Marienburg

De La Bibliothèque Impériale
Blason de Marienburg
«Velours ou bois brute, navires ou liqueurs, voire la vie des gens - on dit que tout peut s'acheter ou se vendre à Marienburg. Mais il y a bien quelque chose que vous ne pourrez y acheter, même pour tout le thé en Inja : du terrain à bâtir.»
- un courtier Marienbourgeois


Par de nombreux aspects, Marienburg n'est pas très différente des grandes cités de l'Empire. Cependant, des impériaux remarqueront certaines différences à Marienburg. Les différences sont mineures, mais les ressemblances les soulignent.

On dit qu'il n'y a aucune activité humaine qui ne soit pas présente à Marienburg - qui génèrent de plus de l'argent. Il y a des marchands et des artisans de tous types des deux côtés de la loi. Si vous ne pouvez pas l'acheter à Marienburg, il y a des chances que ça n'ait pas encore été inventé ! Et tous types de services peuvent être achetés et vendus - utiles ou non, légaux ou non, moraux ou non. Si l'esprit peut l'imaginer, Marienburg peut le fournir - pour le prix adéquat.

Et supervisant tout cela, les guildes, factions, partis politiques et mercantiles, les cours, conseillers, lobbyistes, agitateurs, démagogues et marchands d'influence. Il y a les voleurs, les mendiants, les racketteurs, les associations de voisinage et gangs locaux. Il y a les sorciers d'une douzaine de couleurs et des prêtres d'une cinquantaine de dieux. Il y a des garnisons, des gardes, huissiers, milices marchandes et les collecteurs d'impôts toujours vigilants. Qui détient le vrai pouvoir ? Cela dépend de ce que vous voulez.

Il y a aussi les merveilles de Marienburg. Les docks du Suiddock, s'étendant le long du Reik sur plus d'un kilomètre - les plus grands du Vieux Monde, avec des navires partant tous les jours pour aller presque partout dans le monde. Le grand Temple de Manann - le cœur du culte du dieu des mers, décoré par les richesses de générations de marchands des mers reconnaissants. Les hautes tours du pont d'Hoogbrug, l'une des merveilles du Vieux Monde. Les coins sombres du Pont Trois-Penny, le fameux repaire des voleurs où, dit-on, tout peut être acheté et vendu - même une vie. L'Île de Rijker, la grande forteresse-prison, se dessine sur la rivière comme une montagne construite par l'homme.

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Atteindre Marienburg

Marienburg est probablement l'endroit le plus simple à atteindre de n'importe où dans le Vieux Monde. L'emplacement de Marienburg a un énorme avantage : l'embouchure du Reik est la seule rivière navigable donnant accès à L'Empire et le centre du Vieux Monde. En hiver, c'est souvent la meilleure route pour atteindre Kislev, dont le port d'Erengrad est souvent prisonnier des glaces pendant quatre mois.

Pour les marchands de L'Empire, Marienburg une bien meilleure route vers l'ouest que la route terrestre à travers la Bretonnie. Le voyageur doit affronter les brigands - et parfois les hommes-bêtes ou les Peaux-Vertes - dans les montagnes et voyager par terre et rivière pendant plusieurs centaines de kilomètres avant d'atteindre les petits ports mal gérés de Bretonnie.

La route de l'est est à peine meilleure. L'expansion des Hobgobelins à travers les Grandes Steppes a fermé la route nord, tandis que la route sud à travers l'Arabie a toujours été incertaine depuis les guerres saintes il y a un millénaire ; entre les barons pillards des Principautés Frontalières, un voyage périlleux le long de la frontière sud des Terres Sombres, et les caprices des potentats Arabes parfois meurtriers, peu de voyageurs s'aventurent vers l'est par voie de terre.

Tous ces facteurs font que Marienburg est le portail pour le nord et l'est du Vieux Monde. Les riches de L'Empire désirent les produits de luxe de Cathay et d'Inja. Les sorciers et les alchimistes ont besoin d'ingrédients exotiques qu'ils ne peuvent pas trouver dans le Vieux Monde, tandis que les érudits payent un bon prix pour des nouvelles et des informations sur des pays qu'ils ne visiteront jamais. Marienburg sait bien cela et l'exploite du mieux qu'elle le peut. Et cela a rendu la cité très riche.

Par la Rivière

Le Reik et ses affluents couvrent pratiquement tout l'Empire, et la route de Talabec-Urskoy relie Marienburg au sud-ouest de Kislev. La portée des bateaux allant et venant de Marienburg est énorme. Le transport de passager atteint Nuln, Talabheim et Altdorf, et des bateaux marchands de toutes les tailles vont à Marienburg depuis tous les coins de L'Empire. Les aventuriers peuvent acheter une place sur un transport de passagers, ou travailler sur un navire marchand. Les personnages riches peuvent même avoir leur propre bateau.

La première vue de Marienburg du Reik est impressionnante. Après plusieurs jours de voyage à travers le paysage lugubre des marais de roseaux, la rivière - large de presque 1,5 km à présent, et très lente - atteint un virage, et les roseaux s'écartent pour dévoiler la cité. Les bateaux entrent dans le port de Marienburg à travers le Strompoort, un grand canal entouré de murs hauts et de tours d'artillerie. Un pilote de Marienburg montera ensuite à bord pour guider le bateau à travers les canaux trompeurs, peu profonds et toujours changeants, pour l'amarrer au Suiddock.

Par la Route

La principale route par la terre pour Marienburg de l'Empire est la route de Middenheim. Cette grande route est bien maintenue et bien patrouillé par une large force de de Patrouilleurs Ruraux. C'est une artère très importante de la cité-souveraine de Middenheim, et on fait tout ce qui est possible pour la maintenir ouverte. Les Diligences de la Tour de Roc et du Loup Courant assurent un service régulier entre Middenheim et Marienburg, et ces derniers mois, les diligences en plein développement des Quatre Saisons ont commencé à faire de même.

En plus de la route de Middenheim, il y a une route moins utilisée à travers les Pâles Sœurs jusqu'à l'amont de la rivière Ois. Cette route était plus importante il y a quelques siècles, quand le Pays Perdus étaient pratiquement en guerre avec L'Empire et la Bretonnie était un partenaire commercial important. Depuis, cependant, les Rois Louis IX, X et XI de Bretonnie ont imposé nombre d'impôts sur les biens venant et allant dans le Pays Perdus, dans l'espoir d'augmenter la fortune de leurs propres ports de Brionne, Bordeleaux, Moussillon et L'Anguille. La route de Gisoreux est peu utilisée de nos jours, et est souvent dangereuse, mais il y en a encore qui la prennent.

Selon d'où ils viennent, les voyageurs arrivant à Marienburg par la route entreront par l'Oostenpoort ou le Westenpoort. Ces grandes portes sont assez larges pour laisser passer trois chariots à la fois, et chacune est gardée par une milice bien armée et des collecteurs d'impôts. Les voyageurs peuvent entrer gratuitement s'ils ont un document prouvant qu'ils font affaire avec l'une des grandes familles marchandes de Marienburg; autrement, il y a une taxe standard de 1 Guilder par tête, plus 1 Guilder par roue, plus 1% de la valeur de tout bien commercial.

Par la Mer

Il n'y a, littéralement, aucun port dans le monde qui ne puisse pas atteindre Marienburg par la mer. Les navires de la Norsca et d'Erengrad visitent souvent sauf en hiver, où les ports du nord sont bloqués par la glace et la Mer des Griffes devient si dangereuse que même les Norses y pensent à deux fois avant de prendre la mer. Il y a aussi un réseau prospère de commerce maritime partant de Marienburg le long des côtes de Bretonnie, d'Estalie et de Tilée.

Mais la vraie fortune de Marienburg vient de son commerce lointain. Les visiteurs des Principautés Frontalières et d'Arabie ne provoquent aucune surprise. Les grands navires des Hauts Elfes de la Forteresse Gemme-étoile vont en Lustrie, dans le Nouveau Monde et les Terres Elfiques, et d'étranges jonques et galères ramènent soie, épices et autres raretés de Cathay et Nippon. Les Marienbourgeois sont fiers de faire affaire partout sauf dans les Désolations du Chaos - les citoyens Impériaux répondent parfois que Marienburg attend seulement que le Chaos fasse une bonne offre.

En approchant Marienburg par la mer, on pourrait croire qu'il s'agit d'une île. La transition entre la mer, les vasières et les marais est pratiquement imperceptible, et la cité surplombe la platitude des alentours. Les vaisseaux arrivant à Marienburg doivent passer au grand Phare de Manann, et attendre qu'un pilote monte à bord; il n'y a pas d'exception à cette loi, et tout navire qui tente de la violer se fera tirer dessus par la batterie de canons du phare. Une fois que le pilote est à bord, il guide le navire pour l'amarrer dans le Suiddock - la zone portuaire principale de Marienburg. Un pilote coûte un Guilder pour chaque pied de longueur du navire de poupe à proue, et tout capitaine tentant d'entrer sans pilote aura de sérieux ennuis. Les autorités de Marienburg n'apprécient pas ceux qui encombrent leurs voies maritimes avec leurs navires.


Une Visite Rapide

Willkomm en Marienburg !
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«Marienburg est une cité d'affaires, rien d'autre.»
- Directeur Jaan van de Kuypers


Marienburg est une cité d'îles, de ponts et de canaux. Les voyageurs, qui arrivent par la mer ou à travers les marais par le Reik, sont tout d'abord frappés par la manière dont elle semble émerger lentement des eaux tel un monstre marin, indifférente à ce qui l'entoure, parfaitement protégée par l'énorme muraille du Vlœdmuur. C'est ensuite l'incroyable entassement de bâtiments qui retient l'attention : chaque mètre carré des îles disparaît sous les maisons, les boutiques ou les entrepôts et ces constructions montent même à l'assaut des ponts. Enfin, le nouvel arrivant ne manque pas d'être "frappé", quand il navigue sur les canaux de la ville, sous les ponts ou les fenêtres en surplomb, par la nécessité de se munir d'un solide parasol.

Les îles de Marienburg sont les vestiges des terres qui accueillaient l'antique port des Hauts Elfes, Sith Rionnasc'namishathir, la "Forteresse de la Gemme-Etoile sur la Côte Sablonneuse", et le Vlœdmuur ne fait d'ailleurs que suivre les contours de la muraille elfe disparue. A l'arrivée de l'Homme, seules quelques ruines pointaient encore en surface mais les fondations antiques allaient servir d'assises aux constructions futures. Personne ne sait vraiment pourquoi ces îles ont survécu alors que les eaux du marais ont englouti presque toutes les terres environnantes, mais certains érudits du Collège de Navigation et Magie Marine ont supposé que la Magie Haute des Elfes devait y être pour quelque chose, des runes inconnues ayant été retrouvées dans les souterrains les plus profonds.

De nos jours, la plupart des îles s'élèvent à cinq, six mètres au-dessus des canaux (seulement trois mètres à marée haute et encore moins pour les marées d'équinoxe) et ne sont menacées que par les inondations les plus graves. Les plus hautes se trouvent dans les parties les plus riches et anciennes de la cité, Oudgeldwijk, les quartiers du Temple et de l'Université, ou Guilderveld. Quand on s'éloigne du centre et qu'on s'aventure dans les quartiers pauvres près des murs, à Doodkanaal ou dans les Plats, les îles n'émergent plus de l'eau que de quelques pieds et les inondations frappent au moins une fois par an.

Pendant ses mille premières années d'existence, Marienburg avait cessé d'être un simple refuge pour devenir un port de pêche, puis une grande place commerciale. Ses habitants avaient maçonné les rives des îles, élevant des quais de pierre et remplissant l'intérieur de terre et de rocs. Les familles nobles dépensaient des sommes incroyables pour gagner un pied ou deux d'élévation, chaque nouvelle couche signalant à tous leur fortune et leur puissance. Régulièrement, quand les murs périphériques s'étaient suffisamment élevés pour justifier un nouveau remplissage de l'intérieur, les Barons de Westerland ordonnaient la destruction de tous les bâtiments et leur reconstruction sur la nouvelle surface. Ces ordres imposaient aussi de combler toutes les pièces sous la surface, mais nombre de propriétaires esquivaient cette obligation et bâtissaient les nouvelles constructions au-dessus des salles condamnées. En conséquence, beaucoup de bâtiments de Marienburg comprennent sous-sol et sous-sous-sol, les divers niveaux souterrains pouvant être encore utilisés, murés et oubliés depuis longtemps, ou reliés entre eux par des réseaux de tunnels datant d'une époque ou une autre. La plupart de ces volumes souterrains servent un usage légitime (légitime aux yeux d'un Marienbourgeois en tous cas) mais beaucoup d'entre eux sont des routes ou des caches secrètes fréquentées par les contrebandiers, criminels et sectateurs (qui y pénètrent grâce aux portes oubliées ou dissimulées des citernes et des conduits de l'antique système de drainage des inondations).

Les grandes avenues de Marienburg sont ses canaux où se pressent toutes sortes de bateaux. L'artère la plus grande est le Rijksweg, le cours principal du Reik qui coupe la cité en deux et accueille l'essentiel du trafic. Un de ses bras, le Bruynwater, coule entre les îles du Suiddock et permet d'accéder aux quais les plus fréquentés de la ville. Au nord, le canal Noordmuur est la route habituelle de ceux qui ont à faire dans les quartiers commerciaux ou gouvernementaux de cette partie de Marienburg car il permet d'éviter le Rijksweg toujours fort encombré. Le canal le plus au sud est son opposé à tout point de vue : le Doodkanaal ou "Canal mort" est une voie d'eau stagnante et malodorante gorgée d'ordures et parfois de cadavres. Les vapeurs puantes qui s'en élèvent lui assurent une affreuse réputation et seuls les plus pauvres ou les proscrits acceptent de vivre sur ses berges.

Des dizaines d'autres canaux serpentent entre les îles et certains sont si petits qu'ils ne figurent même pas sur les cartes de la cité. Ces étroites ruelles aquatiques desservent les courettes arrières de certaines entreprises ou résidences, voire quelques lagons privés cachés par les toits en surplomb. Un étranger peut très facilement se perdre dans le dédale de ces voies d'eaux qui ont bien reçu des noms mais pas de pancartes. La plupart des visiteurs choisissent donc de louer un des nombreux fiacres d'eau de la ville. Nage et canotage sont ici des compétences communes et une plaisanterie impériale prétend même que "aucun Marienbourgeois n'ira jamais là où il ne risque pas de se mouiller en chemin."

Des escaliers taillés dans le roc de ces îles, ou construits en bois dans les quartiers les plus pauvres, permettent d'accéder aux quais et aux canaux. Certains, comme la Grande Courbe sur le côté Reik du Quartier du Palais, sont larges et et majestueux et des centaines de personnes s'y côtoient à chaque heure du jour. D'autres, dans les vieux quartiers comme le Suiddock ou les ensembles de de taudis sur le Doodkanaal, ne sont rien autre qu'une entaille dans le roc tout juste assez large pour un homme. Mal éclairés et hors de vue, ces étroits passages deviennent souvent des pièges mortels pour ceux qui se sont fait un ennemi ou deux.

Dans une cité bâtie sur un archipel entouré de marais, l'espace est naturellement un bien fort recherché. Les Marienbourgeois, champions de l'opportunisme, ont construit partout où le moindre mètre carré était disponible. Les toits à pignons de leurs étroites maisons coiffent bien souvent trois ou quatre étages et les surplombs sur les rues ou les canaux sont tellement importants que quantité de bâtiments semblent sur le point de s'écrouler. Les nombreux ponts qui relient les îles ont, de même, été envahis par les bâtisseurs avides d'espace : des constructions s'accrochent sur leurs flancs quand elles ne mordent pas sur le manteau lui-même. Certaines de ces "communes sur ponts" existent depuis si longtemps qu'elles constituent des circonscriptions reconnues, avec leurs propres édiles, leurs propres personnalités et leurs codes municipaux inextricables. Une ou deux, comme le Pont Trois-Penny, se sont même fait un nom en dehors des Pays Perdus.

La loi exige cependant que deux ponts de la cité restent dégagés. Le premier est le Niederbrug, la seule voie terrestre entre Haute Toir et les principales îles du Suiddock. L'autre est plus célèbre encore : le Hoogbrug qui traverse le Reik de l'Île de Haute Tour au Quartier du Palais sur des arches assez hautes pour laisser passer un navire de haute mer. Ce pont se termine à chaque extrémité par une tour supportant une rampe extérieure en spirale, une rampe assez large pour que deux attelages importants s'y croisent sans problème. Si l'on excepte les bacs, les péniches et la natation, le Pont Hoogbrug est le seul lien entre les moitiés sud et nord de la cité, et le Directorat refuse de voir le moindre obstacle ralentir le flux du commerce, ou les troupes qui vont mater une émeute dans le Suiddock.

Aucune loi n'interdit particulièrement la construction sur le Pont Tournant Draaienbrug, une merveille technique pivotant sur un pilier central pour laisser passer les navires qui descendent le Reik jusqu'au Suiddock. Plusieurs constructions sauvages se sont déjà écroulées dans le Reik et la plupart des gens sont désormais bien convaincus que vivre ici n'est pas une bonne idée. Quelques escrocs continuent cependant de proposer des permis de construire sur le Draaienbrug aux nouveaux arrivants.

L'énorme muraille du Vlœdmuur entoure la cité comme les ailes d'une mère poule ses poussins. C'est la principale protection de la ville contre les inondations dues aux marées et les attaques maritimes ou terrestres. Construite sur les fondations de l'ancienne forteresse elfe, elle court sur des kilomètres tout autour de Marienburg, mais le Directorat a surtout concentré ses investissements à l'entrée et à la sortie du Reik, et aux portes d'Oostenpoort et de Westenpoort.

Des remparts de pierre et deux grosses tours rondes encadrent l'entrée du Reik, généralement appelée Strompoort. En cas d'urgence, les officiers qui ont la charge de ces tours peuvent ordonner de relever les énormes chaînes déposées au fond de la voie d'eau. En une demi-heure, une barrière de métal interdit le passage aux navires qui descendent le fleuve et les canons qui arment les tours peuvent infliger de terribles dégâts aux vaisseaux ainsi piégés.

A l'autre extrémité de la ville, là où commence la Manaanspoort Zee, la vaste entrée de la rade de Marienburg est surtout gardée par la forteresse-prison de l'Île de Rijker et ses canons et catapultes incendiaires. Les tours du Vlœdmuur sont ici plus petites et les murailles surtout destinées à la protection des ports de Manaanshaven et Elfeville, qui abritent des navires et des troupes essentiels à la défense de Marienburg.

Entre Strompoort et l'Île de Rijker, percé seulement par les portes-forteresses d'Oostenpoort et Westenpoort, le Vlœdmuur ressemble plutôt à une grosse digue où se mélangent terre, roc et bois, une digue constamment renforcée ou reconstruite. Des tunnels revêtus de briques percent celle-ci sous chacune des tours de guet de pierre.

Quand les marées deviennent dangereusement hautes, ceux qui vivent près des murs peuvent entendre le battement sourd des pompes construites par les nains qui rejettent l'eau dans le marais. Chaque extrémité est fermée par une herse de fer pour interdire toute entrée par le marais et les gardiens des lampes de la cité patrouillent régulièrement sur la palissade de bois au sommet du Vlœdmuur.


Les Gens de Marienburg

«Quand on a serré la main d'un Marienbourgeois, mieux vaut recompter ses doigts.»
- Proverbe Impérial


Les préjugés des nouveaux arrivants dans le Pays Perdus ou à Marienburg faussent souvent leur perception de la population locale. C'est particulièrement vrai dans le cas des Impériaux qui ont du mal à pardonner aux Marienbourgeois leur sécession. L'erreur la plus répandue consiste à mettre dans le même sac habitants du Pays Perdu et Marienbourgeois. Si l'on considère que le recensement de 2500 C.I. a comptabilité 135.000 foyers à Marienburg contre seulement 15.000 dans le reste du Pays Perdus, cette erreur est bien compréhensible. Les habitants du Pays Perdus sont pourtant beaucoup plus conservateur et beaucoup moins accueillant envers les étrangers que leurs cousins de la cité qui accueillent toujours à bras ouverts les sources potentielles de profits.

Les lieux communs impériaux décrivent le Marienbourgeois typique comme un redoutable escroc capable de vendre de la neige à un Kislévite ou son propre vin à un Tiléen. Les documents de Marienburg sont censés être infestés de paragraphes en petits caractères, tous les contrats comportent des clauses d'annulation sans dédit et chaque tope-là s'accompagne de doigts croisés dans le dos du partenaire Marienbourgeois. Mieux vaudrait, d'après la rumeur, renoncer d'emblée à tous ses biens plutôt que d'entrer en affaires avec un citoyen de Marienburg.

Comme tous les stéréotypes, celui-ci n'est bien sûr qu'exagération, des exagérations que les Marienbourgeois ne font d'ailleurs rien pour combattre, une telle réputation pouvant parfois leur donner l'avantage dans leurs affaires. Quoi qu'il en soit, Marienburg vit par et pour le commerce, et la volonté de réussite tend à faire de presque tous ses citoyens d'avides marchands de tapis.

Naturellement, le Marienbourgeois - et dans une moindre mesure l'habitant du Pays Perdu - voit les choses différemment. Il veille avant tout à ses intérêts et compte bien que ses partenaires feront de même. Les affaires sont les affaires et s'il ne jette pas sur le guilder qui passe, c'est quelqu'un d'autre qui en profitera. La pauvreté des terres environnantes explique peut-être cette mentalité : dans une région si désolée, les Marienbourgeois ne pouvaient accéder aux conforts de la vie que par le commerce. Avec le temps, il est devenu un mode de vie.

Dans ces conditions, il n'est pas surprenant que les citoyens de Marienburg soient toujours très occupés ou en déplacement. Une nouvelle affaire les attend toujours quelque part. Leurs voisins de l'Empire ou de Bretonnie prétendent, en ne plaisantant qu'à moitié, que si le Marienbourgeois se presse autant, c'est qu'il ne veut pas être rattrapé par le dernier pigeon qu'il a plumé. Cela n'empêche pas les Marienbourgeois de considérer avec une tolérance amusée les bouffons guindés de Bretonnie et les aristocrates Impériaux vêtus de noir et d'angoisse : ils savent bien qui l'emportera quand viendra le temps des affaires sérieuses.

Si l'on met de côté leur respect du divin précepte d'Haendryk «Gagne vite de l'argent !», les habitants du Pays Perdu sont des adeptes de l'humour pince-sans-rire et particulièrement enclins à percer les baudruches. Leur sens de la dérision ne vise pas que les étrangers : Marienburg accueille un théâtre plein de vie, et l'art de la satire et de la farce y obtient même les faveurs de ses victimes. Plus d'un sujet de l'Empire a déjà exprimé son mépris pour cette attitude de «petits rigolos» mais les Marienbourgeois sourient de cette étiquette, un sourire qui ne disparaît pas quand ils visitent la banque.


Biens et Services

Il n'y a pratiquement rien qui ne puisse être obtenu à Marienburg. Les magasins vendent de tout, des poissons aux diamants, du pain au sang de vampire séché. Les ateliers représentent tous les arts et tous les métiers, de l'alchimie à la zymurgie (ce qu'on appelle aussi brassage). Des auberges, tavernes, hôtelleries, tripots, grands hôtels et clapiers. Des théâtres, opéras, gallodromes (là où l'on fait des combat de coqs), burlesques et bordels. Tout ce que vous pouvez imaginer, et plus encore.


Les Quartiers et les Cantons de Marienburg

«Il n'est pas difficile de trouver son chemin dans Marienburg, à condition, bien sûr, d'être à moitié poisson.»
- un diplomate Impérial


Dans le Vieux Monde, Marienburg passe pour une cité d'entrepôts, quais et coffres-forts bourrés de marchandises et trésors fabuleux. Les rues sont pavées d'or et toutes les fenêtres en verre véritable. Tout le monde est forcément marchand, banquier, avocat ou sorcier. Et même les pauvres arborent des haillons de soie dans cette cité où personne n'a jamais faim.

L'image est absurde, bien sûr. Marienburg est un patchwork de contrastes et chaque quartier, riche ou pauvre, a sa propre personnalité.

La cité est officiellement divisée en vingt quartiers, des circonscriptions dotées d'une identité légale. Les quartiers ont le droit d'élire des Comités de Quartier, de concevoir leurs propres arrêtés, d'envoyer des représentants à la chambre basse du Stadsraad, le Burgerhof, et même de lever des taxes pour financer des patrouilles supplémentaires de la Garde, l'entretien des routes et des ponts et, bien souvent, les petits empires mal acquis des politicards locaux.

Toutes les parties de la cité qui portent un nom ne sont pas forcément des quartiers officiels. Certaines, dont la réputation s'étend bien au-delà des murs de la cité comme le grand port de Manaanshaven, ne possèdent aucun statut légal. D'autres, principalement les enclaves et les ghettos créés par divers groupes sociaux ou raciaux, sont juste des "cantons". Ce n'est pas parce qu'un canton ne possède pas de statut légal qu'il ne représente qu'un fragment de quartier : la plupart ont leurs propres règles et lois (souvent non écrites), temples et oratoires, fêtes et célébrations religieuses, et chefs reconnus. Ces derniers n'ont pas autant de pouvoir que les membres du Stadsraad mais recueillent généralement le respect de leurs voisins, et savent faire bouger les choses à leur manière.

Plaque tournante internationale, Marienburg est truffée de communautés étrangères qui refusent de se dissoudre dans la culture locale. On trouve par exemple des gens à Remasweg, Noord Miragliano et Messteeg qui ne parlent pas l'occidental, alors qu'ils sont marienbougeois depuis deux ou trois générations. Entrer dans ces ghettos revient à plonger dans une cité de Tilée ou d'Estalie, et seul le climat humide rappelle au voyageur qu'il se trouve toujours à Marienburg.

Mésententes et rivalités opposent bien souvent quartiers et cantons. Les problèmes du jour, mais aussi les insultes et scandales des décennies passées, suscitent des conflits larvés qui éclatent parfois au grand jour dans les Comités de Quartier et l'enceinte du Burgerhof. Ces questions de politique locale dégénèrent aussi en échauffourées sur le seuil des tavernes ou dans les ruelles obscures, et même parfois en batailles de rue. Les visiteurs sensés feront tout leur possible pour rester à l'écart.


Politique intérieur de Marienburg

«Ne punissez pas l'enfant cupide. Faites-en un marchand. La cupidité est la racine des patrimoines.»
- Lea Jan Cobbius, expliquant la leçon primordiale apprise par les Marienbourgeois auprès des Grandes Maisons

Le Gouvernement

Marienburg diffèrent tant du reste du Vieux Monde par la culture qu'il n'est pas étonnant que son gouvernement soit de même différent. Depuis la fin des Barons de Westerland, la cité se passe de monarque : ni roi ni prince ni duc, pas même un baronnet ou deux dans son gouvernement. Afin de pouvoir se décrire aux étrangers, les érudits du Collège de Navigation et Magie Maritime du Baron Henryk ont récemment inventé le terme de "démocratie" qui signifie "règne des masse". Les Marienbourgeois sont fiers de clamer qu'ils font leurs propres lois et se considèrent, eux-mêmes et leur cité, comme l'exemple éclatant de ce qu'il faut faire. «Quand les petits sont écoutés et que chacun peut s'occuper de ses affaires, tout va au mieux pour tout le monde» assure un proverbe.

C'est en tous cas de cette manière que l'office des visiteurs prétend que les choses fonctionnent. La vérité est, comme toujours, moins brillante, bien plus sombre en tout cas que les "mille lanternes" dont le Staadtholder Buusch se vantait à tout propos. Les Marienbourgeois bénéficient effectivement d'une mobilité sociale plus importante que leurs cousins impériaux, mais la cité est fermement contrôlée par une clique de riches entre les riche. Ceux qui rendent leurs arrêts dans les salons enfumés de la Bourse d'Import-Export n'ont pas plus de considérations pour les "petits" qu'un éleveur pour ses bêtes. Tandis qu'une matriarche hautaine se gorge à Goudberg d'aquavit nordique glacé et de caviar Kislévite, une famille crève de faim dans quelques pièces minuscules du Suiddock. On trouve entre les deux tout l'éventail des castes, factions et corporations, des gens qui se sont regroupés entre semblables pour se défendre et qui guettent, tous autant qu'ils sont, l'occasion de grimper un barreau de plus sur l'échelle sociale.


Le Stadsraad

«Tous ces jolis coqs veulent chanter dans l'plus joli poulailler. Et c'est le petit peuple qui nettoie les fientes pour sûr. Vous v'lez de la moutarde avec ?»
- Un vendeur de saucisse de hareng Marienbourgeois

Le Stadsraad est le bâtiment qui abrite les deux chambres du Parlement, dans le quartier de Paleisbuurt. La chambre haute est le Rijkskamer, une assemblée somnolente qui regroupe regroupe tous les prêtres des cultes reconnus, les doyens d'universités et les quelques vestiges de l'ancienne noblesse. Présidée par le Staadtholder lui-même, elle se réunit rarement. La chambre basse, le Burgerhof, est une assemblée turbulente qui accueille les représentants des guildes et les édiles élus par les quartiers de la cité et les principales villes des Pays Perdus. Elle se réunit plus fréquemment et ses débats sont souvent fort disputés, à coups de poing parfois. Le Président du Burgerhof est Nieut Gyngrijk, un démagogue incendiaire particulièrement populaire dans les classes laborieuses. Ce grand requin politique obtient généralement ce qu'il veut des différentes factions.

Officiellement, le Stadsraad a toute autorité pour décider des lois, des commissions d'enquêtes et de la politique du pays. Dans les faits, il ne s'agit que d'un club de débat surdimensionné, d'une simple chambre d'enregistrement pour les décisions du Directorat. Une bonne part de ses pouvoirs législatifs ont été saisis par les guildes qui réglementent elles-mêmes leurs professions et ne sont soumises qu'à de rares enquêtes du Stadsraad. Même les "instructions" formelles que cette assemblée transmet au Staadtholder et aux Directeurs sont en fait dictées par les chefs des divers clans qui gouvernent la ville. Le Secréataire du Stadsraad, Ulric van-den-Bogærde est l'ambassadeur informel des volontés du Directorat auprès des deux chambres et, quand un projet de loi atterrit au Burgerhof, Gyngrijk s'assure habilement que, aussi vivant que soit le débat, les votes ne s'égarent pas. Des cadeaux secrets du Directorat le récompense de ses efforts et il est toujours possible, le cas échéant, de réunir le Rijkskamer qui ne manque jamais de mettre son veto aux mesures désagréables que Gyngrijk n'a pu étouffer dans l'œuf.


Le Directorat

«Stupéfiant, n'est-ce pas? Ils dirigent la cité la plus complexe qui soit et leurs réunions sont pourtant des modèles d'efficacité et d'unité. On pourrait croire qu'ils savent à l'avance comment les choses vont se passer, mais ce serait malhonnête.»
- Un avocat à la Cour

Le Directorat est le Conseil Exécutif du Stadsraad. Il se réunit chaque semaine pour définir les grandes décisions susceptibles d'affecter la totalité des Pays Perdus. Ces sessions au Palais Neuf de Paleisbuurt sont ouvertes à tous les citoyens de Marienburg et les enregistrements des débats sont des documents publics. Les décisions sont prises à la majorité, le Staadtholder ne votant qu'en cas d'égalité. Siègent au Directorat les Grands Prêtres de Manaan, Verena, Shallya et Haendryk, le Recteur du Collège du Baron Henryk et les chefs des dix Maisons Marchandes les plus riches. Leur image publique est celle d'une élite qui défend sans relâche les intérêts des Pays Perdus dans un monde hostile.

Ce plaisant tableau cache encore une fois des réalités du pouvoirs. Les sièges ecclésiastiques et universitaires sont permanents, mais ceux qui sont détenus par les maisons marchandes sont théoriquement accessibles à tous les membres du Burgerhof, riches ou pauvres. Depuis l'époque de Magnus, ces dix sièges ont pourtant toujours été occupés par les maisons marchandes. Les chefs des dix familles les plus riches emportent systématiquement les élections bisannuelles, les votes nécessaires leur étant assurés par consensus et généreux mécénat. Sauf trahison ou meurtre d'une belle-mère en public, ces chefs de famille ne peuvent perdre leur siège que par un revers de fortune qui altérerait le classement de leur maison. Cette situation suscite bien sûr une compétition effrénée entre les maisons qui se savent proches du pinacle. La plupart du temps, cela se traduit par une (quasi) honnête concurrence commerciale, mais il arrive que certains individus impatients ou peu scrupuleux aient recours à des méthodes moins recommandables pour saboter les affaires du Directeur qui paraît vulnérable.

Le Directorat fait preuve d'une unité stupéfiante car il traite en fait toutes les affaires sérieuses en coulisse. Les initiés considèrent que le Conseil d'Administration, l'assemblée privée des gouverneurs de la Bourse d'Import-Export, constitue le véritable centre de pouvoir de Marienburg. La plupart des Directeurs y siègent et ce n'est pas un hasard. C'est là et dans les luxueux salons des riches entre les riches qu'est réellement gouvernée Marienburg.


Le Staadtholder

«Van Ræmerswijk est le Staadtholder idéal. Il laisse le Directorat s'occuper des affaires pendant qu'il veille à son image dans les bals et les parades.»
- Directrice Clotilde de Rœlef

Concession aux nobles maisons de l'Empire (exaspérées par l'idée que la plus riche province impériale puisse être dirigée par des boutiquiers), les Maisons Marchandes de Marienburg ont décidé d'élever un Directeur au poste de Staadtholder pour qu'il assure la régence «jusqu'à ce qu'un héritier véritable de la noble Maison des van de Maacht soit enfin trouvé.» Le Directeur s'assure bien entendu que personne ne puisse jamais satisfaire à ce critère.

Le Staadtholder est élu chaque année parmi les Directeurs et il est toujours issu d'une des dix Grandes Familles. Il préside aux réunions du Directorat et fixe l'ordre du jour, mais son rôle est strictement cérémoniel. Il ne vote qu'en cas d'égalité et, dans les rares occasions où il doit le faire, défend systématiquement les intérêts des Maisons Marchandes. Cette situation satisfait pleinement les Dix et leurs alliés qui veillent toujours à choisir le moins ambitieux et le plus docile d'entre eux pour ce poste. Les avantages matériels considérables attachés à cette fonction, et l'appui qu'elle peut apporter aux intérêts de la Maison du titulaire, expliquent sans doute qu'aucun Staadtholder n'a jamais trahi ses pairs.

Entre autres devoirs, le Staadtholder reçoit les diplomates étrangers et représente le Pays Perdus lors de diverses cérémonies, comme celle qui ouvre officiellement la saison commerciale. Il est le chef militaire des Pays Perdus, ce qui lui donne autorité sur les Gardes du Fleuve et de la Cité, les collecteurs d'impôts, les mercenaires et les milices de la cité. Ce commandement n'est cependant qu'une fiction officielle puisque la gestion de ces unités relève habituellement de divers commissaires, capitaines et commandants. Le Staadtholder peut même réquisitionner en temps de crise les milices et les flottes privées des temples et des Maisons Marchandes de la cité, même si ce pouvoir n'a plus été utilisé depuis la guerre d'indépendance. Il est aussi prêtre d'Haendryk et de Manaan, des titres strictement honorifiques bien sûr.

Le Staadtholder détient pourtant un réel pouvoir, un pouvoir qu'un homme, ou une femme, sans scrupule pourrait utiliser pour régner en maître sur le Directorat, et donc sur Marienburg. Dans une pièce latérale qui n'ouvre que sur son bureau, siège son secrétaire permanent officiellement appelé Intendant du Palais. Il s'agit en fait du chef des services secrets marienbourgeois, les Marcheurs de Brumes. Le rôle réel de cet homme apparemment tranquille et modeste est rarement connu à l'extérieur du Directorat : rassembler des renseignements et agir en secret contre toutes les menaces intérieures et extérieures. Il entretient un important réseau d'espions et d'informateurs dans tout le Vieux Monde et à Marienburg même, un réseau qui s'infiltre, dit-on, jusque dans les résidences des Directeurs. L'Intendant du Palais rend compte chaque jour au Staadtholder. Dans une cité de marchés secrets, les renseignements valent de l'or et plus.


Les Départements et les Commissions Mineures

La gestion quotidienne de la cité génère un flot de problèmes insignifiants d'une telle ampleur que le Directorat et le Stadsraad pourraient fort bien s'y noyer. Il existe heureusement un corps admirablement conçu pour la gestion des détails : la bureaucratie.

Représentants exemplaires d'une cité bâtie au milieu des marais, les bureaucrates s'activent dans un marécage de commissions, chambres, offices, guildes, départements et conseils de toute taille et importance. Leurs juridictions s'entrecroisent et se contredisent à plaisir, mais tous s'accordent sur la nécessité du sacro-saint certificat en triple exemplaire. Certaines de ces administrations sont si anciennes que leur justification initiale est presque oubliée de tous, et le labyrinthe réglementaire qui en résulte a suscité la création d'un corps d'avocats entièrement voués au conseil administratif, des avocats qui n'ont pas honte de leurs honoraires.

Les bureaucrates savent défendre avec brio leurs budgets respectifs devant les commissions du Stadsraad (qui alimentent quantité de sinécures distribuées aux parents et amis) et la disparition d'un poste au nom de l'efficacité constitue donc un événement rarissime. Les Marienbourgeois se montrent partout bons nageurs et réussissent donc généralement à traverser le marigot bureaucratique sans autre perte que quelques pots-de-vin judicieusement distribués (le terme habituellement employé est " donation au club des anciens du bureau ").

Le Département de Santé Publique dans le Quartier du Temple est une création récente, le dada de Sœur Annelœs van de Maarel, la Grande Prêtresse de Shallya. Sous la direction du Dr Anders Vesalion, cette administration soutient l'étrange idée que les eaux sales des canaux et les insectes favorisent les épidémies. Ses finances non négligeables sont pour une bonne part distribuées à de pauvres gens qui s'activent, en échange, à écrémer les canaux de leurs ordures. Le " râteau à merde ", un sobriquet décerné par la Guilde des Médecins (qui n'apprécie guère qu'on cherche à éradiquer sa principale source de revenus), souhaite aussi améliorer la santé des pauvres du Suiddock et leur apprend à faire bouillir leur eau, sans grand succès jusque-là. Ce département est, de même, à l'origine de nombreuses plaintes à l'encontre du Quartier Elfe qui utilise régulièrement de petits élémentaires d'eau pour filtrer ses canaux et expulser les déchets dans le reste de la cité. Le Directorat se désintéresse totalement de ce service, mais son manque de tact lui a déjà gagné de puissants ennemis qui comptent bien réduire son budget à la portion congrue dès la prochaine session du Burgerhof.

Le Commissariat aux Travaux Publics et Réclamations est responsable de l'entretien des canaux, digues et jetées. Dirigé par le Nain Waltonius Joken Fooger, un cousin du Directeur Fooger, ce service finance d'importants contrats avec les architectes et les guildes d'ouvriers de la cité. Malgré les dénégations outragées du responsable des relations publiques du Commissariat, tout le monde sait que le Commissaire Fooger accorde toujours sa préférence au meilleur enchérisseur sous la table (on le surnomme généralement "Barbe d'Or" en son absence).


Les Conseils Municipaux

Pour un homme d'affaires, le réseau inextricable tissé par les dizaines d'administrations byzantines se complique encore d'un effet secondaire des principes égalitaires Marienbourgeois : une prolifération de conseils municipaux. Chaque quartier a le sien, élu par acclamations. Les citoyens respectables qui les composent sont chargés de collecter les fonds qui financent les postes de Gardes locaux, les Coiffes Noires et les arbalétriers de la milice.

Ces conseils ont toute autorité pour édicter des arrêtés destinés à «maintenir l'ordre public». Rarement contrôlés, ils accumulent depuis des siècles des montagnes de réglementations mesquines, obsolètes et contradictoires. Variables d'un quartier à l'autre et bien souvent oubliés immédiatement après leur enregistrement, ces arrêtés prétendent réglementer la vie quotidienne, depuis le comportement en public (les mendiants d'Oudgeldwijk ne peuvent proférer qu'une seule insulte à qui leur refuse l'aumône) au commerce local (les citoyens de Remas et Miragliano ne sont pas admis dans les mêmes tavernes de Kruiersmuur pour cause de bagarres trop fréquentes).

Ces règlements ne sont généralement invoqués que par un Garde ou un fonctionnaire à qui la tête d'un «contrevenant» ne revient pas. Ils lui permettent alors de lever une amende à paiement immédiat (de 1 shilling à deux guilders) qui, en cas de contestation, se transforme souvent en procès-verbal pour «résistance à autorité» ou «trouble à l'ordre public», d'où une amende plus importante ou une journée de pilori ou un passage à tabac. Ces amendes finissent plus souvent dans la poche du garde que dans la caisse du conseil concerné, mais ce genre de choses n'offusque (sincèrement) personne à Marienburg.

Les Grandes Familles

Bien avant les Incursions du Chaos, marchands, négociants et capitaines étaient les véritables dirigeants de Marienburg. Ayant organisé la résistance aux armées de L'Anguille, ils avaient alors exigé une part du pouvoir officiel et l'avaient obtenu. Avec le temps, ce pouvoir n'a fait que croître. Ils ont tout d'abord contrôlé les barons par leurs dettes, puis convaincu l'Empereur de leur accorder le pouvoir pour finir par l'envoyer se «faire voir sur la Lune du Chaos». A l'époque de l'indépendance, les plus puissants d'entre eux étaient déjà connus comme les Maisons Marchandes, les Grandes Familles ou simplement les Dix.

L'entrée dans ce club extrêmement fermé n'est soumise qu'à un seul critère : la richesse. Marienburg abrite des dizaines, peut-être des centaines d'entreprises mercantiles, mais seules les plus riches peuvent rêver d'un siège au Directorat ou au Conseil d'Administration de la Bourse. Aucun barème précis n'a jamais été déterminé; il suffit que les Directeurs et certains autres initiés remarquent qu'une Maison est sur le déclin alors qu'une autre gagne en importance. Cette autre peut même être en partie responsable de la déchéance de la première. Tout ce qui n'est pas trop ostensible ou violent est acceptable. Quand le postulant a suffisamment démontré sa détermination, son sens des affaires et son acceptation des règles du jeu, le Burgerhof donne le coup de grâce à la Maison déclinante et le nouveau venu la remplace au Directorat, quand il ne s'empare pas aussi de sa maison, de ses comptoirs étrangers et de sa milice privée.

Une place parmi les Dix ne sonne pas pour autant la fin de la compétition. Chaque Maison a ses propres intérêts et leurs rivalités intestines, pour encore plus de richesse et encore plus de pouvoir, peuvent être féroces, voire entachées de violence. Chacun sait bien que Marienburg ne peut prospérer que dans la paix et la stabilité, mais cela ne les empêche pas d'employer des espions pour dénicher les secrets de leurs rivales, des criminels pour les sabotages et les cambriolages, voire, comme le prétendent les rumeurs, des pirates et naufrageurs pour détruire les actifs maritimes de leurs concurrentes. Il arrive aussi qu'elles aient recours à l'assassinat, mais une mesure aussi extrême ne frappe généralement que de moindres subordonnés. Les Directeurs craignent sans doute que ce type d'action ne dégénère en vendetta et l'exemple du chaos Tiléen donne à réfléchir.

Il ne faut pas pour autant conclure à un état de guerre entre les Grandes Maisons, loin de là, ou même les Maisons, vont et viennent entre l'ombre et le soleil, mais leur esprit de corps reste intact. Tous sont des hommes d'affaires : c'est par leur capacité à déterminer leurs besoins respectifs et un marché satisfaisant pour tous qu'ils maintiennent leur emprise sur le pouvoir. Les mariages entre pairs et les libéralités distribuées aux serviteurs loyaux tissent un filet d'ententes et d'obligations qui incite une bonne part de la population de Marienburg au statu quo. Les autres Directeurs, les maisons mineures, les guildes et même les Elfes ne manquent pas de réclamer leur part du gâteau, mais ce sont les Dix qui tiennent fermement les cordons de la bourse, et tel a toujours été le cas depuis l'entrevue historique avec Magnus le Pieux.

La Maison van de Kuypers

Cette Maison est de loin la plus riche et la plus puissante des Dix. Ses menées d'affaires brutales et déterminées lui avaient taillé un accès vers le pouvoir bien avant l'indépendance et elle a remplacé la Maison Winkler au Directorat après la chute de celle-ci en 2351 C.I. Les Marienbourgeois racontent encore comment le vieux Kuypers a jeté le Grand-père Winkler et toute sa famille dans les canaux après que Winkler eut perdu sa chemise dans l'affaire des triperies ostlandaises. Ce dernier, un des fondateurs du Directorat, avait fini ses jours en ivrogne dans le Suiddock.

Le chef de famille est Jaan van de Kuypers, 57 ans. Il passe pour être l'homme le plus riche du monde et il a pris la tête de la famille après que son frère aîné, Bertold, eut massacré ses parents et sa sœur dans une crise de démence. Jaan van de Kuypers compte au nombre de ses amis personnels le Tsar de Kislev, le Roi de Bretonnie, le Sultan d'Arabie et même l'Empereur Karl Franz et les Électeurs. Tous lui doivent de l'argent. Il est le véritable chef du Directorat : son réseau d'obligés et de contacts lui assure un bloc de huit votes. Les Maisons van Ræmerswijk, van Scheldt, den Euwe et Rothemuur lui sont alliées et, parmi les sièges perpétuels, les Grands Prêtres d'Haendryk et de Verena apprécient ses donations cultuelles. Le Recteur du Collège Henryk est son cousin. Jaan van de Kuypers n'a jamais perdu un vote du Directorat et certains craignent qu'il n'en fasse un jour un simple spectacle de marionnettes.

Sa famille est celle des Dix qui couvre le plus vaste éventail d'intérêts, des intérêts qui vont des spéculations sur le blé averlandais jusqu'aux ressources médicinales de Cathay. Jaan van de Kuypers s'intéresse personnellement au commerce lustrianien. La résidence familiale se situe dans le Goudberg et se trouve quasiment reliée au Palais Neuf. Ses armes carmins arborent trois figures l'une au-dessus de l'autre, de haut en bas : un poing, une pièce d'or et une plume d'oie.

La Maison van Onderzœker

Thijs " Le Moindre ", 27 ans, a pris la tête de cette famille après la mort soudaine de son père, Rembrand van Onderzœker, retrouvé flottant sur le canal Suiddock. L'enquête officielle a conclu à la noyade de ce patriarche après une nuit de lotus noir, mais Thijs refuse cette version et prétend que son père n'a jamais rien consommé de plus fort qu'un verre de porto après le dîner. Il s'est gardé de faire la moindre accusation publique, mais les rumeurs ont flambé quand il a refusé de serrer la main du Directeur Leo van Haagen à la dernière cérémonie du Serment à Manaan lors de l'ouverture de la saison commerciale.

Les van Onderzœker sont surtout impliqués dans le commerce continental et leurs activités se concentrent essentiellement dans l'intérieur de l'Empire, Kislev, Norsca et la Bretonnie du nord. Ils se montrent particulièrement agressifs dans les villes minières et les fiefs nains du Reikland occidental où leurs agents cherchent sans cesse à contourner les intermédiaires pour traiter directement avec les producteurs. Ces dernières années, ils ont laissé une petite fortune dans une série de procès trop souvent perdus contre les entrepreneurs lésés, le plus long et coûteux étant celui qui les a opposé à une branche cadette des van Haagen à Bögenhafen.

La Maison van Onderzœker n'est en fait plus ce qu'elle était, le père de Thijs n'ayant pas hérité du sens des affaires proverbial de la famille. Elle est lourdement endettée et ses actifs ont pour une bonne part été hypothéqués afin de couvrir les frais de justice et de défrayer les investisseurs qui l'ont épaulée dans certaines entreprises malheureuses. Les efforts de Thijs pour redorer son blason en intensifiant ses activités avec les Nains du Reikland lui ont coûté l'alliance des Fooger. Sa Maison est toujours alliée à celle des van den Nijmenk, mais nombreux sont ceux qui doutent que le jeune Thijs ait les compétences politiques et financières nécessaires pour que sa famille conserve son siège directorial. La résidence familiale se trouve à Guilderveld. Ses armes azur arborent deux tridents croisés sur un navire marchand.

La Maison de Rœlef

Clotilde de Rœlef, 47 ans, est le seul Directeur du beau sexe, hormis la Grande Prêtresse de Shallya. Elle est aussi la matriarche de la famille de Rœlef, la seule lignée noble des Pays Perdus qui a réussi à conserver sa prééminence dans la ploutocratie. Elle et sa famille au sens large continuent de vivre dans l'antique résidence d'Oudgelwijk et les de Rœlef sont les portes-parole de facto des héritiers de la vieille noblesse qui vivent là en pauvres gentilshommes. Elle n'est pas mariée et repousse sans ménagement tous ses prétendants, Jaan van de Kuypers y compris. Elle a désigné comme héritière sa nièce, Clara de Rœlef, 15 ans, qui ne se déplace jamais sans son garde du corps arabe Hakim. Femme d'affaires coriace et terre-à-terre, Clotilde a gagné son siège au Directorat il y a 14 années de cela, quand la Maison Akkerman a été emportée par le scandale, ses membres seniors ayant été dénoncés comme sectateurs de Slaanesh.

Les de Rœlef sont spécialisés dans les importations de luxe, d'Arabie, de Tilée et d'Estalie, et exportent les tissus et liqueurs de l'Empire ainsi que les dentelles des Pays Perdus. Ils entretiennent un important réseau de contacts dans leur zone d'activité et Clotilde compte plusieurs rois estaliens et seigneurs arabes au nombre de ses amis. A Marienburg, les de Rœlef essaient de garder les meilleures relations possibles avec les autres membres du Directorat, à l'exception de Jaan van de Kuypers pour lequel Clotilde cache mal son mépris. Elle est une amie d'Arkat Fooger et songe à le rejoindre dans sa nouvelle affaire d'assurance. Les armes de sa famille arborent un griffon noir sur fond blanc, la patte posée sur une bourse.

La Maison van Haagen

La Maison de Leo van Haagen, 67 ans, est la deuxième fortune des Dix. La résidence familiale est à Goudberg, à la limite de Cathay-ville. Ses armes arborent des chevrons blancs et bleus, sans autres motifs. L'héritier de Leo est son fils Crispijn, 35 ans.

Les van Haagen, comme les van Onderzœker, concentrent leurs activités au nord du Vieux Monde et se trouvent donc souvent opposés à cette famille. Ils s'occupent de toutes sortes de marchandises, des articles de luxe aux objets quotidiens. Le «vieux Leo» dirige sa famille d'une main de fer. Ses cousins, neveux et nièces sont dispersés dans nombre de cités où ils veillent aux intérêts familiaux, le patriarche faisant plus confiance aux liens du sang qu'aux pourcentages consentis aux agents. Les différents chefs de comptoirs sont autorisés à exploiter indépendamment les spécificités du marché local, mais Leo leur envoie régulièrement des instructions écrites fort détaillées et malheur à celui qui laisse son bénéfice diminuer.

Aux yeux de certains observateurs avertis, la fortune des van Haagen paraît cependant supérieure à ce que devraient dégager leurs entreprises. La famille, jusqu'au moindre subordonné, semble avoir pris la dépense ostensible pour symbole. Selon certaines spéculations, les van Haagen seraient plus impliqués dans la contrebande que la moyenne des Directeurs. Ils se seraient même débrouillés pour faire interdire telle ou telle marchandise afin d'accroître leur profit par le marché noir.

Les rumeurs les plus sournoises, des murmures échangés au coeur de la nuit dans les tavernes du Suiddock, vont jusqu'à impliquer que le jeune Crispijn van Haagen, surnommé le «coq de concours» pour ses goûts décadents et dispendieux, dans l'illégale mais lucrative «traite des corps», le trafic d'êtres vivants destinés à l'esclavage ou à l'autel sacrificiel. La chose est peut-être vraie, ou pas : rien de tel n'a jamais été prouvé en tous cas.

La Maison van Scheldt

Les van Scheldt ont installé leur quartier général dans un complexe fortifié à l'extrémité est, la plus récente, du Suiddock. Les misérables taudis alentour ne font que souligner l'opulence de cette maison et la proximité de " cette bande de dégénérés et canailles " maintient le patriarche avare des van Scheldt dans une terreur constante. La paranoïa de Wessel van Scheldt est telle qu'il fait patrouiller en permanence son enceinte extérieure blanchie à la chaux par une escouade de sa milice privée accompagnée de chiens. Des gardes du corps armés fouillent systématiquement les sacs et paniers des serviteurs qui viennent travailler, et peu importe leurs années d'ancienneté. Le patriarche a maintenant 80 ans et nul ne le voit jamais dans les rues du Suiddock. Il préfère utiliser la barque de parade amarrée dans son anse privée au cœur de la résidence. Ces derniers temps, il n'est de toute façon sorti de chez lui que pour se rendre aux réunions du Directorat.

La Maison van Scheldt tire une bonne partie de ses revenus de la flotte de pêche de la cité. Nombre de pêcheurs se sont endettés auprès de cette Maison quand ils n'en sont pas devenus les employés après avoir été mis en faillite. Ils sont tenus de vendre leurs prises au-dessous du cours du marché aux conserveries van Scheldt. Le poisson est alors nettoyé et saumuré pour être vendu dans l'Empire et Kislev, ou broyé et transformé en liquament, une sauce fréquemment utilisée dans les cuisines tiléennes et estaliennes. Un de ces pêcheurs a d'ailleurs bien failli réussi à tuer le vieux Wessel il y a quelques années et c'est depuis que sa suspicion naturelle a dégénéré en paranoïa.

Wessel n'a ni héritier ni parent proche, même si l'on dit qu'il pourrait bientôt adopter le seul homme à qui il manifeste une certaine confiance, son premier comptable Rudolph Blaak. Sa Maison est alliée à celle des van Kuypers, Ræmerswijk, den Euwe et Rothemuur, mais les soupçons obsessionels de Wessel le tiennent à distance des autres Directeurs et son influence décline. Les armes de la Maison van Scheldt arborent une tête de sanglier posée sur un tonneau sur fond vert.

La Maison van Ræmerswijk

On pourrait penser que la famille du Staadtholder est certainement la plus puissante des Dix. Ce n'est, la plupart du temps, pas le cas. Luitpold van Ræmerswijk, 62 ans, a été décrit comme un «vieux morse», une image plus inspirée par sa corpulence et son impressionnante moustache que par son agressivité en affaire. Ses dégustations de bordeaux Estaliens (chaque jour dès le petit-déjeuner) et ses devoirs de représentation (et plus particulièrement les bals où il peut danser avec de jolies femmes) suffisent à remplir sa vie, et c'est bien parce qu'il ne risquait pas de menacer les intérêts des autres Directeurs qu'il a été élu Staadtholder.

La résidence familiale se trouve à Goudberg, mais le Staadtholder lui-même préfère vivre au Palais Neuf où il aime à organiser d'extravagants dîners et autres dégustations de vins. La Maison van Ræmerswijk dirige elle-même fort peu d'entreprises. Elle préfère prendre des participations dans des affaires gérées par d'autres, renonçant volontiers aux responsabilités et au travail en échange d'un bon retour sur investissement. Son attitude au Directorat est empreinte d'une telle passivité qu'elle a été rebaptisée «Ræmerkuypers» pour rappeler que tous les votes décisifs de Luitpold ont favorisé Jaan.

Les armes de la Maison van Ræmerswijk arborent une pièce d'or sur un navire, le tout sur fond noir. L'héritier de cette Maison est Anton von Ræmerswijk, un dandy de pacotille qui passe le plus clair de son temps sur de petits voiliers de vitesse dans la baie.

La Maison Fooger

Encore vif et alerte malgré ses 177 ans, Arkat Fooger est le membre du Directorat le plus âgé et aussi le plus ancien, puisqu'il a obtenu son siège l'année qui a précédé la Guerre d'Indépendance. La Maison Fooger est le porte-parole naturel de la petite communauté Naine de Marienburg et des quelques mineurs nains qui s'activent encore dans les collines à l'ouest des Landes Amères, un rôle traditionnellement dévolu dans d'autres cités à la Guilde des Ingénieurs Nains. Arkat Fooger est d'ailleurs le seul Directeur non-humain et en tant que tel il veille aussi sur les intérêts des communautés Halflings. Il est devenu le protecteur de facto de toutes les communautés étrangères, des Cathayois et Indiens aux Bretonniens en passant par les Rats des Canaux, ces équivalents flottants des Gitans. La Maison Fooger, après des décennies de prudentes manœuvres, peut compter sur un puissant réseau de contacts et d'alliés, des appuis d'ailleurs bien souvent méprisés par les Wastelandais de souche. Si le Directorat devait un jour se trouver poussé dans ses derniers retranchements, Arkat Fooger pourrait bien surprendre son monde par la puissance de son arrière banc.

La Maison Fooger n'entretient pas de grands réseaux de comptoirs à l'étranger, même si ses relations avec les fiefs nains des Montagnes Grises et du Bout du Monde sont bien sûr excellentes. Non seulement elle achète le produit de leurs mines, mais elle est aussi leur principal fournisseur pour tous les articles de luxe ne pouvant être produits sous une montagne. Elle contrôle en outre les contrats de travaux publics à travers la commission dirigée par l'avaricieux cousin d'Arkat, Barbe d'Or. Cette situation l'a amené à se rapprocher de Lea Jan Cobbius, chef de la Guilde des Débardeurs et Charretiers, une des guildes d'ouvriers les plus puissantes de la cité. Les nombreux entrepôts Fooger du quartier des docks ne manquent ainsi jamais de main-d'œuvre et les pauses café sont réduites au minimum.

Ces deux dernières décennies, la Maison Fooger a littéralement inventé l'assurance. Plutôt que d'acheter et de vendre lui-même des marchandises, le clan Fooger offre de rembourser les armateurs et marchands en cas de perte de leurs navires ou de leurs marchandises, et ce, quelles que soient les raisons. En échange de cette garantie, la Maison Fooger reçoit de ses clients des paiements modestes mais régulièrement renouvelés. Ce service est désormais fort recherché et les assurés n'hésitent plus à perdre un peu d'argent pour se garantir contre la ruine. Une série récente pertes maritimes a cependant sévèrement ponctionné les caisses Fooger et Arkat recherche désespérément l'alliance des de Rœlef. Quelques autres gros remboursements pourraient l'acculer à la faillite. Il soupçonne d'ailleurs que la malchance n'est pas l'unique responsable de cette situation et s'est prudemment mis en quête de quelques agents à la fois dignes de confiances et sacrifiables pour y mettre fin.

La résidence familiale des Fooger se trouve dans le quartier nain et ressemble plus, avec ses énormes pierres de taille et son donjon hexagonal de six étages, à un fort archaïque qu'à une maison moderne. Arkat a récemment désigné comme son héritier le jeune Rœnekaat Fooger, d'où certaines tensions dans la famille puisque Waltonius Barbe d'Or espérait bien diriger le clan un jour ou l'autre. Quand on lui a demandé de s'expliquer sur son choix, Arkat aurait simplement bougonné quelque chose comme «...autant confier la garde d'un cimetière à une goule». Les armes de la Maison Fooger arborent une rose blanche sur fond bicolore, rouge sur bleu.

La Maison van den Nijmenk

Sasha van den Nijmenk, 43 ans, ne voulait pas vraiment être un Directeur. Il aurait de loin préféré sillonner la Mer des Griffes pour inspecter les propriétés de sa famille en Kislev et Norsca, ou même diriger des expéditions d'exploration au cœur de ces pays comme il le fit dans sa jeunesse. Il est malheureusement le dernier de sa lignée et personne ne pouvait le décharger du fardeau de ses responsabilités.

Dépourvu d'héritier, il s'est résigné à rester à Marienburg afin de veiller aux intérêts de sa famille et de chercher une épouse convenable. Mais chaque nuit, il entend l'appel du large et s'éclipse souvent pour barrer en solitaire son bateau personnel sur la Manaanspoort Zee.

Comme les autres Dix, la Maison van den Nijmenk assure toutes sortes de services bancaires. La rumeur affirme que le Grand Duc de Middenland en particulier devrait des sommes énormes à Sasha. Les fourrures, l'ambre, les gemmes et autres productions spécifiques de Kislev et Norsca contribuent en priorité à la fortune de la famille. Celle-ci s'est rendue célèbre par les merveilleux articles ramenés de ses expéditions, nombre d'entre eux s'étant vendus à des prix fabuleux. Alors qu'il cherchait en vain le mythique fief nain nordique de Karaz Krogmort, Sasha est tombé sur une petite fortune, un antique planétaire des Hauts Elfes aux rouages d'or et planètes de cristal. Acheté par le Collège du Baron Henryk, cet appareil a soulevé de nombreuses controverses érudites : il représente en effet le soleil, les planètes et Mannslieb, mais aucun cristal n'y symbolise Morrslieb, la lune du Chaos. Le planétaire serait donc pour certains antérieur au Grand Désastre, alors que d'autres considèrent qu'il ne s'agit que d'une farce des Nains nordiques et d'un gaspillage d'argent de la part du Collège.

La résidence familiale se situe à Goudberg, et le personnel de maison presque exclusivement recruté dans le ghetto indique tout proche. Les armes de cette Maison arborent un champ de coquilles St-Jacques bleues et jaunes tête-bêche. La milice privée des van den Nijmenk sort de l'ordinaire puisqu'elle est presque entièrement formée de Kislévites inféodés à la famille maternelle de Sasha. Tous sont d'une loyauté sauvage et se montent plutôt butés et moroses en dehors de leurs visites aux tavernes locales, qu'ils remplissent alors de leurs chants tout en vidant la cave. En ces occasions, seule la Garde peut les convaincre de mettre fin à leur fête. Des batailles d'ivrognes s'ensuivent inévitablement et Sasha a dû créer une caisse spéciale pour régler les cautions et poursuites en dommages et intérêts.

La Maison den Euwe

La Maison den Euwer est installée dans dans l'Handelaamarkt, devant le pont Lune Verte qui donne sur le quartier nipponais. Sa résidence, comme souvent chez les gens riches, renferme une anse privée.

La décoration de celle-ci reflète les intérêts orientaux de cette Maison et s'entoure d'un écrin de saules pleureurs et de cerisiers à fleurs. Des statuettes de dieux nipponais ou cathayois montent la garde au sommet des piquets d'amarrage. Tout est calme est tranquille, une reposante oasis au cœur de cette cité frénétique. Les armes de la Maison den Euwe arborent dans un ovale de jade le caractère nipponais signifiant prospérité, en blanc.

Dirigé par Karl den Euwe, 59 ans, la plus petite Maison des Dix a bâti sa fortune dans le commerce des gemmes, métaux précieux et ingrédients alchimiques rares. Dans le comptoir fortifié et lourdement gardé qui jouxte la résidence, les den Euwe vendent diamants, or, rubis, jade, poudres et liqueurs dotées de propriétés occultes; une immense fortune transite chaque année par leurs coffres. Aussi modeste que soit cette Grande Maison, ses affaires lui assurent un contact privilégié avec tous les riches et puissants du continent. L'étincelante cour de la Grande Comtesse Emmanuelle Liebwitz de Nuln en est le meilleur exemple car nul n(y songerait à acheter ses diamants ailleurs qu'à Marienburg. Les favoris de la fortune qui achètent l'or et les joyaux comme d'autres des bonbons ne sont d'ailleurs pas les seuls contacts de cette Maison; nombre de sorciers et d'alchimistes ne pourraient poursuivre leurs recherches s'ils se voyaient privés des articles qu'elle vend. Les den Euwe entretiennent des relations suivies avec moult sorciers de Marienburg dont les Sorciers d'Or du Collège Henryk, naturellement.

Même s'il appartient au bloc dirigé par Jaan van de Kuypers, Karl den Euwe juge que la puissance de ce dernier a désormais atteint un tel niveau que l'équilibre des pouvoirs est menacé. Sans empressement ni imprudence, il s'est approché des Fooger, van den Nijmenk, de Rœlef, van Onderzœker et du Culte de Shallya. Ses plans sont encore vagues, mais il souhaite créer une sorte de contrepoids aux van de Kuypers avant que " nous ne devenions tous les valets de pied de Jaan ". Il s'est même résigné à transférer secrètement des fonds à Thijs van Onderzœker pour que ce dernier puisse régler ses dettes les plus urgentes, des fonds d'ailleurs accompagnés de solides conseils.

Mais ses efforts risquent fort de ne pas aboutir. Son héritier est Egmond den Euwe, le fils de son épouse nipponaise, Dame Katsi Okumoto. Au cours de sa première aventure commerciale dans les Terres du Sud, du Nippon à Cathay, Egmond s'est converti : il est maintenant un adorateur enthousiaste du Seigneur Tsien-Tsin, plus connu dans le Vieux Monde sous le nom de Tzeentch.

La Maison Rothemuur

La résidence Rothemuur, au centre de Goudberg, est un fastueux palais construit dans le style tiléen, décoré de marbres pastel et de fontaines sophistiquées. Les armes de la Maison montrent trois points rouges sur fond jaune. Dirigée par Maximilian Rothemuur, 66 ans, celle-ci se concentre dans le commerce avec l'Arabie et le Nouveau Monde. Le premier marché en fait une concurrente directe des de Rœlef alors que le second est exploité en partenariat avec les van de Kuypers. Les Rothemuur entretiennent aussi d'excellentes relations avec les Hauts Elfes et nombre des précieuses marchandises du Nouveau Monde passent donc entre leurs mains.

Son alliance ferme avec les van de Kuypers n'empêche pas Maximilian de chercher à améliorer la position de sa Maison. D'après lui, on ne peut que nager ou couler; le sur place n'existe pas (cette image est d'autant plus amusante que le vieux Max a terriblement peur de l'eau; il ne navigue même pas sur les canaux et préfère systématiquement sa chaise à porteur pour ses déplacements). Qu'il ait demandé la main de Clotilde de Rœlef pour en finir avec la rivalité opposant leurs deux Maisons n'aurait donc dû surprendre personne. Mais surprise il y a eut et des plus désagréables pour lui : Clotilde a répondu par un éclat de rire prolongé jusqu'aux larmes et Maximilian n'a pas oublié cette humiliation publique. Il rêve chaque jour d'une occasion de vengeance contre cette «reine du trottoir vieillissante». Son héritier désigné est son fils, Stefan, 40 ans.


Les Guildes

«Mais bien sûr que les guildes nous rackettent! Mais les maîtres des guildes sont issus du peuple et n'oublient pas les leurs. Ils sont peut-être des arnaqueurs, mais ils sont aussi des nôtres.»
- un pilote de Marienburg


Les Dix ne sont pas les seuls à se serrer les coudes : presque tous les Marienbourgeois sont regroupés en guildes professionnelles. Celles-ci réglementent la concurrence entre membres, qu'elles protègent de la concurrence extérieure. Elles constituent le seul filet de sécurité sociale de la cité si l'on excepte les hospices de Shallya. Ce type d'organisation existe dans toutes les communes et cités du Vieux Monde, depuis les guildes fermement contrôlées de Talabheim et Kislev aux "clubs" plus ou moins anarchiques de Brionne et Miragliano, mais c'est à Marienburg que le système a atteint son plein développement. Les guildes sont si nombreuses et leurs pouvoirs si grands qu'un auteur de théâtre impérial se serait écrié qu'il était " un barde piégé dans une cage de guildes " en apprenant que pour monter sa pièce, il lui faudrait nécessairement recruter des employés dans pas moins de quatre guildes.

Marienburg accueille une foule de guildes, riches et immenses pour certaines ou minuscules et sans importance. Trois des plus importantes sont décrites en détail, la Guilde des Débardeurs & Charretiers, l'Association des Bateliers et la Guilde des Pilotes et Marins. Mais il y en a bien d'autres : les Maçons et Couvreurs, avec leurs poignées de mains secrètes et autres rituels; la Guilde des Verriers, exilée sur une petite ile près de Rijkspoort pour se prémunir contre les trop fréquentes explosions de ses ateliers; le Collège des Chirurgiens et Barbiers, qui remonte à l'époque où seuls les barbiers étaient autorisés à pratiquer la chirurgie à Marienburg. Il y en a encore des dizaines et même les mendiants ont leur guilde, la Fraternité du Malheur qui décide qui peut mendier où.

Personne ne peut travailler ou commercer à Marienburg sans être membre d'une guilde. La cité est devenue une «boutique fermée» où les étrangers ne sont plus autorisés à voler le travail et les marchés des bons citoyens. Vous voulez gagner votre vie comme Champion Judiciaire ? Sans un permis de la Ligue des Litigant, vous risquez une grosse amende et la condamnation automatique de votre client ! Vous songez à gagner quelques piécettes grâce à un spectacle de rues ? Que les gorilles de la Guilde des Amuseurs l'apprennent, et vous allez voir comment ils traitent les «braconniers». De toute façon, vous aurez les mendiants et leur Fraternité sur le dos dès que vous essaierez de faire la quête !

Les privilèges des guildes sont protégés avec plus ou moins de férocité selon les organisations. Certains s'appuient sur la loi et dénoncent les contrevenants à la Garde. Ce type d'action se traduit généralement par une amende de 5 Gu et la délivrance d'un permis valable pour la semaine moyennant Gu suplémentaires. Quiconque pratique un métier plus d'une semaine doit présenter une demande d'adhésion à la guilde correspondante sous peine de poursuite au pénal, pour fraude la plupart du temps. Les contrevenants récidivistes finissent par être frappés d'interdit : aucun maître ne peut plus les engager ni leur enseigner les secrets de la guilde.

D'autres guildes se montrent encore plus vindicatives. La pratique illégale de la médecine est assimilée à Marienburg à une tentative de meurtre avec une peine minimum de 5 ans d'emprisonnement sur Rijker. Pour les sorciers nouvellement arrivés dans la cité, mieux vaut se présenter immédiatement aux Conseils des Examinateurs du Collège Henryk; ils seront traités dans le cas contraire comme des Nécromanciens et remis au culte de Morr et à la Cour Templière afin d'être interrogés et brûlés. Ils peuvent bien sûr se disculper par un examen d'urgence devant une assemblée de leurs pairs, mais les frais sont alors très élevés. Les guildes laborieuses adoptent généralement des approches plus directes : si vous prétendez décharger vous-même vos propres marchandises de votre propre bateau, vous êtes bon pour une "conversation" avec quatre ou cinq membres des Débardeurs dans une ruelle sombre. Et ne vous montrez pas entêté… un incendie à bord est si vite arrivé.

Les guildes réglementent l'activité de leurs membres et lèvent des cotisations, mais elles assurent aussi nombre d'avantages, le premier étant bien sûr un travail. Ceux qui cherchent des bras se rendent à la maison de la guilde qui répartit les tâches entre ses membres, quitte à faire appel à d'autres guildes quand cela s'avère nécessaire. Par exemple, un capitaine n'engage pas n'importe qui sur les quais pour déplacer sa cargaison, pas s'il veut conserver l'usage de ses genoux en tous cas. Il va proposer son contrat à la maison de la guilde ou, le plus souvent, trouve un contremaître sur le port et engage une équipe par son intermédiaire. Moyennant un petit supplément «pour la caisse des veuves et des orphelins», son navire pourrait même être déchargé avant Marktag prochain.

Les guildes servent aussi de sécurité sociale. Elles ont développé leurs propres sociétés d'entraide, généralement sous la forme de "clubs chapelles" consacrés à un aspect particulier d'une divinité patronne, comme Ranald le Protecteur. Un membre remplit les fonctions de chapelain et garde les donations au nom de la divinité. Les membres en difficulté peuvent obtenir auprès de lui un soutien dont l'importance dépend, en définitive, de la taille et de la richesse de la guilde considérée. La Guilde des Racleurs de Coques est si pauvre qu'elle de possède même pas de Maison de Guilde, ni de salle réservée dans les locaux d'une autre guilde. Elle se réunit à la Taverne du Veinard et c'est le patron qui sert de chapelain et garde le maigre fonds d'entraide dans une boîte sous le comptoir. Le mieux qu'il puisse faire est d'offrir une pinte de bière un Festag sur deux et payer un shilling d'argent à un prêtre de Morr afin qu'il dise quelques prières pour chaque membre défunt et qu'on ne voit pas celui-ci à la prochaine réunion.

En revanche, la Guide des Débardeurs et Charretiers offre une protection très complète. Elle garantit bien sûr du travail honnêtement rémunéré mais aussi des pauses régulières, une pension pour les veuves, un revenu minimum en cas de maladie ou de grève, un loto chaque Hexenstag et un prêt automatique pour payer la caution en cas d'arrestation. La guilde exige naturellement en échange une loyauté absolue : il faut travailler quand elle le dit, faire grève quand elle l'exige et ne pas poser de questions sur ce curieux lot de caisses, n'est-ce pas ? Et malheur à qui veut jouer les jaunes.

Les guildes occupent une place centrale dans la vie de l'homme de la rue et lui offrent une représentation politique. Dans les Maisons des Guildes ou les auberges amies, il peut rencontrer des gens qui lui ressemblent, discuter des événements du jour et bavarder en buvant un bol de soupe ou une bière. Les familles s'y retrouvent pour y célébrer les fêtes religieuses ou civiles après le service au temple. Nombre de guildes soutiennent des équipes sportives qui s'opposent à d'autres équipes de guilde ou de quartier : les fléchettes sont très populaires, de même que les quilles, la lutte, la natation, les courses de bateaux sur les canaux et, de plus en plus, le ballon d'eau. Ce sport a débuté comme une sorte de ballon morveux, mais une vessie de porc a remplacé le morveux entravé quand il est devenu évident que ce dernier ne flottait pas vraiment.

Les Maisons des Guildes sont aussi des refuges en cas de crises, quand leurs membres doivent défendre leurs droits. Quand le Directorat avait interdit toute grève en 2449 C.I., les grèves et émeutes organisées par la «cabale des maisons de bière» des maîtres de guildes avaient mis la cité à genoux et garanti pour toujours le droit d'appartenir à une guilde et la pause café pour tous. Le Directorat a systématiquement veillé, depuis, à ce que chaque loi en préparation susceptible d'affecter les intérêts d'une guilde soit préalablement visée par le maître de guilde concerné.


Crimes et Châtiments à Marienburg

«À Marienburg, être pauvre et se faire prendre sont les seuls véritables crimes.»
- un Juriste de comptoir expliquant le système légal


Marienburg est une cité de la fortune : un fabuleux flot d'argent et de marchandises s'y déverse chaque jour et tout ici incite les résidents à gagner plus d'argent, à faire des affaires, à s'enrichir au plus vite. Dans le même temps, le foisonnement des lois des guildes et du Stadsraad étouffe toute initiative individuelle chez les hommes d'affaires qui veulent les respecter. Les Marienbourgeois ne trouvent donc souvent qu'une seule échappatoire à leur esprit d'entreprise : la criminalité.

L'activité criminelle la plus commune de cette cité est la contrebande. A un degré ou un autre, presque tout le monde s'y livre, du marin qui cache quelques babioles dans sa malle personnelle, en passant par les professionnels comme Donat Tuersveld à l'Auberge du Coq Rouge, jusqu'aux gros opérateurs comme Adalbert "Casanova" Henschmann et son empire du Suiddock. Dans certains cas, il ne s'agit que d'esquiver les nombreuses taxes douanières et autres levées par la cité, un peu de «libre échange» selon le terme consacré. Dans d'autres, la contrebande est la seule solution car les marchandises elles-mêmes sont illégales : drogues, articles volés, objets magiques interdits ou chair humaine (ou autre).

Les autres activités criminelles ne sont pas délaissées pour autant, depuis l'attaque à main armée dans une ruelle sombre jusqu'aux incendies et meurtres qui émaillent les guerres clandestines entre les Dix. Les escrocs abondent et cherchent partout les nouveaux arrivants, leurs proies privilégiées. Plus d'un visiteur s'est retrouvé propriétaire d'un terrain ou d'une cargaison fantôme sans jamais pouvoir retrouver son vendeur. Les tire-laine adorent la foule qui se bouscule sur les docks.

Ce milieu criminel bien fourni fait vivre nombre de combattants du crime. Plusieurs organisations publiques et privées font respecter la loi, des organisations qui se sont multipliées à travers les siècles. La masse inextricable des lois locales ou gouvernementales suscite bien des conflits juridictionnels entre ces organisations, entre la Garde de la Cité et la Garde du Fleuve en particulier. Nombre de suspects moisissent des jours et des jours en prison en attendant que ces deux institutions décident si le crime relève de la terre ou de l'eau.


La Ligue des Gentilshommes Entrepreneurs

«La Guilde des Voleurs ? Jamais entendu parler. Et si tu veux un conseil, tu n'en as jamais entendu parler non plus.»
- un Sage du Suiddock


Quoi qu'on en dise dans l'Empire, Marienburg n'est pas un vaste repaire de voleurs bien décidés à dépouiller intégralement les visiteurs dès qu'ils mettent les pieds dans la cité. Loin de là. Mais les fortunes en transit, tant en marchandises qu'en liquidités, ont incité les criminels à s'organiser et à traiter le problème en hommes d'affaires.

La Ligue des Gentilshommes Entrepreneurs, plus communément appelée la Ligue, ou la «Guilde Dont J'n'ai Jamais Entendu Parler», n'est pas un gang unique et monolithique. Il s'agit plutôt d'une entente, d'un lieu de négociation pour les divers gangs ethniques ou géographiques et les agents indépendants qui composent le milieu criminel. Elle fonctionne un peu comme une guilde professionnelle et ses " Maîtres " dirigent en conseil les affaires de la Ligue, apaisent les conflits entre gangs et veillent à ce qu'aucun des criminels «enguildés» de Marienburg ne manque de travail.

Les escarmouches territoriales sont inévitables mais les Maîtres de la Ligue tiennent à ce qu'elles ne dégénèrent pas en guerres ouvertes. Le bain de sang d'il y a une quinzaine d'années est encore dans toutes les mémoires et personne ne veut revoir cela : les gangs s'entre-tuaient dans toute la cité et il y avait tant de cadavres dans les canaux que les requins s'étaient mis à les fréquenter. Les tensions entre gangs sont encore vives, mais la Ligue aime la paix et l'ordre et sait comment «calmer» les turbulents. Elle est en mesure de surveiller presque chaque activité criminelle à Marienburg et que Shallya prenne en pitié celui qui se met en travers de son chemin.

La Ligue n'a pas de quartier général fixe. A travers les siècles, elle a déménagé de place en place pour des raisons de sécurité évidentes. Ses réunions sont bien sûr toujours clandestines et aucune plaque dorée n'annonce fièrement "GUILDE DES VOLEURS". Ces dernières années cependant, ses chefs se réunissent le plus souvent dans le salon privé du Club des Gentilshommes de Marienburg sur le Pont Trois Penny dans le Suiddock. Le secret de ces rendez-vous est donc assez largement partagé - cette adresse a même gagné le surnom de "l'allée du meurtre" - mais la Ligue, sous la direction d'Henschman, se sent suffisamment en sécurité pour rester en place. De fait, la Garde ne pénètre jamais dans le secteur du Pont Trois Penny qu'en force, et cela arrive bien rarement.

La «Guilde Dont J'n'ai Jamais Entendu Parler» fournit aussi un service de qualité à ceux qui ont les contacts et les fonds nécessaires. Tout le monde peut louer une brute pour un passage à tabac - pratiquement n'importe quelle taverne de la cité vous renseigne - mais pour les talents sophistiqués d'un rat d'hôtel, d'un faussaire, voire d'un assassin, mieux vaut s'adresser à la Guilde. La plupart de ces spécialistes n'acceptent d'ailleurs de travailler pour un étranger qu'une fois qu'il a reçu un visa de contrôle de la Ligue.

Depuis des siècles, une bonne part des revenues de la Ligue provient de ces contrats. Les guerres secrètes et complots infâmes qui opposent les Grandes Maisons y contribuent aussi largement. Après avoir vérifié les références d'un client (et ses agents excellent à repérer les pièges), la Ligue lui fournit tous les services qu'il peut payer, à condition bien sûr qu'ils n'aillent pas à l'encontre de ses intérêts.


Les Forces de l'Ordre

«D'abord il y a les Coiffes Noires et la Garde du fleuve - mais y peuvent pas se sentir. Ensuite y a la milice - pas la vraie milice bien sûr, les Gorilles des Dix. Leur loi est aussi valable que la vraie. Ensuite y a les Collecteurs d'Impôts, les soldats des temples - t'as pas intérêt à avoir de problème avec eux, mon garçon ! Et puis faut pas oublier les Elfes. On ne voit pas beaucoup les Mannikins - la Garde elfe - ces temps-ci, pas depuis les émeutes. Mais s'y't'veulent, c'est comme si t'étais déjà en geôle. J'espère que tu connais un bon avocat.»
- un marin expliquant Marienburg à un nouvel arrivant


Les Coiffes noires

La Garde de Marienburg, officiellement, l'Honorable Compagnie des Gardes et Lampistes, tire son appellation courante des caractéristiques chapeaux noirs et mous portés par ses hommes. Ceux-ci sont chargés de la protection des biens et de l'ordre public, et des enquêtes sur les crimes commis à terre. Ils exercent aussi un droit de sanction immédiate à l'encontre des délits mineurs, ivresse sur la voie publique, trouble à l'ordre public, etc. et des infractions aux règlements des quartiers. C'est le sergent du poste de garde local qui juge le plus souvent ces affaires et les peines vont de l'amende modérée (jamais plus de 5 Gu) à quelques heures de pilori, voire dix coups de fouets, quand il est d'humeur particulièrement mauvaise.

Les Coiffes Noires sont affectées aux diverses Casernes de la Garde. Il y a une Caserne dans chaque quartier reconnu de la cité, à l'exception des ghettos étrangers qui tombent sous la juridiction d'un quartier voisin. La taille de chacune dépend de la taille du quartier et de l'ambiance du quartier et de l'ambiance qui y règne. Les petits arrondissements relativement tranquilles comme Schattinham n'accueillent qu'un petit contingent, alors que le Suiddock loge la plus importante unité de gardes de la cité, dans une caserne ressemblant à un château fort. Un grand bâtiment du quartier du Palais, près de la Haute Cour, abrite le quartier général. D'une manière générale, chaque caserne s'occupe de sa propre juridiction et les Capitaines de la Garde demandent de l'aide au quartier général uniquement quand ils ont besoin d'enquêteurs spécialisés ou d'autres facilités particulières.

Les Postes de Gardes sont situés aux points clés des différents quartiers. Quatre à douze gardes peuvent être affectés à chacun d'eux suivant ce que décide leur Capitaine. Ces hommes sont censés patrouiller dans la zone qui leur est allouée, faire respecter la loi et les arrêtés locaux, et traduire les responsables des crimes les plus graves devant les autorités supérieures. Dans certains endroits, les patrouilles sont épaulées par des citoyens volontaires qui renforcent les rangs de la Garde et servent de témoins impartiaux. Dans les quartiers pauvres comme le Suiddock ou les quartiers étrangers, ces volontaires sont considérés comme des traîtres et des espions, et mieux vaut qu'ils ne se promènent pas seuls près d'un canal.

Les Coiffes Noires constituent aussi le noyau de la milice de Marienburg. Une loi remontant à la ferveur patriotique soulevée par l'expulsion des Bretonniens impose à chaque quartier de fournir à la Garde un contingent d'arbalétriers volontaires en temps de crise. Mais depuis la sécession, la cité se fie surtout à ses mercenaires et à son alliance avec les Elfes, et l'entraînement militaire de la Garde est négligé. Les exercices mensuels à l'arbalète ne sont guère plus qu'une occasion festive, une sorte de tournoi vaguement martial.

Secrétariat à la concurrence

Cette administration, domiciliée dans le Bâtiment de l'Amirauté sur l'Île Haute Tour, chapeaute à la fois les Contrôleurs d'Impôts et la Garde du Fleuve. Elle contrôle la collecte des taxes pour la cité et fait respecter les lois portuaires - les lois qui réglementent la navigation au sein de la cité et punissent les crimes commis sur les eaux. Elle est chargée de la lutte contre la contrebande et tous les crimes perpétrés sur le port ou les canaux relèvent de sa juridiction.

La Garde du Fleuve est le bras armé du Secrétariat, le corps protecteur des collecteurs d'impôts. Elle ne manque pas de zèle mais ses Gardes sont trop peu nombreux et mal payés pour le volume de leurs responsabilités. Ils ont le droit d'arrêter les suspects de fraudes douanières dans toute la cité, encore qu'un antique amendement les astreint à ne pas s'écarter de plus de 30 mètres d'un canal. Il est arrivé que des officiers imaginatifs comprennent que cette limite puisse aussi se calculer à partir des égouts, à la fureur de leurs homologues des Coiffes Noires. Les suspects appréhendés sont détenus dans les geôles de Son Excellence le Maître du Port, dans les sous-sols du Bâtiment de l'Amirauté.

Sur demande des Collecteurs d'Impôts, la Garde du Fleuve est aussi autorisée à recouvrir par la force les taxes impayées, à saisir vaisseaux et marchandises et à vendre aux enchères les biens des mauvais payeurs. Elle peut aussi frapper d'amendes ou de prison les capitaines dont les navires gênent le trafic portuaire, voire faire détruire les bateaux concernés (le Directorat ne tolère pas la moindre entrave à la libre circulation des marchandises!)

Le Secrétariat peut d'ailleurs réquisitionner les Coiffes Noires à tout moment. Cette situation entretient un fort ressentiment entre les deux gardes : les Coiffes Noires détestent en effet être associées aux si impopulaires collecteurs d'impôts, alors que la Garde du Fleuve considère ses collègues terrestres comme une bande de flemmards.

Milices privées

Entre autres privilèges, les Dix ont le droit d'entretenir une milice privée. Initialement, il s'agissait d'une mesure d'urgence destinée à lutter contre la piraterie, mais la licence est devenue permanente après la Bataille du Cap des Pirates en 2378. Les milices servent généralement à défendre les intérêts de leurs Maisons outre-mer. La Maison van de Kuypers, par exemple, entretient une flottille de douze caraques équipées pour la guerre et une compagnie de plus de 500 marines, sans compter ses navires marchands et leurs équipages, tous plus ou moins armés.

Les milices ne sont pas officiellement un corps de police, mais elles servent de gardes et de veilleurs de nuit dans les propriétés les plus importantes des Grandes Maisons. Elles peuvent arrêter quelqu'un en flagrant délit et le détenir jusqu'à l'arrivée de la Garde. Quand les émeutes balayent la cité, ces forces paramilitaires sont affectées à la protection des propriétaires de leurs Maisons, comme pendant les désordres anti-elfes de 2391.

La Loi à Elfeville

Elfeville (Elfsgemeente) n'est techniquement qu'un quartier de Marienburg, mais se trouve gouvernée par les lois des Hauts Elfes. Le Traité d'Amitié et de Commerce spécifie en effet que tous les crimes impliquant des Elfes - même des Elfes des bois de l'intérieur - relèvent de la juridiction du Roi Phénix d'Ulthuan représenté à Marienburg par l'Exarch de Sith Rionnasc'namishathir.

A l'instar de la Chambre Etoilée, l'Exarch a toute autorité pour juger les crimes commis par les non-elfes à l'encontre des Elfes, et ce, quel que soit l'endroit de Marienburg où ces crimes ont été perpétrés. Le système légal des Hauts Elfes diffère de celui de Marienburg et ses subtilités ont dérouté plus d'un avocat, pour le malheur de leurs clients.

Les accusés sont déférés à la justice de l'Exarch et jugés selon les lois d'Ulthuan. Les condamnés se voient infliger des peines relativement semblables à celles qui ont cours à Marienburg : des amendes ou des coups de fouet pour les délits mineurs alors que les crimes plus sérieux, meurtre ou incendie par exemple, sont punis de mort par noyade. Les Elfes ne financent pas de prisons.

Les Gardes d'Elfeville sont appelés dans la cité les Mannikins, une corruption du terme tar-eltharin Manniocs-quinsh signifiant "Gardiens de la Paix". Ils ont toute autorité pour arrêter les responsables de crimes impliquant un elfe dans la totalité des Pays Perdus mais, dans la pratique, ils ne sortent pas d'Elfeville - plus depuis les émeutes de 2391 provoquées par l'arrestation et l'exécution de deux hommes qui avaient tués un elfe dans une bagarre. La plupart du temps, ils comptent sur la Garde de la Cité pour arrêter et extrader les suspect. Le Directorat tient à conserver les meilleures relations possibles avec les Elfes et ses ordres à ce sujet insistent sur une efficacité maximum. Très souvent, le suspect est donc arrêté, traîné sur le Pont Portelfe et remis aux Mannikins en moins de quelques heures, sans qu'il ait eu la moindre chance d'appeler à l'aide.

Quand l'affaire est importante ou urgente, les Mannikins n'hésitent pas à opérer sous couverture en dehors de leur quartier. La Garde n'apprécie guère ces intrus, mais elle a reçu l'ordre de laisser faire plutôt que de risquer l'incident.

Répurgateurs, Chasseurs de Primes et Autres

Comme partout ailleurs dans le Vieux Monde, les polices officielles ne sont pas les seules à s'intéresser à la lutte contre le crime. Marienburg accueille toutes sortes de chasseurs de primes, détectives amateurs et répurgateurs. Plusieurs comités de vigilance s'efforcent aussi d'épauler la loi, avec des succès divers.

La plupart des gens associent les Répurgateurs au Tribunal du Temple (qui en emploie effectivement quelques-uns) mais ces derniers n'opèrent pas aussi librement dans le Pays Perdus que dans le reste du Vieux Monde. Peu après la sécession, le Stadsraad a voté une loi imposant à tous les Répurgateurs de se faire enregistrer et certaines règles de conduite concernant les procès en sorcellerie séculiers.

Ces procédures exemptes de règles sur la validité des preuves étaient en effet devenue une arme de choix dans les guerres entre Grandes Maisons. De nos jours, nombre de Répurgateurs pourchassent clandestinement leurs proies et refusent de se plier à une loi insipide qui a d'évidence été imaginée par des suppôts du Chaos.

Les Chevaliers de la Pureté constituent sans aucun doute la plus importante des organisations para-légales. Sous le masque d'une organisation charitable, ce groupe réunit des hommes bien décidés à faire eux-mêmes respecter la loi. Les Chevaliers, d'après les rumeurs des adorateurs de Solkan le Sans-Merci, ont infiltré l'appareil judiciaire où ils font appliquer la lettre de la loi sans souffrir d'exception. Ils organisent aussi des raids dans tous les quartiers de la cité, jusque dans l'élégant quartier Goudberg, contre les criminels et les mutants. Les taudis du sinistre Doodkanaal sont une de leurs cibles favorites et la Garde n'est que trop heureuse de leur abandonner cet enfer, même si elle déplore officiellement leurs exactions.


La Justice

Tout les étrangers qui passent par Marienburg finiront immanquablement, un jour ou l'autre, par avoir des problèmes avec les représentants de la loi. Rien n'est plus certain dans le Vieux Monde. Ils seront poursuivis en dommages et intérêts («Comment ça, je dois prouver que c'est une arnaqueuse ? Elle a volé toutes les preuves !») ou au pénal («Mais Votre Honneur ! C'était un nécromancien ! Sa boutique de jouets n'était qu'une couverture !»). Dans tous les cas, et quels que soient les articles de loi pertinents, la procédure reste la même. Les affaires civiles et criminelles sont d'ailleurs jugées par les mêmes tribunaux.

Les contrevenants risquent d'être arrêtés par une des diverses forces de police de Marienburg - par plusieurs à la fois dans certains cas ! Les étrangers qui sont l'objet d'un procès civil reçoivent une convocation. S'ils ne se présentent pas au tribunal en temps et en heure, la cour ordonne sur-le-champ leur arrestation pour outrage.

Il existe, de plus, toutes sortes de tribunaux spécialisés, des tribunaux censés permettre aux diverses administrations et représentants de la cité de faire respecter les lois auxquelles ils s'intéressent au premier chef. Ces cours offrent parfois un soutien bien utile au reste de l'appareil judiciaire mais, le plus souvent, elles ne servent qu'à susciter d'infinies querelles de juridictions. Un avocat astucieux peut enterrer une affaire pendant des mois et des années s'il sait tirer partie de ces rivalités. C'est ainsi que certains cas traînent pendant des décennies.

Les cours civiles et pénales

Les cours pénales de Marienburg - depuis les audiences de sergents de la Garde et Assises de Quartier à la Haute Cour du quartier du Palais - jugent de toutes les offenses contre la loi et les arrêtés locaux. Cela représente un vaste éventail de délits, de l'ivresse sur la voie publique au meurtre, et c'est la gravité de l'accusation qui détermine la cour appropriée.

Les délits courants, vandalisme, tapage nocturne, etc. et les violations des arrêtés locaux sont directement jugés par le Garde qui les constate, ou au Poste de Garde le plus proche suivant la liberté d'action que le sergent de poste accorde à ses hommes. La Garde dispose d'une certaine latitude de jugement et les peines qu'elle peut infliger vont de l'amende (jamais plus de 5 Gu) à dix coups de fouet en passant par quelques heures de pilori ou une nuit de geôle.

Comme on peut s'y attendre, l'humeur du Garde concerné et le statut social de l'accusé joue un rôle important dans toute la procédure : décision d'arrestation, détermination du verdict et de la peine. Seul le plus fanatique des Sergents de la Garde verra un inconvénient à ce que Crispijn van Haagen se soulage sur les marches d'une auberge. A l'autre extrémité de l'échelle, un batelier Tiléen bien connu dans les postes de garde risque de tâter du fouet rien que pour avoir chanté faux à trois heures du matin.

Les audiences du sergent sont sans appel, mais les condamnés outragés peuvent toujours se plaindre à la Caserne locale et demander une révision par le Capitaine. A moins que le plaignant ne dispose vraiment d'excellentes relations, ce type de plainte tend à se perdre dans la paperasse.

Les délits plus graves sont jugés à l'intérieur même des Casernes, devant les Assises de Quartier. Les magistrats de moindre rang y sont assignés et il leur revient de se prononcer sur les affaires de coups et blessures ou d'atteinte aux biens tant que les sommes concernées restent inférieures à 500 Gu. L'accusé est détenu dans un des postes de garde ou à la caserne même en attendant que les témoins soient interrogés et les preuves réunies. Marienburg ne reconnaît aucun habeas corpus, mais les mises en liberté sous caution constituent une tradition bien établie et ne sont refusées que lorsqu'il est probable que l'accusé ne cherchera à s'enfuir. Les accusés ont droit à un avocat et les procès d'Assises de Quartier ont généralement lieu dans les deux semaines qui suivent l'arrestation.

Les Magistrats d'Assises peuvent condamner l'accusé à une amende ne dépassant pas 500 Gu, à 30 jours d'emprisonnement dans la caserne ou à 30 coups de fouet (le marquage au fer rouge n'a pas disparu des textes de loi mais seuls les juges les plus féroces y ont recours). Si les preuves et les témoignages le justifient, le président de la cour peut éventuellement aggraver l'accusation et envoyer l'accusé devant la Haute Cour.

La catégorie des crimes les plus sérieux comprend les violences ayant entraîné des mutilations ou autres handicaps permanents, l'incendie volontaire, le viol, le meurtre, l'enlèvement, les atteintes aux biens pour un montant supérieur à 500 Gu, les faux en écriture et la fraude. Marienburg vit du négoce et de la confiance des négociants et la Bourse d'Import-Export, qui contrôle le Directorat, a veillé à ce que la plupart des délits commerciaux entrent dans cette catégorie. L'influence de cette organisation peut d'ailleurs se mesurer à la gravité des peines, des peines réellement décourageantes.

Les accusés sont normalement déférés devant une des Cours d'Assises où un Magistrat doit confirmer l'accusation avant de les envoyer devant la Haute Cour. L'accusé est alors emmené dans les Tombes, un vaste ensemble de cachots humides sous la Haute Cour où il attendra son procès. Il n'est pas permis de se défendre soi-même devant la Haute Cour (la Ligue des Plaideurs y a veillé) et les accusés qui n'ont pas d'avocat sont systématiquement condamnés. Les cultes de Shallya et de Verena fournissent quelquefois des avocats aux accusés dans le besoin, mais la demande dépasse largement la capacité de leurs budgets.

Chaque chambre de la Haute Cour (le bâtiment en abrite quatre) est dirigée par un banc de trois juges, des magistrats de rang supérieur, l'un d'entre eux assumant les responsabilités de Président de la Cour. Tous trois jouent un rôle actif dans la procédure et n'hésitent pas à commenter les débats ou à poser des questions. Les verdicts sont décidés à la majorité et les peines sont entièrement à la discrétion de la cour : lourdes amendes, emprisonnement de durée variable, confiscation des biens, travaux forcés (à l'entretien des canaux et des digues, le plus souvent), esclavage pour dettes, mutilation et même la mort.

Ceux qui sont condamnés à la prison reçoivent toujours au moins les un an et un jour qui conditionnent un séjour à l'Île Rijker. Les condamnés peuvent théoriquement faire appel du verdict et de la sentence devant le Staadtholder et le Directorat, mais ils doivent pour cela obtenir la permission de la Cour. Celle-ci est rarement accordée.

Les procès au civil suivent une procédure semblable et la cour compétente est définie en fonction des sommes en jeu. Les punitions corporelles sont rares, les tribunaux préférant accorder des dommages et intérêts au parti vainqueur. Les condamnés qui ne paient pas leurs amendes ou dommages et intérêts se rendent coupables d'outrage à la cour, un délit grave.

Les Tribunaux des Guildes

A Marienburg, les innombrables guildes sont (en théorie) chargées de faire respecter par leurs membres les réglementations professionnelles. Le Stadsraad leur a accordé divers pouvoirs coercitifs à cet effet. La Guilde des Marchands (un avatar de fait de la Bourse d'Import-Export) est, par exemple, chargée d'édicter toutes les lois commerciales de la cité et d'arbitrer tous les conflits commerciaux, ce qui lui confère un important pouvoir sur les autres guildes au cas où celles-ci choisiraient d'exercer pleinement leur autorité.

Les tribunaux des guildes peuvent infliger des amendes, suspendre leurs membres, voire les exclure définitivement. La cour de la Bourse d'Import-Export est, de plus, compétente dans toutes les affaires liées au commerce et peut infliger des peines d'amendes, de confiscation ou même d'emprisonnement peuvent être réexaminées par la Haute Cour, mais ce n'est généralement qu'une formalité.

Handelsrechtbank

Situés dans la partie la plus active du port, les Handelsrechtbanken sont des tribunaux de commerce présidés par des arbitres nommés par la Bourse. A Marienburg, le commerce est une chose trop importante pour risquer de l'étouffer sous des arguties juridiques sans fin. Ces tribunaux ont donc reçu l'autorité et les moyens d'examiner les conflits sans délai et de rendre des jugements immédiats. Les affaires traitées concernent le plus souvent la valeur douanière d'une cargaison ou la validité d'un contrat. Les autres délits commerciaux sont renvoyés devant le tribunal de la Bourse ou, si nécessaire, devant la Haute Cour. Les condamnés peuvent contester l'arbitrage du Handelsrechtbank en engageant une procédure civile classique, mais le jugement du tribunal commercial est immédiatement applicable.

Cour de l'Amirauté

Ce tribunal se trouve dans le Bâtiment de l'Amirauté sur l'Île Haute Tour. Il examine toutes les affaires de violation des lois portuaires, contrebande, piraterie et tous les crimes qui relèveraient normalement des Assises et de la Haute Cour s'ils n'avaient été commis sur l'eau. Il privilégie, comme les Handelsrechtbanken, vitesse et efficacité.

La Cour de l'Amirauté peut condamner les accusés à des peines d'amende, de confiscation, de fouet, d'emprisonnement, voire de mort par pendaison (généralement réservée aux pirates ou aux mutins de basse extraction). Il existe bien un droit d'appel devant la Haute Cour, mais celle-ci ne tient guère à remettre en question les décisions de Son Excellence le Maître du Port.

Tribunal des Temples (la Chambre Étoilée)

Les affaires religieuses relèvent du Tribunal des Temples, qui doit son surnom de Chambre Étoilée à la mosaïque de ciel nocturne ornant son plafond. C'est un bâtiment sinistre, bâti de pierres sombres et décoré de gargouilles hideuses. Il est gardé en permanence par une escouade de templiers détachés du Temple de Manaan. Situé dans le Tempelwijk, il abrite aussi la principale bibliothèque de droit canon de Marienburg, même si chaque culte conserve des exemplaires des textes de lois les concernant. Comme tant d'autres lois de Marienburg, les lois canons se sont accumulées siècle après siècle jusqu'à former une masse inextricable d'injonctions parfois contradictoires que seul un juriste compétent peut espérer interpréter.

Tous les crimes en rapport avec la doctrine religieuse, les propriétés et les serviteurs des temples relèvent de ce tribunal et tous les prêtres et les templiers peuvent effectuer des arrestations en son nom. Un prêtre accusé d'un crime séculier peut exiger d'être jugé devant le Tribunal des Temples. Les laïcs accusés d'un crime contre les cultes, d'avoir attaqué un prêtre, par exemple, tombent automatiquement sous la juridiction de la Chambre Étoilée.

Les procès sont publics et dirigés par un banc de trois juges. Deux d'entre eux sont tirés au sort parmi les prêtres assignés au tribunal par leur culte. Le troisième, le président de la cour, est toujours issu du culte partie prenante à l'affaire. Les condamnés reçoivent une amende ou le fouet pour les fautes mineures et peuvent être emprisonnés sur l'Île Rijker si l'affaire est plus grave.

Les offenses contre les dogmes religieux, comme l'hérésie, l'apostasie, l'adoration des dieux interdits ou la fréquentation des démons et mutants, et la nécromancie, sont jugés à huis clos et aux chandelles dans une salle située dans les sous-sols du bâtiment. Les accusés n'ont pas le droit de convoquer des témoins en leur faveur, ni d'avoir d'autre avocat que celui désigné par la cour. Il n'est donc pas rare d'entendre l'avocat de la défense désigner son client par l'étiquette «cet hérétique» ou «ce suppôt du chaos». Le tribunal conclut le plus souvent à la culpabilité de l'accusé, lequel n'a plus qu'à se demander si son exécution sera publique ou secrète, et s'il sera brûlé (toujours un gros succès populaire), traîné sous un navire, pendu ou emmuré vif. La plupart des exécutions sont publiques afin d'encourager la vertu, mais certains crimes sont jugés si monstrueux que la cour préfère les garder secrets.


Religion et Vie Religieuse à Marienburg

«L'adoration des Dieux est pour le Marienbourgeois, comme tout le reste dans sa vie, une entreprise dont il espère bien tirer bénéfice. C'est une attitude quasiment blasphématoire.»
- un prêtre de Sigmar désapprobateur.


La religion est un élément de la vie quotidienne à Marienburg qui imprègne presque tout ce que pensent, disent ou font les Marienbourgeois. La présence des dieux se voit partout : quand une prêtresse guérit un enfant mourant, c'est que Shallya a entendu ses prières; quand un navire transportant un être cher regagne le port sans incident, c'est qu'il a bénéficié de la protection de Manann; et quand un marchand gagne une petite fortune en une seule affaire, c'est qu'il a la faveur d'Haendryk. Chacun des actes des Marienbourgeois s'accompagne de petits rituels presque inconscients destinés à leur assurer la faveur d'un dieu. Un négociant crache dans ses paumes avant de donner la poignée de main qui entérine un marché afin de proclamer à Ranald "le Répartisseur" que son affaire est propre. Quand une mère enferme dans un sac la première dent perdue par son enfant et le suspend au lit de celui-ci, c'est pour rappeler à Morr qu'il n'est qu'un innocent et supplier le dieu de lui accorder sa protection.

La religion organisée et le culte formel comptent aussi beaucoup pour les Marienbourgeois. Le recensement de 2500 C.I. a comptabilisé 157 "lieux de culte" reconnus, depuis les grands temples et les cathédrales de Tempelwijk jusqu'aux minuscules chapelles et sanctuaires qui se cachent aux bords de canaux de traverse presque oubliés de tous. Et il y a encore beaucoup plus d'autels privés dans les maisons, les commerces, les administrations, les bateaux, les guildes, etc.

Les Marienbourgeois ne sont pas pour autant des religieux fanatiques. Leur attitude envers les dieux est empreinte de ce même pragmatisme qui gouverne leur vie. Le Grand Prêtre d'Hændrik a parlé un jour de commerce religieux : «je donne aux dieux mon adoration et reçoit en échange ce dont j'ai besoin. Tout le monde y gagne». Comme les autres habitants du Vieux Monde, ils adressent leurs prières au dieu le plus approprié aux circonstances.

Un avocat qui se rend au tribunal s'arrêtera par exemple à un oratoire de Verena, mais jamais à une chapelle de Morr (à moins que l'affaire de son client ne se présente vraiment très mal). Un docker qui attaque une partie de dés à la Perche du Pélican adressera une petite prière rapide à Ranald, pas à Shallya. Un Marienbourgeois peut très bien avoir une divinité favorite, mais les dévotions exclusives sont rares et plutôt réservées aux saints et autres fanatiques. Même les prêtres ne s'interdisent pas l'adoration des autres dieux et officient parfois dans un temple ami quand aucun prêtre de ce culte n'est disponible.

Le calendrier comprend une foule de fêtes religieuses plus ou moins importantes et les processions en l'honneur du saint ou du divin patron d'une guilde ou autre organisation constituent un spectacle courant. Les dieux du Vieux Monde ne sont d'ailleurs pas les seuls ainsi honorés. Marienburg accueille des communautés venues d'Arabie, Nippon, Cathay et Ind. Leurs dieux n'ont pas été laissés en arrière et les célébrations publiques de ces cultes contribuent au parfum exotique de la vie quotidienne de la cité. Il n'est pas inhabituel, par exemple, de dépasser une procession solennelle de pénitents Shallyains et d'être arrêté au coin de rue suivant par un défilé de moines indiques en robes rouges chantant et bondissant. Nombre de Marienbourgeois considèrent ce pot pourri religieux comme un signe de vitalité.

Pas tous, cependant. La Chambre Étoilée et les répurgateurs surveillent les cultes étrangers à la recherche d'indices chaotiques, et nombre de factions religieuses réclament des campagnes de conversions, pacifiques ou non. Dans les classes laborieuses et pauvres, il existe un ressentiment plus ou moins général contre les étrangers, même ceux du Vieux Monde, qui viennent «voler le travail des vrais Marienbourgeois». Les cultes et les églises sont les cibles privilégiées de l'ire populaire et souffrent trop souvent d'actes de violence et de vandalisme. Les membres de la Guilde des Débardeurs et Charretiers ont d'ailleurs été accusés de l'incendie d'un certain nombre d'oratoires d'Elfeville, des attentats récents que la rumeur publique explique bien sûr par la rage que soulève les pratiques des Hauts Elfes en matière de chargement-déchargement de leurs navires.

Relation Extérieur et Commerce

«La situation de Marienburg, son parcours imposé entre les écueils de l'Empire et de la Bretonnie, nous interdit d'afficher la moindre préférence pour l'un ou pour l'autre. Nous traitons donc toutes les nations sur un pied d'égalité. Nous sommes neutres, mais oh combien splendide est notre neutralité !»
- un membre de la commission des Affaires Étrangères du Stadsraad


Marienburg est un acrobate, un funambule jongleur qui fait tournoyer une douzaine d'assiettes au-dessus de sa tête tout en prenant garde de ne pas tomber dans un bassin infesté de requins. Si ses chefs penchaient un peu trop d'un côté ou d'un autre, son numéro de haute voltige s'écroulerait et la cité serait dépecée par ses puissants voisins. Mais le Directorat s'est jusqu'à présent comporté en maître équilibriste.

Marienburg ne détient aucune des sources habituelles de richesse : pas de mines d'or ou d'argent, pas de terres fertiles, pas de bois ou de femmes. La pêche ne saurait suffire à une Grande Puissance. La cité importe en fait l'essentiel de sa nourriture. Marienburg bénéficie en revanche d'une position unique : elle contrôle l'entrée l'entrée de la seule voie d'accès fiable à l'intérieur du continent, le Reik et ses affluents. Les voies terrestres sont trop dangereuses. Dans les montagnes, les cols praticables sont relativement rares et souvent infestés de bandits, Gobelins ou pire, quand ils ne sont pas fermés par le mauvais temps ou un glissement de terrain. Même quand les routes sont ouvertes, les diverses taxes et péages les rendent très coûteuses. Les risques sont si importants qu'il est beaucoup plus rentable de transporter un lot de safran de Magritta à Talabheim en passant par Marienburg et le Reik que par la voie de terre à travers la Bretonnie et les Montagnes Grises.

Même les marchandises en provenance ou à destination de Kislev, et de l'est en général, empruntent le plus souvent la route du fleuve, avec une escale à Marienburg. Erengrad est jugée trop lointaine par la plupart des marchands et son port est bloqué par les glaces presque la moitié de l'année. Les humeurs de la Mer des Griffes font de Marienburg une escale encore plus attrayante, sans parler des navires du Chaos que l'on y rencontre de temps à autre à l'est. Les dirigeants de Middenland, du Nordland et de Middenheim ont bien essayé de concurrencer Marienburg en établissant des ports sur la côte nord, mais les navires ne sont pas venus et ces villes nouvelles dépérissent, quasiment désertées et oubliées.

Marienburg contrôle en fait la plus importante route commerciale du Vieux Monde. Ce rôle assure à la cité et à ses dirigeants une fortune considérable. Les dix familles d'où sont issus la plupart des Directeurs retirent non seulement d'énormes revenus du commerce, mais sont aussi depuis quelques siècles les premiers banquiers du Vieux Monde. Pour prendre un exemple, l'armée levée par le Tsar de Kislev pour se débarrasser des gobelinoïdes qui infestaient la Passe Belyevorota ne pouvait être financée que par de nouveaux impôts ou un emprunt. Préférant ne pas risquer une révolte paysanne qui menaçait d'être sanglante, le Tsar avait préféré emprunter à la Maison des van de Kuypers de quoi payer toute la campagne.

Le Directorat n'a jamais hésité à tirer parti de la fortune ou de la position de la cité. Pendant la révolte contre l'Empire, il avait mis en place un blocus total du trafic mer-fleuve. La pression exercée dans l'Empire par les classes moyennes et la noblesse, anxieuses de voir le commerce reprendre normalement, explique pour une bonne part la décision de Wilhelm II de reconnaître l'indépendance de Marienburg. Le précédent Roi de Bretonnie, Henri "Malprêt", avait quant à lui découvert qu'il était incapable de faire respecter son ultimatum. Quand il avait voulu lever une armer pour envahir le Pays Perdus, tous les mercenaires disponibles avaient déjà été engagés par le Directorat.

Marienburg ne compte en effet pas que sur son argent quand sa sécurité est en cause. Dans les situations de guerre, la garde de la cité est systématiquement renforcée par des conscrits et des mercenaires, tiléens, Kislévites ou nordiques pour la plupart. Les Grandes Maisons fournissent les navires pour lutter contre la piraterie et défendre les intérêts de la cité, des intérêts parfois fort lointains depuis le XXIVème siècle. Les équipages de ces navires, des professionnels bien entraînés, constituent d'ailleurs de véritables armées privées au service de chaque famille dominante. A côté de cela, les navires et les marins du Temple de Manaan et du Quartier elfe représentent une réserve d'élite en cas d'urgence. Les étrangers jugent parfois que l'aisance a amolli les Marienbourgeois, mais ce visage décadent cache en fait des dents de requins.

La guerre coûte cependant fort cher et les humiliations répétées de l'adversaire ne font qu'alimenter la soif de revanche. Le gouvernement de Marienburg préfère traditionnellement convaincre par une diplomatie tranquille que le statu quo sert les intérêts de tous. Cette politique, qui n'exclut pas quelques cadeaux judicieusement placés, a jusqu'ici donné d'excellents résultats.

La Bretonnie

«Nombre de Directeurs ont été circonvenus par nos espions. Le jour approche où la cité votera sa soumission à Notre Royale Personne et où nous contrôlerons l'embouchure du Reik. Les idiots d'Altdorfer devront alors s'incliner !»
- Louen Cœur de Lion, Roy de Bretonnie

La Bretonnie donnerait n'importe quoi pour annexer le Pays Perdus. Ses dirigeants salivent à la pensée de contrôler les richesses de Marienburg et la maîtrise du commerce de l'Empire est une idée qui fit trembler le Roy Louen et ses courtisans de désir. Depuis l'époque de Guillaume Barbenoire, il y a plus de mille ans, les Roys Bretonniens ont toujours proclamé que le Pays Perdus constituaient une "frontière naturelle" de leur pays. Ils ont dansé de joie quand Marienburg a conquis son indépendance, célébrant à la fois l'humiliation de l'Empereur Wilhelm et à la perspective d'une annexion par la Bretonnie - une annexion qu'ils attendent encore.

Dans l'intervalle, le Roy finance à Marienburg divers réseau d'espionnage et de subversion, tant pour faire tomber la cité dans le giron Bretonnien que pour empêcher les Impériaux d'en reprendre le contrôle. La Bretonnie, à travers son "Maître de la Chambre Noire", le bureaucrate anonyme qui dirige les services secrets du Roy Louen, paye des espions et des agents provocateurs, et même quelques assassins et saboteurs. Des rumeurs sans grand fondement ont circulé parmi les gourmets de Marienburg, des rumeurs qui attribueraient aux Bretonniens le meurtre du fameux chef Halfling Willy Roncesvertes, qu'ils auraient pris pour un agent impérial (il avait été retrouvé dans sa propre marmite, mijotant, une pomme dans la bouche, dans une sauce aux raisins. La sauce aux raisins est un des péchés mignons du Roy Louen).

Mais le Roy n'est pas le seul à vouloir s'approprier Marienburg, le Comte Adalbert, Seigneur de la Marche, se ferait une joie d’adjoindre le Pays Perdu à son domaine pour pouvoir ainsi prétendre au statut de Duc.

Les ports de Bretonnie se réjouiraient aussi d'une Marienburg plus modeste. L'Anguille entretient avec cette cité une rivalité antique qui approche de la haine obsessionnelle. Les gouverneurs appointés par la couronne ont toujours envié à Marienburg la faveur des Hauts Elfes. Après tout, la Grande Tour n'a-t-elle pas été construite dans leur ville? Les marchands Anguillois ont bien essayé d'expliquer à leurs gouverneurs successifs que ce sont les taxes douanières élevées qui font fuir les navires, mais la Position Royale ne change pas : c'est par une infâme corruption que les Marienbourgeois vident les ports Bretonniens. Les rumeurs prétendent de leur côté que les dirigeants de L'Anguille sont responsables d'une bonne partie de la piraterie qui affecte les navires à destination de Marienburg.

L'Empire

«Traité ou pas, Westerland reste une Province Impériale, même si c'est une province rebelle. Nous en reprendrons le contrôle quand Nous le déciderons même si Nous avons d'autres soucis en ce moment. Nous conseillons donc à Notre Collègue de Bretonnie d'oublier ses rêves de conquête et de se consacrer plutôt à ses tournois de Chevalerie.»
- Empereur Karl Franz à l'Ambassadeur de Bretonnie

Sur le mur de la sacristie du Grand Temple de Sigmar à Altdorf se trouve une carte de l'Empire, gravée dans la pierre et incrustée de gemmes, lapis-lazuli et nacre. Avant chaque messe, le Grand Théogoniste et ses prêtres s'inclinent devant cette carte et consacrent leurs personnes et une prière à la préservation de l'unité de l'Empire. Mais cette prière leur rappelle, chaque fois, leur échec car la carte montre une province qui n'existe plus. Westerland est devenue le Pays Perdu, la seule province impériale qui a réussi à se séparer de l'Empire et à défier l'Unité de Sigmar.

La noblesse Impériale se comporte comme si Marienburg appartenait toujours à l'Empire. Les Empereurs continuent de se proclamer Protecteurs des Pays Perdus même si tous leurs efforts consistent à veiller à ce que le Roy et ses compères n'entreprennent rien de plus ambitieux que leurs tournois. L'idée que le Palais d'Oisillon puisse un jour contrôler l'embouchure du Reik est pour l'Empire un véritable cauchemar. La dernière fois que la chose s'est produite, quand une armée commandée par le Duc de L'Anguille avait conquis et occupé Marienburg, le blocus qui en avait résulté avait étranglé l'économie Impériale et affreusement aggravé le chaos de l'Âge des Trois Empereurs. Altdorf a signifié très clairement à la Bretonnie qu'une invasion des Pays Perdus impliquerait automatiquement une guerre avec l'Empire.

Certains Empereurs ont bien sûr considéré l'idée d'une reconquête des Pays Perdus, une idée vivement soutenue par nombre de Grands Théogonistes, mais l'ont rapidement écartée. Une guerre se traduirait par un nouveau blocus et l'on sait que les maisons marchandes de Marienburg prêtent bien souvent les fonds qui manquent à l'Empereur quand ses grands Électeurs lui refusent de nouveaux impôts. L'échec d'une tentative en ce sens ne ferait qu'enrager ses banquiers et affaiblir sa position.

D'un point de vue strictement rationnel, la situation n'est pas si défavorable à l'Empire. Les Directeurs montrent autant de fermeté envers la Bretonnie que le ferait Altdorf et protègent scrupuleusement le trafic sur le Reik. Les impôts indirects sur ce trafic compensent d'ailleurs largement la perte des taxes douanières. Cela n'empêche pas les services secrets Impériaux d'entretenir nombre d'agents à Marienburg. Leur mission première est de saboter les efforts de leurs collègues de la Chambre Noire Bretonnienne et d'alimenter l'Empire en informations sur les projets du Directorat.

Nombre des Grandes Provinces de l'Empire entretiennent leurs propres représentants à Marienburg, à des fins commerciales aussi bien que diplomatiques. Les Électeurs de Talabheim et du Middenland disposent chacun d'un consulat formel dans la cité et presque tous les autres ont un jour ou l'autre chercher à y obtenir un emprunt.

Concurrence

La conquête étant devenue impossible, les nobles et les riches marchands de l'Empire ont souvent tenté de briser l'effroyable emprise de Marienburg sur le commerce. Beaucoup ont cherché à travers les montagnes une voie terrestre vers la Tilée, mais les Orques, les bandits et le mauvais temps rendaient les risques trop élevés. La plus ambitieuse de ces tentatives est intervenue sous le règne de Wilhelm II "le Sage", quand les électeurs de Middenheim, Ostland et Nordland, ainsi que plusieurs nobles de moindre importance, mais néanmoins riches et influents, et des maisons marchandes impériales, ont financé le projet démentiel d'un certain Jens-Peter Riemanns de Wolfenburg.

Riemanns avait convaincu ces Nobles de créer deux nouveaux ports sur la sinistre côte septentrionale de l'Empire et de faire construire cinq navires commerciaux chacun. La nouvelle Societas Mercatoria Septentrionalis (Société Marchande du Septentrion) devait recevoir la direction de ces ports qui à n'en pas douter génèreraient suffisamment de rentrées fiscales pour rembourser les Électeurs de leur investissement. Les marchands impériaux pourraient, de leur côté, expédier plus rapidement leur cargaisons sur des bateaux qui esquiveraient l'escale et les taxes marienbourgeoises. Tous se mirent à rêver d'un fabuleux monopole commercial sur l'Empire oriental et Kislev.

C'est en grande pompe que les ports de Neues Emskrank dans le Nordland et de Salkalten en Ostland ont été ouverts au printemps de l'année 2462 C.I. Pendant que les musiciens jouaient et que les prêtres bénissaient les bateaux, les capitaines et leurs équipages levèrent les voiles, animés de la certitude que toutes les richesses du monde étaient à portée de leurs mains.

Ce rêve ne devait durer qu'un an.

Trois bateaux ne revinrent jamais : l'équipage de l'un d'eux aurait décidé de se joindre à la Grande Ruée vers l'Or des Terres du Sud de 2463. Les routes pavées reliant les ports à Salzenmund, à Wolfenburg et au-delà, ne furent jamais achevées - et la plupart des marchands n'étaient pas prêts à se risquer dans des voyages à travers les forêts alors qu'ils pouvaient vendre leurs produits aux bateliers en partance pour Marienburg. Bien pire, Riemanns et ses partenaires avaient sous-estimé la détermination du Directorat. Puisant dans leurs fortunes personnelles considérables, les Dix se mirent à vendre à des prix si faibles et à acheter à des prix si élevés que tous leurs comptoirs orientaux perdirent de l'argent pendant cinq longues années.

Mais c'est la victoire qu'ils achetaient ainsi : les Électeurs, confrontés à un trafic balbutiant et des bénéfices quasi nuls, avaient révoqué la charte de la Société. Les ports, octroyés à des nobles mineurs, sont depuis tombés en désuétude. Riemanns fut enfermé cinq ans dans une prison de Salzenmund pour incompétence et n'a plus fait parler de lui depuis sa libération.


Ulthuan

Voilà l'alliance clé de Marienburg. Si le Pays Perdus sont un funambule, et l'Empire et la Bretonnie les mâchoires de la mort prêtes à le broyer, le traité avec le Royaume des Hauts Elfes d'Ulthuan est le balancier qui maintient la cité fièrement dressée sur son fil. Une guerre contre les Elfes ne tente pas grand monde. Les conquérants potentiels redoutent bien sûr les Hauts Elfes, leurs Sorciers et leurs marins, mais s'interrogent aussi sur l'influence que le royaume Elfe pourrait exercer sur les Elfes Sylvains d'Athel Loren et de la Laurelorn. Depuis 400 ans, cette alliance est le joker de la cité, une carte que tous craignent de voir posée sur la table.

Quand le Traité d'Amitié et Commerce a été signé en 2150 C.I., Marienburg et les Hauts Elfes ont longuement assuré à l'administration impériale que cet accord ne serait qu'un soutien de plus à l'unité de l'Empire. Mais en dehors du cercle le plus restreint du pouvoir Marienbourgeois, personne ne connaissait alors les clauses secrètes qui garantissaient à la cité l'appui Elfe contre tout ennemi. Ces clauses allaient devenir cruellement évidentes à la défaite de l'Armée Impériale du Reik Inférieur : le Comte Zelt avait dû remettre son épée à un Sorcier Haut Elfe qui commendait une force associant milices Marienbourgeoises et infanterie de marine Elfe. Le royaume d'Ulthuan, quelles que soient ses raisons, défendait clairement Marienburg contre tous.

Marienburg, en sus de cette aide militaire, retire de solides bénéfices de cette alliance Elfe. Ce traité lui garantit aussi un rôle dominant dans le commerce avec la Lustrie où les explorations se sont multipliées. Les capitaines du Vieux Monde abordent cette traversée avec une confiance qui n'a fait que croître et de plus en plus de navires ont abordé ces rivages lointains pour y rançonner les autochtones. Nombre de colons se sont aussi installés, des colons qui ne renvoient les produits de leur industrie que sur les navires de leur nation.

Marienburg prêche la liberté du commerce, mais l'arrivée des Hauts Elfes était une trop belle occasion de monopoliser les meilleures affaires du Nouveau Monde. Les Elfes y entretiennent des contacts qui leur permettent de fournir aux marchandises les plus précieuses dans des quantités qui ne sont pas à la portée des aventuriers du Vieux Monde, et ces raretés ne sont vendues que par l'entremise de Marienburg. Quand un grand de Bilbali veut obtenir les plus beaux Saphirs de Lustrie pour le collier de sa dame, il les fait quérir dans le Pays Perdus.

Les Elfes trouvent aussi leurs bénéfices dans ce traité. Marienburg, autant que l'on sache, n'est pas tenue d'assister militairement les Elfes, mais toutes les marchandises qui quittent son port à destination du Nouveau Monde doivent le faire sur les clippers des Hauts Elfes. Si l'on considère la position de capitale commerciale du Vieux Monde de cette cité, son quasi-monopole sur les exportations de l'Empire et de l'est, on peut imaginer quelle fortune Ulthuan a pu retirer de ce traité. Le royaume elfe patrouille régulièrement les routes maritimes entre les deux continents, et cela ne facilite pas la tâche des contrebandiers qui risquent fort de subir la peine commune, navire coulé et marchandises saisies avant d'être revendues sur les quais de Marienburg. Cette politique assure aussi à Ulthuan un contrôle de tous les accès au Nouveau Monde et beaucoup se demandent ce qu'il tient à y garder secret.

Le traité se traduit aussi par certains bénéfices politiques pour les Hauts Elfes. Le rétablissement de Sith Rionnasc leur ouvre une fenêtre sur les affaires du Vieux Monde et leur permet de surveiller l'évolution de ce continent. Séparés depuis fort longtemps de leurs parents des Forêts d'Athel Loren et Laurelorn, les Hauts Elfes se présentent, à travers l'Exarche des Hauts Elfes de Sith Rionnasc, comme les protecteurs de leurs cousins continentaux. Quand le Grand Duc de Middenland avait commencé il y a quelques années à rassembler des troupes pour appuyer ses prétentions sur la Laurelorn et les droits de défrichage de ses paysans, une modeste missive venue de Sith Rionnasc avait suffit à enterrer l'affaire. L'appréciation que peuvent porter les Elfes Sylvains sur cette protection est une toute autre question.


La Tilée

Marienburg entretient de bonnes relations avec les cités-états Tiléennes, qu'elle traite en partenaires commerciaux et financiers. Plutôt que d'essayer de dominer elle-même le trafic de la Mer du Sud, Marienburg laisse les navires et agents Tiléens distribuer ses marchandises, sous la direction des maisons marchandes. Les Grandes Familles de Marienburg et les maisons régnantes des cités-états soutiennent leurs activités commerciales respectives par des échanges réguliers de lettres de crédits.

Fidèle à sa politique de neutralité, Marienburg ne favorise aucun des royaumes Tiléens en particulier, pas même ses partenaires les plus importants, Miragliano et Remas. Le Directorat utilise en fait son influence pour mettre un frein aux disputes entre les cités et empêcher certains conflits de dégénérer en guerre à outrance. Un problème récent de "braconnage commercial" (piraterie) entre Remas et Luccini a, par exemple, été résolu par la "diplomatie du carrosse" d'Henryk von Kissingen, un expatrié impérial qui a mis ses considérables capacités intellectuelles au service de Marienburg.


L'Estalie

Partant du principe que «l'ami de mon ennemi ne saurait inspirer confiance», les royaumes Estaliens entretiennent des relations tendues avec Marienburg et ressentent ses rapports privilégiés avec leurs rivaux Tiléens, ainsi que son quasi-monopole sur le commerce lucratif avec le Nouveau Monde. Bilbali en particulier se sent menacée par sa rivale du nord : ses navires sont bien souvent victimes des pirates et ses dirigeants pensent que la majorité des marchandises dérobées viennent s'échouet sur les quais de Marienburg.

Ces dernières années, les marchands et les capitaines de Bilbali ont lourdement insisté auprès de leur suzerain, la Reine Juana la Roja, pour que quelque chose - n'importe quoi - soit entrepris contre ce danger. Les rumeurs prêtent donc à cette reine des projets de raid contre Brionne ou de lettres de course contre les navires de Marienburg, tandis que la flotte de Bilbali redouble d'activité dans le Nouveau Monde où ses raids et contrebande risquent de susciter un conflit avec les Elfes.

Magritta accepte avec plus de philosophie ses difficultés avec Marienburg, peut-être parce que ses conseils sont dominés par des marchands qui comprennent que «les affaires sont les affaires». Cette cité réalise l'essentiel de son commerce avec les califats arabes et, par les routes terrestres sud, avec l'Ind et Cathay. Leur trafic complète donc celui de Marienburg et les vaisseaux magrittains font régulièrement escale dans le Pays Perdus. Cela n'empêche pas les marchands magrittains de ressentir les relations amicales du Directorat avec les Doges et les conseillers tiléens. Leurs intérêts en Mer du Sud sont bien souvent menacés par les navires tiléens et, dans ce contexte conflictuel, l'aide financière apportée par les Maisons de Marienburg à leurs rivaux suscite les rancoeurs. Si le clan des armateurs venait à prendre le contrôle du Roi Carlos IX, la marionnette qui incarne le pouvoir magrittain, les relations avec Marienburg s'envenimeraient sans doute.


Kislev

Kislev est bien loin de Marienburg et son commerce maritime des plus modestes. Les navires d'Erengrad s'aventurent rarement au-delà de Marienburg. D'ailleurs les Kislévites ont une réputation de mauvais marins, de caboteurs susceptibles de s'égarer dès qu'ils perdent la côte de vue. En fait, la majeure partie du trafic avec Erengrad est assuré par les navires d'autres nations et Kislev compte en premier lieu sur les routes fluviales impériales, ouvertes toute l'année, pour assurer son approvisionnement. La Tsarine Katarina et ses boyards se montrent de toute façon beaucoup plus concernés par les menaces militaires : les Désolations du Chaos au nord, les Hobgobelins et les nomades humains à l'est ou les rebellions éventuelles sur leurs terres.


La Norsca

La Norsca était autrefois l'ennemie de Marienburg, les richesses de la cité ayant excité l'avidité des jarls et des rois de ce pays. Les dirigeants de la cité leur ont cependant exposé sans relâche les avantages du commerce et les ont souvent convaincus que d'autres constituaient une proie plus facile. Lentement mais sûrement, le charme a fait son œuvre et de nos jours toutes les cités nordiques abritent un comptoir commercial Marienbourgeois. Les seigneurs de Norsca méridionale et orientale, et les jarls du nord, apprécient tous les facilités d'accès aux marchandises exotiques et précieuses que leur apporte cette paix, ainsi que les profits tirés de la vente de leurs productions à Marienburg.


L'Arabie

Marienburg entretient aussi des contacts en Arabie, mais elle n'y domine pas le commerce comme elle peut le faire dans le Nouveau Monde, l'Empire et la Norsca, en raison de la nature fermée et suspicieuse de la société Arabienne. Les émirs, cheikhs et califes se méfient de Marienburg et de son «gouvernement de l'usure». Ils redoutent surtout que les marins étrangers si fiers de «se gouverner eux-mêmes» ne subvertissent leurs sujets. Les étrangers sont donc cantonnés dans des quartiers spéciaux entourés de murailles en dehors desquelles ils ne s'aventurent qu'à leurs risques et périls. Les marchands Arabes aventureux gagnent en revanche régulièrement le port de Marienburg avec la certitude d'y trouver des acheteurs pour leurs soies, épices et huiles (et autres choses illégales). Siècle après siècle, une petite communauté Arabienne a prospéré dans cette cité et certaines familles y sont installées depuis des générations.


Source

  • Marienbourg à vau-l'eau
  • White Dwarf n°118