Gens des Taillis

De La Bibliothèque Impériale
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Hansel plaça le bouchon sur la petite fiole de terre cuite et se laissa tomber sur sa chaise. « Voilà. C’est fini, Rudi. » Il caressa la tête du chat noir qui avait sauté sur ses genoux à l’instant où il s’était assis. Il avait passé la matinée à concocter un philtre d’amour pour une des filles du village, qui espérait faire tourner la tête au fils du forgeron. Il n’était pas vraiment sûr que sa potion allait agir, mais sa cliente étant de toute façon très mignonne, il allait certainement se passer quelque chose.
« Voyons, qu’avons-nous à faire cet après-midi ? » Le chat miaula plaintivement. « Oui, oui, je sais, te donner à manger. Ensuite… Je dois aller examiner le cheval du fermier Schmitt ; après, je veux consacrer un peu de temps à perfectionner ce sort de Boule de Feu. » Le chat miaula encore. « Je sais ; tu n’aimes pas tous ces éclairs et ces explosions, et hier j’ai fait roussir ta queue. Mais c’est la seule façon de procéder. Je suis trop vieux pour aller en apprentissage auprès d’un de ces grands et puissants sorciers d’Altdorf et, de plus, j’ai entendu dire qu’ils n’autorisaient pas les élèves à avoir des animaux domestiques. »
Hansel se leva, envoyant le chat par terre sans cérémonie. Il traversa l’unique pièce de son logis, se baissant pour éviter les bottes d’herbes qu’il avait suspendues au plafond bas pour les faire sécher. Contre un des murs, des étagères étaient chargées d’un assortiment incroyable de bouteilles et de pots renfermant des herbes, des potions et des composants de sort.
« Bon, où se trouve cette Poudre de Mugwort ? Elle doit bien être quelque part… Poudre de Corne de Licorne, Poudre de Zombie… Tu sais, Rudi, cela me fait penser que j’ai promis de me rendre chez Frau Schimmerling cet après-midi pour essayer d’évoquer l’esprit de sa chère mère disparue. La famille se dispute pour savoir à qui revient la cuiller en argent, et cela semble être la seule solution… »
Les marmonnements d’Hansel furent brusquement interrompus par un violent tambourinement sur la porte. « Je parie que ce sont encore ces sales garnements. J’ai déjà menacé de les transformer en grenouilles, mais cela les a fait rire. Ils savent que je n’en suis pas capable. Attends que j’arrive à faire fonctionner cette Boule de Feu, ils riront moins… ça va, ça va, j’arrive… Écoutez, » dit Hansel à haute voix en atteignant la porte, « Je vous ai déjà dit cent fois que je vous transformerai en… Oh ! »
Le Sorcier des Taillis ouvrit la porte ; le soleil entra et une silhouette grande et sombre se découpa dans l’ouverture. L’homme avait négligemment posé la main sur l’encadrement, bloquant complètement le passage. « Vous êtes Hansel Halsenberg ? » Sa voix était basse et sinistre.
« Oui ? Est-ce que je vous connais ? »
« Dieter Schwartzheim. Répurgateur. J’ai des raisons de croire que vous êtes impliqué dans la pratique de la Nécromancie. »


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Dans tout le Vieux Monde, en particulier dans les zones rurales, il existe des praticiens des arts magiques qui n’ont suivi aucune formation officielle. Les paysans font appel à leur combinaison de magie, d’herboristerie et de charlatanisme parce qu’ils n’ont pas les moyens de payer des services plus professionnels. À cheval sur la frontière qui sépare civilisation et forêts dénuées de sentiers, des cabanes enfumées et des masures grinçantes cachent des praticiens d’un art ancien et secret. Ce groupe disparate - dont les traditions sont si vieilles qu’il est dit que Sigmar lui-même aurait bénéficié de ses compétences - utilise de nombreux noms selon les endroits, tels que "Gens des Taillis", "Gens Rusé", "Sages", "Guérisseurs" ou "Sorciers de Village" ; des termes génériques pour tous les enchanteurs qui ne suivent aucune des écoles orthodoxes de la théorie magique, et on trouve sous cette dénomination aussi bien de vieilles personnes inoffensives que de sinistres ermites vivant dans des tours en ruine.

Mais les Gens des Taillis possèdent des ennemis, et les persécutions prolongées (en particulier de la part du Culte de Sigmar et des Collèges de Magie) les ont laissés brisés, affaiblissant leur titre autrefois respecté de "Sages des Taillis". Désormais, un Sorcier des Taillis n’est plus considéré que comme un simple utilisateur de Magie dangereux et non entraîné, constat que les Gens des Taillis, impuissant, méprisent. Néanmoins, malgré les meilleurs efforts de leurs adversaires, les Gens des Taillis continuer à exister, vivant aux limites de l’Empire, proposant leurs compétences à ceux qui en ont besoin. Ils surveillent leurs communautés locales, recrutant de nouveaux membres adhérant à leurs objectifs et recherchant les Bienheureux, ceux qu’ils croient gratifiés par les Dieux de la maîtrise totale des anciens rites de la Magie des Taillis.

Objectifs

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À travers l’Empire, les Gens des Taillis apporte ses services aux communautés locales en fournissant potions, lotions, toniques et médicaments permettant de lutter contre les maux de toute sorte. Mettant à profit des compétences transmises du maître à l’apprenti depuis d’innombrables générations, ils peuvent être rencontrés aux alentours des villages et hameaux où les cultes ont peu d’influence directe et où leurs talents sont nécessaires.

Quand leurs activités se résument à cela, les Gens des Taillis n’attire pas tellement l’attention des Mages et autres Chasseurs de Sorcière. Mais la plupart des Gens Rusés vendent également toute une panoplie de potions et de talismans d’un genre douteux, tels que des philtres d’amour, des portes-bonheurs, des étuis de protection et d’autres articles similaires assimilés à de la sorcellerie par de nombreux Sigmarites trop zélés. Pire, un minorité, appelée les Bienheureux par les Gens des Taillis, est capable de canaliser la Magie. Bien qu’ils estiment que leurs pouvoirs soient un don des Dieux, la Loi Impériale n’est pas de cet avis. Aux yeux des autorités, les Bienheureux sont assimilés à des sorciers, qu’ils aient ou non de vrais pouvoirs. Malgré cela, ces Bienheureux jouissent généralement d’une certaine reconnaissance dans leurs communautés. Peu importe quelle superstition peut habiter leurs clients, quand l’œil d’un mari commence à vagabonder vers d’autres femmes, qu’une fillette est alitée avec de la fièvre ou qu’une femme rencontre des complications pendant l’accouchement, la plupart des gens iront frapper à la porte des Sages en quête d’aide. Pour cette raison, les communautés serrent souvent les rangs lorsque des étrangers viennent frapper à leur tour à leurs portes.

Bien que chaque branche du Peuple des Taillis diffère subtilement dans ses croyances et ses objectifs individuels, tous partagent un but ultime : préserver leurs anciennes traditions de la destruction des mains des ignorants. Cependant, ce n’est pas une tâche facile : là où la plupart des Gens des Taillis réagissaient aux ennemis au fur et à mesure que les problèmes se posaient, récemment, beaucoup d’autres ont choisi d’être plus proactifs. Des Gens des Taillis peuvent ainsi être désormais infiltrés à les niveaux de la société, cherchant à connaître les mouvements de leurs ennemis et d’influencer ceux qui sont au pouvoir afin d’agir avec indulgence envers leur peuples. D’autres Gens des Taillis recherchent activement ceux qui leur posent des soucis, en particulier les Cultistes du Chaos ou les Sorciers non formés, ce qui signifie que certains voyagent loin dans la poursuite de leurs ennemis. Mais, comme chaque Sage des Taillis a ses propres opinions sur la meilleure façon de protéger les vieilles coutumes, il n’y a pas d’approche ou plan universel. Ainsi, là où certains groupes de Gens des Taillis sont presque en guerre avec ceux qui veulent leur faire du mal, la majorité vivent leur vie en paix dans les coins reculés et tranquilles de l’Empire.

Histoire

Le Taillis

Si l’on s’en tient au folklore, le Taillis marque la limite entre la civilisation et le monde sauvage. Le Peuple du Taillis va même plus loin en clamant que le Taillis représente également la ligne de démarcation entre le monde physique et le monde spirituel. Ce faisant, la plupart des Gens Rusés décident de vivre en périphérie des communautés pour mieux s’immerger dans la limite qui sépare la réalité et le rêve, dans un but de meilleur compréhension des secrets de la Magie des Taillis.

Les pratiquants de la Magie des Taillis errent dans le bassin du Reik depuis aussi longtemps que les humains y vivent, et les différentes peuples des Gens Rusés au sein des différentes parties de l’Empire ont développé de nombreux histoires d’origines divergentes. Là où certains Rusés Averlander prétendent descendre du mythique Roi-Prêtre des Brigondiens de la préhistoire, la plupart des Sages Nordlander et Ostlander contestent cette version et affirment qu’ils représentent les derniers vestiges d’un culte antique à Halétha, une déesse protégeant les communautés de la Forêt des Ombres. En comparaison, beaucoup de ceux issus du Gens des Taillis du Middenland croient qu’ils sont bénis par Ranald, c’est pourquoi ils prennent fréquemment le nom de "Gens Rusés", et la plupart des Sages Wissenlander se croient béni de la "Connaissance du Taillis" par Véréna elle-même. Peu importe les variances locales, les Gens des Taillis dans sa globalité semble partager une croyance commune : très tôt dans l’histoire, l’un des Dieux a béni un petit nombre de personnes avec le pouvoir de protéger l’humanité du mal. C’est pour cette raison que la plupart des Sages sont considérés comme étant plus proches du prêtre bienveillant que de la vile sorcière.

À une lointaine époque, les Gens des Taillis (le plus souvent en utilisant le titre de "Sage des Taillis" ou "Sorcier des Taillis") marchait librement dans les communautés dont ils s’occupaient. Ils colportaient des potions, des charmes et des amulettes suivant les besoins locaux et agissaient parfois en tant que conseillers auprès des chefs. En tant que figures établies de leurs communautés, ils étaient largement acceptés, et leurs pouvoirs étant censés être divins, peu de gens osaient s’exprimer contre eux. Même la montée en puissances des Cultes modernes n’a eu que peu d’impact sur eux, et les Gens des Taillis a ainsi vécu aux côtés des premiers prêtres aussi facilement qu’avec les gens du commun. Néanmoins, certains Cultes se méfiaient toujours de ces Sages, notamment les cultes de Taal, Ulric et Sigmar.

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Les Talutens du Talabecland ont exporté le culte de Taal de manière agressive, désignant leur Dieu comme le roi de la nature dans son entièreté. Le problème, c’est que les Gens des Taillis affirmait que les zones sauvages étaient pleines de dangers qu’eux seuls pouvaient affronter, ce qui fit que les deux groupes étaient souvent en conflit. De même, les Teutogens du Middenland adoraient l’honorable Ulric, et essayaient d’imiter leur Dieu dans toutes leurs actions ; cependant, le Sage Middenlander était tout à fait à l’aise avec le fait de tromper ses ennemis, beaucoup révérant le perfide Prince des Chats Ranald, un Dieu ouvertement méprisé par de nombreux Ulricains. Les plus antagonistes étaient les Unberogens du Reikland : leur nouveau saint, l’Homme-Dieu Sigmar, représentait l’Empire et la défense de la communauté, en concurrence directe avec les Gens des Taillis qui se targuait de défendre le peuple des dangers inconnus des forêts et des grands espaces. Sans surprise, les trois cultes ont été sans détour dans leur opposition aux Sorciers des Taillis.

À l’Âge des Trois Empereurs, les Gens des Taillis, bien que non proscrit, était sur la défensive. Alors qu’ils servaient une bonne partie des communautés de l’Empire, ils se retrouvaient désormais à se retirer dans de petits villages et hameaux où les Cultes possédaient une emprise moindre et où les rites ancestraux étaient toujours appliqués. Depuis Altdorf, les Grands Théogonistes successifs ont appelé leurs ouailles à chasser les Sorcières partout où elles se terraient, incluant dans la foulée les Sorciers des Taillis, allant jusqu’à les désigner ennemis principaux. De manière similaire, depuis Middenheim, les Ar-Ulrics successifs appelaient au massacre des sans-honneurs, édifiant le "Peuple Malin" comme le meilleur exemple d’individu sans honneur. Seul le Culte de Taal n’a pas vu sa rancœur envers les Gens des Taillis s’amplifier avec le temps, concentrant plutôt son courroux envers ses ennemis directs.

Dans les prémices de la Grande Guerre Contre le Chaos, les Gens des Taillis s’est fondu au sein des communautés isolées de l’Empire. Le climat de guerre constant et les intrigues politiques ayant éloignés petites gens et classes dirigeantes, les Gens des Taillis s’est ménagé une place dans le vide créé, demandant une loyauté locale en échange de protection et de services. Néanmoins, tout changea lors de l’arrivée de Magnus le Pieux et la plus controversée de ses créations : les Collèges de Magie.

L’appel lancé aux Sorciers des Taillis de l’Empire à se rallier sous la bannière de Magnus (afin de recevoir reconnaissance et éducation de la part des Archimages Hauts Elfes Teclis, Finreir et Yrtle) ne se passa malheureusement pas comme prévu. En effet, l’appel fut perçu par ces Sorciers comme une insulte envers leur profession car les voyants, les Illusionnistes, les druides, les Élémentalistes et autres bizarreries étaient inclus dans l’appel sans être, du point de vue des Gens Rusés, des Sorciers des Taillis à proprement parler. À cause de cela et pour une multitude d’autres raisons, les Gens des Taillis resta à l’écart et laissa les Collèges se former sans eux.

Près de deux siècles plus tard, la plupart des Gens du Taillis estiment que cette décision fut la plus grosse erreur que leur peuple ait pu faire car, depuis, ce dernier se retrouve chassé comme jamais auparavant, non seulement par les Cultes mais également par les institutions auxquelles ils tournèrent le dos, les Collèges eux-mêmes.

Les Gens du Taillis aujourd’hui

Des siècles de persécution ont laissé les Gens des Taillis dispersés et méfiants. Non seulement ils se retrouvent à devoir affronter des chasseurs de sorcières, mais les magisters en maraude constituent une menace constante pour leur camp, et que dire de ces gens qui, après avoir fait appel à leurs services, croient avoir été trompés et n’hésitent pas à se tourner vers les autorités, accusations sous le bras ? En outre, avec la propagation de l’influence des groupes intellectuels tels que les guildes de médecins et d’apothicaires, il n’est pas rare de trouver de tels organismes parrainant des chasses aux sorcières pour éliminer toute concurrence à leurs intérêts commerciaux. Malgré tout, aussi chassés soient-ils et par on ne sait quel miracle, les Gens des Taillis continuent d’exister.

Structure

Les leaders des Gens du Taillis, appelés les Sages du Taillis, utilisent généralement un mélange de respect et de tradition pour contrôler les maîtres et maîtresses des Taillis locaux. Étant donné que la plupart ont déjà été l’apprenti de Sages, l’apprenti de son apprenti ou qu’ils font partie de sa famille élargie, c’est souvent plus facile que ce que beaucoup d’étrangers peuvent penser.

En raison de cette hiérarchie assez rigide, des problèmes peuvent survenir quand un Sage des Taillis meurt et que ses Maîtres des Taillis ne peuvent s’entendre sur qui devrait le remplacer ; traditionnellement, il devrait s’agir du plus ancien des Maîtres des Taillis mais, parfois, cette règle n’est pas suivie en pratique, d’autant plus s’il existe des rivalités au sein du groupe. De telles situations sont dangereuses, car tout antagonisme parmi les Gens du Taillis peut attirer l’attention de leurs ennemis. Si une entente ne peut être conclue rapidement, les deux groupes se séparent généralement, chacun prenant alors le titre de Sage des Taillis. Ces divisions peuvent être très acrimonieuses, et la division du territoire de l’ancien Sage peut être un processus difficile, qui peut parfois prendre des années, voire des décennies, à résoudre.

Parmi les Gens du Taillis, l’expérience et le lignage sont les choses les plus importantes. Ainsi, le plus âgé des apprentis est supérieur au jeune apprenti, et le fait d’avoir un maître renommé vous accorde un plus grand respect que d’avoir un maître inconnu. Cependant, une chose surpasse tout : être un des Bienheureux. Bien que tous les Gens du Taillis apprennent les rituels et les rites de la Magie des Taillis, seuls les quelques Bienheureux, ceux que les Gens du Taillis croient être directement bénis par les Dieux, peuvent leur procurer une puissance magique. Ainsi, il est possible que l’un des Bienheureux soit enseigné par un Maître des Taillis sans aucune capacité magique ; en effet, ce cas de figure est devenu de plus en plus fréquent au cours des derniers siècles, en raison du fait que les chasses aux sorcières répétées ont grandement réduit le nombre des Bienheureux possédant l’habileté d’enseigner leurs talents à un apprenti.

La plupart des apprentis ne sont pas choisis de cette manière, car la plupart sont des enfants de Gens des Taillis existants. Peu importe comment ils sont sélectionnés, chaque apprenti est censé suivre les traces de son maître, et en retour se voit formé aux secrets antiques de la Magie des Taillis. La durée de cet apprentissage d’un Maître des Taillis à un autre. Certains exigent des années de service et attendent une loyauté absolue en toute circonstance. D’autres adoptent une approche beaucoup plus relâchée. Que ce soit des années, des mois, ou dans quelques rares cas, juste quelques semaines, le maître finira par être satisfait de l’apprenti qui se verra élevé au rang de nouveau Maître des Taillis, acquérant de fait le droit de prendre ses propres apprentis après un an et un jour de maîtrise. Cependant, ce n’est pas la fin de son service vis-à-vis de son ancien maître, ce dernier ayant, traditionnellement parlant, toujours autorité sur lui.

Très rares sont les villages qui comptent plusieurs Sorciers des Taillis. Au terme de sa formation, l’apprenti peut difficilement s’établir dans la même localité que son maître et devenir un concurrent indésirable. Il doit, soit attendre la mort de son maître (les plus impitoyables des élèves donnent parfois un coup de pouce au destin), soit s’établir dans un village sans aucun enchanteur. Comme la plupart des villageois se méfient des étrangers, en particulier des prétendus experts en magie, il risque de voyager - parfois seul, mais souvent au sein d’une troupe itinérante - pendant des années, durant lesquelles il peut progresser encore, apprendre des sorts ici ou là, avant de trouver un endroit où s’installer.

Les Sorciers des Taillis

Il existe trois types de Sorciers des Taillis. Les premiers suivent un ensemble d’enseignements transmis de génération en génération, auxquels ils ajoutant lentement des connaissances et des sorts nouveaux. Cet ensemble hétéroclite de savoirs locaux, de rites et d’incantations forme un assortiment grossier de sorts de bas niveau, mais il arrive parfois que leurs enchantements découlent de théories anciennes et de systèmes de magie qui remontent à plusieurs millénaires et qui ont conservé encore un peu de leur puissance passée. Ce genre de connaissances pourrait fasciner les érudits, s’ils parvenaient à rencontrer de tels individus.

Le deuxième type de sorciers a commencé à étudier une des formes reconnues de Magie, sans terminer sa formation ou obtenir de licence. Certains apprentis ayant abandonné leur maître finissent ainsi. Ils comprennent les règles de base de la Magie mais n’ont aucun moyen d’en apprendre plus, si ce n’est en se livrant à leurs propres recherches hasardeuses.

Le dernier type de Sorciers des Taillis est le plus rare, le plus intéressant et sans aucun doute le plus dangereux. Certaines personnes possèdent d’importantes capacités magiques innées et ont fait de leur mieux pour apprendre, à force d’essais et d’erreurs, comment fonctionne le monde magique. Elles répètent souvent des expériences réalisées il y a des siècles, que les membres des Collèges de Magie des cités de l’Empire considèrent maintenant comme du travail d’apprenti. Parfois, rarement, elles tombent sur des branches de la théorie magique encore inconnue et découvrent de nouvelles et puissantes façons d’utiliser les sorts. Le plus souvent elles se retrouvent prises dans la toile du Chaos et sont amenées à servir les Dieux Ténébreux. Ces Sorciers des Taillis qui survivent à la pratique d’un art autodidacte aussi capricieux sans perdre totalement la raison et en évitant le bûcher, qui réalisent de périlleux mélanges d’énergies magiques et parviennent à lier ou à pactiser avec diverses entités Aethryriques mineures deviendront des Envoûteurs.

Leur principale caractéristique, c’est leur manque de formation magique officielle. La plupart ne savent ni lire ni écrire et ils ont découvert leurs sorts en appliquant des méthodes excentriques et personnelles sans aucune ressemblance avec les théories formelles des collèges de magie. Leurs expériences avec la Magie les amènent parfois sur les dangereuses voies de la Nécromancie et de la Démonologie, et les Sorciers des Taillis expérimentés en savent souvent bien plus dans ces domaines que les enchanteurs ayant suivi une formation traditionnelle. Une grande partie de leur travail concerne les herbes et les potions médicinales (qui donnent parfois l’impression d’être magiques), les soins aux malades et la prédiction de l’avenir.

Leur manque de formation magique classique fait qu’ils ont du mal à comprendre les autres façons de décrire et d’expliquer les sorts. Ils ne connaissent pas le Magick et, dans bien des cas, sont illettrés ; ils doivent apprendre leurs sorts auprès d’un professeur ou les inventer complètement, ce qui prend beaucoup de temps et se termine souvent mal.

La carrière des Sorciers des Taillis est précaire. Hormis leurs faibles revenus, ils risquent constamment d’être accusés de collusion avec les forces du Chaos et sont souvent la cible des Répurgateurs. Les gens ont souvent peur des excentriques, surtout dans les régions rurales les plus reculées, et les solitaires qui ramassent des herbes la nuit et parlent tout seuls éveillent généralement la méfiance.

Par définition, un Sorcier des Taillis n’est affilié à aucun Collège de Magie reconnu, et n’a donc quasiment aucune chance d’obtenir une licence. Ce sont donc des proies faciles pour les Répurgateurs, quelle que soit leur place dans la communauté, et si certains deviennent chef de village ou représentant local dans les conseils de province, ils ont alors intérêt à cacher soigneusement leurs pouvoirs.

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Les Apprentis

La majorité des Sorciers des Taillis vivent seuls et la vieillesse les rend de plus en plus excentriques. Dans certains cas, cette solitude finit par leur peser, même s’ils ont un chat ou un crapaud pour leur tenir compagnie, et cela les décide parfois à prendre un apprenti. Il existe deux types d’apprentis Sorciers des Taillis : ceux qui veulent suivre cette voie parce qu’ils possèdent un talent inné mais n’ont trouvé aucun maître licencié pour les former, et les inadaptés dont personne ne veut et qui n’ont donc pas d’autre recours.

Les praticiens de la Magie des Taillis choisissent soigneusement leurs apprentis. La plupart proviennent de familles de Gens des Taillis, mais une minorité significative est choisie pour ses talents naturels, ou parce qu’étant issus des Bienheureux, ceux qui ont la bénédiction des Dieux et le pouvoir d’octroyer la capacité de manier la Magie des Taillis. La vie d’un apprenti est généralement dure, la plupart vivant comme serviteurs de leurs maîtres, faisant les courses, coupant du bois, essuyant des planchers, et ainsi de suite. Finalement, l’apprenti se verra enseigner toutes les compétences d’un Maître des Taillis, et sera libéré afin de suivre sa propre voie dans le monde.

Les Maîtres des Taillis

Ceux qui sont complètement initiés aux anciens mystères de la Magie des Taillis sont appelés les Maîtres des Taillis, bien que les étrangers les connaissent souvent comme "les Sages" ou "le Peuple Rusé". La plupart vivent à la périphérie des communautés qu’ils servent, et sont connus pour leurs compétences de guérison et les potions, toniques et charmes qu’ils vendent. Ils mènent une vie privée, désireux d’éviter ceux qui peuvent s’offusquer de leur commerce et de leurs croyances, et sont généralement bien accueillis par les locaux pour les services qu’ils fournissent. Quelques Maîtres triés sur le volet travaillent directement pour les Sages des Taillis, recherchant et neutralisant les menaces planant sur les Gens des Taillis. C’est un travail dangereux, car il implique souvent un contact direct avec les Chasseurs de Sorcières et les Magisters Impériaux pour mieux apprendre leurs mouvements et comprendre leurs motivations.

Les Sages des Taillis

Les Sages des Taillis sont les plus anciens et les plus expérimentés personnages du Peuple des Taillis. Ils dirigent leurs frères et sont responsables de les protéger de tous les maux. Un Sage peut avoir besoin de s’attaquer à une multitude de menaces différentes, allant des Prêtres-Guerriers itinérants désireux de répandre la Parole de Sigmar du bout de leur marteau aux Cultes Secrets qui pourraient amener la colère des Chasseurs de Sorciers sur la communauté locale. En effet, beaucoup de Sages acquièrent très tôt une haine profonde envers les serviteurs des Puissances de la Ruine, car ils attirent une attention indésirable sur les Gens des Taillis et sont l’anathème de leur mode de vie. Suite à cela, il n’est pas rare de trouver des Sages des Taillis traversant le Taillis pour chasser les vraies sorcières avec autant de ferveur, sinon plus, que les Sorciers Impériaux et le Culte de Sigmar.


Symboles et Signes

Dans le passé, les Gens des Taillis utilisaient un large éventail de signes simples et de codes verbaux pour se présenter aux étrangers et confirmer leur position en tant que praticiens de la Magie des Taillis. Cette ancienne tradition a duré jusqu’à il y a trois siècles, lorsque Feliks Rymut, un Templier de Sigmar Ostlander, a torturé un Sage anonyme de l’Ostermark et aurait appris ses secrets. Le massacre perpétré envers les Gens des Taillis à travers le Veldt qui en résulta fut terrible à voir, mais le pire restait à venir.

Au printemps suivant, les Sigmarites, se faisant passer pour des Gens des Taillis en utilisant les signes appris du Sage Ostermarker, infiltrèrent plusieurs groupes de Gens Rusés à travers le Reikland, puis les exposèrent. Les bûchers de sorcières de 2231 CI qui s’ensuivirent ont durablement marqué l’art populaire, les poèmes épiques et les spectacles de marionnettes jusqu’à nos jours : il s’agit d’un événement sans précédent et d’une telle ampleur que l’on raconte que le ciel aurait été assombri pendant plus d’un mois suite aux nuages de fumées rejetés dans l’air. Sans surprise, le mot se répandit, et bientôt la plupart des Gens des Taillis cessèrent d’utiliser les signes et les codes, craignant pour leur vie. Aujourd’hui, les Gens des Taillis ne comptent que sur des introductions personnelles, craignant de révéler leur vraie nature à ceux qui ne se portent pas garant d’un ami. La plupart des Gens des Taillis connaissent l’emplacement de leurs compatriotes à proximité et communiquent souvent entre eux en rapportant les mouvements des Chasseurs de Sorcières, des Magisters connus et autres. Ce réseau permet aux Gens des Taillis itinérants de passer d’un Sage des Taillis à un autre, recevant des introductions personnelles de l’un à l’autre dans une ligne continue jusqu’à leur propre Sage des Taillis. En tout cas, il s’agit là de la théorie ; en vérité, cela fonctionne rarement, et la plupart des Gens des Taillis transitent sans connaître la véritable nature de l’autre.

Appartenance

Jusqu’à récemment, la plupart des nouveaux Gens des Taillis provenaient des villages et des hameaux qu’ils desservaient et étaient généralement liés au Sage local ; après tout, la plupart des groupes de ce peuple vivent dans la même région depuis de nombreux siècles et sont bien intégrés dans leurs communautés. Cependant, dernièrement, une minorité est retournée dans les villes et villages pour tenter de découvrir toute menace potentielle avant qu’elles n’entrent dans les forêts. Ainsi, bien que la plupart des Gens des Taillis soient encore issus de coins reculés de l’Empire, un nombre croissant d’entre eux sont issus des zones urbaines, car les Gens des Taillis ont besoin de personnes qui comprennent intimement ce milieu.

Avantages et Responsabilités

Faire partie du Peuple des Taillis peut être dangereux. Le brassage de potions, philtres et autres ne sont normalement pas interdits par la loi, mais les Chasseurs de Sorcières oublient souvent ce détail quand cela les arrange. Heureusement, les Gens des Taillis sont conscients de cet état de fait et prennent des mesures pour s’en protéger. Tous les Gens des Taillis sont supposés fournir aide et asile à leurs semblables en cas de besoin ; cependant, bien que cela se fasse sans problèmes pour les amis et la famille, une suspicion compréhensible induit que ce sera rarement le cas pour les étrangers. La plupart des Gens des Taillis maintiennent une panoplie de cachettes, appelées "Trous des Taillis", où elles peuvent abriter des compatriotes menacés. La majorité d’entre elles sont des huttes camouflées dans la nature sauvage environnante, mais certaines sont des chambres cachées dans les murs, les caves ou les greniers.

De plus, les Gens des Taillis forment leurs apprentis à se soutenir mutuellement quand ils le peuvent. Que l’autre ait besoin d’une herbe rare, des connaissances sur les points chauds locaux, l’utilisation d’outils servant à la fabrication de potions ou simplement d’un endroit où dormir, les Gens des Taillis auront ​​appris à s’entraider plutôt qu’à se tourner vers les autres et potentiellement exposer leur vraie nature. Normalement, de tels services nécessitent un service en retour, car les Gens des Taillis travaillent peut-être ensembles, mais ils ne sont certainement pas altruistes. Ces services peuvent être variés, mais la plupart impliquent d’aller chercher un obscure ingrédient pour une potion, d’enseigner de nouvelles compétences, ou de concocter un breuvage ou autre. Cependant, il n’y a pas de norme.

On peut dire néanmoins dire que le bénéfice et la responsabilité les plus importants sont les connaissances que les Gens des Taillis se transmettent de maître à apprenti, et parfois entre eux : la Magie des Taillis. Ce savoir leur permet non seulement de pratiquer leur métier, mais c’est également le pilier de leur vie, leur savoir secret qu’ils souhaitent si désespérément conserver pour les générations futures. La transmission de ces connaissances est d’une importance primordiale, et tous les Gens des Taillis doivent avoir au moins un apprenti dans leur vie afin de préserver leur mode de vie pour la prochaine génération. En effet, certains Gens des Taillis, en particulier dans les Grandes Provinces plus traditionnelles du Nordland et du Middenland, en font un impératif religieux permettant de transmettre leurs compétences, de sorte que les Sages et les Gens Rusés de ces régions sont toujours à la recherche de nouveaux apprentis.

Sorciers des Taillis et Chaos

Les Sorciers des Taillis n’ont pas une compréhension académique des forces de la Magie et sont facilement corrompus par le Chaos. Ils s’exercent sur des sorts sans trop comprendre les forces qu’ils manipulent et peuvent très aisément se mettre à utiliser la Magie Noire sans même s’en rendre compte. Cela peut se manifester de bien des façons. Les conséquences les plus évidentes sont la folie, les mutations, les visites de Démons et un désir mégalomaniaque d’acquérir encore plus de pouvoir et de connaissances qui peut lancer un sorcier à la recherche d’un Nécromancien ou d’un Sorcier du Chaos pour qu’il lui enseigne de nouvelles compétences. À un niveau plus insidieux, les Sorciers des Taillis peuvent s’apercevoir qu’ils parviennent à évoquer les esprits des morts ou de minuscules êtres impies sans se rendre compte qu’ils ont puisé dans la Magie Noire. Ils mettent ainsi leur âme en danger et deviennent des proies faciles pour les Répurgateurs qui entendent un villageois parler des étranges pouvoirs du sage local.

Mais les Forces des Ténèbres sont insidieuses et persuasives. Il n’est pas si rare de voir des Sorciers des Taillis commencer leur carrière en apportant conseils utiles et aide médicale à leur village et finir par gagner leur pitance en lançant des malédictions sur des gens et en rendant malades les cultures des villages rivaux. Parmi les Sorciers des Taillis, on compte aussi bien la gentille sage-femme qui retrouve les objets perdus, aide à mettre les enfants au monde et fournit des philtres d’amour aux adolescents épris, que la méchante sorcière vivant dans une maison en ruine au fond des bois, qui sacrifie de jeunes enfants pour prolonger sa propre existence. La plupart des Sorciers des Taillis se situent entre ces deux extrêmes.

En plus de leurs connaissances magiques, les Sorciers des Taillis possèdent aussi tout un savoir plus pratique connaissance des herbes et des remèdes et notions sur la façon de dire la bonne aventure. Ce sont ces capacités, plus que la Magie, qui leur permettent de survivre de jour en jour, d’obtenir des autres membres de la communauté un maigre revenu, en soignant les blessures et les maladies, en vendant des philtres d’amour à l’efficacité douteuse ou en délivrant conseils et prédictions. Leurs potions sont très demandées par les maîtresses de maison comme par les fermiers dont le bétail est malade, au grand mécontentement des autorités religieuses qui préféreraient voir les paysans se rendre dans leurs temples, prier pour obtenir la guérison et mettre leur argent dans les coffres sacerdotaux. Il est rare qu’un Sorcier des Taillis fasse une longue carrière dans un endroit où la communauté religieuse est puissante.

Recrutement

Les Maîtres et Sages des Taillis s’occupent du recrutement, chacun choisissant ses nouveaux apprentis en fonction de leurs exigences individuelles et caprices personnels. Il n’y a pas de norme universelle et établie : là où il est courant dans le Reikland de former des garçons et des filles juste après leur Destinée, dans l’Ostland on préfèrera enseigner aux apprentis plus expérimentés dans la vie. La plupart des Sages Wissenlanders n’embaucheront que des apprentis sans famille, désireux de répandre l’acceptation des Gens des Taillis au plus grand nombre possible de groupes familiaux locaux. De même, les techniques d’approche et de recrutement de nouveaux Gens des Taillis sont aussi variées que les personnes qu’ils recrutent. Là où presque tous les Hochlanders des Taillis exigent de longs serments d’obéissance, les Ostermarkers pratiquent généralement des rituels religieux insensés et choquants, et les Nordlander utilisent la scarification et la stigmatisation pour marquer à jamais leurs apprentis. Néanmoins, la plupart des Gens des Taillis s’assiéront simplement avec leur nouvel apprenti pour leur expliquer comment les choses vont se passer et en quoi consistera leur travail futur. Quelles que soient les circonstances particulières du recrutement, elles auront été transmises de maître à apprenti depuis de nombreux siècles avec beaucoup de respect.

Les Gens des Taillis devront continuer à vivre en marge de la société, sous peine d’être détruits

Sources

  • Warhammer JdR - Shades of Empire (traduction par Medenor)
  • Warhammer JdR - Les Royaumes de Sorcellerie V1