Nagash

De La Bibliothèque Impériale
Dans ce désert redoutable, sous le regard blafard de la lune, les morts défilent. Ils hantent les dunes au milieu du vent suffocant de la nuit. Ils brandissent leurs armes en se moquant de toute vie et parfois, avec des voix fantomatiques ressemblant au bruissement de feuilles fanées, ils murmurent le seul mot dont ils se souviennent, le nom de leur maître ténébreux, le nom de Nagash.
- Extrait du Livre des Morts, par Abdul ben Rashid, traduit de l’Arabien par Heinrich Kemmler

Aujourd’hui, la Terre des Morts est une étendue désertique. Le Grand Fleuve est empoisonné et de couleur rouge sang, n’offrant aucune chance de se désaltérer au voyageur assoiffé. Il est vrai que personne de vit dans ces cités qui ne sont que des ruines aux abords des nécropoles. Il est également vrai que les routes ont depuis longtemps disparu sous le sable, ne laissant que quelques statues écroulées et des monuments érodés par les vents. Les rares voyageurs qui en sont revenus ne parlent que de désolations, de solitude, d’horreur, et de la mélancolie qui empli les cœurs, car s’il est vrai qu’à présent ces terres sont sans vie, il n’en a pas toujours été ainsi.

En des temps reculés, une civilisation fleurissante vivait là, le long des rives du Grand Fleuve. Son peuple construisant des cités, utilisait les chars, l’arc et la lance. Il était gouverné par les Prêtres-Rois, dont le moindre caprice avait force de loi. À mesure que passait les générations, les Prêtres-Rois, obsédés par l’immortalité, construisirent des tombeaux de plus en plus élaborés, jusqu’à ce que chacun d’entre eux ne finisse par n’amasser des richesses qu’en vue de se construire le plus beau des tombeaux, convaincus qu’ils allaient devenir leurs demeures pour le reste de l’éternité. Bientôt, chaque cité avait sa nécropole, et les années passant, elles finirent par être plus grandes que les cités elles-mêmes, les Prêtres-Rois voulant laisser des monuments parmi les plus grandioses. Ils étaient enterrés en armures, avec leurs chars et leurs chevaux, leurs femmes, leurs serviteurs et leurs soldats étaient d’ailleurs enterré avec eux lorsqu’ils mourraient. Ainsi, chaque tombe pyramides contint bientôt une véritable légion de mort.


Le Roi de Khemri

Nagash le Sorcier
Environs deux mille ans avant le règne de Sigmar, Nagash naquit à Khemri, la plus grande des cités du Grand Fleuve. Il était le fils aîné du Roi Khetep, et intégra donc le Culte Mortuaire tandis que son frère cadet Thutep était destiné à monter sur le trône à la mort de son père. Obsédé par l’idée de la mort depuis son plus jeune âge, il regardait les guerriers blessés au combat agoniser puis mourir et ne se faisait pas à l’idée que lui-même puisse un jour disparaître de cette façon. Nagash était un élève exceptionnellement doué, et son talent aussi bien que sa lignée lui permirent de devenir rapidement un des hauts prêtres de Khemri. Cependant, ce statut était loin de satisfaire sa soif de pouvoir. Bouffi de fierté et d’ambition, il convoitait le trône de son frère et échafauda un plan visant à s’en emparer.

Il commença à modifier subtilement les incantations du Culte Mortuaire et rassembla autour de lui une dizaine d’acolytes, parmi lesquels le désormais tristement célèbre Arkhan. Une nuit, alors que la lune était voilée de nuages, Nagash assassina les gardes du corps de Thutep et fit inhumer vivant le jeune Roi dans la pyramide de son père. Le matin suivant, il se proclama Roi de Khemri. Nul n’osa s’opposer à lui malgré le sang qui souillait ses mains. Le destin avait sourit à Nagash car une flotte d’Elfes Noirs prise dans une tempête s’était échouée sur les rives de Nehekhara. Il avait fait capturer ces étrangers à la peau pâle et les emprisonna dans la pyramide de Khetep la veille de son inhumation, où il les tortura jusqu’à ce qu’ils lui dévoilent les secrets de leurs arts mystiques. C’était un sorcier intuitif et brillant, aussi n’eut-il aucune difficulté à les maîtriser. Au bout de quelques années à peine, Nagash réussit à surpasser les pouvoirs de ses tuteurs. Il finit d’ailleurs par les tuer au cours d’un duel magique alors qu’ils tentaient de s’échapper.

Nagash se livra à des expériences inavouables au cours de sa quête de l’immortalité et commença à expérimenter la Nécromancie en combinant la Magie Noire avec le savoir du Culte Mortuaire. Il compila ses découvertes dans neuf grimoires maudits, les tristement célèbres Livres de Nagash, qui sont encore aujourd’hui les sources de connaissances nécromantiques les plus exhaustives du monde. L’un de ses plus grands succès fut l’élaboration de l’Élixir de Vie. Grâce à lui, Nagash réussit à percer le secret de la jeunesse éternelle. Il permit à son vizir Arkhan et à ses autres lieutenants de le boire. Cela leur accorda l’immortalité et une force surnaturelles, mais comme ils étaient incapables de réaliser eux-mêmes cette potion, ils restaient dépendants de Nagash pour se la procurer.

Avec leur espérance de vie étendue, Nagash et ses suivants disposèrent de plus en plus de temps pour étudier. Ils en arrivèrent à se prendre pour des Dieux et à considérer les habitants de Nehekhara comme du bétail. Le temps passant, ils se mirent à éviter la lumière du jour et à rechercher les endroits froids et sombres afin d’éviter la brûlure du soleil. Ils élurent alors domicile dans les palais de la nécropole et Nagash supervisa la construction de sa Pyramide Noire, l’édifice le plus gigantesque jamais érigé par l’homme. La population de Khemri pensait qu’il s’agissait d’un simple tombeau, mais cette structure avait en fait pour rôle de canaliser les Vents de Magie, afin d’attirer la Magie Noire selon le bon vouloir de Nagash.

La pyramide devint son obsession, et sa construction ne tarda pas à monopoliser l’essentiel des ressources de Khemri. Le Nécromancien fut forcé de livrer des guerres afin de s’emparer des ressources nécessaires à son édification et de remplacer les esclaves qui mouraient au labeur. Il demanda des tributs exorbitants en or et en esclaves aux autres cités. Celles qui refusaient étaient attaquées et pillées. Du marbre noir fut importé de terres lointaines, et des millions d’esclaves trimèrent nuit et jour pendant cinquante ans, jusqu’à ce que la pyramide soit achevée. Cependant, le prix payé par Khemri était tel que la cité était en ruine, et ravagée par la pauvreté. Les autres Prêtres-Rois profitèrent de la faiblesse de la cité pour se rebeller. Ils refusèrent de continuer à payer un tribut à Nagash, et forgèrent une grande alliance pour provoquer sa chute.

Nagash usa de ses pouvoirs nécromantiques pour soumettre les Prêtres-Rois, et invoqua une légion de squelettes afin de guerroyer contre eux. C’était la première fois au cours de l’histoire que les morts marchaient sous les ordres d’un maître, et l’horreur qu’ils inspiraient poussa de nombreux soldats à fuir lorsqu’ils les aperçurent. Les villes tombèrent les unes après les autres sous la coupe de Nagash, car même lorsque les hommes osaient se battre, les victimes venaient grossir les rangs des armées de Morts-Vivants. Le Nécromancien était persuadé que les Prêtres-Rois finiraient tôt ou tard par implorer sa pitié, mais son arrogance causa sa perte, car il sous-estima la fierté et le courage de ses adversaires. Au bout de longues années de conflit, les sept Prêtres-Rois qui résistaient toujours jetèrent toutes leurs forces dans la bataille : leurs armées affrontèrent les forces de Nagash avec une fureur dévastatrice.

Au cours de la guerre qui suivit, des déferlements de Magie Noire dévastèrent les terres, si bien que de nombreuses oasis furent empoisonnées et devinrent aussi désolées et dénuées de vie que le désert qui les entourait. Au terme d’une bataille épique, les osts de Morts-Vivants furent défaits et Khemri fut assiégée puis mise à sac. En s’enfuyant de la cité en flammes vers les profondeurs glacées de sa pyramide, Nagash se retourna et menaça du poing les armées des Prêtres-Rois qui s’approchaient. Il jura que leurs cités tomberaient en poussière. Les Prêtres-Rois se gaussèrent. Ils ordonnèrent à leurs guerriers de pénétrer dans la pyramide pour en tirer un à un les disciples hurlant de terreur de Nagash, puis ils les firent décapiter et les brûlèrent. Les Prêtres-Rois mirent à bas tous les monuments érigés à la gloire de Nagash. Les obélisques de Khemri furent jetés au sol et les tombes profanées. Toute trace de Nagash fut effacée, mais ils ne trouvèrent nulle part l’ancien maître de la ville. Ses disciples avaient juré l’avoir vu s’allonger dans son sarcophage, mais quand on l’ouvrit, il était vide.

Malgré le pacte conclu entre les Prêtres-Rois, la Reine Neferatem de Lahmia vola les grimoires afin de mettre au point sa propre version de l’élixir de Nagash et d’accéder à la vie éternelle, mais notre propos n’est pas de raconter ici le détail de la chute de Lahmia.


Le Grand Nécromancien

Nagash l’Implacable
Pendant ce temps, Nagash errait dans le désert. La soif lui brûlait la gorge et d’affreuses visions dansaient devant ces yeux, mais son incroyable volonté et sa vitalité hors du commun le maintenaient en état de poursuivre sa route. Selon la traduction de Kadon de ses propres écrits, Nagash prétend être mort et, après avoir erré dans les limbes, avoir trouvé une voie pour rejoindre le monde des vivants. La plupart des érudits prétendent qu’il s’agit d’hallucinations engendré par la soif et la chaleur, mais d’autres ne sont pas aussi catégoriques. Enfin, le Nécromancien réussit à atteindre les Montagnes du Bord du Monde. Certaines forces maléfiques l’attirèrent vers le Pic Dolent et là commença une nouvelle étape de sa carrière maléfique.

Le Pic Dolent est évoqué avec effroi par les rares personnes qui s’y sont rendues. C’est une immense montagne escarpée sur les rives de la Mer de Fiel. Dans l’antiquité, un énorme fragment de Malepierre tomba du ciel sur le sommet du pic et s’enfonça jusqu’au plus profond de la montagne. Au fil des ans, la pluie, la neige et l’érosion transportèrent de la poussière de Malepierre jusque dans la Mer de Fiel, souillant l’eau et faisant muter les poissons et les serpents qu’elle n’avait pas tués. La mer fut bientôt entourée par une végétation clairsemée et mutante. La nuit, les points d’eau luisent d’une lueur verte et se couvrent d’écume toxique. Les tribus qui vivent sur ces rives et boivent cette eau montrent des signes de dégénérescence et de mutations dus à l’exposition prolongé aux influences du Chaos. Lorsque Nagash vit cet endroit, il fut satisfait : il avait trouvé ce qu’il cherchait. Lorsqu’il goûta pour la première fois l’eau de la Mer de Fiel, des visions embrasèrent son esprit et un sombre pouvoir jaillit dans ses veines. Cet endroit était tout ce dont il avait besoin.

Des années durant, Nagash vécut en ermite dans une grotte des flancs du Pic Dolent, méditant sur la nature intrinsèque de la Magie, puisant une certaine sagesse de son esprit malade. Il explora le réseau de cavernes jusqu’à ce qu’il trouve le lac enfoui auprès duquel gisait le fragment de Malepierre. Il mélangea la substance du Chaos avec des herbes et du Lotus Noir et utilisa la mixture ainsi obtenu pour renforcer son pouvoir et rendre son esprit plus pénétrant et réceptif. Les années passaient et la constante exposition à la Malepierre engendra des mutations terribles sur le Grand Nécromancien. Sa peau se dessécha et finit par devenir translucide, ses muscles et ses veines furent bientôt tout ce que l’on distinguait de sa personne. Ses yeux s’enfoncèrent dans leurs orbites pour ne plus devenir que deux boule de pus phosphorescent. Ses doigts s’allongèrent jusqu’à se transformer en serres et ses ongles devinrent des griffes. Son cœur s’arrêta de battre et son sang cessa de circuler, mais son corps continua à se mouvoir par la force de sa sombre volonté et de ses pouvoirs maléfiques. Comme il le désirait depuis si longtemps, il avait franchi le pas et entrait dans le royaume de la mort, ou du moins le croyait-il.

C’est durant cette période que Nagash fit ses plus gros progrès dans la Nécromancie, perfectionnant des sorts que par la suite tous les Nécromanciens allaient utiliser. La nuit, il visitait les tombes des tribus qui vivaient aux alentours du Pic Dolent : ceux qui le croisaient s’enfuyaient et il tuait d’un simple mot les chamans qui osaient s’opposer à lui. Comme ils étaient déjà morts et pourris, la Malepierre ne risquait pas de faire grand mal à ces Zombies ou squelettes, aussi Nagash les envoya creuser les grottes sous le Pic Dolent et construire une tour de pierre qui allait servir de fondation à ce qui deviendrait par la suite Nagashizzar, l’Abîme Maudit, la plus grande et la plus puissante de toutes les forteresse du Mal.

Désirant contrôler toujours plus d’esclave Morts-Vivants, Nagash envoya ses légions capturer des tribus locales. À la nouvelle lune, les infortunés étaient entraînés sous terre pour se faire arracher le cœur sur l’autel de Nagash. Leurs carcasses sans âmes se levaient alors et devenaient les éternels esclaves de leur maître ténébreux. Incapables de résister aux légions de Morts-Vivants, les tribus se mirent alors à vénérer le Grand Nécromancien comme un Dieu et envoyèrent docilement leurs plus belles vierges en guise d’offrandes vers la tour de Nagash. Cela flattait sa vanité et il épargna les tribus, leur enseignant même beaucoup de choses, assez pour en faire une nation maléfique soumise à sa seule volonté. Cela convenait parfaitement à l’ironie de Nagash d’apprendre à ces tribus le rituel de la Fête Morbide, qui amènerait ruine et malédiction sur ce peuple.

En à peine quelques siècles, Nagash avait bâti sur les rives de la Mer de Fiel un véritable empire voué au Mal. Des légions en armures noires servaient aux côtés des cadavres animés de leurs parents décédés. Les mines sous la tour de Nagash descendirent jusqu’aux racines même de la montagne, et les murs qui entouraient la tour s’étendirent comme un cancer pour couvrir plusieur lieues de chaque côté. Ainsi naquit Nagashizzar, citadelle imprenable, laboratoire de l’alchimie et bibliothèque des arts sombres, capitale de l’homme le plus malfaisant que le monde ai jamais connu. Telle une araignée dans sa toile, Nagash se tenait sur son trône de crânes humains, s’affairant à rassembler une horde telle qu’il ne s’en était jamais vu dans ce monde.

Mais en dépit de son extrême puissance et du fait que les Prêtres-Rois ignoraient sa présence, Nagash avait des ennemis.

Attirés par la Malepierre comme un papillon de nuit par une flamme, les Skavens arrivèrent en nombre. Les hommes-rats utilisaient cette substance à leurs propres fins et cherchaient à présent à entrer en possession du stock qui se trouvait sous Nagashizzar. Ils débouchèrent dans les mines du Pic Dolent et tentèrent d’investir la place comme ils avaient pris les forteresses Naines du nord peu de temps auparavant. Mais prendre Nagashizzar s’avéra être une toute autre affaire : les serviteurs de Nagash étaient légions et n’abandonnaient jamais. Les combats s’étirèrent sur des jours, puis des semaines et enfin des mois sans que les Skavens parviennent à prendre l’avantage. Les Technomages du Clan Skryre arrivèrent pour briser le statu quo, mais depuis la salle du trône, loin au-dessus des combats, Nagash protégeait ses troupes des enchantements des hommes-rats. Des escarmouches se prolongèrent ainsi pendant de longues décennies. Les Skavens portèrent la guerre contre les tribus humaines autour de Nagashizzar. Leurs villages brûlèrent et leurs habitants furent massacrés, mais les hommes craignaient plus Nagash que les hommes-rats. Ce bain de sang se termina sans vainqueur, car le Grand Nécromancien avait d’autres plans et les Skavens le retardaient. Il conclût donc un pacte avec leurs chefs, le Conseil des Treize : en échange de leur aide, il leur fournirait de la Malepierre issue du Pic Dolent. Ce n’était pas vraiment ce que voulait le Conseil, qui aurait préféré s’approprier tout le gisement de Malepierre, mais c’était mieux que de poursuivre une guerre stérile en espérant une issue incertaine. Les Skavens acceptèrent donc.

Au cours de ces nombreux siècles, Nagash n’oubliait pas la promesse qu’il avait faite aux Prêtres-Rois. Il voulait se venger et il trouva des alliés au sein même de son ancienne patrie : Neferatem et sa coterie de Vampires de Lahmia. Le Prêtre-Roi de Khemri avait mené une coalition de toutes les autres cités de Nehekhara contre Lahmia et contre une telle armée, même les Vampires ne put l’emporter. La population fut réduite en esclavage, les temples détruits et les Vampires chassés. Ils fuirent vers le nord et arrivèrent un par un à Nagashizzar, chez celui qui par le passé avait été leur plus grand ennemi. Nagash fut amusé à leur vue car, sans le savoir, les Vampires avaient été guidés par son implacable volonté depuis leur création. Il savait qu’ils étaient les rejetons de ses maléfices, et fut ravi de voir la corruption se répandre à Lahmia. Il voyait en eux des champions idéaux, leur damnation étant le tribut payé à son génie malfaisant. C’est ainsi que Nagash guida les Vampires jusqu’à lui et qu’ils devinrent ses capitaines.

Nagash avait à présent réuni tous les éléments de son maître plan. Il fit le serment de transformer la planète en royaume pour les Morts-Vivants, où nulle action ne serait entreprise sans son consentement, et ainsi régner sur un monde-cimetière de cadavres animés. La première étape était l’élimination de sa patrie natale. Sur son ordre, les Vampires prirent le commandement des hordes de Morts-Vivants : des squelettes tirés des tombes et des cairns des terres du nord par la sorcellerie de Nagash embarquèrent sur des navires d’os pour traverser la Mer de Fiel, vers la cité abandonnée de Lahmia. Mais celui-ci avait sous-estimé ses anciens compatriotes. Pendant son absence, le Pays du Grand Fleuve était devenu une coalition de cité-états puissamment fortifiées formant un vaste empire gouverné par un unique Roi : Alcadizaar le Conquérant. Il était le plus grand général de son époque et son empire avait atteint l’apogée de sa puissance. Lorsque les Morts-Vivants arrivèrent, ils se retrouvèrent face à un état unifié défendu par une puissante armée. De plus, enivrés par la défaite des Vampires à Lahmia, ils étaient prêts à se battre. La guerre ravagea Nehekhara pendant des années et mit la plupart des royaumes à genoux. Malgré tout, Alcadizaar mena avec brio les forces de la Grande Terre contre les troupes du Nécromancien, jamais ses légions ne faiblirent sous son commandement, elles résistèrent vaillamment et la guerre qui s’ensuivit fit rougir les sables pendant de nombreuses années. Les Vampires étaient des sorciers et des combattants redoutables qui ne laissaient derrière eux que mort et terreur, mais ils n’étaient pas invincibles. L’avantage changea de camp plusieurs fois pendant plus de dix années de guerre, jusqu’au jour où les armées d’Alcadizaar réussirent à repousser les Morts-Vivants une bonne fois pour toutes lors de la Bataille du Crâne Doré.

Forcés d’abdiquer, les Vampires fuirent à travers le désert jusqu’à Nagashizzar pour apporter à Nagash la nouvelle de leur défaite. La colère du Grand Nécromancien fut terrible. Il maudit ses capitaines qui avaient échoué, et les condamna à souffrir éternellement. Sentant le vent tourner, les Vampires s’enfuirent aux quatre coins du monde pour échapper à la destruction et à la colère de leur maître.


Le Grand Rituel et la Défaite de Nagash

Nagash l’Immortel
Pendant une décennie entière, Nagash pesta et prépara de nouveaux plans. Il était si amer qu’il décida de rayer toute vie de la surface de Nehekhara plutôt que de voir quelqu’un d’autre régner à sa place. Ses agents transportèrent de la Malepierre jusqu’aux sources du Fleuve Vitae pour l’empoisonner. Les eaux du fleuve devinrent noires et poisseuses et contaminèrent les terres de la région. Les cultures flétrirent et celle qui purent être moissonnées étaient toxiques. La peur s’empara des habitants, car le Grand Fleuve était l’artère vitale de la région. Ils finirent par tomber malades les uns après les autres et moururent dans de terribles souffrances : des millions de personnes trépassèrent dans les semaines qui suivirent. Au même moment, les Skavens reçurent pour instruction de rabattre les tribus de Peaux-Vertes qui vivaient sur les flancs des Montagnes du Bord du Monde pour les amener à Nagashizzar. Ils n’avaient aucune idée des sombres desseins de Nagash, mais, en échange de leurs services, ils étaient grassement payés en Malepierre brute.

Alcadizaar, assis dans sa salle du trône, ne pouvait qu’assister à la mort de son peuple et de son royaume, détruit par un ennemi qu’il ne pouvait affronter. En quelques semaines, les cadavres des victimes dépassèrent en nombre les vivants. Les rues des villes étaient jonchées de corps qui pourrissaient dans les rues, car la pestilence se répandait sur tout le territoire, les gens mourraient couverts de pustules, et les médecins succombaient en prodiguant leurs soins, le bétail sans surveillance errait avant de mourir lui aussi. Chaque chose vivante de Nehekhara était malade. Alcadizaar voyait ses amis mourir un par un, puis ses enfants, et enfin sa femme. Lui-même fut épargné comme si une volonté maligne était à l’œuvre. Il était seul dans son palais, pleurant sur son trône doré, tandis qu’au loin, il entendait approcher une armée.

Ce n’est que lorsque la mort et la destruction furent complète qu’arriva la puissante armée de Nagash. Les quelques rares survivants de l’armée d’Alcadizaar étaient malade et ne purent rien faire contre les Morts-Vivants qui se répandirent d’un bout à l’autre du pays. Ils ne s’arrêtèrent qu’après avoir tué tous les humains, tous les animaux, chiens, chats, oiseaux. Sauf un ! Ils capturèrent Alcadizaar dans sa salle du trône avant de le jeter dans un cachot. Pour la première fois depuis des siècles, Nagash put à nouveau s’asseoir sur le trône de Khemri.

Toutefois, Nagash ne resta pas longtemps à Khemri. Revigoré et inspiré par cette victoire, le Grand Nécromancien expliqua à Alcadizaar seul les détails de son plan démoniaque. Il lui révéla qu’il s’apprêtait à réanimer tous les cadavres de Nehekhara pour les utiliser comme soldats dans ses armées afin de faire de ses visions d’un monde où rien ne vit, où les Morts-Vivants arpentent une terre stérile, une réalité. Livré au désespoir, Alcadizaar fut jeté dans les oubliettes, à disposition du bon vouloir de Nagash. Les proclamations du Grand Nécromancien n’étaient pas de la vantardise, il avait la ferme intention de mettre son plan à exécution.

Au cours d’un rituel qui dura plusieurs jours, il absorba une quantité considérable de Malepierre, et invoqua toutes les énergies magiques stockées dans la Pyramide Noire, jusqu’à ce que son corps se consume littéralement d’énergie et que son sang devienne du magma. Tout ce qui restait de sa chair fut définitivement détruit, si bien qu’il finit par ressemble à un squelette en armure noire. Les Orques et les Gobelins furent conduits hors des donjons et sacrifiés un par un sur un autel, leurs âmes dévorées par le Grand Nécromancien afin d’accroître son pouvoir. Pendant toute une nuit et toute une journée, tandis que Morrslieb scintillait dans le ciel, Nagash psalmodia son dernier et plus puissant sortilège. Alors qu’il entonnait ses incantations, d’immenses nuages plus noirs que la nuit s’accumulèrent au-dessus de Nagashizzar et le sol fut secoué par des tremblements de terre. Dans les donjons, les quelques Peaux-Vertes survivants se mirent à hurler à la mort, et sur l’ensemble du continent, les vivants vécurent d’affreux cauchemars. D’étrange lueurs apparurent au fond de la Mer de Fiel, alors que du haut de sa tour, Nagash dispersait au vent des poignées de poussière noire qu’un vent glacial emportait loin de Nagashizzar, jusqu’à ce qu’elle se disperse sur les nécropoles et les charniers de Nehekhara. Au moment où sa voix monta crescendo ; une vague de pouvoir jaillit de son corps et submergea le Pays du Grand Fleuve. Soudain, à travers tout le pays, les morts s’éveillèrent. Une lumière verte anima des dizaines de milliers d’yeux putrescents. Un à un, les cadavres se levèrent et, animés par l’incroyable volonté de Nagash, une horde de Morts-Vivants dont la taille dépassait l’entendement, la plus grande armée que le monde ai jamais vue, commença à converger vers Nagashizzar.

Épuisé par la dépense d’énergie qu’avait nécessitée le sort, Nagash tomba en transe, affalé sur son trône. Alors même que son armée continuait à se diriger vers Nagashizzar, un silence de plomb s’abattit sur la cité, comme si la mort avait fini par s’emparer de la capitale du Seigneur Liche.

Une telle débauche d’énergie maléfique ne pouvait passer inaperçue. Les Skavens du Conseil des Treize finirent par réaliser que Nagash en était l’origine et ils prirent peur. Avec les innombrables Morts-Vivants sous ses ordres, il serait invincible et n’aurait alors plus besoin de l’aide des Skavens. Il pourrait même se venger de leur attaque contre son royaume. Sentant que le Grand Nécromancien était vulnérable, ils réalisèrent qu’ils tenaient là leur dernière chance de survie. Aussi cruciale que fût cette tâche, ils ne trouvèrent aucun Skaven en qui ils avaient suffisamment confiance pour aller tuer Nagash. Certains des membres du Conseil doutaient que leurs armes puissent seulement l’affecter, les autres avaient peur de la réveiller avant d’avoir pu le tuer. Tous connaissaient son redoutable pouvoir et personne n’osait prendre la responsabilité de ce qui allait arriver.

C’est alors que le Conseil se souvint du prisonnier qui se languissait dans les geôles de Nagash. Nul doute qu’il sauterait sur cette opportunité qui lui serait donnée de se venger. Il aurait toutefois besoin d’une arme assez puissante pour vaincre son adversaire, d’une arme si redoutable, en fait, qu’elle sonnerait aussi le glas de son porteur. Mais cela n’avait pas d’importance pour le Conseil qui, pour la première fois, vota unanimement l’exécution de ce plan. Le Conseil fit forger dans l’urgence une lame de Malepierre. Les Prophètes Gris enchantèrent le métal encore chaud, puis les Technomages du Clan Skryre y gravèrent des runes si redoutables que leur simple lecture était mortelle. Enfin, une pierre de vision fut enchâssée dans le pommeau afin que le Conseil puisse suivre le déroulement des événements et protéger son porteur. Avant même que la lame soit froide, elle fut placée dans un coffre de plomb et transportée à travers le Cloaque. Empruntant des passages secrets, les Skavens trouvèrent leur chemin au cœur de la citadelle. Aucune sentinelle ne donna l’alarme et les hommes-rats finirent par atteindre la cellule ou Alcadizaar était enchaîné.

Sans la moindre explication, ils libérèrent le prisonnier et déposèrent le coffre ouvert devant lui avant de s’enfuir. L’humain s’empara de la Lame Fatale, puis les membres du Conseil le guidèrent jusqu’à la salle du trône. Le roi obéit en silence et traversa les couloirs déserts. Au dehors, le nuage de poussière soulevé par la horde en approche était visible à l’horizon.

Nagash se trouvait seul dans la salle du trône, baigné dans une pénombre inquiétante. L’humain s’approcha avec hésitation, et se figea devant la silhouette monumentale dressée face à lui. Le feu des yeux du Seigneur Liche était éteint et il demeurait immobile. Les runes de sa couronne ne scintillaient plus. Pendant un moment, Alcadizaar se demanda s’il s’agissait d’une ruse, une nouvelle forme de torture, lorsqu’il réalisa que cela n’importait guère, il leva son arme et l’abattit dans un éclair de lumière. Au dernier instant, comme averti par un sixième sens, le Seigneur Liche leva le bras pour parer le coup. L’épée trancha le membre au niveau du poignet et la redoutable serre du Grand Nécromancien tomba au sol. Sa dépouille était si imprégné de Magie que même tranchée, sa main, animée par une vie propre, s’enfuit dans un couloir, telle une horrible araignée. Nagash était totalement sorti de sa torpeur et tenta de lancer un sort pour écorcher vif son assaillant, mais le Conseil protégeait sa marionnette - non sans peine - et ils parvinrent à contrer les terribles éclairs de Nagash. Un grand sifflement de frustration s’échappa des lèvres décharnées du Grand Nécromancien et Alcadizaar frappa à nouveau, déchirant les côtes de Nagash et lui brisant la colonne vertébrale. Le Seigneur Liche saisit Alcadizaar par la gorge de son unique main et l’étrangla. Le sang jaillit à l’endroit où ses griffes s’étaient enfoncées. Ses pieds quittèrent le sol lorsque Nagash le souleva d’une seule main. Luttant contre l’asphyxie et l’inconscience, l’humain devint fou de rage et abattit sa lame sur le bras de Nagash, le lui sectionnant au niveau du coude. Les runes Skavens commençaient à faire effet et toute la vitalité surnaturelle du cadavre de Nagash le quittait. Le goût de la vengeance et de la victoire sur les lèvres, Alcadizaar s’acharna comme un forcené sur la dépouille assaillie de convulsion, tailladant les restes de son pire ennemi en mille morceaux.

Les ossements du Seigneur Liche finirent par joncher le sol, Alcadizaar retira la couronne de la tête de Nagash et, tandis qu’il s’éloignait en titubant, submergé par la folie et l’égarement, les Skavens qui l’avaient suivi discrètement s’emparèrent des restes de Nagash pour les jeter dans les forges. Chaque morceau de la dépouille du Grand Nécromancie fut brûlé au feu de la Malepierre en fusion : celui-là même qui lui avait servi à forger quelques-uns de ses attributs les plus puissants. Seule sa griffe ne fut jamais retrouvée et resta la seule partie de Nagash à survivre.

Suite à sa destruction, l’énergie qui parcourait l’armée de Morts-Vivant s’évanouit et ils s’écroulèrent comme des marionnettes dont on aurait coupé les fils. Les tombes des Rois avaient aussi été touchées par la Magie de Nagash, qui s’était propagée dans les fosses communes des nécropoles, mais en raison des protections conférées par les incantations dont leurs pyramides avaient fait l’objet, la Magie du Nécromancien affecta les seigneurs de Nehekhara et leurs légions ensevelies d’une manière bien différente. Mais ceci est une autre histoire. Pour l’instant tout du moins, le plus puissant Nécromancien de tous les temps fut vaincu, et que le danger qu’il faisait peser sur le reste du monde fut levé.


Le Retour de Nagash

Sigmar affrontant Nagash.
Alors que Sigmar allait fonder l’Empire, de sombres rumeurs selon lesquelles un mal ancien venait de renaître arrivèrent dans le nord. Le Conseil des Treize pensait s’être débarrassé de Nagash. Ils avaient tort : une entité d’une telle puissance, un être si familier de la mort ne pouvait pas si facilement disparaître du monde. Son enveloppe corporelle avait été détruite, mais son esprit continuait à vivre. Il attendait au-delà des frontières de la mort, toujours relié au monde par sa main, sa couronne et sa tombe. Nagash avait prévu l’éventualité de sa mort depuis longtemps, et même si cela risquait de lui prendre plusieurs siècles, il reviendrait, et son retour serait particulièrement horrible. Son corps avait été brûlé dans les forges de Nagashizzar et il n’en restait que quelques particules de cendre noire soulevées par le vent. Ces particules s’attiraient les unes aux autres en se dirigeant inlassablement vers la Pyramide Noire. Au rythme d’une goute par an, le sarcophage se remplissait lentement d’un fluide noir et étrange, qui se transformait en une sorte de chrysalide noire d’où un être maléfique allait renaître.

Au fur et à mesure que le fluide s’agglutinait, des parties entières se solidifiaient pour devenir enfin aussi dures de l’os. Recouvrant ce squelette d’un noir d’ébène, des organes surnaturels se mirent à pousser. Des réseaux sanguins ressemblant à des vers commencèrent à recouvrir sa carcasse et formèrent petits à petits des cellules puis des muscles. Le tout fut finalement recouvert par une espèce de carapace osseuse. Seule sa main droite, tranchée par Alcadizaar, ne repoussa pas. Par une nuit sans lune, des siècles après sa défaite, le couvercle du sarcophage s’ouvrit et une fois de plus, Nagash s’éveilla dans le monde des vivants.

En dehors de son tombeau, le reste de Khemri était calme. Nagash était au sommet de sa pyramide et se gorgeait de Magie Noire. Même si en comparaison des humains, il jouissait d’un grand pouvoir, il n’était que le pâle reflet de ce qu’il avait été jadis, affaibli par son long séjour au-delà de la mort. Il appela alors tous les morts de Nehekhara, mais ils le haïssaient, ils l’avaient détesté de leur vivant et ils le détestaient dans la mort, d’une haine comme seule peut l’être une haine consolidée par les siècles. Nagash ne possédait plus les pouvoirs qui étaient les siens et ne put donc pas les plier à sa volonté comme il le faisait aussi facilement autrefois. Les Rois des Tombes, Settra à leur tête, se rebellèrent et il y eut pendant un temps une guerre civile au sein des grandes nécropoles. Finalement, pour la seconde fois de sa non-vie, Nagash fut chassé de sa terre natale. Aigri par sa disgrâce, il décida qu’il aurait encore recours à la Malepierre pour augmenter sa puissance et se venger de ses ennemis. Une fois de plus, il prit le chemin du nord, suivant celui qu’il avait emprunté longtemps auparavant, jusqu’aux rivages de la Mer de Fiel.

Il finit par arriver en vue de Nagashizzar et y trouva les Skavens retranchés dans ses murs. Pendant des années, ils avaient exploité la Malepierre jusqu’à ce qu’elle soit presque épuisée. Le Pic Dolent était devenu une immense colonie d’hommes rats, même si elle était moins peuplée que du temps du Grand Nécromancien car, rien ne poussant dans la Désolation de Nagash, les vivres devaient être importés depuis les autres places fortes Skavens en échange de Malepierre.

Nagash se présenta aux portes de son ancienne forteresse et demanda l’accès. Le commandant de la garnison Skaven le toisa, rit et se moqua de lui dans sa langue avant de le maudire. D’un mot, Nagash le foudroya. Les Guerriers des Clans jaillirent pour s’emparer de lui mais se figèrent d’effroi : des Goules émergèrent des ombres, puis le Grand Nécromancien fit un geste et les portes de la citadelle s’ouvrirent à la volée car, les ayant forgées lui-même, il en connaissait le processus secret d’ouverture. En une seule nuit les forces de Nagash nettoyèrent l’Abîme Maudit de toute présence Skaven. Nagash avait à présent repris le contrôle de sa cité mais il entra dans une rage impossible à appréhender pour un humain lorsqu’il découvrit que la Malepierre était presque épuisée. Les outils qu’il avait construits pour la raffiner, la concentrer et l’épurer étaient tous détruits, et quand bien même ils ne l’auraient pas été, il ne restait plus assez de Malepierre pour lui permettre de recourir au Grand Rituel. Lorsque les rares hommes-rats survivants atteignirent Skarogne, le Conseil envoya une immense armée assiéger Nagashizzar avant que le sorcier ne puisse assouvir sa vengeance sur le reste des Skavens. Toutefois, au bout de plusieurs mois de combat, il parut évident que Nagash avait été considérablement affaibli par sa "renaissance", et qu’il n’était plus que l’ombre de lui-même. De plus, comme les hommes-rats avaient déjà épuisé les ressources en Malepierre des mines du Pic Dolent, il n’y avait aucune raison de prolonger ce ruineux conflit et les Skavens battirent donc en retraite.

Nagash utilisa les forges pour créer une serre de métal afin de remplacer sa main manquante. Ses armées de Morts-Vivants suivaient ses instructions et procédaient aux opérations nécessaires. Le membre artificiel fut vite et bien réalisé, il fut orné de runes maléfiques qui choquaient le regard. Il était aussi flexible et pratique qu’une main humaine mais bien plus fort. À présent Nagash pouvait à nouveau tenir une arme et créer encore plus d’objets et d’outils. Il invoqua l’esprit des morts et les interrogea. Lentement, éléments par éléments, il reconstitua les événements qui s’étaient déroulé durant son absence. Il apprit la disparition d’Alcadizaar, la façon dont il était devenu fou et était mort, tué par la couronne et la lame ensorcelée des Skavens. Son attention fut finalement attirée par le fait que sa couronne était en possession des Peaux-Vertes qui avaient saccagé Morgheim.

S’enroulant dans une cape noire et recourant à de terrible sortilège de protection, Nagash se dirigea vers le nord afin de réclamer son bien. Long fut son voyage et nombreux furent les combat auxquels il assista lors de son cheminement vers le nord où il finit par arriver sur les terres de l’Empire naissant.

Nagash passa de nombreux mois à rassembler une armée. Ses sortilèges firent se lever des légions entières de morts et attirèrent des créatures encore plus malfaisantes, et plusieurs Vampires revinrent de leur exil pour assister le Seigneur Liche. Le Grand Nécromancien finit par être à la tête d’une puissante armée de Morts-Vivants. Il était enfin prêt à livrer bataille contre Sigmar et les siens. La grande armée de Morts-Vivants traversa les forêts sauvages de l’Empire, tuant tous ceux qu’elle rencontrait, et les victimes venaient ensuite grossir ses rangs. Nombreux furent tués, mais nombreux furent ceux qui fuirent en annonçant la nouvelle de la venue de Nagash. Ce dernier réalisa alors quelle puissante alliée pouvait être la peur. Et les hommes du nord avaient peur. Ils avaient vaincu les Peaux-Vertes et repoussé tous leurs ennemis, mais cette fois, ils étaient confrontés à une chose qui les emplissaient de terreur et qui semblait invincible. Seul Sigmar ne cédait pas à la peur. Il avait demandé de l’aide à ses amis les Nains qui forgèrent un grand nombre de puissantes armes sur lesquelles ils gravèrent des Runes de pouvoir afin de lutter contre la Nécromancie.

Les deux armées se rencontrèrent finalement sur les rives du majestueux Reik, vers la fin de l’été de la quinzième année impériale. Le combat fut acharné, les Nains et les humains étaient résolus. Les régiments de squelettes et autres cadavres animés marchaient comme des automates au rythme des tambours de peau humaine. Les Vampires se déployaient la nuit. Les Goules dévoraient les morts et les blessés avec la même avidité. Les Revenants fauchaient les hommes avec leurs armes spectrales. Les armées de Nagash déferlaient et se brisaient contre les murs de bouclier des Nains imperturbable. Les forces de Sigmar se livraient à de féroces contre-attaques et une immense mêlée regroupant des hommes et des monstres recouvraient le champ de bataille.

Au milieu de cette tuerie, deux entités comparables à des Dieux s’affrontaient. Charge après charge, Sigmar menait les Unberogens. Son redoutable marteau de guerre faisait de lui une vivante machine à tuer et il laissait derrière lui un sillage d’os broyé. Monté sur un char, une épée hurlante noire comme le jais dans sa main de métal, Nagash ouvrait des sillons sanglant dans la mêlée. Les deux titans se rencontrèrent au cœur de la bataille. Sigmar sauta à bord du char de Nagash et lutta avec le Seigneur Liche. Les deux combattants étaient si forts qu’ils brisèrent le char et tombèrent au sol. Pendant plus d’une heure, les deux guerriers s’acharnèrent, tandis que les combats acharnés faisaient rage aux alentours. Nagash blessa Sigmar au bras avec sa lame empoisonnée. Sentant ses forces l’abandonner, Sigmar se lança dans une dernière attaque forcenée. Son marteau devint dans ses mains un véritable éclair. Il ne cessait de frapper le Grand Nécromancien, toujours et toujours plus fort, il réussit enfin à acculer Nagash au bord du Reik, où le Seigneur Liche appela ses fidèles à sa rescousse. Des Vampires sautèrent alors sur le premier des Empereurs, qui se débarrassa d’eux d’un geste.

Sentant que son ennemi faiblissait, Nagash décida de ne plus reculer. Sigmar se tenait épuisé devant lui, tous deux savaient que c’était la fin. Sigmar, blessé, se rua en avant une fois de plus. Son marteau frappa aussi vite que l’éclair. Nagash para le coup et bloqua le marteau. Pendant un moment, ils lutèrent tous les deux. Des étincelles s’échappaient de leurs armes. Le fracas du métal contre le métal noyait les cris des mourants. Les muscles d’acier s’opposaient à la vigueur surnaturelle. Les yeux bleus plongeaient leur regard dans les orbites sans vie. Enfin, Sigmar triompha, il réussit à dévier la lame du nécromant et abattit son marteau sur le crâne de son ennemi. Tandis que Nagash tombait, un nuage noir s’échappa de son crâne, monta dans le ciel et se dirigea vers le sud après avoir tournoyé au-dessus du champ de bataille. Les légions animées par sa volonté s’effondrèrent : les squelettes redevinrent des tas d’os, les Zombies s’écroulèrent et se décomposèrent sous les yeux effarés des survivants, les Vampires et les Goules s’enfuirent. Ce n’est que lorsque la bataille fut totalement terminée que Sigmar s’effondra.

Il fallut plusieurs mois à l’homme-dieu pour se remettre des blessures infligées par Nagash et jamais il ne retrouva son plein potentiel.

De Nos Jours

Nagash avait subi là une amère leçon : il y avait à présent dans le monde des pouvoirs en mesure de rivaliser avec lui. Il fallu plusieurs siècles au Grand Nécromancien avant de pouvoir reprendre forme dans son sarcophage de Khemri, ce qui arriva en 1681, lors de ce qui fut connu comme la Nuit des Morts Sans Repos. Pendant cette longue et terrible nuit, tous les morts du Vieux Monde s’éveillèrent et détruisirent tout sur leur passage. Des villages entiers furent rasé avant qu’enfin le jour ne se lève et que l’esprit de Nagash s’évanouisse. C’est à ce moment qu’il prit conscience du véritable pouvoir de la Lame Fatale qui avait été mise dans les mains d’Alcadizaar par les Skavens, et de la malédiction de cette arme qui rendait chaque réincarnation plus faible que la précédente.

Ainsi, des générations durant, Nagash ne fut guère plus qu’un murmure dans le vent de Shyish. Peu à peu, il retrouva sa capacité de contacter et de manipuler ses plus fidèles serviteurs, en particulier Heinrich Kemmler et son partisan Krell, ainsi que Mannfred von Carstein. Nagash allait prendre tout son temps, attendant que ses pouvoirs se régénère pleinement. Il imagina un monde rempli de Morts-Vivants, un royaume sous son contrôle absolu. Néanmoins, les présages étaient incertains. Les Dieux Sombres s’agitaient, et Nagash compris que s’il ne revenait pas pour les arrêter, le Chaos avalerait tout. Cette fois, le Grand Nécromancien allait s’approprier le pouvoir de la mort elle-même. Il étoufferait toute vie et régnerait éternellement sur le monde de ténèbres ainsi engendré.


Nagash possède les Objets Magiques suivant :
  • Morikhane, l’Armure Noire : L’armure de Nagash est forgé à partir d’un alliage de plomb et de Gromril. Au cours des millénaire, elle s’est fondue avec son corps. Évidement, cette armure ne l’empêche pas de lancer des sorts.
  • Zefet-Nebtar, la Lame Mortis : La Lame Mortis est une gigantesque épée magique imprégnée d’une énergie inhumaine. Elle fut forgé par Nagash lui-même et nul autre que lui ne peut s’en servir.
  • Livres de Nagash : Nagash fut le premier et le plus grand de tous les Nécromanciens, c’est lui qui créa presque tous les sorts qui permettent aux pratiquants des arts maléfiques de réveiller et contrôler les morts. Les secrets de ces sorts sont inscrits dans neuf grimoires massifs connus sous le nom des Neuf Livres de Nagash.

Sources

  • Livre d’Armée des Morts-Vivants, V4
  • La Fin des Temps - Nagash