Ranald

De La Bibliothèque Impériale
Les quatre hommes jouaient aux dés depuis une bonne heure dans la salle principale de l'auberge quand des soupçons de triche commencèrent à se faire jour. Stefen gagnait en effet bien trop souvent, mais celui-ci expliqua que sa chance venait de son talisman, qu'il exhiba avec délicatesse.
«C'est quoi ?» demanda Heinrich, une brute musculeuse.
«C'est une patte de chien porte-bonheur.» répondit Stefen. Les chiens à trois pattes étaient réputées pour porter bonheur, et un tel talisman était très précieux. Les trois autres hommes se regardèrent un instant... et une dispute éclata.


Une demi-heure plus tard, dans la chambre de l'auberge, Stefen échangeait sa patte de chien porte-bonheur contre une bourse de cuir bien rebondit tendu par Heinrich.
«Elle est pour toi.» dit le premier, «Mais essaye d'y aller plus doucement la prochaine fois, tu m'as presque déboîté l'épaule.»
Heinrich n'émit qu'un grommellement en guise de réponse, il passa son talisman autour de son cou avant de quitter la chambre. Une fois qu'il fut sorti, Stefen remercia Ranald en rangeant la bourse au fond de son sac, entre la petite vingtaine de pattes de chien que contenait celui-ci.


  • Siège : aucun (Marienburg, provisoirement)
  • Chef du Culte : aucun
  • Ordres principaux: la Confrérie, les Bienfaiteurs, les Doigts Crochus
  • Fêtes Religieuses Principales : le Jour de Folie, le Pèlerinage des Doigts
  • Livres Saints : Les Mystères du Dix, Minuit et le Chat Noir
  • Symboles Sacrés : Ranald est représenté par le signe de l’index croisé avec le majeur. Faire ce signe constitue une sorte d’invocation ou de prière silencieuse et cela est supposé attirer la chance. Dans ses oratoires et ses temples, il est représenté accompagné de la corneille et du chat.


Une divinité du peuple, un Dieu volage du Hasard et de la Chance, un roublard par excellence, Ranald est tout cela et bien plus. Ranald est le dieu des filous, le saint patron des voleurs, celui qui vole autant pour le plaisir que cela lui procure que pour le profit qu'il en tire. Il est le jovial champion des opprimés, le fléau des m'as-tu-vu, le rôdeur nocturne. Rien ne vaut d'être fait si ce n'est avec panache et tout ce qui peut ridiculiser les autorités est une bonne chose. Son culte est populaire partout dans l'Empire et le Vieux Monde, dans toutes les couches de la société. Tous ceux qui pensent avoir été maintenus à un statut inférieur par la faute de la société, tous ceux qui vivent pour l'excitation du risque et tous ceux qui voudraient rendre justice aux pauvres mais détestent la violence, voilà les gens qui sont attirés par le culte de Ranald.

Son culte est des plus curieux car il est totalement dépourvu des fioritures, des fastes et de la majesté propres aux autres cultes ; il n’a même pas d’organisation ni de structure. Ses prêtres sont des voleurs, des escrocs et des joueurs qui n’ont rien à voir avec l’élite érudite et décadente si appréciée dans les cercles du pouvoir des autres cultes. Ses temples se trouvent dans des maisons de jeu, des maisons closes, des tavernes et autres repaires d’iniquité, et ne connaissent pas les ors ni les marbres des palais. En vérité, Ranald et ses prêtres ne ressemblent à rien d’autre et c’est une réalité à la fois affligeante et réjouissante.

Les origines de ce culte sont obscures ; il ne semble pas être apparu à un endroit en particulier ou dans une tribu bien définie.Toutefois, les membres du clergé qui considèrent ce culte comme une calamité ou une menace, supposent qu'il est sans nul doute venu d'Estalie ou de Tilée, dont les habitants, tout le monde le «sait», sont des gens sournois et rusés. Même les légendes qui racontent les origines de Ranald sont imprécises. L'une de ses plus importantes sagas raconte comment il arriva à suspendre sa propre mort en réussissant à duper Morr et à le faire sourire. Une autre prétend qu'il parvint à soutirer à Shallya la promesse de l'épouser. Dans ce conte, le seul moyen qu'elle trouva pour s'en sortir fut de lui accorder l'immortalité. Les adeptes de Ranald affirment que ce fut une honnête transaction, tandis que les Shalléens rétorquent que ce fut surtout un acte de compassion de la part de Shallya… pour elle-même.

Une partie de la nature étrange de Ranald vient du fait qu’il possède plusieurs aspects bien différents. Pour la plupart des gens, c’est le Rôdeur Nocturne, Dieu des Voleurs et saint patron des filous et des malandrins. Il est vénéré par la pègre du Vieux Monde et ses symboles et ses dictons constituent la base du langage secret utilisé par les voleurs.

Ranald est également le grand Mystificateur, celui qui veille sur les charlatans et les aigrefins, ou plutôt qui les inspire. Sous cet aspect, Ranald peut également être considéré comme une puissance de la nature, la personnification de l’ironie mais également de l’illusion ; c’est de là que vient son attrait aux yeux des sorciers Gris. En outre, Ranald est le saint patron des jeux de hasard, des jeux d’argent et, plus que toute autre chose, de la chance. C’est sous cette forme qu’il a la faveur des populations de l’Empire. Pour s’attirer ses faveurs, les superstitieux habitants du Vieux Monde ont coutume de déployer un ahurissant arsenal d’aphorismes et de gestes cabalistiques censés retenir ou attirer l’attention de Ranald.

Cependant, de toutes les formes sous lesquelles se manifeste Ranald, aucune n’est victime d’une répression aussi brutale que son aspect de Protecteur. En tant que symbole du libérateur luttant contre la tyrannie, les despotes et prônant la révolution, cet aspect de Ranald est favorisé par les Agitateurs, les Démagogues et même quelques politiciens. Ranald, dans ce rôle, est la force de cohésion des mouvements démocratiques qui perdurent envers et contre tout dans les plus grandes cités de l’Empire.


Expressions Liées à Ranald
  • «Vous entendrez cliqueter les dés de Ranald.» : Dicton populaire de Riekland qui signifie «s'engager dans une entreprise périlleuse».
  • «Il va dîner avec Ranald.» : Il veut tenter sa chance.
  • «Va couper la patte d'un chat noir !» : Bonne chance !
  • «Il a les doigt croisés.» : Il est indigne de confiance.
  • «Que Ranald te couvre de ses bienfait.» : Malédiction des adeptes de Ranald.


Le Culte

Une visite qui va couter cher
«Tout le monde sait bien que ces grands seigneurs qui traitent Ranald de voleur, d'agitateur et de menteur quand tout le monde les entend vont le prier en secret quand ça tourne à l'orage.»
- Otto la Bedaine, fermier Stirlander

Le culte de Ranald considère que le monde qui l’entoure est soumis aux fluctuations de la fortune, dont la roue tourne pour descendre du meilleur vers le pire et remonter ensuite. Parce qu’il n’existe pas de cultiste de Ranald «typique», on connaît peu de détails sur le culte lui-même. La plupart des adeptes se fient seulement à leurs capacités et à leur intelligence, prennent ce qu’ils peuvent et prient Ranald pour qu’il les aide à garder une longueur d’avance sur le danger. Ces cultistes se moquent des carcans et des limites qu’on essaye de leur imposer et violent souvent la loi en pénétrant dans des lieux interdits pour le seul plaisir de l’avoir fait, puis se glissent à nouveau dans les ombres, se faufilant au cœur de la populace grouillante et anonyme avant de se faire prendre.

Le culte de Ranald est considéré d’un œil plein de suspicion par les autres cultes mais aussi par la classe dirigeante, même si tout le monde affecte de lui témoigner un respect de pure forme. Les autres cultes ne respectent guère les prêtres de Ranald, mais en général, ses adeptes s’en arrangent très bien car ils n’ont pas beaucoup d’estime pour les airs pompeux que se donnent la plupart des autres factions. En vérité, l’un des principes du culte est d’exposer l’hypocrisie de tous ceux qui se parent de prétention et s’affublent de leur haute position. Pour toutes ces raisons, les prêtres de Ranald se montrent généralement discrets, accomplissant leurs rites dans des ruelles cachées, des lieux de rencontre secrets et autres endroits de mauvaise réputation.

Bien que le culte ait la réputation - méritée - d’être un repaire de joueurs, de voleurs et d’escrocs, il a tout autant d’adeptes qui ne sont que de simples hédonistes désirant croquer la vie à pleines dents. Ceux qui se livrent à des entreprises crapuleuses offrent toujours une ample portion de leurs gains au culte ou, dans certains cas, à des personnes dans le besoin. Le culte abhorre la violence, qu’il considère comme un «échec». Les meilleurs «crimes» sont ceux qui restent ignorés pendant des mois après avoir été commis. Les individus qui aiment à recourir à la violence et à la cruauté trouveront un meilleur protecteur chez Khaine, Gunndred, ou n’importe quelle autre divinité plus sinistre que chez le désinvolte Ranald.

Les cultistes de Ranald ont souvent des traits de caractère rappelant l’un des quatre aspects de leur Dieu. Les adeptes du Rôdeur Nocturne sont des voleurs et des monte-en-l’air qui commettent leurs crimes autant pour le butin que pour le frisson que leur procure le fait de réussir une facétie parfaite. Les suivants de Ranald le Mystificateur sont des escrocs et des beaux parleurs, capables de louvoyer avec aisance à travers toutes les strates de la société, jamais sédentaires, constamment à l’affût d’une nouvelle victime qu’ils dépouilleront grâce à leur astuce et à leur éloquence. Ceux de Ranald le Parieur sont des joueurs invétérés qui adorent prendre des risques et occupent leurs journées à des jeux de hasard ou à échafauder des combinaisons qui leur permettront de gagner plus d’argent afin d’alimenter leur passion. Pour eux, l’argent n’est pas une fin en soi mais un moyen d’atteindre le bonheur. Enfin, il y a les partisans de Ranald le Protecteur qui revêtent son manteau pour être les gardiens de ceux qui ne peuvent se défendre. Ils ont mauvaise réputation car ils sont connus pour voler aux riches afin de donner aux pauvres ; ce sont eux qui dévoilent les hypocrisies et les excès des puissants et qui s’élèvent pour défendre les droits du peuple face à la brutalité, aux persécutions absurdes et à l’exploitation. La plupart des autres cultes considèrent les membres de cette «secte» comme les pires du lot car ils essayent souvent de bouleverser l’équilibre au nom de la liberté et de la justice, sans se préoccuper des conséquences sur le reste de la société.

Cependant, par nature, les cultistes de Ranald sont terriblement individualistes et il serait difficile de préciser ce qui peut inciter quelqu’un à vouloir entrer dans le culte. La plupart sont des experts du déguisement et de la duperie qui dissimulent leur véritable nature au reste du monde. Dans certaines régions du Vieux Monde, le culte de Ranald est victime d’impitoyables persécutions. Les Bretonniens, en particulier, sont célèbres pour les terribles châtiments qu’ils infligent aux cultistes lorsqu’ils les rencontrent, même si ceux-ci ne font que traverser leur contrée.

Zone d’Influence

Ranald est révéré dans tout le Vieux Monde, plus particulièrement dans les grandes villes et les cités. D’habitude, ses fidèles sont des marchands qui tirent le diable par la queue, des voleurs, des joueurs et les gens des classes populaires.


Dogme

«J'aime mieux donner une pièce sur dix à Ranald que risquer de perdre les neuf qui me restent.»
- Eckardt Reinschol, marchand de laine à Grafenrich

Les cultistes de Ranald croient à l’individualisme, à la libération de l’oppression et aux fluctuations de la fortune et du hasard. Ils pensent que Ranald accorde sa bénédiction à ceux qui la lui demandent suffisamment souvent, mais qu’il est plus enclin à aider ceux qui s’aident eux-mêmes. Les cultistes de Ranald essayent souvent de compenser le sérieux de l’existence quotidienne par une attitude irrévérencieuse, car ils sont conscients que ce qui est là aujourd’hui aura peut-être disparu demain… et réciproquement. Les plus altruistes s’efforcent d’améliorer la vie de leurs semblables et le font généralement en utilisant la richesse et le pouvoir d’autres individus plus riches qu’eux-mêmes.

Bien que le vol, la tricherie, le mensonge et les trafics en tous genres soient très bien vus de Ranald, la violence, et tout particulièrement le meurtre, doivent être évités à tout prix. Lorsqu’un gredin de bas étage invoque le nom de Ranald en coupant la gorge d’un riche marchand après lui avoir volé sa bourse, il risque surtout de perdre sa faveur plutôt que de l’attirer.

Les membres du culte acceptent très bien le fait que Ranald soit connu sous de nombreux noms et titres et qu’il puisse apparaître sous de très nombreux aspects


Les Commandements

Les adorateurs de Ranald se conforment aux règlements suivants, mais les seuls à en subir les conséquences sont les prêtres et les initiés s’ils manquent à leurs obligations :

  • Une pièce sur dix appartient à Ranald.
  • Ranald désapprouve l’usage de la violence.
  • Vis par ton esprit et non par ton épée.
  • Un véritable fidèle de Ranald n’utilise que la dague ou le stylet, seuls les amateurs ou les lourdauds ont besoin d’une armure ou d’une épée longue.
  • Il vaut mieux vivre libre et mourir pour cela que souffrir l’oppression.
  • Il n’y a pas de code d’honneur chez les voleurs, mais fiez-vous à vos frères et soeurs.

Fausses Croyances

Dans le monde paranoïaque et obtus de l’Empire, le nombre de pratiques associées à de «fausses croyances» est considérable. Ce qu’on trouve normal et acceptable dans certaines régions (ou au sein d’un courant religieux précis) peut être jugé comme une pratique déviante dans une autre. Schismes et branches dissidentes naissent spontanément tous les deux ou trois siècles au sein de chacune des religions principales, toutes disposant de leurs propres méthodes pour décider de ce qui constitue une croyance dangereuse, de la punition appropriée et de la façon de l’empêcher de ressurgir.

Pour une religion aussi dépourvue de règles et de restrictions, il n’est pas surprenant que le culte de Ranald se préoccupe aussi peu de ce qui peut être jugé comme malséant. La plupart des directives des cultistes de Ranald ont plus de choses à voir avec le fait de ne pas être pris quand ils violent les règles d’autrui, ou à ne pas trahir leurs compagnons quand eux-mêmes sont pris. Ainsi, le culte présente plus de similitudes avec des guildes de voleurs indépendants qu’avec les autres organisations religieuses. À cause des liens étroits que le culte entretient avec les éléments les plus louches de l’Empire, ses membres sont souvent les premiers à être confrontés aux rites blasphématoires, aux renégats et aux cultistes du Chaos qui s’efforcent d’échapper à la justice. La plupart décident de faire justice eux-mêmes quand ils rencontrent ces poches de corruption, tuant discrètement ceux qu’ils découvrent et envoyant des preuves aux agents des forces de l’ordre afin qu’ils puissent s’occuper du reste.


Initiation

Bien que le culte impose étonnamment peu de restrictions, il est beaucoup plus difficile de devenir prêtre de Ranald que l’on ne pourrait se l’imaginer de prime abord. Il arrive souvent qu’un candidat potentiel n’ait aucun réel désir d’entrer dans le culte et se voit approcher par un prêtre après que celui-ci l’a observé de loin pendant une période de plusieurs mois. Les individus un peu trop empressés sont souvent considérés avec suspicion car le culte a été infiltré à plusieurs reprises dans le passé, à la fois par des membres d’autres cultes qui désiraient causer sa perte et par des représentants des forces de l’ordre. Si un prêtre remarque un initié potentiel, il l’approche sous une apparence n’ayant rien à voir avec le culte. Il lui offre alors sa protection et son amitié et peut éventuellement lui demander son aide pour «régler quelques petites affaires», ce qui lui permet de tester les capacités et le courage du candidat en matière de mensonge, de vol, de séduction et de furtivité. Si le candidat démontre les aptitudes adéquates, l’attitude qui convient et sait garder son calme en situation de crise, son protecteur l’informe alors de ses intentions et, s’il se montre intéressé, la véritable formation commence. S’il ne l’est pas, le prêtre s’esquive discrètement et ne revient jamais. Toutefois, il informe les autres prêtres locaux de cet «échec» de manière à ce qu’aucune nouvelle tentative ne soit effectuée.

Pour l’épreuve finale, le candidat doit généralement accomplir un coup d’éclat : cela peut être un vol particulièrement audacieux, une brillante escroquerie ou un autre forfait tout aussi illégal et risqué. Il n’est pas rare qu’un initié qui s’est entraîné dans le but d’accomplir une mission particulière se retrouve obligé de réagir à une situation entièrement différente. Son succès dépend de sa capacité à s’adapter au changement de programme. S’il y parvient pour remplir sa mission avec succès, sans se faire prendre (ni se faire tuer) dans l’opération, il est ordonné prêtre lors d’une cérémonie qui se termine souvent par d’énormes agapes.

Les Rites

Si les rites des autres cultes sont marqués par des variantes régionales, ceux de Ranald sont marqués par l’anarchie la plus totale. C’est finalement logique ; quiconque pratique les «rites de Ranald» doit s’attendre à avoir de sérieux problèmes avec les autorités locales. L’absence d’une autorité centrale permettant de faire respecter ou même de créer un ensemble de rituels standards est une autre explication.

Il n’est pas rare que les rites de Ranald impliquent un élément lié à la chance. Par exemple, le rite d’initiation d’un nouveau prêtre peut consister à lancer un Karl jusqu’à ce qu’il tombe côté pile. Dans certains cas, la pièce est lancée au début du rite, et si elle tombe côté face, on ne peut pas accomplir le rite ce jour-là. Certains prêtres lancent des dés pour déterminer la forme que prendra l’initiation, et un Répurgateur de Talabheim avait exposé un ensemble de tables sur lesquelles un prêtre présumé lançait les dés pour créer des rites. Bien que l’on ait découvert que les passages "sacrifice aux Dieux Sombres" avaient été ajoutés par le Répurgateur, le prêtre fut reconnu coupable d’adorer Ranald.

Les prêtres de Ranald confient souvent les décisions importantes au hasard. Beaucoup préfèrent dormir dans un lit relativement large, et lancent une pièce le matin pour savoir de quel côté ils vont se lever. En fait, jouer à pile ou face est une manière très répandue pour faire un choix, et certains prêtres ne la restreignent pas aux décisions anodines. Il est assez courant que la pièce utilisée pour prendre ces décisions finisse comme offrande à Ranald. Les prêtres riches n’utilisent la même pièce qu’une fois, et les autres utilisent une pièce par jour. Selon une superstition répandue, le prêtre doit utiliser une pièce de grande valeur pour les décisions importantes. Certains affirment également que la pièce doit avoir été volée.

Selon une histoire qui a fait le tour de l’Empire, un prêtre d’Averland roula un joaillier pour qu’il lui confectionne une paire de dés en or dont les points étaient des joyaux, puis qu’il les vola afin de décider dans quelle province impériale il devait partir ensuite. Les dés l’envoyèrent en Ostland, juste avant la Tempête du Chaos. Le prêtre survécut néanmoins, mena cent réfugiés en lieu sûr et s’en fut à Altdorf vendre les inestimables oeuvres d’art qu’il avait dérobées. Les disciples de Ranald ne sont pas vraiment d’accord sur la morale qu’on doit tirer de cette histoire, mais tous s’accordent sur le fait que le comportement du prêtre fut exemplaire.

Les prêtres de Ranald ont tendance à tout voir avec décontraction, prenant les choses comme elles viennent sans s’inquiéter de l’avenir. Ils aiment avoir de l’argent et le dépenser ; la plupart ont un vice auquel ils se livrent, le jeu étant un choix particulièrement répandu. Ils pensent d’abord à eux, et il n’est pas rare pour un prêtre d’avoir au moins deux ou trois "identités" (des déguisements comprenant un nom, des vêtements et un comportement différents) dont ils peuvent changer facilement.


Cultistes

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«Les survivants de la bande de brigands qui ont attaqué le convoi de nourriture sur la route de Talabheim ont prétendu l'avoir fait au nom de Ranald. Un prêtre local de ce culte, ayant appris l'affaire, est allé présenter des excuses à l'officier local qui s'est montré bien disposé envers sa cause. Nous sommes à présent empêtrés dans les embrouillaminis des tribunaux d'ici, mon seigneur, et pour l'heure je ne vois pas réellement d'issue bien définie.»
- Lettre adressé au Comte Électeur von Raukov d'Ostland

On rencontre des cultistes de Ranald dans toutes les sphères de la société, depuis les demeures des plus puissants aristocrates aux plus infâmes venelles des mauvais quartiers. En outre, la plupart des cultistes parviennent généralement à s’élever audelà de leur condition initiale grâce à leur force de volonté, leurs talents et, bien sûr, à leur chance.

Ils portent presque toujours un pendentif en forme de «X» ou de main aux doigts croisés. Le symbole du «X» est le plus courant ; il est même extrêmement populaire et porté par des foules d’individus. Ces colliers sont si répandus qu’ils suscitent rarement la moindre suspicion. Toutefois, la plupart des gens les dissimulent en présence d’un répurgateur ou d’un prêtre d’une autre confession. Selon la croyance populaire, les symboles de Ranald perdent leur pouvoir s’ils sont exposés à la vue de tous. Les cultistes les plus intrépides (ou les plus imprudents) se les font même tatouer sur le corps. Toutefois, la plupart du temps, ces tatouages sont tracés de telle manière que seuls les initiés et les observateurs les plus perspicaces peuvent les reconnaître pour ce qu’ils sont.

Les fidèles de Ranald sont convaincus que s’ils ont vraiment besoin de quelque chose et qu’ils le supplient avec suffisamment de ferveur, il le leur accordera. Ceux qui font remarquer que ses fidèles sont de pauvres miséreux qui charrient du fumier pour gagner leur pain (et qu’aucune prière ne semble pouvoir changer cet état de fait) sont considérés comme des cyniques irrécupérables. Et parfois, ils se font même passer à tabac par une foule enragée de ramasseurs de crottes de cochons.

Les prêtres de Ranald ont tendance à tout voir avec décontraction, prenant les choses comme elles viennent sans s’inquiéter de l’avenir. Ils aiment avoir de l’argent et le dépenser ; la plupart ont un vice auquel ils se livrent, le jeu étant un choix particulièrement répandu. Ils pensent d’abord à eux, et il n’est pas rare pour un prêtre d’avoir au moins deux ou trois "identités" (des déguisements comprenant un nom, des vêtements et un comportement différents) dont ils peuvent changer facilement.

Pour des raisons évidentes, les prêtres de Ranald ne portent pas de signes distinctifs dans de nombreuses régions du Vieux Monde. Certains de ses fidèles peuvent avoir, soigneusement dissimulé sur leurs vêtements, un motif à base de «X» dessiné sur le tissu.

Un pendentif en métal représentant un «X» ouvragé est un porte-bonheur familier dans le Vieux Monde. Il y a tant de gens qui en portent un qu’on peut vraiment dire que c’est un signe de la popularité de Ranald comme Dieu du peuple. Il est même si banal qu’il ne provoque aucune suspicion, sauf dans les endroits où l’interdiction officielle du culte de Ranald a pris les proportions d’une persécution. De toute façon, les gens exhibent rarement ces porte-bonheur. La croyance populaire veut que les vertus de l’amulette diminuent si on la montre trop.

Signes et Gestes Sacrés de Ranald

Les adeptes ont différentes manières d’afficher leur foi, que ce soit aux yeux des non-initiés ou à ceux de leurs pairs. L’utilisation de signes, de gestes de la main et de salutations sacrées est une démonstration de respect à l’égard des autres adeptes et des Dieux. Ces saluts sont couramment utilises quand les adeptes se rencontrent pour la première fois de la journée, et on les reproduit quand on se sépare. Chaque culte dispose de son éventail de signes secrets qui ne sont connus que des adeptes de confiance. Ils peuvent exprimer la détresse, une grande admiration, ou d’autres choses qui ne peuvent être comprises que par les fidèles.

Tous les habitants de l'Empire connaissent le salut de Ranald, qui consiste à croiser l’index et le majeur de la main droite. Il est utilise quotidiennement par tous ceux qui veulent attirer la chance ou éviter un coup du sort particulièrement terrible. On dit que croiser les doigts derrière le dos permet de dissimuler un mensonge au moment ou on le prononce. Cependant, le faire a la vue de tous indique qu’une personne dit la vérité absolue. Deux adeptes peuvent se démontrer discrètement leur allégeance à Ranald en effectuant ce salut de la main gauche. Ce geste est considéré comme attirant la malchance par le reste du peuple, mais les vrais adeptes savent qu’il n’en est rien. Maintenir les doigts croisés devant le visage de quelqu’un est une grave insulte, et c’est le meilleur moyen de déclencher une bagarre. Les fidèles se prêtent serment les uns les autres en croisant leurs index respectifs. Quand les adeptes de Ranald manquent gravement de chance, il leur arrive de croiser les doigts des deux mains et même les orteils. On pense que plus on a de doigts croisés, plus on écarte la malchance. Les autres adeptes peuvent marcher en tenant leur index et leur majeur serres dans la main gauche pour indiquer que d’étranges événements sont à prévoir. Finalement, quand les adeptes de Ranald pensent qu’ils sont affliges d’un terrible malchance, ils se passent le dos de la main sous le menton pour prévenir le Dieu qu’ils ont tiré des leçons de leurs erreurs et qu’ils aimeraient voir revenir la chance.


Structure

De tous les cultes reconnus dans le Vieux Monde, celui de Ranald est le moins structuré et le moins organisé. Il se compose en majorité de personnes isolées qui l’honorent pour obtenir ses faveurs plutôt que d’une congrégation unifiée. À cause de cela, il est difficile de définir un credo commun à tous les cultistes, à part l’adage «fait ce qu’il te plaît», implicitement accompagné de «et ne te fais pas pincer ». Le culte n’est pas réellement structuré et la majorité de ses prêtres travaillent indépendamment les uns des autres, menant leur existence selon leur propre vision de la vocation. Évidemment, ce manque d’organisation ne favorise guère une véritable représentation au Grand Conclave ; en outre, les autres cultes finissent par être exaspérés par l’incessant défilé de grands prêtres et par les modifications de programme continuelles du culte de Ranald.

Lorsque les cultistes de Ranald se regroupent, ils constituent généralement de petites cellules de dix personnes au maximum et conservent le secret sur leurs activités. Généralement, ces groupuscules constitués afin d’atteindre un but précis ont une durée de vie assez courte, de la même façon qu’une bande de criminels professionnels peut parfois se réunir pour réussir un coup avant de se disperser à nouveau dans la nature en emportant leur butin et leurs bonnes histoires (il est vrai que la plupart des cultistes sont des criminels professionnels). Certaines cellules du culte à la philosophie nettement anarchique passent leur temps à comploter dans le but de renverser diverses organisations. Elles introduisent des agitateurs dans la populace, sabotent les infrastructures et font paraître au grand jour les preuves compromettantes des activités de certains individus tyranniques afin de les soumettre au chantage ou d’attenter à leur réputation. Ces cellules établissent des contacts avec d’autres groupements semblables au moyen d’un réseau de relations étroitement surveillées. En général, un membre d’une cellule donnée ne connaît qu’un seul des membres d’une autre cellule et aucun autre, ceci afin de prévenir les fuites potentielles et d’empêcher les traîtres éventuels de démanteler toute l’organisation.

Néanmoins, les prêtres de Ranald sont plutôt des solitaires par nature. Les histoires que l’on raconte au sujet de leurs prouesses se répandent par le bouche-à-oreille, sous forme d’histoires à dormir debout, de chansons populaires ou de plaisanteries égrillardes. En général, ces prêtres se contentent de demeurer au sein d’un périmètre donné, mais ils arpentent leur territoire avec une aisance remarquable, des plus misérables cahutes aux palais dorés des plus riches citoyens. Bien que le culte possède très peu de temples et encore moins de prêtres reconnus, les cultistes de Ranald sont représentés au Grand Conclave ; ils ne se privent pas de rappeler aux membres des autres cultes, qui les contemplent d’un œil réprobateur, qu’ils existent, eux aussi, et qu’ils disposent de droits égaux aux leurs. Leurs représentants sont des individus passionnés, éloquents, qui font de leur mieux pour apaiser les inquiétudes des autres cultes à leur égard et qui n’hésitent pas à balayer les pires rumeurs et accusations en expliquant qu’il ne s’agit de rien d’autre que de manifestations d’intolérance et d’incompréhension.


Temples

Un "temple" de Ranald
À la différence des autres cultes officiels de l’Empire, celui de Ranald ne dispose d’aucun temple dédié à son Dieu, tout au moins pas aux yeux de personnes normales. Les cultistes ne bâtissent quasiment jamais rien en son nom ; ils préfèrent dissimuler ses symboles, ses autels et ses oratoires un peu partout. En un sens, chaque maison de jeu peut être considérée comme un sanctuaire dédié à Ranald et on peut y découvrir ses symboles gravés sur les murs, les portes et partout ailleurs, mais toujours d’une manière subtile et secrète. L’ironie de la chose, c’est que plus la maison de jeu, le champ de courses ou l’arène de gladiateurs est vaste, plus il est difficile de trouver ces signes : Ranald n’aime pas la publicité. Lorsqu’un joueur gagne une forte somme, il est courant qu’il abandonne une petite proportion de ses gains en guise d’offrande sur l’un de ces autels à moitié dissimulés En dehors de ces endroits, les seuls lieux de culte «permanents» dédiés à Ranald sont de petits autels installés dans les quartiers miséreux et les taudis des grandes villes ou ceux que l’on trouve occasionnellement aux carrefours de certaines routes, loin de tout, dans les contrées sauvages. Ces autels sont toujours petits et conçus pour être faciles à démonter, de manière à pouvoir les dissimuler lorsque les représentants de la loi s’approchent d’un peu trop près. Le plus souvent, lorsque l’un de ces autels est «découvert», les gens du voisinage le démantèlent en feignant le plus grand dégoût pour le rebâtir aussitôt dès que le champ est libre.


Sectes

«Les voleurs, les menteurs et les coupe-jarrets de nos territoires rendent hommage à Ranald dans l'espoir qu'il les aidera à ne pas se faire prendre. Laissez-les donc croire en sa miséricorde tandis que je leur appliquerai un fer rouge à la tempe pour les récompenser de leurs crimes.»
- Siegrfied Ulmar, juge itinérant

La plupart des adeptes de Ranald se conforment à leur propre philosophie de la vie ; on ne peut donc véritablement dire qu’il existe une secte principale ou des ordres qui lui rendent hommage. Lorsque deux cultistes (ou plus) choisissent de travailler ensemble, c’est habituellement pour une raison bien spécifique et ils se séparent une fois la mission accomplie. Plus encore que chez les autres Dieux, les cultistes de Ranald peuvent être certains de trouver de la camaraderie chez ceux de leurs coreligionnaires qui vénèrent les principaux aspects de Ranald. Le premier groupe, et de loin le plus nombreux, se compose de marchands, de camelots et de tous ceux qui gagnent leur vie en manipulant de l’argent. Il est simplement connu sous le nom de la «Confrérie» et se présente sous la forme d’une sorte de guilde d’hommes d’affaires qui se rencontrent régulièrement pour régler leurs différends, chercher des moyens de profit mutuel et échafauder des machinations destinées à accroître leur fortune. La plupart sont d’honnêtes marchands qui en appellent à Ranald afin qu’il leur accorde de gros bénéfices et les aide à faire prospérer leurs affaires. Il existe cependant un ordre mineur un peu moins reluisant (cf. ci-après). La Confrérie prêche la coopération et les lois de la concurrence (aidez votre frère lorsqu’il est dans le besoin) et pense que c’est grâce à la compétition que les meilleurs éléments parviendront à se hisser jusqu’aux plus hautes sphères.

La seconde secte, officieusement connue sous le nom des Bienfaiteurs, se compose d’individus altruistes, épris de liberté, ayant fortement tendance à se considérer comme des redresseurs de torts. Ils passent leur temps à déposséder les riches de leur fortune afin de la redistribuer aux pauvres. Les bourgeois prospères et les aristocrates les considèrent comme de vils brigands, mais le peuple les adore. En général, ils ne vivent pas très longtemps car les souffrances et les besoins des opprimés leur pèsent chaque jour plus lourdement sur le cœur, les incitant à entreprendre des actions de plus en plus audacieuses qui finissent par les conduire en prison ou au gibet. La plupart des membres de cette secte aspirent à renverser la classe des aristocrates pour les remplacer par des coopératives populaires qui instaureront l’égalité entre les hommes. Dans leur grande majorité, les Bienfaiteurs savent qu’il s’agit là d’une utopie, mais ils comptent dans leurs rangs quelques individus particulièrement zélés qui ne rêvent que d’anéantir les institutions qui constituent l’Empire, sans exception.

Curieusement, la catégorie d’adeptes la moins nombreuse est celle des voleurs purs et durs, des véritables coupe-jarrets et autres escrocs qui voient Ranald presque uniquement sous son aspect de Dieu des Voleurs et des Menteurs. Ils se font appeler les Doigts Crochus et se concentrent exclusivement sur les moyens d’obtenir ce qu’ils veulent, quand ils le veulent. Leur code d’honneur est identique à celui de tous les voleurs du monde : le butin est partagé entre tous les participants, on ne balance pas ses partenaires et, au bout du compte, c’est toujours chacun pour soi.


Ordres Mineurs

Du fait que le culte n’est pas réellement structuré, il ne possède pas d’ordres mineurs vraiment remarquables. Il est rare que les bandes qui se constituent pour une courte période restent suffisamment longtemps ensemble pour former un ordre, bien que l’histoire fourmille de noms «d’équipes» ayant réussi des actes de bravoure ou des larcins particulièrement impressionnants et quasiment suicidaires.

II existe plusieurs cultes mineurs liés à Ranald, qui se concentrent sur l'une ou l'autre des facettes de sa religion. Ranald le Bonimenteur est populaire à Marienburg auprès des marchands les plus impitoyables, chez qui les pratiques commerciales douteuses et les négociations déloyales ont été élevées au rang d'art. Dans les cités et les plus grandes villes de l'Empire, Ranald le Rôdeur Nocturne est le saint patron des monte-en-l'air et de toutes les canailles audacieuses. Une autre secte est très appréciée des joueurs qui aiment faire monter les enchères : celui de Ranald le Veinard.


Personnalités

L’une des particularités du culte est que la plupart de ses membres essayent d’éviter d’attirer l’attention sur leurs actes. Même ses membres les plus importants mènent une double vie, d’une part comme membres normaux de la société et d’autre part comme cultistes de Ranald, volant, jouant et mentant à leur guise. Les prêtres de Ranald les plus éminents sont réellement de célèbres personnalités (ou tristement célèbres, suivant les points de vue) dont les exploits héroïques et la chance extraordinaire sont d’autant plus éclatants que leurs prouesses sont embarrassantes pour les riches et les puissants.

Les trois personnalités présenté ci-dessous sont cependant des noms plutôt connues dans le culte :


Sources

  • Warhammer JdR - Le Tome de la Rédemption
  • Warhammer JdR - Les Héritiers de Sigmar
  • Warhammer JdR - Le Livre de Règles V2