Nordland

De La Bibliothèque Impériale
Blason du Nordland
Nom officiel: Grande Baronnie du Nordland
Souverain: Comte Électeur Theoderic Gausser, Grand Baron du Nordland, Prince de Salzenmund, Seigneur de Laurelorn, Duc de Marienburg, Terreur des Norses
Gouvernement: féodal
Capitale: Salzenmund
Villes franches : Salzenmund
Exportations principales: agriculture, fromage de brebis et de chèvre, laine et articles en laine, bois d’œuvre
Livrées traditionnelles : Bleu et Jaune


Description:

« Quel genre de chef faut-il être pour ne réussir à contrôler que la moitié de sa propre province ? »
- Un noble du Reikland

La juridiction du Nordland s’étend de la frontière occidentale de l’Ostland à l’orée du Pays Perdu, et du nord de la Grande Route du Nord aux côtes de la Mer des Griffes. Les Comtes Électeurs du Nordland ont accumulé une impressionnante liste de titres et de droits au cours des millénaires qui, s’ils étaient appliqués, en feraient les souverains de presque tout le nord de l’Empire, mais la réalité a le don de se jouer des ambitions les plus grandes et l’autorité des comtes ne vaut que sur la moitié des terres qu’ils revendiquent, tout au plus.

Deux vastes forêts recouvrent le Nordland, ce qui ne laisse aux humains que quelques poches creusées au cœur de ces bois denses et les côtes stériles. Le quart oriental de la province comprend la lisière de la Forêt des Ombres, qui domine l’Ostland. La région s’étend jusqu’à atteindre la route qui relie Erengrad et Middenheim, et la traverse au nord de Beeckerhoven, avant d’échouer sur la rive du Salz. En Ostland, la forêt des Ombres a une réputation sinistre et terrifiante, réputation également valable auprès du peuple du Nordland. On sait que des Araignées Géantes se cachent dans les profondeurs de ces bois, tandis qu’on voit des Hommes-Bêtes, voire pire encore, en nombre croissant depuis le début de la guerre. Les équipes de bûcherons s’y aventurent rarement très loin ces derniers temps, à moins d’être accompagnées par des soldats armés. Ces nouvelles menaces ont provoqué une baisse de la production sylvicole, ce qui affecte l’économie locale et génère un mécontentement de plus en plus bruyant selon lequel le Comte ne ferait pas son travail.

À l’ouest de Salzenmund et des collines d’Argent qui dominent la ville s’étend la forêt de Laurelorn, qui se poursuit vers l’ouest jusqu’à atteindre la lisière du Pays Perdu. Si la Laurelorn fait partie du domaine du comte d’un point de vue purement technique, il s’agit en réalité d’un royaume indépendant. Ce sont les Elfes Sylvains qui la gouvernent, peuple reclus descendant des Hauts Elfes qui décidèrent de ne pas abandonner le Vieux Monde à l’issue de la guerre contre les Nains. Par un accord avec le Comte Électeur du Nordland, les Elfes permettent aux habitants de l’Empire de s’installer dans la région qui s’étend entre les fleuves Salz et Demst, ce dernier se jetant dans la Mer des Griffes à Hargendorf. L’accord limite strictement leur nombre et les Elfes doivent donner leur aval pour qu’une communauté puisse s’établir. Ils donnent d’ailleurs leur approbation avec réticence et imposent de nombreuses restrictions sur ce que chaque communauté peut tirer de la forêt. Ces limitations irritent les humains, si bien que les nobles insistent auprès du grand baron Gausser pour qu’il exige une renégociation. Impatients comme toujours, certains humains se sont installés illégalement dans la région et les Elfes ont menacé de les expulser, par la force si nécessaire. Certains observateurs craignent un conflit armé entre les chevaliers du Comte Électeur et les guerriers de Laurelorn, mais jusqu’ici, la guerre retenait la main de Salzenmund. On craint en revanche que les Elfes considèrent le moment comme opportun pour revendiquer leurs droits.

Au-delà du Demst, se trouve le cœur de la Laurelorn, un lieu que les Nordlanders appellent le "Bois de la Sorcière", appellation inspirée par leur crainte superstitieuse de la Reine des Elfes. Les Impériaux n’ont pas le droit de traverser ce site, sous peine de mort. Même les Comtes Électeurs du Nordland sont soumis à ces règles. On ne sait pas ce qui se trouve au-delà du Bois de la Sorcière. Certains pensent que les Elfes n’ont pas de capitale et mènent une existence nomade parmi les arbres. De vieux ouvrages, en revanche, font état d’une cité de verre dans les profondeurs de la forêt, un lieu illuminé par sa propre lumière. Quelle que soit la vérité, il est certain que ni les créatures du Chaos ni les Peaux-Vertes ne survivent très longtemps quand ils pénètrent la Laurelorn, car les Elfes défendent farouchement leur terre contre tous les intrus.

La côte du Nordland est un lieu désolé, où des gens austères gagnent péniblement leur vie avec le fruit de la mer. Toute la côte est souvent recouverte d’un brouillard dense et fouettée par les orages d’hiver et d’automne. Les rivages du Nordland constituent ainsi une base peu accueillante pour la flotte impériale, mais dans la mesure où Marienburg a quitté l’Empire, la marine n’a pas eu d’autre choix que de s’établir ici. L’ancrage principal de la flotte est assuré par la ville en pleine expansion de Dietershafen, qui profite des vastes réserves en bois de la province pour alimenter son programme de construction navale en plein développement.

De Hargendorf, située tout à l’ouest, à Neues Emskrank, la côte se compose de plaines sablonneuses souvent coupées de marais et de bourbiers. En allant vers l’ouest et Norden, le rivage devient plus rocailleux et se couvre de galets au fur et à mesure qu’on se rapproche des collines côtières de l’Ostland. C’est dans la baie de Drosselspule que les pêcheurs moissonnent de grandes quantités de harengs et de morues, qu’ils conservent au moyen de sel et exportent vers le sud. Les naufrageurs restent assez courants sur les côtes du Nordland, certaines personnes ayant remarqué qu’elles pouvaient accroître leurs maigres revenus avec ce qu’elles trouvent sur les embarcations qu’elles poussent sous les flots. Cela engendre parfois des relations conflictuelles avec les autorités de Marienburg, ville dont la prospérité dépend grandement de la libre circulation du commerce.

Expression du Nordland

  • « Une affaire réglée à la Norse. » : Se dit d’un accord conclu sous la menace de coups.
  • « Seules les âmes salies brunissent leurs braies. » : Seuls les coupables ont quelque chose à craindre.
  • « Sur la route de Juton. » : Vise l’Ostland. Les Nordlanders remplacent parfois « Juton » par « Ostland ».
  • « Morue salée. » : Se dit d’un mort (en raison de l'aspect pâle et raide du poisson salé).


Les Habitants

Les gens du Nordland descendent de l’antique tribu Was Jutone. Proches frères des Was Jutone d’Ostland, ceux du Nordland ont fini par se détacher de leurs cousins des communautés orientales. Au bout du compte, les premiers Nordlanders tombèrent au combat, finirent vassaux des belliqueux Teutogens et subirent les assauts répétés des Norses. Dans l’anarchie qui régna dans le sillage de la Grande Peste de 1111, L’essentiel du littoral des vallées fluviales du Nordland fut envahi et colonisé par les Norses, ce qui mêla inexorablement les lignées. L’Empereur Mandred le Tueur de Skaven, lui-même accablé par des menaces plus graves, eut peu de temps à consacrer aux requêtes des Nordlanders, à leur plus grand malheur.

Au fil du temps et du mélange des populations, les Nordlanders adoptèrent de nombreuses coutumes de leurs cousins Norses. Les procès se résolvaient souvent par un combat, l’affrontement ayant lieu sur un drap blanc tendu au sol par des piquets. La première personne qui tachait le drap de son sang était déclarée perdante et coupable. Les maisons les plus anciennes présentent des runes gravées sur les portes et les encadrements des fenêtres pour attirer la chance et se protéger contre les esprits, tandis que le style d’habitations tout en longueur est encore très courant sur le littoral. Durant les fêtes et les réunions, les surenchères de vantardises Norses ont laissé place à des récits plus raffinés, chaque intervenant s’efforçant tout de même de surpasser son prédécesseur. L’amour des Nordlanders pour les récits est si grand qu’ils sont connus à travers tout l’Empire comme de fantastiques conteurs. Les histoires les plus appréciées sont aussi bien des épopées historiques que des comédies populaires, des légendes et des récits d’épouvante.

Les gens de cette province sont réputés pour être les plus bruyants et directs de tout l’Empire. Il semble qu’ils n’aient pas la subtilité, le tact et le bon sens de leurs voisins. De nombreuses légendes locales content le parcours de héros qui révèlent la vérité au moment crucial, pour finalement sauver la mise. Les autres provinces aiment se focaliser sur cet aspect qui illustre l’incapacité flagrante des Nordlanders à mentir. Sous leur meilleur jour, les Nordlanders constituent un peuple franc, honnête et fiable, incapable de faire preuve de fourberie et méprisant la langue poudrée des politiciens, des poètes et de ces faibles de Reiklanders.

Au chapitre des travers, en revanche, on peut dire que les Nordlanders sont rustres, grossiers et peu prévenants. Même les marchands du Nordland adoptent cette approche brusque, même s’ils font de bons escrocs. Ceux-ci ont par exemple découvert que le fait de crier un prix fixe à répétition semblait avoir un effet manifeste sur les négociants habitués aux subtilités des affaires et du négoce. De nombreuses provinces sont persuadées que cette attitude est issue de leur mélange de sangs Was Jutone, Teutogen et Norse. Cet héritage métissé est à la source du complexe Nordlander. Les Impériaux modernes regardent les Norses avec une admiration mâtinée de crainte, les considérants aussi bien comme de puissants guerriers que comme des barbares sauvages, qu’il n’est pas conseillé de laisser avec sa fille ou sa brebis. Un dicton de l’Empire affirme que « le caractère est dans le sang », ce qui signifie que notre personnalité serait dictée par celle de nos ancêtres. C’est ainsi que les Nordlanders, bien qu’ils soient de l’Empire, sont souvent considérés « pas vraiment comme nous » par les autres Impériaux, plus rudes et frustes, y compris selon les critères des Middenlanders les plus sauvages et hirsutes.

La gêne des Nordlanders vient également de la mode des aristocrates, en particulier dans le nord, qui consiste à établir son arbre généalogique en remontant jusqu’aux tribus fondatrices. Plus l’ascendance est pure, plus le rang est censé être élevé, le summum étant bien sûr de pouvoir se trouver un ancêtre parmi les chefs fondateurs. Parmi toutes les provinces, seul le Nordland fut envahi par des étrangers, ce qui est une source d’embarras pour les nobles qui attachent de l’importance au rang, en particulier ceux qui traitent avec ces arrogants de Middenlanders et ces rustauds du Stirland. Quand un Middenlander se vante de ne s’être « agenouillé que devant Sigmar en personne », le Nordlander a de quoi se sentir insulté.

Pour compenser, la plupart des Nordlanders affichent leur loyauté envers l’Empire et le culte d’Ulric de manière beaucoup plus démonstrative que la plupart des autres habitants des provinces. Cet enthousiasme débordant apparaît comme creux pour certains, tandis que d’autres voient là un exemple en matière de devoir et de patriotisme.

Chasseurs et bûcherons renommés, les aptitudes forestières des Nordlanders sont tellement évidentes que même les Hochlanders et les habitants de la Talabec admettent en serrant les dents qu’ils ne sont « pas trop mauvais ». Les Nordlanders sont assurément proches de la terre : la province propose l’une des communautés de fidèles de Rhya les plus importantes du nord de l’Empire, centrée autour des villages tribaux qu’on trouve au sud de Hargendorf. Le culte de la Mère des Moissons sans son conjoint Taal est considéré comme particulièrement dangereux au sein de certains cercles de penseurs. Les Talabeclanders, en particulier, sont très critiques sur ce « culte de femmes ». Ils murmurent que les Elfes se joignent aux humains lors de rituels religieux qui se déroulent dans d’antiques cromlechs, au fin fond des bois. Si ces conjectures sont nombreuses, personne ne sait vraiment ce qui se passe pendant ces cérémonies mutuelles. Ces rumeurs dérangent le Comte Électeur, qui envisage d’envoyer des hommes pour voir si les habitants de la vallée du Demst fomentent une révolte.

L’accent Nordlander est l’un des plus aisément identifiables de l’Empire. Les Nordlanders parlent vite et d’une voix rauque, à la limite de l’aboiement. On dit que les chants du Nordland sonnent comme « un tonneau de graviers dévalant une colline ».


Sites Notables

Schlaghügel

À près de quarante kilomètres au sud de Hargendorf, sur la rive occidentale du Demst, se trouve le village abandonné de Schlaghügel. Fondé à l’époque du grand-père du baron von Hargenfels actuellement en place, le village visait à coloniser progressivement les terres sises à l’ouest du Demst. L’une des attractions du village était alors la présence d’un ancien cercle de pierres, du type de ceux qui étaient érigés par les fidèles de l’Ancienne Foi, il y a bien longtemps. Le baron, lui-même membre du culte de Rhya, vit là un site sacré et chercha à le préserver et à lui redonner toute sa dimension. Quarante familles y furent envoyées pour y refaire leur vie. Au départ, une garnison protégeait les villageois, mais après quelques années de calme, il apparut que les Elfes de Laurelorn toléraient la petite communauté, certains allant jusqu’à troquer avec elle.

Mais un été, il y a cinq ans de cela, les gens de Schlaghügel disparurent. Des marchands rapportèrent que le village était désert. Klement, l’actuel baron von Hargenfels, envoya son bailli pour enquêter. Il ne restait plus le moindre habitant. Pas le moindre signe de violence ou de lutte, pas de corps, pas la moindre indication sur l’endroit où ils auraient pu aller. Même les animaux avaient disparu. Les seuls indices présents se limitaient à deux mots gravés sur un arbre du terrain communal : "brouillard" et "miséricorde".

Schuten

Situé entre Beeckerhoven et Norden, sur la route qui mène à Erengrad, le village de Schuten est une étape de prédilection pour les voyageurs qui cherchent à passer une nuit confortable, mais aussi pour les chasseurs qui ont besoin d’une base pour leurs expéditions dans les collines Roncières, au sud. On y trouve l’auberge Brombeerstrauch, relais de coche fortifié, tenu par Augustus Hargrimsson, ancien mercenaire Nain à la jambe de bois. Hargrimsson bénéficie d’une concession à vie pour gérer l’auberge depuis qu’il a sauvé la vie du baron local, Helmuth Adenauer, contre une Vouivre, à l’issue d’un combat qui lui coûta la jambe.

L’auberge peut accueillir jusqu’à trois voitures avec leurs chevaux et Augustus emploie l’un de ses cousins de clan pour officier comme forgeron, choix que le propre forgeron du village a du mal à avaler. L’auberge dispose d’une grande salle commune qui donne sur deux petites arrière-salles, tandis qu’on trouve à l’étage plusieurs chambres pour ceux qui préfèrent éviter le dortoir. Hargrimsson, qui est veuf, a ses quartiers au rez-de-chaussée, attenants à la cuisine. Si Hargrimsson se charge de servir à boire, les fourneaux sont sous l’autorité d’une femme de Salzenmund, du nom d’Erika Fleisch. La nourriture, sans être fantastique, est chaude et rapidement servie, ce qui correspond somme toute aux attentes des voyageurs fourbus. Hargrimsson brasse sa propre bière, réputée pour être la meilleure du Nordland, avec du houblon et des céréales locales.

À Schuten, la vie n’est pas facile depuis peu, la guerre n’ayant laissé de place qu’à la circulation d’unités de l’armée. Les officiers qui font étape à l’auberge profitent du gîte et du couvert en laissant des billets à ordre qu’il est pratiquement impossible d’encaisser. Plusieurs hommes du village ont été appelés à la guerre, si bien qu’on manque de bras robustes pour entretenir les champs et assurer la moisson le moment venu. Si les choses durent encore longtemps, il ne restera plus qu’un village désolé.


Source

  • Warhammer JdR - Les Héritiers de Sigmar