Parravon

De La Bibliothèque Impériale
Blason de Parravon
«Les fées nous ont confié cette partie de la forêt. Si nous trahissons cette confiance, les arbres eux-mêmes se mettront à pleurer. Et les Fées viendront, et elles nous arracheront les entrailles pour les suspendre à leurs branches.»
- le vieil Euric, doyen du village
«Nous tolérons leur présence dans la forêt. Nous les observons minutieusement et s’ils deviennent une menace, pour nous ou pour la forêt, nous leur arracherons les entrailles pour les suspendre aux branches.»
- Lessiantar, Forestier Elfe Sylvain


À certains égards, le Parravon rappelle le Gisoreux : la majeure partie du territoire est couverte de montagnes ou de forêts. Toutefois, la forêt du Parravon est constituée de la portion nord-est de la Forêt de Loren, un endroit bien différent de la Forêt d’Arden. La majeure partie de la frontière séparant le Parravon du royaume des Fées longe la Grismerie. Toutefois, là où le fleuve dévie vers le sud, la frontière part au nord à la rencontre des montagnes. Elle est marquée par une rangée d’arbres, qui au fil des siècles semblent avoir délibérément formé un réseau complexe de branches entremêlées. Même les plus citadins des Nains peuvent voir qu’il n’est pas naturel. Les Fées restent à l’écart du Parravon et attendent des Parravonais qu’ils leur retournent la politesse. Mais on n’a aucune pitié pour ceux qui franchissent délibérément la frontière.

Les Bretonniens répugnent à abattre les arbres en masse dans la Forêt de Loren, même dans la portion que les Fées leur ont permis de s’approprier. On pense que la forêt tout entière est étroitement liée à la Dame du Lac, et par conséquent sacrée. Le bois qu’on en tire est souvent utilisé pour construire des chapelles du Graal, mais même dans ce cas, on l’utilise avec parcimonie. Les villages de forêt vivent de l’élevage des porcs, de la cueillette, et du strict minimum en matière de cultures. Beaucoup sont bâtis autour des arbres plutôt que de les abattre, et la plupart disposent de plates-formes juchées dans les branches qui servent de refuges lors des attaques des Peaux-Vertes.

On trouve l’essentiel de la population du Parravon dans le val de Parravon, une vallée fertile nichée au creux des montagnes. Les flancs sont couverts de pâturages, mais la partie centrale, qui longe la Grismerie, est cultivable. Les villages locaux sont typiques de Bretonnie. Les Montagnes Grises se font moins escarpées et déchiquetées en traversant le Parravon, et le nombre d’habitants qui peuvent y vivrent et y pratiquer l’agriculture est plus important. On trouve des villages accrochés au flanc des collines au nord, mais au sud de la ville de Parravon, on trouve des terres planes et infertiles, et la plupart des maisons sont bâties sur terrain plat. Cependant, aucun habitant des montagnes ne construirait sa demeure sur une terre fertile, et on trouve des habitations accrochées aux pentes raides dans toute la région.

Les châteaux de Parravon sont caractérisés par de hautes tours. Dans la forêt, cela leur permet de dominer les arbres, bien qu’il soit alors impossible de distinguer ce qui approche par la forêt elle-même. Partout ailleurs, il s’agit plus d’une préférence esthétique, bien que les Chevaliers possédant des Pégases logent souvent leurs montures au sommet de ces tours. La plupart des Pégases apprécient en effet de vivre en altitude.

Les Habitants

Les habitants de la forêt du Parravon sont quelque peu distants du reste de la population. Bien des Bretonniens ordinaires pensent qu’ils sont à moitié Fées (ce qui est absurde) et qu’ils ont un sens particulier leur permettant de sentir les dangers du monde qui les entoure (ce qui est exact). Les habitants de la forêt traversent l’existence comme s’ils pouvaient être punis de mort pour s’être gratté le dos contre un arbre. Même ceux qui quittent la région s’efforcent de ne jamais rien déranger, fût-ce un tas de déchets. Beaucoup s’en vont parce qu’ils sont las de se sentir constamment observés par des forces qui n’attendent que de sanctionner la moindre infraction.

Les autres Parravonais voyagent beaucoup. Depuis des siècles, il est de coutume pour les enfants de quitter leur foyer à l’adolescence et d’être élevés par des parents habitant un autre village. Par la suite, ils se rendent dans une autre communauté pour subir une véritable formation. Quand ils se marient, ils sont censés s’installer ailleurs encore. Ces coutumes dispersent les familles dans tout le duché, mais tous les parents se réunissent pour l’une des fêtes annuelles, presque toujours pendant l’été. Les nobles Parravonais ont des coutumes semblables et accordent toujours la permission de voyager dans ce but.

En premier lieu, cela signifie que les Parravonais savent qu’il y a un monde hors de leur village et qu’ils ont assez confiance pour voyager. D’un autre côté, ils ont tendance à penser qu’ils ont tout vu et que tout ce qui est considéré comme acquis en Parravon doit être vrai dans le reste du monde. Cette attitude, associée à la volonté des nobles Parravonais de permettre aux habitants de voyager, attire un grand nombre d’aventuriers hors du duché. Si nombre d’entre eux reviennent à la maison au bout de leur première aventure après avoir découvert que le monde était un peu différent, les autres persévèrent.

La politique intérieure du duché semble calme et harmonieuse. Toutefois, la négligence du Duc Cassyon vis-à-vis des responsabilités diplomatiques de sa fonction suscite un ressentiment larvé et grandissant. Deux seigneurs du nord du duché, sir Liutpol et sir Fredergar, se querellent depuis des années pour savoir lequel a le droit d’exiger un péage à un point particulier de la Grismerie. Il n’y a aucun signe de volonté de médiation de la part du Duc et une vendetta entre les deux partis pourrait avoir de graves conséquences sur le commerce fluvial, et par la suite sur le duché tout entier.

Les relations extérieures sont généralement bonnes, mais pour combien de temps ? Sir Chloderic, à l’extrême sud, convoite les montagnes situées au sud de son fief. Elles appartiennent à l’Empire, mais elles ne semblent pas bien protégées, et il pense qu’on peut y trouver des veines de métal exploitables. S’il décide d’intervenir, il sera considéré comme un envahisseur une fois que l’Empire s’en rendra compte et les répercussions seront graves.

Expressions du Parravon

  • «Se battre contre une avalanche» : se dit d’une activité complètement futile.
  • «Celui qui regarde toujours en arrière ne retrouve jamais sa maison» : la plupart des choses ne peuvent pas être accomplies de la façon la plus évidente. Autre sens possible : mieux vaut regarder vers l’avenir que vers le passé.
  • «Il a les chevilles percées» : il peut boire de grandes quantités d’alcool sans en subir les conséquences. Ceux qui subissent lesdites conséquences essaient parfois de vérifier la présence des trous en question.

Sites Notables

«Tous les nobles chevauchent des Pégases et ils oublient que nous autres, on a besoin des routes pour voyager. Quand on vous donne l’estimation du temps que dure un trajet, multipliez donc par deux, si vous voulez être sûr.»
- Eldegar de Busreq, Cocher
Le Parraon

Parravon

Parravon est une ville absolument impressionnante, taillée à même la roche des montagnes. Elle fait partie d’un affleurement situé à l’extrémité d’un éperon rocheux des Montagnes Grises et la Grismerie coule à ses pieds. Au fil des millénaires, les habitants de Parravon ont creusé leurs logements, leurs boutiques, leurs murs, leurs chapelles du Graal et leurs palais dans la pierre.

Les Lois Somptuaires de Bretonnie veulent que seuls les nobles puissent utiliser de la pierre pour leurs constructions. Toutefois, les ducs de Parravon n’ont jamais voulu que des bâtiments de bois défigurent leur somptueuse cité et ils ont donc soutenu pendant longtemps que, pour un paysan, vivre dans un bâtiment creusé dans la pierre n’était pas différent de vivre dans une grotte. En fait, étant donné la qualité de bien des demeures de paysans à Parravon, la différence est effectivement minime. Les riches marchands de Parravon poussent naturellement cette logique au maximum.

Parravon est la seule ville de Bretonnie dotée d’un nombre significatif de Nains. La plupart étaient à l’origine des expatriés de l’Empire, mais certains venaient directement des forteresses Naines des Voûtes et des Montagnes du Bord du Monde. Il existe aujourd’hui des familles de Nains qui vivent ici depuis des générations, bien que leurs membres restent toujours un peu à l’écart des citoyens humains.

Les tours élancées du château de Parravon, siège du pouvoir ducal, dominent le sommet de l’affleurement. Comme le reste de la cité, il fut creusé à même le roc et n’a par conséquent pas été beaucoup modifié depuis sa fondation, il y a deux mille ans. Toutefois, les ducs ont eu besoin de plus d’espace et ils ont étendu le château en pratiquant une série de galeries étendues.

Les chambres souterraines sont chose commune à Parravon, car elles demandent généralement moins de travail que la construction de bâtiments en extérieur. Les tunnels reliant ces pièces sont également courants et certaines galeries qui s’enfoncent dans la montagne permettent de disposer d’espace de stockage supplémentaire. On dit qu’on peut se rendre de n’importe quel endroit de la ville à un autre sans avoir à faire plus de dix pas à l’air libre. Certaines parties des tunnels ont été abandonnées par les humains et des créatures plus sinistres y ont élu domicile.

La Clairière des Enfants

Dans les profondeurs des forêts du Parravon, se trouve une clairière entourant un bassin d’eau calme et profond. L’endroit est entouré de poupées à divers stades de décrépitude et on y trouve généralement une poignée de Bretonniennes.

C’est parce que les Fées rendent parfois les enfants dans cette clairière. Les Fées ne sont pas parfaites et elles prennent parfois un enfant dépourvu de talent magique. Quand cela se produit, elles ramènent l’enfant dans cette clairière et si elles y trouvent une femme adéquate, elles le laissent à ses côtés pendant qu’elle dort. La femme abandonne ici la poupée de son enfant disparu en guise de remerciement.

Les Fées ne laissent des enfants que si toutes les femmes de la clairière sont endormies. S’endormir sans surveillance au beau milieu de la forêt n’est pas particulièrement sûr et il n’existe aucun village près de la clairière, ce qui rend l’expédition dangereuse. De plus, la plupart des femmes ne reçoivent aucun enfant et on n’a presque jamais entendu parler d’une femme ayant récupéré le sien.

Presque jamais. Cela se produit parfois et c’est un espoir bien suffisant pour une mère.

Le Château de Sanglac

Le château de Sanglac est une bâtisse abandonnée au cœur des Montagnes Grises. Un siècle auparavant, des messagers y trouvèrent les cadavres des membres de la famille noble qui y vivait, mêlés à ceux des Orques qu’ils avaient tués. Ce n’est pas là chose extraordinaire et une autre famille reçut l’autorisation d’y envoyer un fils puîné pour qu’il gère l’endroit. Au bout de dix ans, sa famille entière avait été massacrée par les Orques. Le seigneur suivant était un chevalier ayant des années d’expérience du combat contre les Orques des montagnes, mais au bout de quinze ans, il finit de la même façon. À partir de cet instant, les gens décidèrent que les Orques pouvaient bien prendre le château : il n’était pas si précieux, après tout.

Les Orques s’y installèrent, mais les pisteurs envoyés à la recherche des victimes d’un enlèvement trouvèrent le château plein de cadavres de ces créatures, comme si elles s’étaient entretuées. Une fois encore, cela n’avait rien d’inhabituel, mais le phénomène se reproduisit, et récemment, même les Orques ont abandonné l’endroit. Il semble qu’il existe un groupe d’Orques qui ne veulent vraiment pas que quelqu’un s’installe ici, ce qui suscite une question bien naturelle : pourquoi ?


Source

  • Warhammer JDR - Les Chevaliers du Graal