Mórr

De La Bibliothèque Impériale
(Redirigé depuis Morr)
« Père repose dans le domaine de Mórr à présent. Et nous avons fait une collecte générale pour payer les Prêtres afin d’être sûrs que ce vieux saligaud y reste. »
- Ludmilla von Thieldorf, aristocrate du Reikland


  • Siège : Luccini, en Tilée
  • Chef du Culte : aucun
  • Ordres Principaux : les Augures, l’Ordre du Suaire
  • Fêtes Religieuses Principales : Le culte célèbre deux nuits sacrées, au moment où les deux lunes sont pleines. La première est l’Hexensnacht (la nuit des Sorcières), à la veille de la nouvelle année. La seconde est la Geheimnisnacht (la nuit des Mystères), qui ne tombe jamais la même nuit d’une année à l’autre. En dehors de cela, il n’y a aucun jour sacrés spécifique à Mórr, il est seulement adoré aux enterrements et aux occasions semblables.
  • Livres Saints : Le Livre des Portes, les Psaumes du Corbeau
  • Symboles Sacrés : la Rose Noire, le Corbeau, le Portail de Pierre


Le culte de Mórr est l’un des plus répandus dans le Vieux Monde. Dans ce monde tenaillé par la guerre, les maladies et les horreurs du Chaos, la mort est une compagne quotidienne, inéluctable et omniprésente. La plupart des habitants du Vieux Monde parviennent à vivre avec leurs angoisses naturelles et à accepter la mort comme une composante nécessaire de l’existence. En vérité, on pourrait même dire que les habitants du Vieux Monde, et plus particulièrement ceux de l’Empire, sont même habités d’une fascination malsaine à son égard et apposent ses symboles sur tout ce qui les entoure. Depuis les bannières ornées de crânes jusqu’à la culture guerrière de la société impériale, la mort est partout et son maître est le Dieu Mórr.

Cependant, Mórr est le Dieu des Morts et non celui de la Mort. Selon une légende, au commencement des temps, Mórr, Taal et Ulric partagèrent le monde, Taal et Ulric exigèrent de régner sur le monde des vivants et ils se battirent pour sa possession, mais Mórr dit qu’il se contenterait du royaume des morts encore désert. Les deux autres Dieux l’ignorèrent jusqu’à ce qu’il traverse leurs royaumes en tuant leurs populations pour peupler son domaine. Alors, Taal et Ulric allèrent demander des comptes au Dieu des Morts et le sommèrent de limiter ses attentions à son propre royaume, sans empiéter sur les leurs. Mórr accepta à la condition que Taal et Ulric lui envoient tous les habitants de leurs propres royaumes lorsque leur temps serait venu. Une autre légende raconte que Mórr apparut après la mort du premier être humain et qu’il défendit son âme contre les serviteurs des Sombres Puissances qui voulaient la dévorer. Tandis que les humains continuaient à mourir, Mórr les prit sous sa protection. D’autres légendes encore racontent le meurtre de Mórr par Khaine et décrivent comment il fonda son royaume parmi les défunts.

Dans leur sommeil, les dormeurs s’approchent des rivages de la mort et la mort est le futur qui attend tous les hommes. C’est ainsi que Mórr est également le Dieu des Rêves et des Prophéties. En dehors des funérailles, la plupart des gens qui en appellent à Mórr ne le prient que sous cet aspect. Seuls les défunts peuvent lui demander aide et protection, et les défunts ne prient pas.

On dit également que Mórr est l’époux de Véréna et, dans de nombreuses histoires, il recherche ses conseils. En apparence, Mórr semble être un Dieu indifférent qui ne s’intéresse qu’à faire descendre tous les vivants dans son domaine. Mais ses Prêtres savent qu’en vérité c’est un Dieu de bonté, car il protège les rêveurs et les morts en les mettant à l’abri dans ses royaumes. Son opposition à la Nécromancie et les présages qu’il dispense sont autant de signes de sa bonté.


Expressions Liées à Mórr
  • « Sauvé par Mórr. » ou « Il danse avec Mórr. » : Décédé.
  • « Que les corbeau se posent sur toi. » : Que ta mort sois facile.
  • « Il a senti le souffle de Mórr sur sa nuque. » : Il a cru qu’il allait mourir.
  • « Avec un rictus comme celui de ce vieux Mórr. » : Avoir un visage macabre ressemblant à une tête de mort.
  • « Il a pris la rose noire » : il est mort récemment.
  • « Occupe-toi de ton jardin. » : Avertissement utilisé pour indiquer à quelqu’un qu’il risque sa vie.
  • « Il finira avec deux sous et une épée. » : Ses actes causeront sa mort. On n’a besoin que de deux pièces et d’une épée pour être enterré dans un Jardin de Mórr.
  • « Si vous courtisez la fille, vous rencontrerez le père. » : Tous ceux qui prennent le risque d’être fréquemment blessés (et qui visitent souvent les Temple de Shallya) finiront par se faire tuer (et feront donc donc la connaissance de Mórr).


Le Culte

Le culte de Mórr ne s’inquiète pas des opinions du monde. Tout le monde rend visite au culte un jour ou l’autre et il a suffisamment à faire avec la protection de ceux qui se trouvent déjà sous sa garde. Cette indépendance se répercute pratiquement chez tous ses membres, jusqu’au moindre Prêtre : ceux qui désirent se lancer dans une carrière dans ce culte ne sont généralement pas des gens qui ont besoin de l’approbation d’autrui pour prendre leurs décisions.

Pourtant, les cultistes se préoccupent réellement du monde qui les entoure. Certains en savent plus sur le futur que la majorité des hommes et tous sont en permanence au contact de la mort et, par conséquent, de personnes tout juste décédées dont ils doivent prendre soin. Les adeptes de Mórr sont loin d’être des âmes indifférentes, mais en général, ils ne se considèrent pas comme responsables des vivants. Les soldats racontent parfois avoir vu des Prêtres de Mórr sur le champ de bataille, allant de cadavre en cadavre pour leur donner les derniers sacrements et ignorant tous ceux qui respirent encore autour d’eux jusqu’à ce que ceux-ci aient rendu leur dernier souffle.

Les Morrien prennent très au sérieux leurs devoirs envers les trépassés. Les martyrs du culte sont souvent des Prêtres qui refusent de quitter une ville ravagée par une épidémie de peste afin d’enterrer les cadavres. Ce sens des responsabilité peut aller jusqu’à accomplir les dernière volontés d’un défunt ou à offrir un peu de réconfort aux endeuillés, mais d’une façon générale, les Prêtres de Mórr s’implique très peu dans les affaires des vivants.

La seule exception remarquable est l’attitude du culte à l’égard de la Nécromancie. Les Nécromanciens (mais aussi les Trafiquant de Cadavres et les Pilleur de Tombes) sont les ennemis jurés de Mórr : ils pillent son royaume, violent son domaine protégé pour leur propre profit et défient son autorité. Les Morriens pensent également que les Morts-Vivants ne sont pas sous la protection de Mórr et qu’ils sont donc vulnérables aux perversions des Dieux Sombres. Ainsi, même les Morts-Vivants intelligents qui se prétendent satisfaits de leur condition doivent dormir de leur dernier sommeil après avoir reçu les sacrements appropriés. La plupart des Morriens pensent que Mórr accepte et protègent toutes les âmes, même celles des Nécromanciens, une fois qu’elles ont été envoyées dans son royaume avec les rituels convenables.

Zone d’influence

Mórr est connu dans l’intégralité du Vieux Monde. Ce n’est pas un Dieu du quotidien. Il est surtout honoré par ceux qui ont perdu un être cher, qui lui offrent prières et sacrifices afin d’aider leurs disparus à atteindre son royaume sans encombre et à s’y épanouir. Les personnes qui interprètent les rêves et celles qui espèrent être délivrées de leurs cauchemars l’invoquent également. En plus de cela, de nombreux sorciers d’Améthyste le considèrent comme leur saint patron.

Mórr est adoré dans tout le Vieux Monde, et est le plus populaire dans le sud. Ce n’est pas un Dieu journalier, mais il est adoré principalement par les endeuillés, qui offrent des prières et des sacrifices dans l’espoir que celui d’entre eux qui est décédé atteindra son royaume sans risque et y prospèrera. Il est peu célébré dans son aspect de Dieu des Rêves, bien que ces Illusionnistes qui choisissent de ne pas suivre Ranald le Trompeur puissent prendre Mórr en tant que saint patron. Il est également adoré sous le nom de Forsagh, le Dieu de Prophétie, par quelques divinateurs et diseuses de bonne fortune.

Les théologiens du Vieux Monde croient que Mórr est également connu comme Sarriel, le Dieu Elfe des Rêves, et comme Gazul, Dieu Ancestral Nain et seigneur du monde d’en dessous. Inutile de dire qu’aucun des deux peuples (les Elfes, et les Nains) n’est d’accord avec ces spéculations.

Khaine : un Aspect de Khorne ou un Frère Jaloux?

Khaine est le Dieu du meurtre et des meurtriers et son culte est interdit dans tout l’Empire. C’est un Dieu vengeur, violent, honoré par tous ceux qui désirent prendre la vie d’autrui et représenté sous la forme d’un démon à la bouche pleine de crocs, avec une dague dans chacune de ses nombreuses mains. Ses Prêtres sont des Assassins et des empoisonneurs et plus d’une personne disparue a connu une mort funeste sur les autels de Khaine.

Certaines questions restent sans réponse notamment celle du lien entre Khaine et Mórr, car tous deux revendiquent la souveraineté sur la mort et les défunts. De plus, la plupart des érudits affirment que Khaine n’est autre qu’un aspect de Khorne. Si l’on adhère à ce raisonnement, le culte de Khaine est une escroquerie. Il s’agit du culte de Khorne, atténué pour abuser les mortels stupides et leur faire croire qu’ils ne sont pas tombés dans le piège du Chaos. Les Répurgateurs et de nombreux Prêtres de Sigmar soutiennent cette analyse, car ils voient peu de différence entre la soif de sang de Khorne et l’obsession de meurtre de Khaine.

Selon un autre point de vue, Khaine est le jeune frère de Mórr qui, jaloux de l’autorité de son aîné, veut se l’approprier. Dans cette optique, les adorateurs de Khaine accomplissent leurs massacres comme des actes de foi, accélérant le trépas de leurs victimes pour que Khaine puisse dérober leur âme au moment où elle quitte le corps et ainsi augmenter son pouvoir. Pour le culte de Mórr, il s’agit là de la plus terrible hérésie.


Le Dogme

Des mensonges. DES MENSONGES ! Il n’y a pas de vie après la mort. La barque de Mórr nous emmène vers la gueule béante de Dieux affamés et indifférents. Nous ne sommes que la nourriture qui apaise leur insatiable appétit ! Reniez-le ! Reniez-les tous ! LE CHAOS EST PARTOUT !
- Graffiti trouvé sur les murs du Temple de Mórr, à Talabheim, en 2522

Le fondement de toute la doctrine Morrienne est que les trépassés courent de graves dangers s’ils ne sont pas mis sous la protection de Mórr grâce aux rituels convenables, sans quoi la plupart des adeptes pensent que leurs âmes risquent d’être enlevées et torturées par Khaine, le frère jaloux de Mórr, ou encore d’être dévorées par les Puissances de la Déchéance. Ils pensent que les âmes le savent d’instinct et que c’est la raison pour laquelle les esprits des défunts sans sépulture s’accrochent à ce monde sous la forme de fantômes. Le fait d’enterrer le corps, d’accomplir les rites sur les possessions du défunt, ou même en son nom, place l’âme sous la protection de Mórr et lui permet de quitter le monde en toute sécurité. Évidemment, les morts-vivants les plus remuants doivent souvent être repoussés par la force, mais les rites funéraires conservent une grande importance. Aucune âme, même pas celle du plus infâme adepte des Puissances de la Corruption, ne doit être laissée à l’abandon, sans la protection de Mórr qui s’étend sur tous ceux qui vivent en ce monde.

Les rêves et les présages sont généralement considérés comme des avertissements de Mórr en cas de graves dangers. La mort elle-même, évidemment, ne fait pas partie de ces menaces. Une prophétie avertissant une personne de sa propre mort lui donne simplement l’occasion de mettre ses affaires en ordre avant son décès. Il est rare que les présage parfaitement limpides car Mórr compte sur l’intelligence des humains pour démêler les mystères de ses messages.


Les Commandements
  • Observez tous les rites funéraires et ceux de la veillée mortuaire.
  • Dressez-vous contre les nécromanciens et les morts-vivants, partout où vous les rencontrerez et dans toutes les circonstances.
  • Montrez-vous toujours respectueux et attentionné envers les défunts et leurs familles
  • Soyez attentif à vos rêves.

L’Au-Delà

Le Sombre Royaume de Mórr est le plus étendu de tous ceux des jeunes Dieux[1]. Une petite partie du royaume du Mórr est consacré au jugement des esprits des croyants fraichement décédés pour être jugé selon les restrictions de leur culte. Quand ils sont vivant, si ces esprits se conformaient aux restrictions de leur culte, alors les guides de Mórr les escorteront au Sombre Royaume de leur déité. Si les esprits le veulent, ou ils n’étaient attachés à aucun culte, ils sont escortés dans la partie inférieure du royaume de Mórr où ils « revivent » dans le Vieux Monde, sous forme d’esprits errants, de fantômes. Ces esprits ne se rendent pas compte qu’ils sont dans le Sombre Royaume de Mórr, ils croient plutôt qu’ils vivent toujours. Ces esprits y demeurent jusqu’à ce qu’ils aient montré qu’ils peuvent correspondre aux restrictions du culte (et par conséquent, d’être mené à la destination appropriée). En attendant d’arriver jusque là, ces esprits servent Mórr suivant ses besoins (habituellement en temps que personnages mineurs dans les rêves qu’il envoie aux mortels).

Les esprits des cultistes de Mórr qui ont vécu leurs vies correctement selon les critères du culte atteignent le plus haut niveau du royaume de Mórr. Ils sont les guides de Mórr, les esprits dont la tâche est d’escorter les esprits du nouvellement décédé au royaume de Mórr pour son jugement. La plupart de guides attendent le "feu vert" des Prêtres de Mórr pour ramener les esprits vers l’Au-delà, mais certains errent dans le monde des vivants, recherchant les esprits de ceux qui n’ont pas eu le privilège d’être inhumé par le clergé de Mórr, afin de les ramener avant que Khaine ne puisse voler ou que les Nécromanciens ne les utilisent pour leurs sombres projets. Les guides de Mórr escortent également les esprits d’un Sombre Royaume à un autre et au besoin jouent des rôles importants dans les rêves de Mórr.

Entre le Royaume de Mórr et le Royaume des Vivants siège le Val Gris, espace de transition.

Fausses Croyances

Dans le monde paranoïaque et obtus de l’Empire, le nombre de pratiques associées à de « fausses croyances » est considérable. Ce qu’on trouve normal et acceptable dans certaines régions (ou au sein d’un courant religieux précis) peut être jugé comme une pratique déviante dans une autre. Schismes et branches dissidentes naissent spontanément tous les deux ou trois siècles au sein de chacune des religions principales, toutes disposant de leurs propres méthodes pour décider de ce qui constitue une croyance dangereuse, de la punition appropriée et de la façon de l’empêcher de ressurgir.

Le culte de Mórr est régulièrement confronté à des déviances. Comme les cultistes s’occupent des morts et sont souvent exposés à la Nécromancie, des idées aberrantes se fraient parfois un chemin dans leur esprit. La profanation des cadavres est l’affront le plus courant au sein de ce culte. Les Prêtres de Mórr tiennent leurs ouailles à l’oeil afin de s’assurer qu’elles exécutent les rites adéquats et ne se rendent pas coupables d’actes répugnants comme le pillage de tombes ou la vente de bouts de cadavres à des individus peu scrupuleux. Le reste de l’ordre purge sans pitié tous ceux dont on découvre qu’ils se sont livrés à la Magie Noire.


L’Initiation

« Oh, c’est sur, nous passons nos journée à prier les Dieux. Une fois que nous avons frotté les escalier du Temple, balayé les allées, reprisé les robes de cérémonie, poli les cuivres de l’autel, préparé le petit déjeuner et le dîner et que nous sommes allés chercher les vivres en ville. Ensuite, et ensuite seulement, nous prions. »
- Detlef Siegerheim, initié Morrien

Si l’on en croit la rumeur, les rites d’initiation de Mórr sont d’effroyables épreuves exécutées parmi les morts sans repos. En fait, les rites d’ordination sont extrêmement simples dans presque tous les Temples et se résument pratiquement à une prière solennelle au Dieu prononcée par le Grand Prêtre. Mórr ne se préoccupe pas des vivants éveillés, et les rites de son culte ne s’efforcent donc pas d’attirer son attention sur ce sujet.

Bien que tous les cultistes de Mórr respectent les croyances fondamentales de leur congrégation, chaque groupe est indépendant et, au fil des générations, chaque branche du culte a développé ses propres rites et procédures d’initiation. Les adeptes laïques, beaucoup moins nombreux que dans les autres cultes, sont généralement au service des Prêtres : ils creusent les tombes, aident à la préparation des corps ou peuvent même être recrutés pour garder les Temples, les sombres jardins de Mórr.

Le culte ne se préoccupe pas de recruter ses initiés car les Prêtres considèrent que chacun vient à Mórr quand son heure est venue, dans la mort ou la vie. Le plus souvent, l’événement déclencheur se produit dans le royaume des rêves, lorsque le candidat potentiel vit un cauchemar saisissant, ou même choquant, dans lequel lui apparaît le Seigneur des Morts. Secoué par cette vision, le postulant se précipite en toute hâte au Temple local pour se prosterner aux pieds des Prêtres et les supplier de l’accepter dans le culte. En de rares occasions, ces rêves peuvent être envoyés à une personne faisant déjà partie du culte. Le Prêtre y reçoit des instructions explicites lui enjoignant de recruter un candidat particulier.

En général, les initiés doivent accomplir des tâches prolongées et ennuyeuses, exigeant une concentration soutenue. Ils doivent également écouter de longs sermons portant sur le caractère inviolable de la personne morte et les devoirs du Prêtre Morrien. Les initiés peuvent partir s’ils le désirent : c’est de cette manière que le culte se débarrasse des individus qui ne font pas l’affaire, s’ils parviennent jusqu’à ce stade. Toutefois, la plupart persévèrent. En vérité, il existe très peu de raisons qui puissent inciter un individu à rejoindre le culte de Mórr, si ce n’est par dévotion sincère. En conséquence, le clergé manque perpétuellement de postulants et plus encore de recrues et doit parfois revoir ses critères à la baisse.

Les Rites

Mórr ne se préoccupe pas des vivants éveillés, et les rites de son culte ne s’efforcent donc pas d’attirer son attention sur ce sujet. Comme Mórr est le Dieu des Rêves et des Morts, les Prêtres pensent qu’ils entrent temporairement dans son royaume pendant leur sommeil. Par conséquent, des rites doivent être accomplis avant de se mettre au lit. Les détails sont variables, mais le concept reste le même, et la version présentée ci-après est populaire au Reikland.

Le Prêtre arrange d’abord son lit pour que sa tête soit autant que possible orientée vers le sud. Il place un petit présentoir de métal orné d’un corbeau stylisé à gauche de l’oreiller et allume une petite bougie ou un bâton d’encens qu’il y dépose. Il se tient alors debout à droite de l’oreiller, place sa main gauche dessus et récite une prière afin que ses songes lui portent conseil. Pour certains, la prière a réellement des effets miraculeux. Après avoir prié, il se couche immédiatement en espérant s’endormir avant que la bougie ou l’encens ne soit entièrement consumé.

Aucun rituel n’est associé au réveil, car c’est le moment où le Prêtre quitte le royaume de Mórr. Toutefois, les Prêtres et initiés de Mórr conservent le récit de leurs rêves dans un carnet, où ils s’efforcent de déceler les conseils de Mórr. Ce journal est un objet très personnel, car il est très révélateur.

Les serviteurs de Mórr évitent autant que possible de se retrouver impliqués dans les affaires des vivants, car elles ne les concernent pas vraiment. Les Prêtres répugnent particulièrement à conclure des contrats ou des marchés de quelque sorte que ce soit, et beaucoup refusent de faire des promesses aux vivants, car leurs devoirs envers les morts passent en premier. Un Prêtre qui se retrouve impliqué dans les affaires des vivants, en particulier s’il a un impact décisif sur l’issue des événements en cours, devra généralement passer quelque temps dans l’isolement d’un jardin de Mórr afin de se concentrer de nouveau sur son Dieu. Cependant, certains préfèrent rétablir l’équilibre en sortant et en servant les morts, c’est-à-dire en trouvant des cadavres à enterrer ou en donnant le repos éternel à des mortsvivants par exemple.

D’aucuns affirment que les Prêtres de Mórr n’ont pas d’odorat, et si c’est parfois le cas, cette rumeur provient vraisemblablement du fait qu’ils apprennent à supporter les plus insupportables puanteurs. De plus, les serviteurs de Mórr ne se montrent jamais délicats. Ils ont tendance à être calmes, discrets et patients, se souciant tendrement des morts et restant indifférents aux vivants. Beaucoup ont un sens de l’humour noir et morbide. Quelques-uns sont vraiment très drôles, mais la plupart des gens pensent que rire en présence d’un Prêtre de Mórr est tout à fait inapproprié, et il leur serait donc difficile de se faire une réputation de boute-en-train.

Exemple de Litanie Morrienne : L’Appel de Mórr

Ô Mórr, Toi qui règne sur le Royaume d’en bas
Sur les caveaux d’insondable mystère
Où l’horizon morne et plombé s’étire
Ô Mórr, Toi qui surveille l’esprit des défunts
Quand le temps s’arrête
Et que la pénombre se fait nuit
(La cloche commence à être frappée sur un rythme lent).
Seigneur de la Mort qui demeure en toute chose
Seigneur des Rêves
Roi du calme et du silence
Humblement, nous te mandons de recevoir et d’accueillir,
De conduire en ton Royaume, éternellement, (citer le nom du défunt, accompagné de tous ses titres)
Vois venir à Toi ce défunt
Ouvres tes portes,
Qu’un rai de lumière jaillisse !
Nous entendons ton pas lourd et mesuré
Nous entendons ton pas pour l’accompagner !
(La cloche est frappée trois fois plus distinctement, puis s’arrête et un silence de plusieurs minutes s’en suit. Enfin, la cérémonie est close par les vers suivant, repris par l’assemblée.)
Ô Mórr, nous t’adressons d’ici
Notre reconnaissance infinie
D’avoir recueilli en ton Royaume, à jamais, (citer uniquement les noms et premiers prénoms du défunt)
Qu’il en soit ainsi !


Les Cultistes

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« Ce sont des abrutis de réactionnaire qui font obstacle au progrès scientifique en condamnant toutes les tentatives que nous faisons pour tenter d’améliorer nos connaissances dans le but d’assister les vivants. »
- Maître Augustus Limmerskind, médecin d’Altdorf

Comme Mórr est le Dieu des Rêves et des Morts, les Prêtres pensent qu’ils entrent temporairement dans son royaume pendant leur sommeil. Par conséquent, des rites doivent être accomplis avant de se mettre au lit. Les détails sont variables, mais le concept reste le même, et la version présentée ci-après est populaire au Reikland.

Le Prêtre arrange d’abord son lit pour que sa tête soit autant que possible orientée vers le sud. Il place un petit présentoir de métal orné d’un corbeau stylisé à gauche de l’oreiller et allume une petite bougie ou un bâton d’encens qu’il y dépose. Il se tient alors debout à droite de l’oreiller, place sa main gauche dessus et récite une prière afin que ses songes lui portent conseil. Pour certains, la prière a réellement des effets miraculeux. Après avoir prié, il se couche immédiatement en espérant s’endormir avant que la bougie ou l’encens ne soit entièrement consumé.

Aucun rituel n’est associé au réveil, car c’est le moment où le Prêtre quitte le royaume de Mórr. Toutefois, les Prêtres et initiés de Mórr conservent le récit de leurs rêves dans un carnet, où ils s’efforcent de déceler les conseils de Mórr. Ce journal est un objet très personnel, car il est très révélateur.

Les serviteurs de Mórr évitent autant que possible de se retrouver impliqués dans les affaires des vivants, car elles ne les concernent pas vraiment. Les Prêtres répugnent particulièrement à conclure des contrats ou des marchés de quelque sorte que ce soit, et beaucoup refusent de faire des promesses aux vivants, car leurs devoirs envers les morts passent en premier. Un Prêtre qui se retrouve impliqué dans les affaires des vivants, en particulier s’il a un impact décisif sur l’issue des événements en cours, devra généralement passer quelque temps dans l’isolement d’un jardin de Mórr afin de se concentrer de nouveau sur son Dieu. Cependant, certains préfèrent rétablir l’équilibre en sortant et en servant les morts, c’est-à-dire en trouvant des cadavres à enterrer ou en donnant le repos éternel à des morts-vivants par exemple.

Les Prêtres de Mórr s’habille de robes noires à capuches, dépourvues d’ornement et sans indication de rang hiérarchique. Les marques de son culte, qui sont argentées et représentent habituellement des ailes de corbeau au-dessus d’un portail ouvert, peuvent être trouvées sur certaines robes de Prêtres ou être portées comme médaillon. Répurgateurs, Templiers, et d’autres soldats de l’Ordre des Chevaliers du Corbeau utilisent également l’habillement noir et l’armure noire. Le symbole le plus fréquent sur leurs vêtements et leurs boucliers est un corbeau en position d’attaque (ailes déployées et tête baissée). Quelques Prêtres de Mórr dressent des corbeaux à se poser sur leur épaule et à observer les passants. En règles générale, ils portent et la plupart se rasent soigneusement la barbe. Les Augures, qui peuvent avoir une apparence assez excentrique, constituent l’exception à cette règle.

D’aucuns affirment que les Prêtres de Mórr n’ont pas d’odorat, et si c’est parfois le cas, cette rumeur provient vraisemblablement du fait qu’ils apprennent à supporter les plus insupportables puanteurs. De plus, les serviteurs de Mórr ne se montrent jamais délicats. Ils ont tendance à être calmes, discrets et patients, se souciant tendrement des morts et restant indifférents aux vivants. La plupart des gens s’imaginent les Prêtres de Mórr comme des individus austères, solennels et taciturnes parce qu’ils les rencontrent seulement à l’occasion des enterrements. La plupart des Prêtres ont le sens de l’humour, des passe-temps et même un cercle d’amis, restreint mais choisi. Les hobbies qui réclament d’avoir la main très sûre, un talent pour la couture ou qui produisent de grande quantités de sciure sont encouragés par le culte. S’il est vrai que l’on rencontre peu d’hédonistes et d’amateurs de mondanités ou de frivolités dans les rangs du culte du Dieu des Morts, les Prêtre de Mórr surprennent souvent ceux qui apprennent à les connaitre de manière un peu plus intime, car beaucoup ont un sens de l’humour noir et morbide. Quelques-uns sont vraiment très drôles, mais la plupart des gens pensent que rire en présence d’un Prêtre de Mórr est tout à fait inapproprié, et il leur serait donc difficile de se faire une réputation de boute-en-train.

Signes et Gestes Sacrés de Mórr

Les adeptes ont différentes manières d’afficher leur foi, que ce soit aux yeux des non-initiés ou à ceux de leurs pairs. L’utilisation de signes, de gestes de la main et de salutations sacrées est une démonstration de respect à l’égard des autres adeptes et des Dieux. Ces saluts sont couramment utilises quand les adeptes se rencontrent pour la première fois de la journée, et on les reproduit quand on se sépare. Chaque culte dispose de son éventail de signes secrets qui ne sont connus que des adeptes de confiance. Ils peuvent exprimer la détresse, une grande admiration, ou d’autres choses qui ne peuvent être comprises que par les fidèles.

Les adeptes de Mórr se saluent par un geste étrange qui consiste à placer la main, paume grande ouverte, en haut du visage et à la faire descendre lentement. Ce salut est connu sous le nom de « Suaire de Mórr », et il représente les ténèbres et le geste symbolique qui referme les yeux d’un cadavre pour la dernière fois. Les gens ordinaires utilisent ce geste quand ils se référent à des parents ou des amis défunts et bien-aimés, dans l’espoir que Mórr les ait emmenés en sécurité dans son royaume. Utiliser ce salut en toute autre occasion est censé provoquer une affreuse malchance, car on dit qu’il attire l’attention de Mórr sur celui qui le pratique. Un adepte qui marche avec les mains serrées derrière le dos indique qu’il désire qu’on le laisse tranquille afin de méditer sur la nature de la vie et de la mort. Il arrive aussi que les adeptes de Mórr placent les deux mains paume vers le bas comme s’ils poussaient quelque chose. C’est ainsi qu’ils font signe à leurs compagnons d’abandonner et de laisser faire quand une affaire est insoluble, impossible à démêler ou quand il vaut mieux éviter de persister.


Structure

Rassemblement de Prêtres Morriens au Conclave de Luccini
Les Temples de Mórr sont complètement indépendants les uns des autres pour la gestion des affaires courantes. Tous les dix ans, le clergé se réunit en conclave à Luccini afin de s’accorder sur l’organisation des rites funéraires et les questions de doctrine. En théorie, tous les Prêtres sont tenus d’y assister, mais il est impossible de laisser les Temples inoccupés et sans surveillance. Chaque Temple y envoie donc au moins un représentant, officiellement désigné par Mórr par l’intermédiaire d’un rêve. En général, ce sont ces représentants qui se voient accorder ce rêve particulier, mais il arrive que le grand Prêtre rêve qu’un subordonné particulièrement exaspérant a été choisi pour accomplir le voyage.

Dans un Temple, c’est le grand Prêtre qui organise les activités quotidiennes : ces activités dépendent énormément de l’ordre auquel appartient le Temple et les ordres de Mórr sont si différents les uns des autres qu’il faut les considérer comme des organisations a part entière.

Les Temples de l’Ordre du Suaire sont dédiés aux funérailles : leurs activités quotidiennes tournent autour de la réception des corps, de l’accomplissement des rituels appropriés, des inhumations dans le jardin de Mórr et de la surveillance des lieux afin d’empêcher les pilleurs de tombes et les nécromanciens de troubler le sommeil des défunts. Les Prêtres subalternes sont généralement responsables de ces tâches. Cependant, lorsqu’un corps arrive accompagné d’une offrande considérable, le défunt est pris en charge par un Prêtre de rang supérieur. Naturellement, le grand Prêtre s’occupe en personne des défunts de la noblesse locale. Les Temples citadins bourdonnent généralement d’activité en permanence alors que les Temples ruraux peuvent n’avoir qu’un seul enterrement par jour, en fonction du nombre de villages qu’ils desservent.

Les Temples des Augures sont des lieux où les gens peuvent venir chercher conseil. Toutes leurs activités tournent autour du présage ou des Prêtres qui sont dotés de capacités prophétiques ; ceux-ci ne sont pas obligatoirement les Prêtres de plus haut rang. Les autres Prêtres accueillent les visiteurs, reçoivent leurs oboles et les conduisent en présence du prophète. C’est la notoriété du prophète qui détermine le nombre de visiteurs de ces Temples.

Rares sont les Temples où l’activité est si intense que les Prêtres ne puissent avoir aucun temps libre. Le culte permet à des Prêtres de se détendre et les Prêtres de Mórr ont souvent des amis en dehors du Temple. Néanmoins, le culte est également convaincu que Mórr communique ses désirs à ses Prêtres par des rêves qui les obligent souvent à entreprendre des actions sortant de l’ordinaire.

Le culte enseigne que Mórr envoie souvent des messages incitant ses Prêtres à réconforter les endeuillés ou à les aider. Les Prêtres, et même les initiés, obéissent à ces injonctions sans la moindre discussion. S’ils reçoivent des rêves qui requièrent une autre forme d’intervention, les Prêtres doivent en discuter avec leurs confrères du Temple, qui examinent leurs propres rêves pour obtenir confirmation. Les Psaumes du Corbeau spécifient clairement qu’en certaines occasions, Mórr fait parvenir un message à un seul Prêtre afin d’éprouver le discernement des autres ; ainsi, un rêve isolé peut parfaitement émaner de Mórr même si aucun des autres Prêtres d’une communauté n’a reçu de songe similaire.

Si le rêve en question exige une action de la seule personne qui l’a reçu, on lui permet quasiment toujours d’y répondre. Les actions potentiellement dangereuses pour le Temple ou qui réclament la coopération des autres Prêtres sont évaluées beaucoup plus sérieusement. En cas de menace contre les intérêts d’un Temple ou de ses résidents, presque tous les Prêtres de ce Temple reçoivent des rêves qui les incitent à se défendre. C’est du moins ce qu’ils affirment tous dans un cas semblable.

Les tensions politiques qui peuvent agiter la communauté d’un Temple sont souvent formulées en termes de rêves condamnant les Prêtres adverses. En règle générale et de manière significative, les Temples dont les Prêtres sont issus de la noblesse locale reçoivent plus d’incitations à se mêler des affaires des vivants, tandis que ceux dont les membres ont des amis parmi les marchands reçoivent plus d’injonctions visant à les faire intervenir dans les affaires commerciales. Le discours officiel veut que Mórr communique ses désirs aux individus qu’il juge les plus aptes à prendre les mesures appropriées. Dans la réalité, on voit parfois des Temples louer les services d’agents extérieurs afin de s’assurer que ces "rêves" n’ont pas été fabriqués de toutes pièces pour couvrir une corruption politique. De temps à autre, il arrive également que deux Temples concurrents embauchent des agents extérieurs en leur donnant mission de découvrir ce qu’ils pensent être une imposture. Généralement, le Prêtre qui leur donne cette mission affirme avoir reçu un rêve de Mórr l’informant que le Temple adverse était un nid de corruption.


Sectes

« Le culte de Mórr console les endeuillés, un devoir plus essentiel que jamais dans les temps difficiles où nous vivons, et il procure à tous des services funéraires de qualité. Baguenauder à la chasse aux morts-vivants dans la campagne me paraît vraiment être une fameuse perte de temps pour des âmes pieuses. »
- Père Knock, Prêtre de Mórr

La principale division qui existe à l’intérieur du culte de Mórr est celle qui sépare l’Ordre du Suaire, qui le révère en tant que Dieu des Morts, et les Augures, qui le révèrent en tant que Dieu des Rêves et de la Prophétie. Bien que les membres de la Confrérie du Suaire soient beaucoup plus nombreux, il n’existe quasiment aucune tension entre ces deux groupes du fait que tous les adeptes reconnaissent Mórr sous ces deux aspects.

Un autre clivage est la cause de tensions plus marquées au sein du culte. Presque tous les Prêtres de Mórr sont sédentaires, liés il un seul Temple, et voyagent très peu. Quelques-uns, toutefois, voyagent aux quatre coins du Vieux Monde, souvent poussés par leurs rêves. Ces Prêtres errants sont très peu nombreux mais ils ne se soumettent à l’autorité d’aucun Temple et, comme ce sont des voyageurs, ils assistent toujours au conclave de Luccini, ce qui signifie qu’ils n’ont jamais été proclamés hérétiques. Il n’en reste pas moins que la plupart des Prêtres sédentaires les détestent et les poussent à repartir aussi vite que possible lorsqu’ils les voient arriver. Les voyageurs ne se font généralement pas prier pour continuer leur chemin.

Dans leur grande majorité, les Augures itinérants font partie des Prophètes des Derniers Jours, un ordre mineur officiel du culte. Les Prêtres itinérants de l’Ordre du Suaire ne sont membres d’aucune organisation officielle, mais ils ont tout de même beaucoup de points communs. S’ils parcourent le monde, c’est pour pouvoir administrer les derniers sacrements à ceux qui, sans eux, ne pourraient avoir accès aux services d’un Prêtre. Cela les oblige généralement à se rendre dans des endroits dangereux, à la recherche des défunts oubliés. Une fois qu’ils les ont retrouvés, ils accomplissent les rites funéraires, quelle que soit l’ancienneté des dépouilles.

Ces Prêtres sont des personnages remarquables car ce sont les seuls adeptes de Mórr désireux de pénétrer dans d’anciens tombeaux réputés receler de grands trésors : ils ne le font que pour offrir les derniers sacrements aux chasseurs de trésors tués par les pièges et ne touchent jamais aux trésors de ces sépultures. Ils se rendent également sur les champs de bataille, dans les villages détruits par les hommes-bêtes et toutes sortes d’autres endroits tout aussi dangereux. Comme ils n’ont généralement pas les moyens de s’assurer les services de la Garde Noire, ils voyagent souvent en compagnie d’aventuriers. Wilhelm le Leste est le plus célèbre de ces Prêtres. S’il faut en croire sa réputation, il aurait réussi à mener un service funéraire complet en moins d’une minute, tout en s’enfuyant devant une bande d’Orques. Évidemment, comme l’un des compagnons de Wilhelm est un Ménestrel, ses prouesses sont peut-être un peu exagérées.

Tout en restant à l’écoute de leurs rêves, comme tous les Prêtres de Mórr, les Prêtres itinérants prêtent également l’oreille aux rumeurs et gardent l’œil ouvert afin de débusquer les défunts dont personne ne veut. D’une manière générale, ils finissent par se trouver beaucoup plus impliqués dans les affaires des vivants qu’il n’est de coutume pour des membres de leur culte, mais leur Dieu semble les approuver entièrement car ils n’éprouvent pas de difficulté a lancer leurs sorts.

La Confrérie du Suaire

Les Prêtres de Mórr savent bien qu’un jour ou l’autre, tout le monde viendra à eux et à leur Dieu, alors pourquoi accélérer les choses ? Mórr, comme ses Prêtres, est extrêmement patient. Toutefois, il existe des gens qui ne veulent pas attendre et qui pensent que les Morts-Vivants représentent un tel danger que l’action violente s’impose immédiatement, que la défense du monde doit passer par une grande croisade contre les Nécromanciens et leurs répugnantes créatures. Il s’agit souvent de personnes, humains, Elfes, Nains et même Halflings, ayant miraculeusement survécu à ce qui aurait dû être un trépas certain aux mains des Morts-Vivants ou ayant subi une terrible perte du fait de ces abominations. Quoi qu’il en soit, la seule chose qui donne à présent une signification à leur existence est de pouvoir mener une lutte perpétuelle contre ce fléau. Pour ces âmes torturées, il existe une organisation capable de comprendre leur misère : la Confrérie du Suaire.

Les hommes et les femmes de la Confrérie, qui s’appellent mutuellement « compagnons », vivent ensemble une existence proche de la vie monastique, humains et non-humains confondus, et se soumettent à une discipline ascétique lorsqu’ils ne sont pas en croisade contre ceux qu’ils appellent « les Ennemis de la Vie ». En dehors des temps de prière, ils passent leurs journées à étudier les coutumes de leurs adversaires pour pouvoir mieux les combattre. En plus de leurs armures et de leurs armes, ils transportent toujours des pieux de bois d’aubépine et des maillets pour mettre fin à l’existence des Vampires, et des cierges et du sel pour accomplir les rituels destinés à bannir les esprits tourmentés. Lorsque les Nécromanciens redressent leurs têtes maléfiques pour se lancer dans leurs œuvres impies, les compagnons sont souvent là pour les traduire en justice, y compris lorsque les autorités officielles ne montrent pas le bout de leur nez.

Le quartier général de la Confrérie se trouve en Tilée, où le culte de Mórr est fermement établi. Sur une montagne solitaire, près de Remas, on aperçoit la silhouette trapue de l’ancien château de Monte Negro. Par peur et par superstition, les gens du pays l’évitent autant qu’ils le peuvent car des légendes locales prétendent que quiconque passe ses portes risque de rester pris au piège dans le royaume de Mórr avant que son temps ne soit venu. C’est le très vieux mais encore puissant grand commandeur de la Confrérie du Suaire, Bassiano Dutra, qui dirige l’ordre. Autrefois Prêtre de Mórr, il faillit être tué par un Vampire dans un manoir abandonné. Par miracle, il eut la vie sauve et depuis, il est convaincu qu’il s’agissait là d’un signe de Mórr par lequel celui-ci lui assignait la mission de combattre les Morts-Vivants.

Mais ses supérieurs refusèrent de l’écouter et Dutra décida de quitter la prêtrise pour consacrer sa fortune familiale à combattre l’ennemi par lui-même. Depuis lors, il a rassemblé des partisans en accord avec ses idées et établi des chapitres dans tous les pays du Vieux Monde. Deux des plus importantes de ces compagnies se trouvent à Essen, en Ostermark et à Siegfriedhof, au Stirland.

Les membres de la Confrérie possèdent un avantage certain sur les Chasseurs de Vampires indépendants car ils disposent d’informations exactes sur la nature de leurs ennemis et de leurs points faibles. La Confrérie compte de nombreux érudits qui ne combattent pas mais consacrent leur existence à la collecte de toutes sortes de renseignements relatifs aux Morts-Vivants, tels que les endroits où l’on peut les trouver ou la meilleure manière de les vaincre. Ses rangs regroupent également des alchimistes, des herboristes et des ingénieurs qui s’emploient à trouver de nouveaux moyens de combattre ces créatures. Malheureusement, leurs efforts sont parfois entravés par les méandres de la politique interne du culte officiel. En effet, le culte de Mórr n’est guère satisfait de tout cela, car la Confrérie déclare qu’elle agit au nom de Mórr alors qu’elle n’a jamais reçu l’approbation ou le soutien de la hiérarchie de l’Église. À plusieurs reprises, le culte a déjà sollicité de l’Empereur l’interdiction de cet ordre mais les succès de la Confrérie lui ont acquis quelques alliés puissants et, jusqu’à présent, ceux-ci ont fait obstacle à toutes les tentatives visant à la faire disparaître.

De plus, certains adeptes de l’Ordre du Suaire considèrent les activités de la Confrérie comme une perte de temps, au mieux, ou une hérésie, au pire (quelques-uns de ses membres ont par exemple osé suggérer qu’il serait bon d’adopter la pratique païenne de la crémation pour empêcher les cadavres de se relever). Cette proposition a soulevé un certain nombre de manœuvres politiques au sein du culte visant à livrer ceux qui en étaient les auteurs à l’examen des Répurgateurs ; dans la hiérarchie des cultes de Mórr, certains commencent déjà à prétendre que la Confrérie n’existe pas.

Ordre de la Couvée des Corbeaux

L’Ordre de la Couvée des Corbeaux est composé d’agents clandestins du culte destinés à la traque des Nécromanciens et les repaires des vampires dans tout le Vieux Monde.


Ordre Mineur

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« Les marchands se battent contre les marchands, les nobles contre les nobles, les voleurs contres les voleurs et les Prêtres de Mórr combattent les Nécromants. Je n’en dirai pas plus. »
- Magritta, mercenaire Tiléenne

Dans le culte de Mòrr, quatre ordres ont une importance particulière : les Prophètes des Derniers Jours, la Garde Noire, les Chevaliers de l’Ordre du Corbeauet les Adanti.

Les Prophètes des Derniers Jours

Ils constituent un sous-ordre des Augures. Ils sont chargés de parcourir les régions reculées du monde, pour y prononcer leurs oracles funèbres et célébrer les rites funéraires lorsqu’il n’existe aucun Temple de Mórr accessible. Certains sont liés à un Temple particulier, qui peut aussi bien appartenir à l’Ordre du Suaire qu’à celui des Augures, et se déplacent suivant un circuit déterminé. D’autres errent apparemment au hasard, visitant les Temples qu’ils rencontrent en chemin. Ces Prophètes prétendent toujours qu’ils voyagent au gré des visions reçues dans leurs rêves.

Il existe deux catégories de Prophètes des Derniers Jours qui semblent guidés par Mórr. Les premiers arrivent dans une communauté la veille du dixième anniversaire d’un enfant ou au lendemain d’un décès, précisément au bon moment pour accomplir les rites nécessaires. Dans certains cas, il paraît évident que la chose est simplement due a un excellent réseau d’informateurs et à un cheval rapide. Cependant, dans d’autres circonstances, il ne semble pas y avoir de cause naturelle à leur apparition opportune.

Les Prêtres du second groupe paraissent attirés vers les endroits où de nombreuses personnes sont sur le point de mourir, que cela soit à cause d’une bataille, d’une épidémie ou d’une catastrophe naturelle. Ces Prêtres disent recevoir des rêves qu’ils ne peuvent ignorer et dont ils doivent comprendre la signification. La plupart sont convaincus qu’il serait impie d’essayer d’empêcher ces morts, puisque Mórr a décrété qu’il était temps pour ces gens de rejoindre son royaume. Ils pensent avoir la mission de procéder aux rites funéraires. Certains d’entre eux pensent au contraire que Mórr les envoie vers des endroits où un grand nombre de gens courent le danger d’être précipités vers son royaume avant que leur heure ne soit venue et qu’il est donc de leur devoir d’empêcher ces décès ou au moins de limiter le désastre, une poignée d’entre eux va jusqu’à laisser entendre que Mórr fait les deux à la fois, en choisissant ses envoyés en fonction de chaque situation.

La Garde Noire

Les Gardes Noirs sont les templiers de Mórr. Leur premier devoir est de protéger les Jardins de Mórr et ses Prêtres. D’habitude, ceux qui veulent y entrer se présentent à la suite d’un événement significatif dans leur existence, très souvent la mort d’un être cher enfin libéré de ses souffrances par le trépas. Cette expérience permet au futur garde de comprendre l’importance du rôle de Mórr et lui montre le culte sous un jour plus sympathique.

D’autres membres de la Garde Noire y entrent après avoir combattu des morts-vivants, mais cela ne concerne qu’une minorité. Ils sont souvent peu satisfaits de devoir se contenter de veiller sur des tombeaux. Comme certains Prêtres partagent leurs sentiments, ceux-ci peuvent entrer dans la Garde Noire afin de prendre la tête d’unités de templiers choisis parmi les plus militants pour les conduire au combat contre les morts sans repos et les Nécromanciens.

Lors de funérailles importantes, le défunt est souvent accompagné d’une garde d’honneur composée de Gardes noirs. Les templiers ne font pas le moindre bruit durant la cérémonie et ils semblent même se déplacer en silence malgré leurs lourdes armures. L’importance d’un enterrement se détermine généralement à la somme dépensée pour la cérémonie, mais les Gardes noirs ont le droit de choisir les cérémonies auxquelles ils acceptent de participer. La plupart des unités ont coutume d’assister de temps à autre à l’enterrement d’un pauvre choisi au hasard, afin d’entretenir les spéculations du peuple, mais ils se plient généralement aux demandes des Prêtres.

  • Pour plus de détails sur cet ordre de chevalerie, voir la Garde Noire

Les Andanti

Les Andanti sont un ordre héréditaire,[2] une société secrète de chasseurs de vampires qui se considèrent comme élus par Mórr pour être ses guerriers sanctifiés. L’appartenance à cet ordre se transmet par les fils ou les filles, mais il n’y a qu’un seul Andanti par génération. Ainsi, bien qu’ils soient tous apparentés, ils portent de nombreux noms de famille différents et vivent dans de nombreuses nations du Vieux Monde. Cette dynastie trouve ses origines en Estalie où la population combattait déjà les morts-vivants bien avant la guerre du Sang. De nos jours, les Andanti sont dispersés ; certains de ceux qui naissent dans cette famille ignorent même leur nature d’élus destinés à devenir des chasseurs de morts-vivants.

Un Andanti se reconnaît au fait qu’il naît coiffé, c’est-à-dire la tête couverte d’une fine membrane provenant du placenta. Les sages-femmes recueillent généralement cette coiffe et la pressent entre deux feuilles de papier pour la conserver, car elle est supposée porter bonheur,particulièrement aux marins. Si le bébé a de la chance,l’un de ses proches, qui est également un Andanti, entend parler de sa naissance et s’intéresse à lui. Ce parent devient alors son mentor et lui transmet des connaissances cachées même aux autres membres de la famille. Chacun des Andanti possède une bibliothèque recelant des secrets qui soulèveraient un vif intérêt chez les Répurgateurs. Les jeunes Andanti apprennent des techniques de combat exploitant les points faibles des morts-vivants et certains d’entre eux sont même incités à passer quelque temps dans l’armée pour y parfaire leurs talents face à des mortels avant de s’attaquer aux morts.

Les Chevaliers de l’Ordre du Corbeau

La Confrérie du Suaire croit qu’il faut mener le combat jusqu‘à l’ennemi. Ses meilleurs guerriers sont regroupés au sein d’un ordre, le Noble et Chevaleresque Ordre du Repos Mérité, plus connu comme les Chevaliers du Corbeau, à cause du symbole de corbeau sur leurs boucliers et pardessus. Leur mandat est très clair : éliminer les squelettes, zombies et ombres qui arpentent la terre,et exterminer les nécromanciens et vampires qui les invoquent. Les Chevaliers du Corbeau forment un bras militant du culte de Mórr et voyagent dans tout le Vieux Monde pour faire face directement aux Nécromanciens et leurs créations fétides. Ainsi, contrairement à l’ordre des Gardes Noirs, les chevaliers du Corbeau sont impitoyables et agressifs ; ils partent à la rencontre de leur ennemi plutôt que d’attendre qu’il ne vienne à eux.

Dans les plus grandes villes, les Chevaliers du Corbeau reçoivent un peu d’espace dans la maison de guilde de la guilde des préposés aux funérailles comme base d’opérations. D’ailleurs, ils partagent les ressources de la guilde et soutiennent le personnel. Ailleurs, les Chevaliers du Corbeau sont basés dans des Temples fortifiés possédés par le culte de Mórr. Ils peuvent également recevoir des forteresses-monastères avec des terres comme certains nobles. Le plus grand et le plus connu de ces monastères est l’abbaye de Saint Æthelbert le Vigilant, situé au village de Siegfriedhof, à la frontière du Stirland avec la Sylvanie, où beaucoup de ces chevaliers sont actuellement stationnés. Jusqu’à présent, leur action s’est limitée à des raids, mais avec leur nombre et leurs renseignements grandissant (sans compter le retour vraisemblable de Mannfred von Carstein), ils sont sur le point de lancer une croisade visant à prendre une bonne fois pour toutes cette terre austère aux noirs seigneurs qui s’en sont emparé.


Temples

Jardin de Mórr
« Et qu’est-ce qu’on fait pousser dans un jardin hein ? De la mangeaille ! Pourquoi croyez-vous que les Prêtres de Mórr sont toujours bien nourris, même quand il y a la disette ? qu’est-ce qu’ils ont, dans leurs jardins ? »
- Gunther Jagerson, laboureur du Nordland

Les Temples de Mórr sont quasi systématiquement bâtis en pierre et possèdent toujours un grand porche de pierre sans porte qui reste ouvert en permanence, tout comme les portes qui conduisent au royaume de la mort et des rêves. Cette ouverture est toujours encadrée de deux piliers, un noir et un blanc, qui reflètent la double nature de la divinité. Les Temples Morriens sont souvent souterrains : ce sont des endroits très calmes, d’une remarquable fraîcheur et dotés d’une excellente ventilation. Les autres détails dépendent de l’ordre qui tient le Temple.

Les Temples de l’Ordre du Suaire sont habituellement construits suivant un plan rectangulaire, avec un certain nombre de chambres annexes où les corps peuvent être prépares avant l’inhumation. L’autel principal se trouve au bout de la grande salle, en face de la porte. Un cercueil posé devant l’autel accueille le défunt pendant le cérémonial. Derrière l’autel, une porte mène au jardin de Mórr. Les plus grands Temples possèdent plusieurs autels, chacun avec sa porte individuelle, afin de pouvoir conduire plusieurs cérémonies en même temps. Les portes donnant sur le jardin de Mórr peuvent être fermées et verrouillées.

Le jardin lui-même est une roseraie de roses noires et il est entretenu par les Prêtres : on y trouve toutes sortes de monuments de pierre. En théorie, ces monuments doivent être de petite taille, mais les plus riches parviennent toujours à convaincre les Prêtres de la relativité de la notion de « petitesse », par rapport au Grand Temple de Sigmar d’Altdorf, par exemple. Les familles des défunts peuvent y entrer en compagnie d’un Prêtre, on ne permet pas aux laïcs d’y pénétrer seuls. Pour mieux faire respecter cette règle, on ne peut généralement y accéder qu’en passant par le Temple et la plupart des jardins sont entourés de hauts murs de pierre. Le plus souvent, les quartiers des Prêtres sont bâtis le long de l’un des murs du jardin.

En règle générale, les Temples des Augures sont ronds et coiffés d’un dôme au sommet duquel s’ouvre un oculus. Les prophètes se tiennent sous le dôme, au centre du Temple, environnés d’épais nuages d’encens. Le Temple comprend également toutes sortes de pièces secondaires et d’habitations, auxquelles on accède par la grande salle. Les Temples des Augures ne possèdent pas de jardin de Mórr, mais il est courant de voir un Temple des Augures bâti non loin d’un Temple du Suaire.

Dans certains endroits, les coutumes sont un peu différentes, comme à Talabheim où la plupart des gens préfèrent être inhumés dans le Taalweelt, le bois sacré de Taal. Les défunts sont portés le long de la route sacrée de Mórr au bout de laquelle ils reposent pour un temps dans le jardin de Mórr puis, une fois les corps convenablement préparés, on les emmène en passant sous la Pierre Finale, une porte dédiée à Rhya.

Les oratoires de Mórr se présentent toujours sous la forme d’un portique, constitué de deux pierres verticales et nues surmontées d’un linteau. Dans certains cas, l’un des piliers est en marbre et l’autre en basalte. Les adeptes de Mórr n’entretiennent généralement pas d’autels dans leur foyers car on considère généralement que son symbole apporte la malchance lorsqu’il se trouve hors de son contexte funéraire.

Il y a très peu contact entre les Temples, mais le Grand Prêtre de Luccini est reconnu comme le titulaire du culte. Tous les dix ans une assemblée générale du sacerdoce de Mórr est tenue chez Luccini en Tilée, où des problèmes théologiques et des sujets de la doctrine de Mórr sont débattus et où des solutions sont décidées. Ces assemblées sont présidées par les plus influents Prêtres des plus grands Temples du Vieux Monde : Luccini, Remas, Marienburg, Gisoreux, Nuln, et Magritta.


Personnalités, Héros et Saints

Du fait qu’il n’existe pas véritablement de hiérarchie au sommet du culte de Mórr, ses grandes figures doivent essentiellement leur statut à leurs propres qualités et à leurs exploits plutôt qu’à l’approbation de leurs dirigeants. Les Augures sont très largement représentés parmi ces personnalités car la prophétie est une discipline qui attire forcément l’attention. Certains membres de la Garde Noire sont également devenus célèbres après une action d’éclat. Les saints de Mórr sont typiquement ceux dont l’opposition face aux Nécromanciens et aux vampires est légendaire.

Les six personnalités présentées ci-dessous sont des figures plutôt connues dans le culte :


Sources

  • Warhammer JdR - Le Tome de la Rédemption
  • Warhammer JdR - Le Livre de Règles V2
  1. Realm of Divine Magic (Traduction par Medenor)
  2. Warhammer JDR - Les Maitres de la Nuit