que des carcasses putréfiées, dans un pays désolé dont les sublimes royaumes dévastés n’étaient plus que des champs de ruines. Les Rois des Tombes entreprirent alors de restaurer leur empire, et de reprendre leurs domaines des mains des vivants.

C’est ainsi que les Rois des Tombes revinrent prématurément à la vie, bien qu’ils en devinssent par-là même immortels et dotés de pouvoirs terrifiants, et que Nehekhara devient la Terre de Morts. Comme ils le furent de leur vivant, les Rois des Tombes sont désormais en guerre contre leurs semblables et contre le reste du monde, car leurs rêves de conquête ne sont pas amoindris par le fait qu’ils soient morts. N’avaient-ils pas toujours désiré la vie éternelle ? Ne l’ont-ils pas finalement reçue ? Avec le temps, les Rois des Tombes redeviendront les maîtres de cette terre, ce qu’ils furent il y a si longtemps.

Settra l'Impérissable, le plus puissant de tous les Rois des Tombes, a décrété que tous les vivants devaient être rayés de la surface du monde et que la majesté de Nehekhara devait être restaurée, voire surpassée. Puisque Settra a parlé, qu’il en soit ainsi…

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La Malédiction de la Non-Vie

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Mikel observa Heinrich, qui venait de saisir d’une main gantée de cuir un gobelet couvert de poussière. L’approchant près de ses yeux, l’homme inspecta l’objet tout en l’époussetant. L’air satisfait, il le déposa dans la sacoche usée qu’il portait en bandoulière puis s’avança plus loin dans la crypte. Mikel regarda anxieusement autour de lui. La flamme mouvante de la torche faisait danser des ombres sur les murs et il frémit d’effroi. Les parois étaient décorées de toutes sortes d’étranges gravures, de motifs curieux et de drôle de visages aux grands yeux et dotés de coiffes décoratives qui attiraient le regard.
« Je crois qu’on devrait sortir, Heinrich. » murmura Mikel, que le son de sa voix brisant le silence fit sursauter. Il lui semblait que la terre empilée au-dessus d’eux pesait de tout son poids sur sa poitrine. Sa respiration était devenue oppressée et, malgré le froid nocturne, son visage ruisselait de sueur.
Heinrich eut un rictus moqueur avant de se pencher pour examiner quelque chose sur le sol. « Va dehors et monte la garde, mais ta part sera réduite en fonction. »
Sans se soucier de ce qu’ils pourraient trouver dans la chambre funéraire, Mikel s’élança presque en courant le long de l’étroit corridor qui menait à l’air libre. Une fois dehors, il respira profondément tout en essuyant du revers de sa main son front moite. Soudain, un nuage éclipsa les lunes et l’obscurité se fit plus intense. Son cœur s’arrêta presque de battre lorsqu’il perçu un premier bruit. Puis, venant des autres tertres situés en hémicycle autour du tombeau dans lequel ils avaient pénétré, il entendit de nombreux bruit de pas, lents et réguliers. L’instant d’après, ses yeux purent discerner un groupe de soldats morts depuis longtemps, vêtus d’anciennes armures de bronze, brandissant d’étranges totems ou portant à leur bouches sans lèvres des cors rouillés. De l’un des tertres les plus imposants surgit un char de bronze tiré par deux chevaux horrible dont la peau et la chair avaient depuis longtemps disparu. Après s’être mise en formation de combat, la horde commença à progresser dans sa direction, les guerriers saisissant leurs armes ancestrales dans leurs mains squelettiques. Un bruit de pas s’éleva dans le couloir auquel il tournait le dos.
« Il… Il faut partir Heinrich. » dit-il faiblement. N’entendant aucun réponse, Mikel se retourna.
Il laissa échapper un gémissement d’horreur en apercevant Heinrich. La peau de son visage était grise et ridée, comme s’il avait vieilli de plusieurs décennies depuis qu’il l’avait quitté. Il leva un bras implorant vers Mikel, dévoilant de long ongles incurvés. Soudain, surgissant du corridor, une lourde lame de bronze vint s’abattre sur le cou d’Heinrich, séparant presque sa tête du reste de son corps. Il s’effondra sur le sol en émettant un grognement étranglé, le sang coulant à flot de sa blessure. Dans la pénombre se trouvait une imposante silhouette, protégée par une armure d’un autre âge, finement ciselée. Aucun son ne sortit de la bouche de Mikel, bien qu’au fond de lui, son âme hurlait de terreur. Fixant les orbites vides de l’ancien grand Roi, il eut l’impression qu’une intelligence froide animait toujours la créature. Il resta silencieux et immobile, même lorsque les premiers coups d’épée transpercèrent son corps, jusqu’à ce qu’à son tour, il s’effondre sur le sol trempé de sang. Alors, une fois les dernières traces des intrus effacées, les morts retournèrent dans leurs tertres afin de protéger leurs sépultures pour le reste de l’éternité.


La mort est un passage obligé, le destin qui pend au nez de chacun. Beaucoup de gens sont obsédés par la mort, comme le montrent leurs armures, leur architecture et leur vie quotidienne. Quand un individu meurt, son cadavre peut être balancé dans une fosse commune ou inhumé dans un caveau grandiose à la hauteur de son statut et de sa fortune.

Mais les morts ne trouvent pas facilement le repos dans le monde, surtout dans le désert de Nehekhara. Dans les pyramides oubliées du désert, les Rois des Tombes règnent sur leurs sujets Morts-Vivants, appuyés par des légions de guerriers squelettiques ensevelies au cœur de leurs nécropoles. Lorsque ceux-ci décident partir en guerre, le pouvoir des Prêtres Liches, au corps affaibli et desséché par le passage des siècles, ranime les cadavres des armées de soldats qui se dressent hors de leurs fosses communes pour marcher au combat et répandre la terreur chez leurs ennemis. Des sculptures monolithiques à l’image de Dieux, de monarques ou de créatures mythiques, sont disposées à la périphérie des nécropoles et n’attendent qu’un ordre pour subitement s’animer et écraser les inconscients qui ont troublé leur veille millénaire. Dans les cryptes des Rois décédés, les pilleurs de tombes sont glacé d’effroi lorsqu’ils entendent derrière eux un mouvement dans l’obscurité. Et au-dessus de toute cette horreur s’élève l’ombre de Nagash, le Grand Nécromancien, qui dans l’antiquité rivalisa avec les Dieux eux-mêmes.

Les Rois des Tombes règnent aujourd’hui sur leurs nécropoles comme ils le faisaient auparavant, en reproduisant la vie qu’ils menaient alors. Beaucoup se comportent comme s’il n’y avait rien d’étrange à cela, et vivent comme s’ils étaient encore de chair et de sang. Peut-être certains d’entre eux sont-ils réellement dans l’ignorance de leur condition, tandis que d’autres refusent de voir la vérité en face, ou ont été rendus fous par celle-ci. Il arrive qu’un Roi des Tombes demande une coupe de dattes fraîches et un gobelet de vin, sans penser que cette nourriture ressortirait par les replis de sa chair desséchée s’il venait à l’avaler. Lorsque le repas demandé lui est apporté, il se contente de l’observer curieusement, en se demandant de quoi il s’agit, jusqu’à ce que les fruits pourrissent ou que de lointains souvenirs reviennent en sa mémoire. Lorsque cela arrive, il se rappelle son ancienne gloire, et réalise la déchéance qui est la sienne. Il comprend qu’il ne pourra plus jamais faire bonne chère, désaltérer sa soif ou profiter des plaisirs de la vie, et plonge dans des accès de rage terrifiants. Il ne lui reste plus que sa soif de pouvoir et sa colère, ses désirs de conquête et de vengeance. C’est pour cette raison que les Rois des Tombes sont aussi implacables dans les guerres qu’ils mènent contre ceux qui ont l’impudence de vivre alors qu’eux-mêmes doivent endurer les tourments de la non-vie.

Les Morts-Vivants font partie des plus dangereux adversaires du monde. Ce sont des soldats qui ne nécessitent aucune ration, que les blessures ne ralentissent pas, qui ne souffrent jamais de fatigue et ne se languissent pas du confort d’un foyer. La peur, la confusion et les distractions n’ont aucune prise sur eux. Ils sont dénués d’intelligence et de pensées, et ne versent pas dans l’improvisation. Quand un général rêve, il rêve de soldats semblables aux Morts-Vivants : des soldats qui font précisément ce qu’on attend d’eux et qui ne fuient jamais, quelle que soit l’adversité. Une fois animés par le pouvoir des Prêtres Liches et poussé en avant par la volonté de leurs Rois, les Morts-Vivants forment un ost implacable qui ne peut être soudoyé ou raisonné, et qui ne ploie pas sous la menace. Ils ne connaissent pas la peur, n’ont besoin ni de se reposer, ni de manger, ni de boire, et à chaque victoire les corps - et parfois même les esprits - des ennemis qu’ils ont vaincus viennent grossir leurs rangs.

Toutefois, s’il y a de nombreux avantage à être un Mort-Vivant, il y a aussi quelques défauts, et pas des moindres : ils ne peuvent suivre que des ordres simples, comme avancer, garder, protéger ou attaquer, et il leur faut rester près du Hiérophante qui les a invoqué, sachant que si sa Magie faiblit, ou pire encore, s’il vient à être tué (pour de bon cette fois-ci), ils tombent en pièces. De plus, de la même façon que les Démons, les Morts-Vivants sont avant tout des créatures animées grâce à la Magie et ils ont tendance à retomber en morceaux lorsque le cours d’un combat se retourne contre eux, les liens qui les unissent à leur maître se dissolvant peu à peu. Les Répurgateurs, les magiciens et les Prêtres-Guerriers sont pleinement conscient du fait qu’une foi inflexible peut accélérer le processus, de même que les cantiques d’abjuration et les rituels d’exorcisme.

Quand ils affrontent les Morts-Vivants, la plupart des mortels ont le cœur qui vacille, car la peur est une arme redoutable, aussi froide qu’une lame. Rares sont les choses qui inspirent plus de crainte aux vivants que des morts qui marchent, vêtus de leur armure en haillons et maniant des armes d’un autre temps, sans parler de la puanteur de la tombe, des gestes désarticulés et des orbites vides. Mais plus que tout, les Morts-Vivants terrifient les mortels car leurs crânes grinçants sont l’emblème même de la main de la mort. La vision de ce destin qui attend toutes les créatures vivantes est souvent insupportable et seuls les plus braves tiennent leurs positions face aux choses qui hantent les cauchemars. Lorsque les Rois des Tombes partent en guerre, le monde tremble de terreur.

Les Hiérophantes, ou Prêtres Liches, sont en charge de l’éveil des légions des Rois des Tombes. Ils utilisent leurs pouvoirs pour lier les esprits des morts et ranimer les corps des guerriers tombés au combat.
Sachant cela, on peut se demander ce qui pousse autant les étrangers à s’aventurer dans ces lieux désolés hantés par la mort, à la recherche des trésors ensevelis sous les sables, emprisonnés au cœur de ces ruines abandonnées. En vérité, outre le scepticisme naturel dont font preuve les savants humains à propos de ces histoires abracadabrantes de « morts qui marchent », les richesses constituent un antidote terriblement efficace contre la peur, et les trésors qu’abritent ces régions désolées dépassent de loin tout ce dont peut rêver un pilleur de tombes. Mais ces expéditions ne sont pas pour les couards, car seuls les chasseurs de trésors les plus courageux ont une chance de survivre à la traversée du désert et aux terreurs qui se cachent dans les cités des morts, où les Rois surveillent leurs anciens royaumes d’un œil qui ne dort jamais. Rares sont les aventuriers à revenir de ce genre d’expéditions, et ceux qui y parviennent ont bien souvent perdu leur santé mentale après avoir contemplé les pires horreurs qui soient. Les Rois protègent leurs richesses, émergeant de leurs tombes pour affronter ceux qui s’apprêtent à les voler ou encore à ternir leur gloire.

Certains aventuriers parlent d’armées entières de guerriers squelettes s’affrontant les unes les autres, car les dynastes cherchent encore aujourd’hui à prouver leur supériorité sur les autres afin de contrôler les cités en ruines. On raconte même que d’antiques flottes patrouillent les eaux du Grand Océan, or dispensées du besoin d’eau ou de nourriture, elles possèdent la capacité de frapper où elles le souhaitent. D’aucuns affirment même avoir aperçu certains de ces anciens Rois émerger de tertres funéraires au cœur de l’Empire, ce qui n’a rien de surprenant puisqu’au sommet de sa gloire, la civilisation Nehekharienne rayonnait sur une bonne partie de la planète. Qui sait quelles terreurs peuvent encore émerger des innombrables tombes éparpillées de par le monde ?

Le Hiérophante

« Alors les éclairs zébreront le ciel, les rivières se rempliront de sang et la guerre ravagera le pays. Les légions des Rois morts d’antan se lèveront à niveau pour accomplir leur conquête éternelle, et la mort sera leur alliée. »
- Settra, Roi Éternel de Nehekhara

Contrairement aux Morts-Vivants que l’on croise plus généralement dans le Vieux Monde, pour lesquels le responsable de leur éveil est également celui qui les dirige, les armées de Nehekhara incluent toujours au moins un Prince ou un Roi des Tombes dont la volonté de fer commande l’ost Mort-Vivant, et au moins un Prêtre ou un Grand Prêtre Liche dont la Magie en anime les troupes.

"Hiérophante" est le titre donné au Prêtre Liche ayant le plus haut rang. C’est lui qui est en charge de l’éveil des légions des Rois des Tombes, usant de ses pouvoirs pour lier les esprits des morts et ranimer les corps des guerriers tombés au combat. Sans lui, il est impossible d’attirer les esprits des guerriers hors du Royaume des Âmes. Si l’Hiérophante est détruit, les Morts-Vivants se trouvent privée de leur vigueur surnaturelle et commencent à tomber en morceaux.

De nombreux héros, habitués à combattre les Comtes Vampires, s’attaquent en priorité au Roi des Tombes dans l’espoir que sa mort brisera lvarmée qui le sert. Bien souvent, ceux-ci n’ont pas le loisir de regretter leur erreur de jugement. À noter que le Prêtre de l’Arche, responsable de l'Arche des Âmes Damnées, n’est jamais le Hiérophante, car la seule tâche de celui-ci consiste a veiller sur cet objet révéré.

Asservissement

Un Sorcier suffisamment puissant peut s’assurer l’allégeance de créatures dont le corps est animé par la Magie, comme les Morts-Vivants, en les contraignant à lui obéir grâce à des sorts d’asservissement. Ainsi, si un magicien désire commander à un ost de Morts-Vivants sans avoir à se salir les mains avec le domaine interdit (et peu ragoûtant) de la Nécromancie, il n’a guère d’autre choix que celui de s’assurer les services d’un Vampire ou d’un Roi des Tombes. De telles tentatives ont toujours un prix plus lourd que celui auquel s’attend le Sorcier, dont les conséquences sont souvent néfastes, mais fort seyantes aux magiciens en question.

Certains disent que, comparé à l’asservissement d’un Vampire, le péril représenté par l’asservissement d’un Roi des Tombes est encore plus grand pour le sorcier qui s’y hasarde. S’attirer les foudres d’un Vampire, c’est faire face à un seul adversaire, mais provoquer le courroux d’un Prêtre-Roi, c’est prendre le risque qu’un royaume tout entier vienne se venger. Il n’est donc guère étonnant que la plupart des sorciers qui s’allient aux Rois des Tombes leur promettent en échange de leur restituer des artefacts perdu depuis des millénaires. Parfois, cela suffit à calmer la colère du monarque Mort-Vivant…

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Les Ruines d’un Empire

Je rends hommage aux puissants Gardiens des Tombes qui se dressent devant moi, et qui garderont ma chambre pour l’éternité ! Car moi, Settra, Seigneur et Premier Prêtre-Roi de Khemri, me réveillerai pour vous gouverner à nouveau dans le paradis qui nous attend. Je rends hommage aux Ushabti et aux Sphinx qui montent la garde devant les monuments du Roi. Je rends hommage aux commandants de mes légions, qui me rejoignent à la tête de leurs guerriers dans la vie éternelle. Emplissez l’air de vos chants de vénération ! Que vos étendards réjouissent ma vue ainsi que celle des Dieux ! Voyez comme Ptra resplendit sur vos bannières. En ce jour où vous entrez à jamais dans la tombe, n’oubliez jamais leur éclat. N’ayez point peur de ce que nous allons accomplir, pensez à la gloire qui m’attendra le jour du Grand Réveil. Regardez ma chair, soldats ! Fut un temps j’étais un puissant Roi-Guerrier, destiné à vivre l’existence d’un Dieu, mais à présent ma chair se flétrit et mon corps frêle succombe au ravages du temps. La mort bientôt me prendra, mais il n’en sera pas ainsi pour toujours. En certaines circonstances, même la mort peut relâcher son emprise, et bien que je marche vers la tombe, mon esprit demeure celui d’un Roi ! Quant à vous, quoique vous soyez de simples mortels, vous formez l’âme invincible de l’armée de Settra ! Tournez la tête, mes soldats, tournez la tête pour regarder le beau Fleuve Vitae. Vous le reverrez lorsque le monde sera prêt à nous recevoir et que vous réclamerez ce qui m’appartient de droit et de naissance. Nous sommes la gloire de Khemri et c’est en ce nom que nous reviendrons pour accomplir notre destinée manifeste et gouverner ce monde. À présent, mes soldats, préparez vos armes, car le temps est venu. Je vous ordonne d’avancer en hâte avec votre Roi jusque dans l’obscurité de la tombe. Que les noms de Settra et de Khemri soient grands. Les ténèbres approchent et il reste encore de grands faits à accomplir, ainsi que des ennemis à terrasser. Beaucoup de bonheur nous attend. Ainsi est-il écrit, ainsi en sera-t-il fait. Moi, Settra, en ai-je décidé ainsi, et je ne laisserai personne s’opposer à ma volonté.
- Inscription figurant sur le Grand Obélisque de Khemri. Il s’agirait des dernières paroles prononcées par Settra à l’article de la mort, traduite par un certain Estéban Gärtner


Ces Vestiges témoignent de la grandeur de cet empire.

À son apogée, l’autorité Nehekharienne était incontestablement l’empire humain le plus puissant qu’ait connu le globe à cette époque, rivalisant sûrement avec celui de Cathay, et le surpassant très certainement, en termes d’effectifs et d’efficacité militaire. Ses ennemis tremblaient devant ses Rois et l’omnipotence de ses osts et ses frontières ne cessaient de s’étendre, tandis que les richesses affluaient, pour que des monuments magnifiques soient érigés à la gloire de ses souverains et de ses Dieux. Mais les Nehekharéens vivaient trois millénaires plus tôt et leur apogée remonte à encore plus loin. Grâce à Nagash, leur chute fut brutale et totale. Nehekhara n’est désormais plus qu’une désolation, dénuée de toute vie. La dynastie des Rois n’est plus, de même que les diverses lignées aristocratiques. Même dans les royaumes périphériques, comme celui d’Amenemhetum le Grand en Tilée, ou celui du Prince Imrathepis dans les Terres Sombres, il ne reste guère plus grand-chose pour attester de l’existence de ce peuple, sans parler de son règne. Voilà pourquoi peu de gens ont entendu parler du puissant empire Nehekharéen, et parmi ceux qui connaissent le nom, beaucoup n’y voient qu’une légende. On raconte parfois des histoires des anciens Prêtres-Rois pour effrayer les enfants ou autour d’une table de taverne, entre vieux de la vieille. Et encore, on y nomme rarement les protagonistes et on parle simplement d’un grand empire de guerriers et de prêtres qui a succombé à la Magie Noire.

Les archéologues, les chasseurs de reliques et les pilleurs de tombes, dont certains diront qu’il s’agit de plusieurs appellations et niveaux de clientèles pour une même profession, en savent bien entendu un peu plus. Ils ont étudié Nehekhara, l’une des nations les plus riches de l’histoire, et ont vu des croquis de leurs bâtiments fabuleux. Ceux qui sont inscrits dans l’une des universités impériales suivent des cours sur ce pays, bien que le savoir professoral soit davantage guidé par les conjectures que par les faits. En effet, chez les savants et les spécialistes de l’antiquité, Nehekhara tient davantage du fantasme que de l’observation.

Le mythe veut qu’il existe encore de nombreux bâtiments à Nehekhara, que l’on appelle désormais la Terre des Morts, mais personne ne s’est aventuré assez loin dans ce vaste désert pour confirmer cette version, et de ceux qui l’ont fait, très peu en sont revenu. Il existe en effet des ruines, mais la plupart ont été ravagées par le temps et pillées par ceux qui n’ont que faire de la culture. Les quelques tombes qui ont été découvertes et dont les gardiens ont été vaincus sont aujourd’hui dépouillées de tout objet de valeur. Même les tableaux et les sculptures ont été arrachés des murs. Les pilleurs de tombes n’ont souvent pas pris le soin de refermer les portes après leur passage, si bien que ces cryptes sont restées en proie aux éléments pendant des décennies, voire des siècles. Le vent et le sable se sont donc chargés de récurer ce qui pouvait rester.

Ainsi, un bâtiment Nehekharéen en bon état serait une trouvaille extraordinaire, aussi bien pour un mercanti que pour un savant. Ce serait également un excellent moyen de prouver au reste du monde que cet empire a bel et bien existé, au-delà de l’imagination de vieillards séniles et d’érudits en mal d’activité.

Mais il s’agit là d’une tâche qui pourrait bien s’avérer mortelle, car depuis leur résurrection, les Rois des Tombes - et les Nécrotectes - ne décolèrent pas à la vue de leurs anciens domaines aujourd’hui ravagés par les déprédations du temps et des étrangers, ainsi que de leurs fières armées désormais réduites à l’état de légions de squelettes. Nehekhara est envahie par des hordes d’intrus, ses cités et ses statues mises à bas par des siècles ininterrompus de guerres, et ses richesses dérobées par des pilleurs de tombes. Bien que leurs projets aient mal tourné, les Rois des Tombes n’ont pas abandonné leurs rêves d’un âge d’or de leur civilisation et ont juré de restaurer leur gloire d’antan. Ils ne faibliront pas tant que leurs cités n’auront pas été reconstruites, et leurs terres ainsi que leurs biens repris aux mains de leurs ennemis. Cependant, les Nehekhariens ne forment pas vraiment un peuple uni car leur empire est en vérité davantage composé d’un ensemble de royaumes individuels où chacune de leurs armées est soumise à la volonté propre de son souverain et où la coopération n’est pas forcément de mise. Ceci ne signifie pas qu’ils n’ont pas de bonnes raisons de se faire mutuellement confiance, mais il vaut mieux se méfier… Deux Rois des Tombes peuvent s’allier pour repousser un envahisseur, tout un gardant un œil l’un sur l’autre, au cas où…

La Volonté des Dieux

Les Rois de Nehekhara étaient considérés comme des réceptacles vivants à travers lesquels les Dieux faisaient connaître leur volonté. Personne n’osait s’opposer à eux, aussi exerçaient-ils une autorité absolue. Juste au-dessous siégeaient les Grands Prêtres, premiers serviteurs des Dieux, entre les mains desquels se trouvaient bien souvent les véritables clefs du pouvoir. En fait, la plupart des Rois préféraient laisser les Grands Prêtres gouverner à leur place, tandis qu’ils prenaient la tête de leurs armées pour partir en quête de gloire contre leurs rivaux. Il était du devoir des Prêtres de s’assurer que les Dieux étaient reconnus et vénérés en fonction de leur statut, cela impliquait la construction de nombreux temples et l’encouragement des actes religieux ; comme en particulier le don d’offrandes, dans le but d’apaiser les divinités et d’obtenir en retour la fertilité des terres ainsi que de bonnes récoltes.

La tradition voulait que le fils cadet du Roi - car le premier-né était offert au Culte Mortuaire - se voit garantir l’accession au trône, mais les intrigues politiques au sein des palais étaient monnaie courante, et nombreux étaient les princes victimes de trahison ou d’assassinat. Sans oublier que ceux-ci avaient pour coutume de partir en guerre aux devants de leurs troupes, montés sur de magnifiques chars de guerre, dans le but de se couvrir de gloire aux yeux de leur Roi.

Des soldats loyaux et des gardiens vigilants jusqu’à la mort, et même au delà.
La vie de ceux qui n’avaient pas la chance de naître nobles était rude dans les cités de Nehekhara. La plupart des gens travaillaient aux champs sous un soleil de plomb et menaient une existence à la fois simple et harassante. Même les citoyens libres se devaient de consacrer chaque année une partie de leur temps à la construction des pyramides des Rois. Ceux qui étaient suffisamment riches pouvaient cependant envoyer des esclaves à leur place. Chaque Roi choisissaient l’emplacement de son tombeau relativement tôt dans sa vie, et aussitôt fait, des milliers d’esclaves travaillent de l’aube au coucher, creusant le sable ou charriant d’énormes blocs de granite depuis les carrières jusqu’à l’emplacement du tombeau.

Les guerres entre royaumes étaient très fréquentes, mais les Rois cherchaient également à se couvrir de gloire en tentant de conquérir les tribus nomades ou celles des Peaux-Vertes. Lorsque leurs armées revenaient victorieuses, elles ramenaient souvent de nombreux captif destinés à travailler à la construction des pyramides. Aussi voyait-on souvent des Orques, des Trolls, des Ogres et même des créatures plus étranges encore travailler aux côtés des esclaves humains. Les Géants étaient particulièrement appréciés par les Nécrotectes, qui les traitaient avec beaucoup de respect. Ils étaient en effet capables de soulever avec aisance les blocs les plus lourds et d’accomplir des tâches irréalisables par les autres esclaves.

Plus un Roi vivait vieux, plus son règne s’avérait prospère et plus les ressources qu’il pouvait allouer à la construction de sa pyramide devenaient importantes. Ceci était crucial, car la grandeur de chaque Roi était jugée à la magnificence de son lieu de repos, c’est pourquoi ceux dont le règne fut particulièrement glorieux s’offrirent le luxe de décorer la route conduisant à leur chambre mortuaire de piliers de marbre et de statues des Dieux en or massif.

De Loyaux Serviteurs

Lorsqu’un Roi mourait, son peuple entier entamait une semaine de deuil, au cours de laquelle le corps du défunt était embaumé et ses trésors personnels rassemblés. Ses serviteurs les plus loyaux témoignaient de leur attachement à leur maître en buvant à son calice afin de l’accompagner dans l’au-delà. Le calice contenait un poison virulent capable de tuer instantanément ceux qui y portaient les lèvres. Mourir de la sorte était perçu comme un grand privilège car cela impliquait qu’eux aussi pouvaient accéder à l’immortalité. Le dernier jour de la période de deuil, une immense procession accompagnait le sarcophage du Roi jusqu’à sa pyramide, puis les Prêtres entamaient le rituel funéraire. La Garde du Roi l’accompagnait dans la pyramide, et une fois les derniers mots du rituel prononcés, les portes de la crypte étaient scellées. Les coutumes variaient quant à la manière dont les guerriers devaient rejoindre leur Roi dans l’au-delà : certains buvaient une petite fiole contenant le même poison que le calice, d’autres étaient enterrés vivants dans les grandes pièces remplies de sable. Quel qu’en fut la manière, chaque Roi était enseveli avec son armée, afin qu’elle l’accompagne dans l’au-delà.

Au cours des longs siècles où régnèrent les Rois de Nehekhara, leurs nécropoles ne cessèrent de prendre de l’ampleur, jusqu’à ce que les cités des morts finissent par dominer celles occupées par les vivants. Les richesses contenues dans ces nécropoles sont immenses, mais même en temps de grandes nécessités, la foi des habitants de Nehekhara était telle que très peu d’entre eux envisagèrent d’aller piller les tombes. Agir ainsi était d’ailleurs au-delà de l’imagination de la vaste majorité d’entre eux, et même lorsqu’au cours de terribles guerres les Rois rasèrent des cités entières, le repos éternel des morts ne fut jamais troublé. Les Rois savaient en effet qu’ils seraient eux aussi ensevelis un jour, et encourager de tels pillages aurait été agir contre leur intérêt futur.


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Les Tombeaux

Je n’arrive pas à le croire ! Combien de pyramides ces gens ont-ils construit ? Il doit y en avoir des centaines. Finalement, après d’interminables heures passées à étudier le parchemin et trois longues journées à arpenter le labyrinthe d’allées, j’ai finit par découvrir celle que je cherchais. Je ne sais pas pourquoi, mais pénétrer à l’intérieur du tombeau me donne des sueurs froides. Enfin, comme ma mère me le disait souvent : « Méfie-toi des vivants, car les morts reposent en paix. »
- Extrait du journal d’Heinrich Johann, archéologue, porté disparu lors d’une expédition en Terre des Morts

Les Nehekhariens avaient une foi inébranlable dans les rituels et la tradition. Certaines philosophies, activités et modèles se sont transmis sans modification aucune pendant des siècles. La construction de mausolée faisait partie de ces coutumes. Les défunts jouissaient d’une grande vénération. Édifier un tombeau digne était donc un moyen d’honorer l’individu disparu, certes, mais aussi toute leur culture et leurs Dieux. On employait les matériaux les plus nobles, les meilleurs artisans rivalisaient pour faire partie du projet et on ne regardait pas à la dépense. Dans de nombreux cas, le tombeau d’un défunt était plus somptueux que sa propre demeure, car c’était là que sa dépouille allait rester pour l’éternité.

Les grandes pyramides Nehekhariennes se dressent sur plusieurs dizaines de mètres et dominent les cités des vivants. Les deux plus fréquemment évoquées sont la pyramide de Settra l’Impérissable et la Pyramide Noire de Nagash. Des centaines de pyramides plus petites parsèment Khemri et les autres cités Nehekhariennes. Ces tombeaux finirent par être plus nombreux que les maisons, ce qui prenait la forme d’un cercle de monuments mortuaires entourant les foyers des vivants.

Cependant, les tombeaux de nombreux Rois de Nehekhara n’avaient pas la forme de pyramides, notamment dans la Vallée Charnelle. Pourquoi, alors, certains Nehekhariens étaient-ils enterrés dans des pyramides et d’autres non ?

La réponse n’est pas évidente. Certains érudits pensent que la vision du concept de mausolée a changé dans l’esprit de certains monarques. Ils auraient à une époque envisagé un site fastueux destiné à impressionner les vivants, puis aurait évolué vers quelque chose de plus replié dont la seule fonction était de rendre hommage au défunt. Cela expliquerait pourquoi l’intérieur est aussi travaillé que celui d’une pyramide traditionnelle, sans que le monde extérieur puisse l’admirer. Settra voulait que sa pyramide impose le respect et rappelle à tous sa puissance et sa majesté. Celle de ces Rois était presque invisible une fois scellée, montrant seulement quelques inscriptions et cartouches sur la façade pour indiquer l’identité de l’occupant. Mais si l’intention n’est que de permettre le voyage du défunt et de lui rendre hommage, il n’est pas besoin d’en rajouter. Leur tombeau n’a pas pour rôle de marquer autrui, mais de soulager la dépouille et d’en prendre soin.

La crainte des déprédations a également peut-être joué un rôle. Les pyramides sont plus visibles et plus facilement repérées, ce qui en fait des cibles idéales pour les pilleurs de tombes et pour les Nécromanciens qui peuvent tenter de lier le corps et l’âme des Rois défunts à leur infâme service. Cela aurait pu constituer des raisons suffisantes pour que certains monarques décident de dissimuler leur ultime repos.

Nous ne pouvons avancer avec certitude les raisons de ce choix. Eux seuls connaissent la réponse et il y a peu de chances pour qu’ils la divulguent.

Les Nécropole de Nehekhara sont devenus plus grands et grandioses que les cités des vivants, surtout aujourd’hui...

Décoration

L’architecture Nehekharienne repose essentiellement sur la pierre, relativement brute et surtout robuste. Pour agrémenter cet étayage presque simpliste, les artisans recouraient à diverses méthodes de décoration, tirant de magnifiques décors du granit et de la chaux altérés pour plus de couleur, de texture et de lumière. Les mausolées étaient souvent d’une ornementation plus élaborée que les demeures. Le Nécrotecte qui était convié à construire un tombeau le recevait comme un grand honneur, surtout dans le cas de sépultures royales. Les artistes ne pouvaient en effet rester insensibles au fait que leur œuvre allait ainsi survivre à la postérité, parfaitement préservée dans une crypte scellée.

Pour afficher l’importance et la fortune du Roi, chaque pouce était recouvert de peinture ou de bas-reliefs, quand ce n’était pas les deux. On laminait l’or et l’argent en fines feuilles que l’on combinait pour élaborer les décors, tandis que des gemmes étaient broyées pour être utilisées comme de la peinture ou des fragments agencés et collés en mosaïques. La peinture était relativement coûteuse, notamment les couleurs les plus vives.

Les scènes militaires sont courantes, étant donné que les Rois des Tombes étaient des généraux et des chefs de guerre avant de monter sur le trône et qu’ils ont passé l’essentiel de leur règne à défendre leurs terres contre divers envahisseurs, ou à attaquer les terres des voisins. Dans ces représentations, ils apparaissent comme des géants auréolés de lumière, en armure complète et armes au poing, envoyant au trépas tous ceux qui s’opposent à eux.

Plusieurs autres scènes viennent s’ajouter, plus pacifiques. Elles les montrent en toilette royale, arborant leur couronne et siégeant sur leur trône, administrant la justice ou recevant des émissaires d’autres cités. Les cryptes dont les Rois étaient moins reconnu pour leurs talents de chef d’État que pour leurs prouesses martiales présentent généralement une proportion moindre de ces images.

Les peintures et mosaïques des niveaux inférieurs sont là pour rappeler l’existence du Roi et ses victoires, mais plus on monte, plus ces scènes se concentrent sur son avenir, le montrant guidé sur le fleuve sacré puis dans l’au-delà, où son âme est jugée digne de continuer le voyage. La plupart de ces représentations combinent peinture et frises. Les murs de granit ont été sculptés, puis recouverts de plâtre, ce qui constitue l’apprêt pour la peinture et les gemmes. On trouve du tissu, du métal et des pierres précieuses appliqués aux murs. C’est ainsi qu’une représentation du Roi chevauchant au combat peut porter un casque et un plastron confectionnés avec de l’or véritable, et une épée sculptée dans de l’obsidienne.

Des statues sont placées dans des alcôves le long des murs, aussi bien dans les couloirs que dans les pièces. Des statues plus grandes occupent également la plupart des coins de pièce. Elles représentent alors généralement un Dieu plutôt que le Roi et sont ici pour le protéger et le guider dans son périple. Des figurines plus petites, représentant les Dieux, et divers animaux et entités reposent dans de petites niches creusées dans les murs. Elles font partie intégrante des fresques murales, si bien qu’une scène peut représenter le Roi faisant une offrande à un Dieu représenté ainsi. Des épées, des haches, des fléaux et autres armes sont suspendus croisés aux murs, souvent avec un bouclier. Il s’agit de trophées issus des nombreuses victoires militaires du Roi, certaines sont d’origine Nehekharienne, d’autres pas.

Le sol est fait de marbre, de granit et de pavés de quartz, le tout assemblé au millimètre. Ces pierres forment des motifs abstraits et non des scènes ou des personnages. Leurs formes sont élaborées, à l’instar d’un rouleau de prières de l’Inja, avec des anneaux et des cercles concentriques et autres formes géométriques entremêlés. Il est intéressant de noter que les pierres circulaires ne sont jamais piégées. Elles représentent non seulement le soleil, mais aussi la royauté. Elles sont donc la marque du rang du Roi et considérées comme sacrées. Les triangles, en revanche, symbolisent le danger et les mauvais présages, et actionnent souvent un piège ou un dispositif.

Les plafonds sont plus figuratifs, quoique tout aussi élaborés. Ils reproduisent généralement le ciel à diverses phases et saisons, ce qui ne manquera pas de fasciner les éventuels Magisters Célestes qui exploreraient une crypte. Les étoiles sont en or et le bleu profond du ciel nocturne est tiré de lapis-lazuli pilé. L’argent sert à représenter les comètes, les lunes et d’autres corps célestes. Les constellations principales sont toutes représentées, souvent plus d’une seule fois.

Des tombeaux d’un grand raffinement où se trouve richesse...et mort.

La Crypte

Les Tombes des Rois de Nehekhara abritent des grands trésors.
C’est avec une grande émotion que j’ai pénétré dans la chambre funéraire de la célèbre Reine Rasut. Je ne doute pas que mes découvertes seront d’une valeur inestimable pour tous ceux qui me suivront. Avec un peu de chance, je devrais trouver le corps momifié de la Reine et pouvoir la ramener à Altdorf afin de réunir mère et fils.
- Extrait du journal d'Heinrich Johann, archéologue, porté disparu lors d’une expédition en Terre des Morts

Peu de tombeaux, de tombes, de catacombes ou de tertres prennent la forme de simples trous abritant un cadavre. Chacune de ces sépultures a son propre aspect, son architecture, ses détails visuels, ses odeurs, le tout dépendant du concepteur et de celui dont c’est désormais la demeure. Un bon pilleur de tombes peut en dire long sur une crypte en jetant un coup d’œil aux motifs apparaissant sur les murs et aux marques qu’il décèle dans la poussière. Il saura notamment s’il peut espérer y trouver la gloire et la fortune ou juste une fin misérable.

Outre la poussière et les toiles d’araignée, les tombeaux sont souvent jonchés de babioles antiques et des vestiges de bêtes mortes qui ont eu tout le temps de se décomposer dans les ténèbres, ainsi que divers accessoires, tels que des tentures en soie, de magnifiques tapis, des coussins et de superbes appliques à torche. Sous la poussière, la plupart de ces accessoires sont remarquablement bien préservés, et si on ne peut pas vraiment parler de trésor au sujet de ces objets, ils peuvent néanmoins présenter quelque intérêt pour les archéologues, à qui ils peuvent dévoiler les origines de la crypte.

Les Défenses

Références sont faites à certains rites à accomplir afin de pénétrer sans risque dans le tombeau, mais ces passages sont confus et ennuyeux. M’est avis qu’il ne s’agit de rien d’autre que des anciennes superstitions d’une civilisation éteinte depuis longtemps.
- Extrait du journal d’Heinrich Johann, archéologue, porté disparu lors d’une expédition en Terre des Morts

Les Nehekhariens ne traitaient pas la vie après la mort à la légère. Violer un tombeau était un sacrilège qui promettait l’intrus au tourment éternel. Les pilleurs de tombes étaient considérés comme les pires des criminels. Ni la mort ni la torture n’étaient considérées comme suffisantes pour châtier ces scélérats. Les tombeaux Nehekhariens étaient donc conçus pour faire face à ces individus, car même ceux qui avaient tendance à se bercer d’illusions se doutaient bien que des portes et des murs ne suffiraient pas à décourager des voleurs déterminés, quels que soient les matériaux de construction employés. Ils se résignaient donc à s’entourer de quelques protections supplémentaires, comme des pièges. Les bâtisseurs de mausolées ne se contentaient pas de trouver le moyen de cacher la véritable chambre funéraire, ils plaçaient également des pièges à l’attention des explorateurs avides. La plupart de ces pièges sont ingénieux, bien dissimulés et meurtriers.

Le plus souvent, les pièges apparaissent là où on en a vraiment besoin : près du corps et de ses possessions matérielles. Cependant, les Rois des Tombes disposaient parfois des pièges complexes en divers points de leur sépulture. Certains d’entre eux, particulièrement retors, concevaient même des chambres funéraires qui n’étaient que des pièges géants, leur corps et leurs biens étant inhumés à l’abri, en un autre endroit du tombeau. Les monarques déployaient des trésors d’ingéniosité pour garder secrète la nature de ces pièges, et comme l’ont réalisé de nombreux artisans de talent, la méthode la plus simple (et la plus efficace) consistait à éliminer celui qui les avait conçus. Ceux qui créaient un piège devaient d’abord songer à sa complexité. Tendre un fil visant à projeter une fléchette est relativement simple, mais ce n’est pas la même histoire pour une dalle censée déclencher une volée de projectiles lorsque l’on marche dessus pour la troisième fois.

Les sols des tombeaux sont en pavés de granit, dont beaucoup sont équipés de plaques sensibles à la moindre pression reposant sur un mécanisme. Dès qu’un poids est appliqué sur ces pierres, le mécanisme est activé. Des fils sont tendus à plusieurs intersections, mais il s’agit moins de pièges que de distractions. En effet, l’idée est que les chasseurs de trésors repèrent le fil, se félicitent de l’avoir remarqué, l’enjambent et posent le pied sur la plaque ou le piège situé juste derrière. De profondes fosses remplies de pieux sont réparties tout au long des couloirs, les parois étant recouvertes de graisse pour empêcher quiconque de s’en extraire. À plusieurs endroits, notamment au sein de la chambre funéraire, une plaque sensible à la pression active un mécanisme agissant sur les murs ou le plafond, qui se rapprochent brusquement les uns des autres, écrasant tout ce qui se trouve dans l’étau.

Tous les pièges ne sont pas aussi imposants ou évidents. Le simple fait de toucher certains endroits des murs peut s’avérer fatal, la peinture y ayant été mélangée à un poison mortel. Le fait de passer devant un certain élément du décor peut libérer des fléchettes empoisonnées qui jaillissent sur l’intrus. Des lames cachées dans de petites fentes entre les illustrations des murs ou du plafond faucheront le couloir lorsque quelqu’un marchera sur une dalle, tranchant tout sur leur passage. Fouler la mauvaise marche peut faire sortir brusquement une rangée de pointes de la marche suivante. Celles-ci jaillissent avec une force suffisante pour transpercer bottes et chaussures, et leur pointe est bien sûr enduite d’une substance toxique.

Ceux qui éveillent les gardiens de leur sommeil séculaire le regretteront pour le restant de leur vie, c’est à dire moins de cinq minutes.
Si les pièges sont nombreux et mortels, ils le sont cependant moins que ceux qui "habitent" les tombeaux. Les armées du Roi étaient certes enterrées dans des fosses communes au cœur des nécropoles, mais le champion du Roi, sa garde personnelle, ainsi que ses troupes d’élite, étaient ensevelis à ses côtés, attendant que leur monarque fasse à nouveau appel à eux. Sans oublier les innombrables insectes venimeux qui infestent le moindre recoin obscur des pyramides. Étant des Morts-Vivants, ces défenseurs ne vagabondent pas comme des individus normaux, et ils ne mangent pas, ne boivent pas et ne dorment pas, ainsi ceux qui sont en faction à un poste précis y demeurent jusqu’à ce qu’ils soient activés. Mais les Morts-Vivants ne sont pas les seules créatures qui se trouvent dans les sépultures des Rois des Tombes. Après tout, ils ne pouvaient pas imaginer que Nagash les réanimerait, ainsi les serviteurs et guerriers étaient censés attendre des millénaires avant d’être réveillés. Les tombes Nehekharéennes ont toujours été l’objet de tentatives de pillage et il était donc nécessaire de disposer de gardiens insensibles au vieillissement et à la mort, et qui ne perdraient pas de vue leur rôle. La sorcellerie était donc de rigueur. En usant de leur Magie, les Prêtres Liches créèrent plusieurs gardiens mystiques pour défendre le tombeau contre les intrus. Les Ushabti sont les plus commun, mais les pyramides les plus imposantes peuvent même contenir un immense Hiérotitan. Ces créatures restent là où on les a placées jusqu’à ce que la présence d’un intrus les active. Elles attaquent alors sans s’arrêter, jusqu’à ce qu’elles soient détruites ou qu’il ne reste plus aucun intrus en vie. Ensuite, ces créatures retournent à leur état passif, attendant patiemment l’apparition d’autres importuns.

Horreurs, pièges et malédictions ne sont pas les seuls gardiens des tombeaux ; il en existe de plus insidieux encore qui font en sorte que les profanateurs payent le prix fort pour leur audace. Les tombes étant généralement scellées au moment de l’inhumation, tout ce qui se trouve dans l’air et contamine les trésors est intact. Ainsi, lorsqu’un profanateur s’introduit dans la sépulture, il libère aussi l’air vicié et tout ce qu’il renferme. La plupart du temps, on a affaire à une odeur de renfermé peu délétère ; mais parfois, l’air abrite un danger bien pire : une maladie en bonne et due forme.

Il est une autre défense qu’il ne faut pas négliger : le pouvoir du mythe. Les cryptes Nehekhariennes sont légendaires, non seulement pour les trésors qu’elles abritent, mais aussi pour les pièges qu’elles renferment et les malédictions qui frappent les importuns. La plupart des gens réfléchiront sérieusement avant de pénétrer dans un mausolée Nehekharien. Les Arabiens, les nomades du désert et ceux qui ont étudié la culture Nehekharienne savent que les Rois des Tombes sont des êtres puissants dotés de grandes capacités martiales et magiques, exactement le genre d’homme qu’on s’attend à voir revenir d’entre les morts pour massacrer allègrement tous ceux qui viennent déranger son repos ou voler ses biens. Ces détails suffisent à décourager tous les pilleurs de tombes, si ce n’est les plus déterminés ou les plus inconscients.

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L'Histoire de Nehekhara

J’ai réussi à déchiffrer certains hiéroglyphes mais la plupart étaient trop endommagés. Je continuerai mon travail de déchiffrage après avoir compris ce qui produit les sons étranges qui proviennent du sarcophage de la Reine…
- Extrait du journal d’Heinrich Johann, archéologue, porté disparu lors d’une expédition en Terre des Morts

Avant de comprendre les motivations d’un individu, on doit se pencher sur son passé. Cela reste vrai pour les Morts-Vivants, car leurs antécédents nous renseignent sur leur présent. C’est encore plus criant dans le cas des Rois des Tombes, car ils ont conservé leur mémoire et leur esprit, et parfois bien des comportements et des ambitions de leur vivant.

Le déclin de la civilisation Nehekharienne fut aussi rapide que brutale. Son histoire est en grande partie voilée de mystère, car elle a sombré dans les abîmes du temps au moment même où Nagash lança son grand rituel. C’est pourquoi les historiens et les érudits qui s’intéressent à la choses ne peuvent hélas que faire des conjectures en se basant sur les traductions approximatives de hiéroglyphes inscrits sur les divers objets que rapportent de leurs expéditions les archéologues, les chasseurs de reliques et les pilleurs de tombes, mais ces chroniques sont très certainement altérées et exagérées par des représentations propagandistes et les points de vue discutables des scribes de l’époque. Après tout, qui voudrait voir ses défaites être inscrites à la postérité sur les murs de son tombeau ? À cela, il faut rajouter que les rares Nehekhariens encore capables de parler n’ont certainement pas le désir de partager leur histoire - où quoi que ce soit d’autres, d’ailleurs - avec ceux venu troubler leur repos.


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Les Legions Immortelles

Les Rois des Tombes sont à la tête de Légions Immortelles expérimentées et sans pitié !
Viktor parcourut le désert du regard et senti son cœur s’arrêter. D’innombrables rangs de guerriers se mettaient lentement en position de combat, formants des régiments, installant d’étranges machines de guerre et conduisant des chars vers les flancs. Ils bougeaient comme un seul corps, dans un silence complet que ne perturbaient que le bruit des os et des armes. C’était l’armée de la Mort. Gaston le tira par la manche, le doigt tendu vers le temple lointain. Quelque chose d’autre avançait vers eux. Quelque chose d’énorme mais difficile à distinguer à travers la chaleur et la poussière qui tourbillonnait sur le désert brûlant. Viktor sentait qu’il ne serait pas plus rassuré s'il pouvait clairement voir ce qui approchait.
Comment cela était-il possible ? À peine une heure plus tôt, il plongeait ses mains dans les pièces d’or qui coulaient comme un torrent étincelant. Tout allait bien, il n’y avait nul signe de vie dans les parages. Il sourit avec amertume. Nul signe de vie. Juste une multitude de squelettes entre sa minuscule armée et ses bateaux.
Il était temps d’agir, et vite. Hurlant ses ordres à ses capitaines, Viktor examina la formation qui se mettait en place à la hâte. Au moins étaient-ils beaucoup plus rapides que la terrifiante armée qui leur faisait face. Avec du courage et un peu de chance, ils pourraient peut-être se frayer un chemin à travers les lignes ennemies puis former un carré et atteindre ainsi les navires. Ce plan ne l’enthousiasmait pas vraiment, mais il n’avait pas d’autre choix.
Bien. Tout était paré. Chacun connaissait son rôle et le caractère désespéré de leur situation. Il ne restait plus qu’un ordre à donner : Chargez !
Les mercenaires, hirsutes et brûlés par le soleil, s’élancèrent droit devant, et tandis qu’ils avançaient, la ruse du plan de Viktor se révéla. Au lieu de charger en bloc, le centre des mercenaires avança plus rapidement que les flancs, qui se rapprochèrent du centre de l’armée des Morts-Vivants. Ils frappèrent d’abord comme une pointe de flèche, puis formèrent une colonne pour se frayer un passage dans les rangs ennemis. La lenteur des squelettes les laissa pour la majorité sans adversaires, fixant l’espace déserté par les mercenaires. Un moment, on put croire que le plan fonctionnerait, mais la progression ralentit. De nouveaux squelettes surgissaient du sable aussi vite que les précédents étaient abattus, et les mercenaires tombés se relevaient pour attaquer leurs anciens camarades.
Ce fut un massacre.


Dans l’ancienne Nehekhara, la puissance d’un Roi était jugée à l’aune de ses légions. Les monarques entretenaient donc de vastes armées et célébraient leurs victoires afin d’intimider leurs rivaux. C’est ainsi que le nom de certains régiments est entré dans la postérité. Par exemple, la Légion Scorpion du Roi Nekhesh repoussa plusieurs invasions barbares avec ses lances dont les pointes étaient fabriquées avec les pinces de scorpions géants. Pareillement, les Hérauts de la Mort du Prince Sekhef étaient redoutés pour leur étendard horrible duquel pendaient les crânes d’une dizaine de Rois ennemis, maudits par les Prêtres Liches de Numas afin qu’ils hurlent perpétuellement de douleur. Ces légions, ainsi que des milliers d’autres, sont revenues d’entre les morts pour répandre de nouveau la terreur dans le cœur de leurs ennemis.

Tout soldat devait servir son Roi non seulement dans la vie, mais aussi dans la mort. Des milliers d’entre eux étaient ensevelis vivants dans des fosses autour de la pyramide de leur Roi lorsque celui-ci trépassait. Ils étaient enterrés à la parade, avec leurs lances, leurs Kopesh, leurs boucliers et leurs armures, afin de protéger leur seigneur dans l’au-delà. Les archers connaissaient le même sort et étaient ensevelis aux côtés de vastes stocks de flèches ensorcelées. Même les cavaliers et les chars n’étaient pas épargnés. Ils étaient condamnés à attendre la résurrection de leur Roi pour guerroyer de nouveaux contre ses rivaux.

Les immortels Rois des Tombes sont guidés par une intarissable soif de victoire, et n’auront de cesse de combattre qu’une fois leur ancien domaine reconquis, et c’est par leur seule volonté que les légions de Morts-Vivants de Nehekhara se relèvent de leur long sommeil et arpentent à nouveau le champ de bataille. Une armée de Nehekhara en marche est un spectacle à la fois terrifiant et grandiose. Le soleil miroite sur le bronze et l’or, et étincelle sur des os blanchis par les siècles. Au-devant de l’armée, le Roi des Tombes lui-même guide les opérations depuis son char ; escorté par ses mortels Gardiens des Tombes, tandis que les Éclaireurs Squelettes contournent le dispositif ennemi pour entraver ses mouvements et harceler ses flancs. Traversent imperturbablement le désert et les tempêtes de sable pour intercepter les intrus, de grandes phalanges de soldats s’avancent avec une synchronisation parfaite vers l’ennemi, et l’affrontent en faisant preuve d’une discipline surnaturelle qu’aucun être vivant ne peut égaler, tandis que le croassement des Charognards emplit l’air comme ceux-ci prennent le ciel sur leurs ailes décharnées et que les hurlements assourdissants des crânes projetés par les catapultes déchire le silence du désert. Lentement mais sûrement, les légions de la non-vie, guidées par la volonté implacable du Roi des Tombes, repoussent la ligne de bataille adverse.

Certains sorts de Nécromancie réaniment les corps de personnes mortes depuis longtemps pour en faire des automates dénués de raison. Ce n’est pas le cas des soldats des Rois des Tombes, car chacun d’eux abrite l'’âme d’un ancien guerrier de Nehekhara. Grâce aux incantations des Prêtres Liches, les esprits de ses soldats loyaux sont extirpés du Royaume des Âmes et liés à une enveloppe squelettique. Ces combattants ne sont donc pas les esclaves du bon vouloir d’un sorcier maléfique, mais des guerriers fidèles qui obéissent à leur Roi aussi aveuglément que de leur vivant. Cependant, comme ils n'ont pas bénéficié des techniques de momification sophistiquées et des protections magiques de la noblesse, ils perçoivent le monde différemment des êtres vivants. En effet, ils ne retiennent de leurs vies antérieures que ses aspects les plus concrets : les années d’entraînement et la discipline de fer, les talents martiaux affinés lors d’innombrables batailles et, plus important encore, la loyauté indéfectible dont ils faisaient preuve envers leur Roi. La personnalité et l’ambition n’ont pour eux plus aucune signification, quant à leur nom, ils l'ont oublié ou ne se le rappellent qu’à travers de lointains et fugaces souvenirs.


  • Vous trouverez ici la liste complète des troupes, des héros, des monstres et des machines de guerre que les Rois des Tombes peuvent aligner sur un champ de bataille : Les Légions des Rois des Tombes

Les Statues Mortuaires

Un Roi des Tombes peut certes compter sur ses légions de squelettes pour abattre ses ennemis lors d’une guerre d’usure, mais il peut aussi l’écraser à l’aide de monstres de pierre gigantesques. Les humains de Nehekhara sculptaient de magnifiques statues pour veiller pour l’éternité sur les dépouilles de leurs Rois. Des guerriers titanesques taillés à flanc de falaise, des bêtes géantes chryséléphantines ou de l’obsidienne la plus sombre montaient la garde de part et d’autre de toutes les entrées des nécropoles. Des rangées d’Ushabti, des statues sculptées à l’effigie des Dieux du panthéon de Nehekhara, s’alignaient le long des couloirs des pyramides. Des Sphinx monstrueux jetaient leur ombre sur les mausolées des Rois des Tombes, et d’innombrables Nécrosphinx aux formes toutes plus inquiétantes les unes que les autres gisaient ensevelies sous les sables.

Les Prêtres Liches avaient appris depuis bien longtemps que les mêmes incantations que celles utilisées pour invoquer des guerriers-esprits pouvaient être adaptées pour animer les statues colossales de Nehekhara. Depuis, lorsque les Rois des Tombes partent en guerre, ils sont accompagnés par des régiments de golems de granit qui ravagent les rangs de l’ennemi. Ces créations imposantes écrasent leurs adversaires en ignorant les coups que ces derniers leur infligent. Sans oublier que nombre de ces créations - comme les Rôdeurs Sépulcraux ou les Scorpions des Tombes - reposent sous les sables du désert, attendant le moment propice pour jaillir à la surface au milieu d’un tourbillon de sable et prendre l’ennemi par surprise.

Les Rois de Nehekhara restent des conquérants, dans la vie comme dans la mort !
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Sources

  • Livre d’Armée des Rois des Tombes, V6
  • Livre d’Armée des Rois des Tombes, V8
  • Warhammer JdR - Le Seigneur Liche
  • White Dwarf n°107