Pèlerinage

De La Bibliothèque Impériale
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Presque tous les pieux cultistes font au moins un pèlerinage au cours de leur vie, car il s agit là d’une entreprise des plus sacrées. Cependant, la définition du mot pèlerinage n’est pas la même pour tous les cultes. Certains considèrent que le circuit reliant divers oratoires est un pèlerinage, alors que d’autres exigent de leurs fidèles qu’ils voyagent bien loin de leur foyer. Étant donné l’extrême dangerosité des voyages au sein de l’Empire, la réalisation de longs pèlerinages est vue comme un acte des plus pieux. En effet, il faut être pourvu d’une grande foi pour entreprendre un périple sujet aux attaques de bandits et d’hommes-bêtes, sans compter les caprices du temps.

Ceux qui sont assez courageux ou stupides pour participer à un pèlerinage ont un caractère saint aux yeux de la plupart des citoyens et notamment des autres cultistes partageant leur foi. Il est de mauvais aloi de tourmenter un Pèlerin, d’autant que cela attirerait la malchance ; cependant, bandits et brigands s’en moquent éperdument. Les Pèlerins qui succombent aux dangers de leur périple trouveront le réconfort en leurs derniers instants en sachant que leur mort est considérée comme le plus pur des actes de dévotion.

Les Pèlerins

L’Oratoire de sir Severich de Véréna. Le temple Sigmarite des Trois Saints. L’avènement du Cœur de Taal. Lointaine Heiligerburg, la Sainte Monture de Shallya. Les routes menant en ces lieux, et bien d’autres encore, sont encombrées de fidèles. Quels que soient le coût, la difficulté et la dangerosité du voyage, des gens de tous horizons se rendent vers ces lieux saints, chacun ayant ses raisons pour affronter les horreurs du Vieux Monde. Les pèlerinages les plus populaires attirent des milliers de pénitents chaque année, les routes étant flanquées de marchands de souvenirs, d’oratoires, de temples, de péages et de bandits prêts à tirer parti des plus démunis. Les quelques Pèlerins qui survivent aux épreuves qui les attendent portent le symbole de leur périple, généralement une broche ou un collier bien précis faisant allusion au Dieu tutélaire de l’intéressé et à sa destination.


L’État d’Esprit d’un Pèlerin

Qu’est-ce qui peut donc pousser quelqu’un à tout laisser derrière lui pour se rendre en quelque province lointaine ? Cette question offre plusieurs réponses. Certains plient bagage pour rendre hommage à leur Dieu ou, plus communément, pour apaiser un Dieu qu’ils pensent avoir offensé. Certains périples trouvent leur origine dans un drame : des récoltes détruites, une affaire qui décline, un proche qui développe une mutation, etc. En entreprenant le pèlerinage, le cultistes espère impressionner le Dieu en question et bénéficier d’une faveur ou d’une autre, comme recouvrer la santé, faire en chacun que chacun oublie la mutation d’un proche ou que les affaires reprennent, etc. Le but est rarement l’appât du gain (même s’il est possible de s’enrichir en jouant toute une nuit dans un relais de Pèlerins). Le pèlerinage est une bonne façon de caresser un Dieu dans le sens du poil pour qu’il vous voie sous un meilleur jour.

Cependant, tous les Pèlerins ne sont pas sincères dans leurs croyances. Beaucoup voient le pèlerinage comme une bonne façon de fuir l’ennui qui plane sur leur village ou d’échapper à une dette, un devoir ou quelque ennemi. Dans bien des provinces, une personne qui entreprend un pèlerinage fondé (la définition de cet adjectif restant sujette à débat) voit ses dettes et taxes gelées en son absence. Du coup, il n’est pas rare de trouver des débiteurs, escrocs et voleurs «trouver la foi» et entamer un pèlerinage pour reporter le payement de leurs dettes.

Une fois sur la roule, le Pèlerins est censé passer son temps en contemplation silencieuse, à prononcer des mantras sacrés ou à débattre de la philosophie du culte avec ses compagnons. La plupart des Pèlerins voyagent en groupe pour partager les repas et la compagnie de voyageurs, mais également à des fins de protection mutuelle en raison des brigands, Gobelins et autres horreurs qui n’hésitent pas à fondre sur les proies solitaires. Les Pèlerins sont censés affronter ce genre d’épreuves, chacune mesurant leur foi et leur force de caractère.


pèlerinages et Marchands

Les Pèlerins constituent un véritable business. Lorsqu’ils traversent une ville ou un village, il leur faut bien évidement trouver un endroit ou dormir, manger, faire des emplettes, etc. Sur les routes fréquentées, certains commerces s’adressent exclusivement à eux. Bien que le droit impérial precise qu’il est interdit de tirer parti d’un Pèlerin, exceptions et vides juridiques permettent aux plus malins de contourner les règles établies. Du coup, si les Pèlerins trouvent généralement presque tout ce dont ils ont besoin en chemin, ceux qui se laissent emporter se retrouvent rapidement sans le sou, mendiant ensuite jusqu’à ce qu’ils arrivent a destination.

En règle générale, le prix des biens et services des Pèlerins empruntant une route fréquentée connait une augmentation d’environs 10%, à moins que le propriétaire de l’affaire en question ne soit du même culte que l’acheteur. Bien évidemment, les propriétaires les plus malin évitent d’augmenter leurs prix quand un noble ou un officiel se trouve dans les parages. Les Pèlerins les plus habiles exploitent ce détail et n’hésitent pas a entamer les négociations en présence d’un représentant des autorités.

Il faut également noter que le marché des cartes des pèlerinages les plus populaires est en pleine expansion. Du reste, toutes les villes situées sur un parcours donné sont pleines de colporteurs proposant les dernières mises à jour tenant compte des ponts effondrés, des glissements de terrain et autres dangers. Des marchands peu scrupuleux vendent aussi des cartes détournant les Pèlerins des axes principaux pour les mener dans de véritables guets-apens, récupérant ensuite une commission sur les gains des bandits.


Pèlerinages Célèbres

L’Empire propose des pèlerinages à foison, voici certains des plus connus et typiques :

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L’Exode de Sigmar

L’Exode de Sigmar, qui constitue assurément le pèlerinage le plus populaire, suit la route présumée que Sigmar emprunta en quittant l’Empire. Ce pèlerinage débute à Altdorf, remonte le cours du Talabec jusqu’à Talabheim, puis suit la vieille route des Nains jusqu’en Averland. Beaucoup considèrent qu’Averheim est la "fin" officielle du voyage, mais certains le poursuivent jusque dans les contreforts rocheux du Col du Feu Noir. Par beau temps, si rien n’arrive au Pèlerin, le voyage prend tout de même deux mois. Les Pèlerins s’arrêtent à de nombreux oratoires bâtis en chemin, qui présentent des aspects importants de la vie de Sigmar.

Le Pèlerinage du Soldat

Ce pèlerinage est entrepris par d’anciens soldats, qui en profitent pour se purifier (physiquement et spirituellement) des trop nombreuses atrocités commises au champ de bataille. Les Pèlerins réalisent ce voyage au nom de Myrmidia et se rendent jusqu’à Magritta en Estalie ou Remas en Tilée, ces deux villes prétendant avoir fondé le culte de la Déesse. Ces Pèlerins-soldats croient que chaque pas les rapprochant de ces villes les débarrasse d’une partie du poids qu’ils ont sur les épaules ; Myrmidia seule comprenant les souffrances qui hantent le coeur de chaque soldat. La plupart des Pèlerins entreprennent le voyage seuls, mais certains se réunissent en petits groupes, notamment après une campagne particulièrement difficile. Ils portent alors une robe blanche tachée de leur propre sang. Les brigands prennent généralement soin de les éviter, sachant le risque qui existe a se frotter à d’ex-soldats endurcis, beaucoup plus dangereux que de simples fermiers.

Voyage en Mer

Ce pèlerinage est dédie à Manann et constitue souvent le dernier acte d’un vieux marin ou loup de mer sentant son heure approcher. Le pèlerinage commence au temple de Manann de Marienburg et suit le cours du Reik via Altdorf, puis celui du Stir pour s’achever à Krugenheim. Lors de ce voyage, le cultiste songe à la mer (et donc à Manann) dont il s’éloigne toujours plus, cette distance symbolisant la mort. Dès lors que le Pèlerin atteint le temple de Manann situé tout près de Krugenheim, il laisse derrière lui tous ses biens matériels liés a la vie en mer. Il repart ensuite, en empruntant la même route, chacun de ses pas vers la mer le rapprochant de Manann et de sa récompense finale. Les Pèlerins portent une robe bleue ornée du symbole de Manann, un motif en forme de vague, tout au long de leur périple. Les plus fanatiques avancent file indienne, trainant derrière eux une petite ancre ou une rame, augmentant le temps et la difficulté du voyage. Après un tel périple, beaucoup meurent une fois rentrés au temple de Marienburg, heureux d’avoir achevé leur pèlerinage.

Pèlerinage des Pierres

On entreprend ce pèlerinage au nom de Taal, c’est l’un des plus courts de l’Empire en termes de distance, mais également des plus difficiles. Le Pèlerin s’aventure dans des regions sauvages pour passer par une série de douze oratoires situé au cœur du Talabecland, sachant qu’il n’a pas le droit d’emprunter les routes ni de prendre le bateau ; le voyage se fait donc à pied, l’intéressé s’appuyant sur son sens de l’orientation et notions de survie. Une fois la douzième oratoire visité il sacrifie un daim, un cerf ou un sanglier abattu en chemin et se baigne dans le sang de l’animal. La majorité de ceux qui font ce pèlerinage subissent des changements tels qu’ils ne pourront ensuite plus entrer dans une maison. Cependant, il n’est impossible que ceux qui se livrent a ce pèlerinage souhaitaient depuis longtemps mener ce genre de vie.

Le Pèlerinage des Doigts

«J’ai ’tendu dire queul Goldkopf il a eu sa cinq’ème croix ! J’peux pas l’croire ! Y disent qu’tu dois faire l’boulot de von Walfen pour ça… Pas possible queul Goldkopf y soit rentré là-d’dans ! T’as vu la taille d’ses… murs ?»
Hugi les Bonnes Ficelles, voleur d’Altdorf

Contrairement aux membres des autres grands cultes, les fidèles de Ranald ne disposent d’aucun oratoire jusqu’où se rendre, d’aucun oracle obscur à consulter, d’aucun temple lointain d’une importance vitale. En fait, les Prêtres de Ranald invitent les cultistes à entreprendre un voyage bien différent : le pèlerinage des Doigts.

Le sens exact de ce périple varie selon les villes et les Prêtres. Le seul point commun, c’est que huit tâches (une par doigt, sans compter les pouces) doivent être réalisées pour parvenir au terme du pèlerinage. Dès qu’il en réussit une (chacune étant plus difficile que la précédente), le Pèlerin a le droit de se tatouer une croix sur l’un des doigts. Rares sont ceux qui obtiennent plus de quatre croix.

Ranald étant le patron de bien des aspects de la vie au sein de l’Empire, ce qui inclut le jeu, le vol, les affaires et bien plus encore, la voie de chaque Pèlerin est bien distincte. Cependant, tous les Pèlerins sont surs d’une chose : à un moment ou un autre, ils devront réunir une grande quantité de marchandises au pas de course !

Le Pèlerinage de Couronne

Le pèlerinage menant au temple de Shallya de la ville de Couronne est l’un des plus populaires de tout le Vieux Monde. La plupart de ceux qui l’entreprennent sont malades ou estropiés et espèrent ainsi être soignés par la miséricorde de Shallya une fois arrivés à destination. Le fait que les gens débutent ce pèlerinage en étant malades explique le taux de mortalité anormalement élevé en chemin.

Le pèlerinage débute officiellement au temple de Shallya d’Altdorf. Quelques Pèlerins rejoignent la route plus tard, mais à moins qu’ils ne vivent à un endroit ou un autre de celle-ci, la plupart des gens préfèrent partir d’Altdorf. Cela s’explique assurément par une croyance selon laquelle Shallya serait beaucoup plus impressionnée par les gens qui font l’intégralité du pèlerinage. Mais la raison principale, c’est que le temple d Altdorf s’arrange pour que des groupes de Pèlerins voyagent ensemble et encourage à juste titre des guerriers à se joindre à eux. De plus, des rumeurs prétendent même que le temple paye parfois des gardes quand il n’arrive pas à convaincre des hommes armés d’accompagner les Pèlerins par simple charité.

Les Prêtresses d’Altdorf consignent les noms de tous ceux qui entreprennent le pèlerinage et prient quotidiennement pour eux jusqu’à ce qu’ils reviennent au temple ou que deux ans se soient écoulés. Près d’un tiers des Pèlerins, et plus particulièrement ceux qui viennent de régions lointaines de l’Empire, renoncent une fois arrivés à Altdorf et se contentent de la bénédiction des Prêtresses locales.

La plupart des Pèlerins marchent, car ils ne peuvent s’offrir d’autre moyen de transport. Certains doivent être portés par des amis ou tirés au moyen de charrettes à bras, car ils n’ont pas la force de se déplacer seuls. Une fraction minuscule a le pécule nécessaire pour vivre convenablement tout au long du voyage ; les autres en sont réduits à la mendicité, la plupart avant même d’être sortis de l’Empire. Certains sont arrêtés pour vagabondage, d’autres se tournent vers le vol et sont pris, alors que d’autres encore, souffrant d’inanition, meurent tout simplement de la maladie qui les frappe. Une demi-douzaine de temples situés sur la route allant d’Altdorf au défilé de la Hache sont tout spécialement tournés vers les besoins des Pèlerins. Trois sont des temples de Shallya, les autres étant consacrés à Morr. Selon les superstitions, on a plus de chances de mourir quand on avance vers un oratoire de Morr.

Les Pèlerins Shalléens n’ont pas à acquitter le droit de passage du défilé de la Hache s’ils ne portent aucun objet de valeur. Des contrebandiers tentent d’en profiter en se déguisant en Pèlerins pour faire passer des objets soumis à des taxes très élevées, si bien que les péagers sont obligés de fouiller ceux qui prétendent ne rien avoir. Les Pèlerins qui ont assez d’argent pour le voyage ont généralement les moyens de payer le péage.

Pour les auberges, c’est une tout autre histoire. L’une d’elles, le Puits de Miséricorde, située à deux jours de marche de la frontière de l’Empire, offre le gîte aux véritables Pèlerins, qui se limite cependant à un abri grossier. Ce dernier se trouve tout de même dans l’enceinte de la palissade qui protège l’établissement, l’aubergiste étant pour beaucoup considéré comme un modèle de charité et de piété. Les autres auberges exigent des Pèlerins qu’ils payent leur couche, comme tous les autres clients. Parfois, les Pèlerins fortunés payent pour l’ensemble du groupe, mais beaucoup sont obligés de camper à l’extérieur de l’auberge.

Enfin, certaines sections de la route n’ont aucune auberge à proposer. Ainsi, la Piste de Ludwig est si longue que seuls les cavaliers et les meilleurs marcheurs peuvent la parcourir en moins d’une journée, si bien que beaucoup doivent camper au beau milieu du col. Etonnamment, certains survivent à la nuit passée à la belle étoile.

Le temple de Shallya du Montfort offre de nombreux logements destinés aux Pèlerins et, grâce aux généreuses donations des gens soignés par Dhuoda aux Mains Blanches, un Prêtre faiseur de miracles de la dernière génération, il propose également six repas à chacun. Ce temple est également l’endroit où les citoyens de l’Empire échangent leur robe blanche, symbolisant Shallya, contre la robe jaune que portent ses fidèles à Couronne. Les Prêtresses leur précisent qu’il s’agit là d’une obligation légale et d’une injonction de leur Déesse.

Les Pèlerins doivent payer le péage aux portes de Montfort. Ceux qui sont arrivés jusque-là ont certainement les ressources nécessaires pour mettre la main sur la somme exigée, légalement ou non. Les Prêtresses invitent leurs ouailles à payer pour les Pèlerins, au titre de la charité Shalléenne, mais les abus retentissants de marchands et de Courtisans ont rendu les habitants très méfiants.

La route part ensuite vers le nord, au travers des contreforts montagneux. Le relief est accidenté et quasiment impraticable pour les chariots, mais des auberges dédiées à Shallya parsèment la route, si bien qu’on en trouve une par journée de voyage. Sir Chroderis, un Chevalier du Graal, est connu pour arpenter la route et venir au secours des Pèlerins. Ces auberges et la présence du chevalier expliquent que la piste s’enfonce au cœur de la Bretonnie plutôt que de passer par le Pays Perdu. Ainsi, très peu de Pèlerins se perdent entre Montfort et les Sœurs Pâles. En revanche, parmi ceux qui prennent d’autres routes, un sur vingt seulement ressort du Pays Perdu.

On trouve des auberges dans l’ensemble des Sœurs Pâles, jusqu’au temple lui-même. Les Roys de Bretonnie ont toujours soutenu ces établissements, le Roy Louen Cœur de Lion se montrant des plus enthousiastes dans ce sens. Cependant, les tentatives effectuées dans le but d’en ouvrir au sein du défilé de la Hache et de l’Empire ont échoué en raison des attaques d’Orques et de bandits. Nul n’a pu prouver que les aubergistes de la route en étaient responsables, mais certaines rumeurs font état d’une véritable conspiration.

Si les auberges facilitent la partie Bretonnienne de la route, il convient tout de même de préciser qu’un Pèlerin sur dix seulement arrive à Couronne en vie. Ceux qui y parviennent sont reçus par la grande Prêtresse en personne, certains bénéficiant même de soins miraculeux.

Les Pèlerins doivent ensuite rentrer chez eux. Plus de la moitié de ceux qui rentrent de Couronne sont guéris, ce que le culte n’hésite pas à crier sur tous les toits, et ce qui en pousse d’autres à tenter l’aventure. Ce qu’on sait moins, c’est que moins d’un sur cent en revient…

Une Visite aux Morts

Si on trouve un jardin de Mórr dans chaque communauté de taille de l’Empire, il n’existe pas de lieu de culte plus sacré aux yeux du Dieu des Morts, et donc pas de réelle destination de pèlerinage en son nom. Même le Théâtre des Corbeaux de Luccini, le site le plus saint du culte, n’est pas un lieu idoine de pèlerinage. Les Prêtres du culte ont une explication à cela. Ils prétendent que Mórr est le Dieu des Défunts, et qu’à ce titre, les vivants ne sont pas son problème. Ainsi, un être vivant effectuant un pèlerinage au nom de Mórr est sans doute comparable à un fidèle de Manann entreprenant une expédition en montagne. Au titre de Dieu des Songes, il ne peut être vénéré que par le biais de voyages entrepris durant le sommeil. Enfin, en qualité de Dieu des Morts, les vivants ne sont tout simplement pas éveillés à sa gloire.

Les gens pensent vénérer Mórr quand ils assistent à des obsèques, si bien que le cheminement visant à assurer le repos d’un proche est parfois qualifié de « pèlerinage à Mórr ». Certains habitants du Vieux Monde juxtaposent le rôle de Pèlerin actif et le transfèrent au défunt. Ils considèrent le trajet du lieu du décès au jardin de Mórr comme un pèlerinage, comme c’est parfois le cas des barques funéraires transportant les morts jusqu’à leur famille. Le corps des personnalités peut ainsi effectuer un pèlerinage en long et en large d’une province. Dans le cas de criminels connu, le but est de prouver leur mort ; pour les personnages de marque comme les Comtes Électeurs et les évêques, cela permet aux gens du peuple de leur rendre un dernier hommage. Plus rarement, ce type de rituel vise à embrouiller l’esprit du défunt, pour qu’il ne hante pas sa famille ou des innocents ; cela arrive notamment dans le cas de nobles dont la mort est suspecte. Ces nombreux types de pèlerinages prêtent parfois à confusion, tout particulièrement lorsque peu de gens savent que l’intéressé est mort.

« Monsieur, pourriez-vous me dire où se trouve Herr Reinholt, je vous prie ? »

« ‘Lasse, vu v’nez deul manqua, guvnheur. L’a en Pèlerin-nage du Altdorf. »

« Bon sang ! A-t-il dit combien de temps il comptait s’absenter ? »

« Lon-temps, ça pur sûr ! »

Les plus mystiques s’imaginent que la vie n’est qu’un long pèlerinage consacré à Mórr et que la destination est liée à l’existence que l’on mène. Cependant, les lieux saints de Mórr se situant dans le royaume des défunts, nul ne semble pressé d’arriver à bon port. Ceux qui font dans l’humour noir précisent que nul ne revient d’un pèlerinage effectué au nom de Mórr, ce qui explique que le culte propose si peu de lieux saints. Beaucoup font tout ce qu’ils peuvent pour éviter de penser au Dieu des Morts et d’attirer son attention. En effet, pourquoi partir à sa recherche quand il finit de toute façon par vous trouver ?


Source

  • Warhammer JdR - Le Tome de la Rédemption