Remas

De La Bibliothèque Impériale

Remas est une grande et ancienne cité côtière bâtie à la pointe d’un promontoire géant, de plus de 150 km de long et 75 de large, qui s’avance sur la Mer Tiléenne et délimite un grand lagon dans lequel s’écoulent de nombreux petits cours d’eau. Cela rend le lagon extrêmement propice à la vie aquatique, un bienfait que les Rémains exploitent à fond. Ils ont acquis la réputation d’être les meilleurs pêcheurs du Vieux Monde. L’énorme port circulaire fut construit, dit-on, par les Hauts Elfes pour leurs navires de commerce qui, bien qu’en ruines et malgré les colossales pièces de maçonnerie qui gisent à moitié englouties, abrite aujourd’hui la puissante flotte de Remas. La cité est cernée de murs de tous côtés et, pour affermir encore ses défenses, elle s’est doté de deux lignes de murs intérieurs qui suivent le contour de promontoire et s’élèvent en une splendide citadelle, au sommet.

L’entrée étroite du port est surplombée par un énorme pont reposant sur d’immenses piliers de pierre. Ce pont ne supporte pas que la route qui relie les deux côtés de la ville, mais aussi les nombreuses maisons luxueuses et les palazzi des princes marchands. Ceux-ci font trois, quatre et même cinq étages avec des balcons en surplomb. Il y a également des tours de chaque côté et au centre du pont et, Tilée oblige, certaines penchent à des angles défiant la gravité et sont supportées par de nombreux contreforts colossaux !

Le reste de Remas s’étend sur une grande surface dans un long circuit de fortifications. La cité abrite une vaste population et est fameuse pour sa puissante armée mercenaire, constituée en majorité de piquiers fournis par les nombreuses maisons marchandes.

Remas est une cité relativement stable depuis plusieurs siècles grâce à ces troupes, qui ont résisté aux tyrans et aux conquérants en d’innombrables occasions. Remas devint une république durant la longue période de famine qui frappa la Tilée entière. Ces famines étaient causées par des invasions de rats et de souris qui dévoraient les cultures dans les champs et le grain dans les entrepôts. La situation devint si grave que le grain dut être importé de partout où il existait un surplus, mais, grâce au talent commercial des Tiléens et à leur marine, les marchés furent conclus et le grain arriva de pays comme l’Empire ou la Bretonnie. Certains Princes Marchands tentèrent de stocker le grain pour le revendre au prix fort. Inutile de dire que cela provoqua des révoltes populaires et que ces princes furent renversés, ce qui arriva à Remas et à Verezzo.

Les Rémains sont de merveilleux marins et leurs navires rivalisent avec ceux de Miragliano et de Luccini pour le commerce méridional. Leurs petits bateaux agiles sillonnent souvent les mers dans un but moins louable que le commerce. En effet, les Rémains considèrent parfois les autres navires comme d’excellentes pièces de gibier, spécialement les Magrittains qui interdisent à Rémas d’exploiter à fond les possibilités du commerce méridional. Rémas et Miragliano entretiennent une certaine inimitié réciproque et on a souvent vu les deux cités guerroyer entre elles, sollicitant souvent l’aide des autres cités Tiléennes et engageant les services de mercenaires venus de tous les coins du Vieux Monde.

Le plus grand malheur qui devait s’abattre sur Remas fut l’attaque des Elfes Noirs de 1487. La flotte de galères qui défendait normalement les alentours du port était en mer, et les Druchii profitèrent d’un brouillard inhabituel pour atteindre l’entrée du port. Leurs navires furent stoppés à la terrible "Bataille du Pont" au cours de laquelle une grande partie de l’édifice fut mise à sac et brûlée par les Elfes Noirs, qui capturèrent par la même occasion de nombreux habitants pour les réduire en esclavage. La garnison mercenaire de Remas fut capable de tenir les deux extrémités du pont jusqu’à ce que les pillards, ayant étanché leur soif de destruction décident de partir. Cette attaque révolta la Tilée entière et les citoyens ont gardé une profonde rancune envers les Elfes Noirs, ceux-ci sont toujours heureux de fournir des mercenaires, de l’artillerie et des galères de guerre à prix réduit à quiconque se trouve être en guerre contre eux.

A cause de sa position centrale, Remas est souvent en guerre avec ses grandes rivales commerciales Miragliano, Verezzo et Luccini. Remas a livré de nombreuses batailles navales contre Luccini et les pirates de Sartosa. Tobaro, par contre, est souvent l’alliée de Remas et les mercenaires de Remas ont aidé les princes de Tobaro à conserver leur cité lors de nombreux sièges et intrigues.

Il est intéressant d’examiner le gouvernement de Remas, étant donné qu’il s’agit de l’une des républiques les moins corrompues et les plus anciennes. Chacune des puissantes familles marchandes est représentée dans le conseil des cinquante. Cette assemblée débat de chaque sujet, prend des décisions et vote des lois. Trois membres du conseil sont tirés au sort chaque année pour le présider en tant que Triumvirat. La politique de la république devient ce que désire le Triumvirat, ou leurs familles. Donc, si le Triumvirat s’intéresse aux projets commerciaux, la république financera probablement un projet commercial cette année. Si l’un des membres du Triumvirat est un mécène, la république peut s’attendre à acquérir un nouvel édifice public décoré par les meilleurs artistes de Tilée. Si un ou plusieurs membres du Triumvirat sont des généraux mercenaires, alors les états voisins commencent à s’inquiéter et à rénover leurs fortifications !

Hélas, l’une des faiblesses de ce système est que les membres du Triumvirat peuvent se quereller entre eux. Cela occasionne parfois des guerres civiles au cours desquelles les deux adversaires se battent par l’intermédiaire de leurs armées de mercenaires. De soudains changements de camp et des réconciliations entre membres du Triumvirat ne sont pas impossibles, et peuvent même semer la confusion au cœur d’une bataille ! La cause du problème est souvent le désir de l’un des membres du Triumvirat de devenir le seul et unique prince, tandis que ses pairs s’opposent à sa tentative de coup d’état. De telles tentatives sont souvent étouffées dans l’œuf par un assassinat ou une rapide série de combats de rue débouchant sur la proscription et l’exil des sympathisants du tyran.

Source

  • Livre d’Armée des Mercenaires V5