La Waaagh! Grom

De La Bibliothèque Impériale
Grom la Panse des Monts Brumeux
Rien ne saurait plus remuer leur cœur noir d’un poltron de Gobelin que le nom de Grom, le plus puissant de tous les Chefs de Guerre Gobelins. Son histoire captive toujours l’auditoire des camps Gobelins et même le plus turbulent de ces frêles Peaux-Vertes se calme lorsqu’un Chaman évoque la stature de Grom. En présence de ce dernier, les Gobelins se lèveront, cesseront de bavarder et limiteront même leur propension à se chamailler. Ces démonstrations inhabituelles de respect s’expliquent par le fait que Grom est considéré par les autres Gobelins comme un dieu vivant. Il incarne en effet tout ce qu’ils ne seront jamais : corpulents, féroces et vénérés.

Tel ne fut pas toujours le cas. L’ascension de Grom débuta alors qu’il était un jeune chef de la tribu des Haches Brisées et qu’il consomma de grandes quantités de viande de Troll suite à un pari. Les Trolls se régénèrent, et leur chair est impossible à assimiler sauf si elle est cuite à point, ou si celui qui l’ingère est lui-même capable de digérer des rochers, des charognes, voire du métal. Ce n’était assurément pas le cas de Grom qui aurait donc dû mourir. Son estomac s’agitait et se distendait à vue d’oeil tandis que la chair de Troll se répandait dans son ventre. Grom souffrait les affres d’une horrible agonie, pour le plus grand plaisir des autres compétiteurs. On ignore comment, mais à l’issue de longues semaines d’indigestion et de flatulences chroniques, Grom atteignit un certain équilibre. Son organisme était parvenu à digérer la bête au même rythme que la chair se régénérait. Grom était ainsi devenu scandaleusement obèse, mais aussi beaucoup plus fort. On affirme qu’à partir de ce moment, sa corpulence était telle qu’il ne voyait même plus ses pieds. Cela ne dérangea pas Grom outre mesure, car il pouvait désormais ordonner aux autres de les regarder à sa place.

La plupart des chefs de guerre qui fient trembler le monde étaient des Orques plutôt que des Gobelins. Les mensurations hors du commun du Gobelin Grom rivalisaient avec celles des Orques les plus imposants et sa soif de conquêtes dépassait celle des plus ambitieux. Ce n’est pas tant que Grom était grand (au contraire), mais il était excessivement gros. Il était si énorme qu’on en vint à l’appeler Grom La Panse des Monts Brumeux.

La nouvelle vigueur de Grom lui permit de prendre la tête de la tribu des Haches Brisées. Cette ascension était inéluctable, puisque chez les Peaux-Vertes, le pouvoir est proportionnel à la taille, et de toute évidence Grom avait l’air très puissant. En l’espace de dix années, il mena les Haches Brisées à la conquête de nombreuses tribus du sud des Montagnes du Bord du Monde et des Terres Arides.

Tous les Chefs de Guerre Peaux-Vertes sont vantards, mais Grom était également particulièrement prolixe en ce domaine. Ce Gobelin issu d’une tribu de second ordre, devenu énorme et puissant, pouvait dorénavant tyranniser les Orques et leur commander comme bon lui semblait. Nul doute que cela lui monta à la tête. Les Gobelins de la Nuit du Mont du Tonnerre rejoignirent son armée grandissante, après que Grom eut écrasé leur chef sous sa bedaine. C’est alors qu’il commença à parler de lui-même à la troisième personne. Ses suivants devaient s’adresser à lui en utilisant des titres élogieux comme « votr’ immensité », s’ils voulaient rester dans ses bonnes grâces. Grom et sa horde continuaient de grossir.

En l’an 2410, Grom, dont la formidable panse pendait alors d’une manière particulièrement dégoûtante, mena sa horde au Col du Feu Noir, puis dans les hautes terres des Nains au nord. Plusieurs forts furent réduits en ruines, des tombes d’ancêtres profanées et une statue colossale du dieu Grungni resculptée à l’image de Grom. Ce nouvel outrage (et le cruel manque de talent des sculpteurs Peaux-Vertes) poussa les Nains à se rassembler en masse pour assouvir leur vengeance.

Les Nains, menés par le Roi Bragarik, affrontèrent la Waaagh! de Grom lors de la Bataille de la Porte de Fer. Après trois jours de combats ininterrompus, les deux camps reculèrent, laissant derrière eux d’innombrables morts, mais sans qu’aucun d’eux ne puisse réclamer la victoire. Ce fut un véritable désastre pour les Nains. La hache rouillée de Grom avait fauché les meilleurs guerriers du Roi, si bien qu’il n’y avait plus aucun espoir de repousser les Peaux-Vertes. Les infortunés Nains se retirèrent dans leurs forteresses et malgré leur fierté, envoyèrent des émissaires quérir l’aide de l’Empire. Grom avait déjà remplacé ses pertes tandis que de nouvelles tribus, notamment Gobelines, se rassemblaient autour de ce Chef de Guerre ventripotent.

Un Sillage de Destruction

Malheureusement pour les Nains (et l’Empire), l’Empereur Dieter IV von Krieglitz-Unfähiger, Comte Électeur du Stirland, était sans nul doute l’individu le plus inapte et inexpérimenté à s’être jamais assis sur un trône. Lorsque le messager Nain vint le trouver au Palais Doré de Nuln, l’Empereur réagit immédiatement, non pas en envoyant de l’aide, mais en rapatriant la totalité de sa cour à Altdorf, plus à l’ouest, afin de s’éloigner autant que possible de la horde de Grom. Révolté, l’émissaire repartit vers Karaz-a-Karak où le Roi accueillit la décision de Dieter avec stoïcisme, se contentant d’ajouter un nouveau nom au Livre des Rancunes. Incapables de contrecarrer les ambitions du Chef de Guerre à eux seuls, les Nains scellèrent leurs portes et décidèrent de défendre leurs forteresses de l’intérieur.

La Waaagh! Grom se tailla un chemin sanglant dans les montagnes, mais aucun des Karaks Nains ne tomba. Toutefois, la horde s’agrandit encore en accueillant dans ses rangs les Gobelins de la Nuit de l’Œil Rouge, ainsi qu’une multitude de Gobelins ayant fait le voyage depuis les Terres Sombres. Les longues lignes de caravanes des marchands nomades (des escrocs à la vérité) traversèrent le Col du Pic. Des tribus entières de Chevaucheurs de Loup se joignirent également à la procession. Enhardis par les conditions de vie dans la Terre des Loups, ils cherchèrent à placer leurs bannières aux côtés de celle du légendaire Grom. C’est à cette époque qu’on commença à voir Grom se déplacer sur un char spécialement adapté à son envergure (de Chef de Guerre, bien entendu).

Grom prit la route de l’ouest, dévastant au passage une partie du Stirland, du Talabecland et poussant jusqu’au Hochland, à l’ombre des Monts du Milieu. Les armées de l’Empire que la horde croisait sur son chemin étaient massacrées avec la même frénésie, et les champs furent désertés. La Grande Forêt devint pour un temps un royaume Gobelin. Grom contournait sciemment les zones lourdement fortifiées. La Waaagh! battait la campagne, ne laissant derrière elle que des ruines fumantes. Avec une exception notable. Nuln était devenue la capitale impériale sous le règne de Magnus le Pieux, mais les fortifications avaient depuis longtemps été négligées au profit de magnifiques architectures, selon les goûts de l’Empereur Dieter. De telles richesses ne pouvaient pas être ignorées. Le Palais Doré de l’Empereur, les hôtels particuliers et les fontaines furent tous rasés au cours de l’assaut des Peaux-Vertes. Des jours durant, les rues pavées de la cité résonnèrent du bruit des courses de chars. Au mépris de l’amertume des bandes d’Orques Noirs, Grom prit le temps de se vautrer sur son tas d’or. Malgré la popularité indéniable du Chef de Guerre, ses troupes en ordre dispersé profitèrent de cette période de relâchement pour se livrer au pillage sur de vastes étendues de l’Empire.

Le Siège de Tout un Empire

La plus grande nation humaine était maintenant réduite à une constellation de communautés isolées s’abritant derrière les murs des cités, tandis que les hordes de Grom rôdaient et pillaient à loisir. Les Gobelins des Forêts émergèrent des frondaisons, accompagnés d’araignées aux proportions gigantesques escaladant les remparts et offrant sur un plateau les villes fortifiées à la Waaagh!.

La chute de l’Empire semblait inéluctable. Les champs n’étaient plus moissonnés et les récoltes plus engrangées. L’Empereur était paralysé par la peur et se terrait derrière les murs d’Altdorf, occupé à rêver de jours meilleurs peuplés de vierges dévêtues et de rivières d’or. La seule lueur d’espoir vint de la bravoure du Prince Wilhelm II Holswig-Schliestein, le cousin de Dieter. Son armée de miliciens assemblée à la hâte ne pouvait avoir le dessus sur les hordes de Grom. Toutefois, les Peaux-Vertes s’étant éparpillés dans les provinces environnantes, il était possible d’affronter et de vaincre ces petits groupes un à un. Ainsi, Wilhelm put préserver les champs fertiles du Reikland, le grenier qui pourrait sauver la nation de la famine, à condition de repousser les Orques et Gobelins.

Malgré la pression des grands chefs Orques Noirs, Grom se complaisait dans la paresse, se prélassant au milieu de ses trésors. Ce fut une prophétie ânonnée par son Chaman en transe, eul’Vieux Chicot, qui ranima la soif de combat du Chef de Guerre. « Prend la mer », avait dit eul’Vieux Chicot, « Gork et Mork veulent d’nouvelles terres à krazer. » En un instant, Grom passa du despote léthargique au conquérant frénétique. Sans même regrouper ses légions dispersées, il ordonna à toutes les troupes à portée de beuglement de prendre le chemin de l’ouest. Même si la horde n’était pas au complet, vaincre l’armée du Middenland qui avait marché à sa rencontre fut un jeu d’enfant pour Grom. Comme son char fut détruit par un boulet de canon lors de cette bataille, il fit un arrêt à Middenheim. Il se fit construire un nouveau quadrige à partir des poutres du temple du Loup Blanc. Sans surprise, l’arrogant Chef de Guerre le baptisa du même nom que le précédent : le Char de Grom. Toutefois, il était si pressé que Middenheim fut relativement épargnée, en dehors d’un temple sans toit, d’une porte en ruine et d’une odeur fortement déplaisante.

Après avoir dévasté une bonne part du Nordland, la horde finit par atteindre la côte. Grom ordonna immédiatement la construction d’une flotte. Des hectares de forêt furent abattus et des tribus entières de Gobelins envoyées en quête de provisions. L’armada ne ressemblait à rien de connu, avec de gigantesques vaisseaux faits de bric et de broc, propulsés par d’énormes roues à aube ou d’immenses patchworks en guise de voiles. Des tours de guet impériales furent entièrement démantelées et remontées sur le pont des plus gros navires (à la mode plus rustique des Peaux-Vertes). De nombreux chefs, Orques Noirs pour la plupart, protestèrent : leurs guerriers avaient mieux à faire. Mais Grom exécuta assez d’objecteurs de conscience pour tuer la révolte dans l’œuf.

Au bout de quelques mois, Grom prit la mer et longea la côte, non sans être poursuivi par toute une flotte de navires impériaux. L’Amiral von Kronitze voulait éviter à tout prix d’engager cette armada, estimant que le temps, le courant et l’incompétence navale notoire des Gobelins feraient le travail pour lui. Malheureusement, la flotte de Grom faisait voile vers le delta du Reik, se dirigeant droit sur Marienburg, et Kronitze n’eut d’autre choix que d’attaquer. L’énorme bataille navale qui s’ensuivit entraîna le naufrage de la moitié de la flotte impériale et les survivants furent dispersés aux quatre vents. Marienburg s’offrait à l’invasion, mais le mauvais temps s’en mêla. La mer se gonfla sous l’effet des vents violents et des dizaines de vaisseaux remplis de Peaux-Vertes sombrèrent, tandis que le reste de la flotte était repoussé au large.

La Flotte Passe à l’Ouest

La Waaagh! Grom débarque à Ulthuan !
Nombre de navires de fortune allèrent encore s’échouer sur les plages Bretonniennes, mais le reste de la flotte finit par traverser la tempête. Après quarante nuits en mer, l’armada réduite de Grom toucha terre sur une rive recouverte de brume. Les Peaux-Vertes furent aperçus par une patrouille abasourdie de voir une horde débarquer ici, sur la sinistre côte d’Yvresse, à l’est d’Ulthuan. Les Hauts Elfes de cette région avaient en effet érigé des défenses magiques pour chasser les intrus, sous la forme de bancs de sables changeants et de brouillards mystiques, sans parler des monstres marins qui rôdaient dans ces eaux froides. Il était rare qu’un seul bateau arrive jusque-là, si bien que le fait qu’une centaine de vaisseaux branlants y parviennent relevait d’une chance inouïe, ou était la preuve d’une puissante magie.

Même si la horde de Grom n’était que l’ombre d’elle-même, l’armée qui se déversa sur les plages de galets représentait toujours une menace on ne peut plus sérieuse. Les loups des Gobelins s’étaient dévorés entre eux, ce qui signifiait que ceux qui avaient survécu étaient bien nourris et purent être immédiatement envoyés en reconnaissance. La dernière Vouivre rugit de colère lorsqu’elle fut libérée de ses chaînes. Des douzaines de Gobelins furent gobés ou piétinés après que la bête se fut extirpée de sa cale étouffante. Seul le Chaman eul’Vieux Chicot réussit à calmer le monstre, et en profita pour en faire sa monture attitrée. Grom ordonna qu’on démonte des navires pour en faire des machines de guerre, ainsi qu’un nouveau char, car le sien reposait dorénavant au fond de l’océan. Grom savait qu’il s’agissait d’un voyage sans retour. Si cette nouvelle terre étrange était celle que Gork et Mork voulaient voir conquise, alors cette tâche lui revenait.

Les Hauts Elfes en sous-nombre ne pouvaient pas faire grand-chose pour empêcher les ravages causés par Grom. De petits contingents Elfiques défendaient les gués et protégeaient les villes dispersées sur la côte, mais toutes furent mises à sac l’une après l’autre. Assister à l’effondrement des élégantes flèches procurait une grande allégresse aux Peaux-Vertes. Eul’Vieux Chicot sentait que les pierres gardiennes scintillantes qui entouraient l’île devaient être renversées et réduites en miettes. Grom en donna l’ordre. Chacun de ces mégalithes magiques avait été soigneusement dressé et entouré de sorts de protection. Leur fonction était de capter les énergies magiques néfastes qui parcourent le monde, et de les emprisonner en Ulthuan. La perte d’une seule de ces pierres pouvait avoir des conséquences catastrophiques. Or, l’armée de Grom en avait déjà détruit un grand nombre.

Chaque fois qu’une pierre gardienne était mise à bas, les lumières multicolores qui brillaient dans la nuit se faisaient plus menaçantes, et eul’Vieux Chicot devenait toujours plus puissant (information qu’il avait gardée secrète). Cependant, toute cette magie brute affluant en lui le plongea dans la folie. Il put malgré tout deviner l’emplacement d’une grande ville Elfique. Grom lança son armée dans cette direction et les éclaireurs signalèrent bientôt une imposante cité à l’horizon.

La Bataille de Tor Yvresse

Grom souhaitait livrer une bataille digne de sa réputation, et son désir fut exaucé. La cité en question était Tor Yvresse, une métropole Elfique à la légendaire beauté. Située dans un fjord, Tor Yvresse reposait au sommet de neuf collines juchées au-dessus de prés verdoyants et fertiles, tandis que les contreforts des Montagnes Annulii s’élevaient derrière les hauts murs de la cité. Certaine de l’emporter face à ces barbares nombreux mais ignares, une redoutable armée Elfique sortit de l’enceinte de Tor Yvresse pour s’assurer qu’aucun de ces répugnants Peaux-Vertes ne vienne souiller son foyer. Les armées se rencontrèrent à dix lieues des élégantes flèches de la cité.

Les Peaux-Vertes de la Waaagh! Grom ravagent Ulthuan.

Grom lança en avant ses hordes d’infanterie pour bloquer les Elfes, tandis que des Chevaucheurs de Loup et des Chars à Loups encerclaient l’ost scintillant pour le frapper de dos. De nombreux Peaux-Vertes moururent sous les vives lames Elfiques, mais Grom se tenait droit dans son char, entouré par un océan de Gobelins, et intimait à ses troupes de tenir. Si les guerriers Peaux-Vertes ne se montraient guère efficaces, Grom lui-même était une machine à tuer. Les faux de son char moissonnaient les Elfes comme du blé mur, et sa grande hache décapitait un ennemi chaque fois qu’elle s’abattait. Lorsque les loups qui avaient remonté les flancs arrivèrent à destination, le massacre put commencer. Trois jours après avoir balayé l’armée Elfique, les machines de siège furent mises en place et firent pleuvoir d’énormes rochers sur la cité. Les cieux continuaient à s’assombrir en conséquence de la chute des pierres gardiennes. Le sol trembla et les Elfes se rendirent compte du destin funeste qui les attendait. S’ils ne parvenaient pas à réparer les pierres détruites, ou pire, si une autre venait à tomber, c est l’île-continent d’Ulthuan elle-même qui allait se déchirer et sombrer.

Les machines de guerre Gobelines frappèrent Tor Yvresse toute une journée durant. La cité avait perdu sa superbe. De nombreuses tours avaient été pulvérisées et celles qui restaient étaient coupées des autres, les ponts qui les reliaient ayant été réduits en miettes. Grom lança l’assaut final. Même si les pertes subies ne pouvaient être remplacées, les hordes Gobelines furent bien assez nombreuses pour passer les murs mal défendus et raser Tor Yvresse jusqu’aux fondations.

Les Peaux-Vertes n’avaient jamais vu d’architecture plus raffinée. D’élégantes colonnes recouvertes de délicates sculptures soutenaient des édifices millénaires. Les plus grands artisans avaient œuvré sur les statues et les fontaines qui décoraient des places féeriques. Mais les Peaux-Vertes n’en avaient cure et ne cherchaient qu’à détruire. Se gaussant comme les flammes montaient, des bandes de Gobelins se mirent en devoir de démembrer les statues, de torturer les Elfes blessés et d’anéantir tout signe de civilisation. Tandis qu’ils défendaient leur cité en ruine, les Elfes pleuraient de voir tant de splendeur perdue à jamais. L’île elle-même frissonna, ensevelissant Elfes et Gobelins sous les décombres. Ulthuan se convulsait, privée des pierres gardiennes qui la protégeaient contre les énergies brutes du Chaos.

Eul’Vieux Chicot dirigea sa Vouivre sur les remparts de la Tour du Gardien. Ivre de pouvoir, le vieux Chaman savait que la chute d’une nouvelle pierre gardienne entraînerait le naufrage d’Ulthuan. Bientôt il baignerait dans un halo de puissance et pourrait libérer une ère de ténèbres sur le monde. Mais avant qu’eul’Vieux Chicot n’atteigne le mégalithe, une nouvelle force s’invita dans la bataille. Eltharion, commandeur Elfique de renom, perça les cieux en chevauchant un Griffon. La soif de vengeance se lisait dans ses yeux. Au moment où un orage magique éclata, lançant des éclairs multicolores, Eltharion décapita eul’Vieux Chicot d’un seul coup d’épée. Au sol, les renforts d’Elfes aguerris qui suivaient Eltharion entrèrent dans la cité ravagée pour affronter Grom et refouler ses hordes. Tandis qu’Eltharion et quelques mages tentaient d’apaiser la tempête pour éviter le cataclysme, la bataille au cœur des ruines faisait rage.

Submergés par le nombre, les Hauts Elfes avaient été peu à peu repoussés dans les rues dévastées. L’arrivée à point nommé des soldats d’Eltharion endigua la marée verte. Bientôt les envahisseurs furent contraints de reculer à leur tour. Découragés, les Gobelins s’enfuirent en masse. Leur grand Chaman était mort, des troupes fraîches venaient d’arriver du côté des Elfes et une tempête surnaturelle se déchaînait au-dessus de leurs têtes : c’en était trop pour les pleutres Gobelins. Grom tenta un temps de rallier ses troupes en fuite, mais il finit lui aussi par détaler au moment où une dernière tour s’effondrait sur les Peaux-Vertes.

La Disparition de Grom

Nul ne sait ce qu’il advint de Grom La Panse des Monts Brumeux. Les Elfes ne le rattrapèrent jamais et certains affirment qu’il se terre encore dans les montagnes souillées de magie de cette étrange province. D’autres pensent qu’il s’est enfui sur le dos de la Vouivre d’eul’Vieux Chicot, et qu’il cherche encore un nouveau continent à conquérir. Rien n’est sûr, mais des rumeurs courent dans les Terres Arides selon lesquelles sa corpulente majesté reviendra pour mener les Peaux-Vertes à la victoire.

Sources

  • Livre d’Armée Orques et Gobelins, V8