Entérodactyle

De La Bibliothèque Impériale
Un vol d’Entérodactyle en chasse dans le ciel de la Lustrie.
Les Entérodactyles sont des animaux agressifs que les Skinks ont eu beaucoup plus de mal à dompter que les Téradons, car ils ont la fâcheuse tendance à considérer les Skinks comme des repas potentiels, et sont capables de les couper en deux avec leur large bec avant de les engloutir en quelques bouchées. Même lorsqu’il n’est pas poussé par la faim, il n’est pas rare qu’un Entérodactyle tue une proie par jeu. On comprend donc pourquoi les Skinks ont pour habitude de scruter le ciel nerveusement lorsqu’une ombre d’oiseau passe au sol…

L’Entérodactyle est un reptile doté de deux ailes membraneuses dont les vols, composés d’une poignée d’individus à peine, parcourent les étendues de la Lustrie en planant sur les courants chauds. Il se fie a son excellente vue pour repérer tout mouvement, et n’hésite pas à attaquer des proies plusieurs fois plus grosses que lui. Sa queue à l’extrémité élargie lui permet d’effectuer des virages serrés, et lorsqu’il pique sur sa proie, il rétracte ses ailes pour gagner de la vitesse. Guidé par le mâle dominant du groupe, le vol d’Entérodactyles s’abat sur sa victime à une vitesse effarante et la dépèce avec ses serres et ses becs osseux. Les rares survivants d’une attaque d’Entérodactyles l’ont comparée à la frénésie d’un banc de piranhas. On a déjà vu des Entérodactyles s’attaquer à des proies aussi grosses qu’un Colossadon, et reprendre leur envol quelques minutes plus tard, la carcasse ayant été débarrassée de ses morceaux les plus tendres : les Entérodactyles ne nettoient pas méticuleusement le squelette de leurs proies, et l’abandonnent une fois leur faim rassasiée.

Au prix de nombreux accidents, les Skinks ont pu constater que les jeunes Entérodactyles capturés ne pouvaient pas être domptés. Même les œufs dérobés ne sont pas une garantie de dressage réussi, car dès que le jeune s’extrait de sa coquille, son instinct le pousse à attaquer à vue. Néanmoins, si le Skink survit à cette agressivité atavique, il parviendra, au bout d’environ un an (et en paiement de gros efforts et de nombreuses cicatrices), à s’imposer comme le maître de l’animal.

Les Skinks qui réussissent à dompter un Entérodactyle sont donc des durs à cuire. Ils dédaignent l’usage des javelines et des sarbacanes, car ils ne peuvent empêcher leurs montures de plonger sur l’ennemi afin de l’engager en mêlée. C’est pour cette raison qu’ils s’arment de lances pour le corps à corps et s’équipent de casques ornementés et de boucliers. Commandés par un guerrier endurci, ces Skinks combattent avec adresse, même s’ils ne peuvent faire preuve de la même force physique que leurs montures. En effet, les serres d’un Entérodactyle peuvent facilement éventrer un homme, et leurs attaques ne laissent derrière elles que des cadavres mutilés.

En plus d’être des prédateurs capables de s’attaquer à n’importe quelle proie, les Entérodactyles tuent systématiquement un crapaud aboyeur lorsqu’ils en croisent un, car en dépit des falaises escarpées où les Entérodactyles établissent leurs nids, cet amphibien (le plus gros de sa famille en Lustrie) a la déplorable habitude de s’y introduire pour gober les œufs. De plus, il dégage une odeur repoussante pour les autres créatures à sang froid, au point que les effluves de plusieurs d’entre eux peuvent mettre en fuite un Carnosaure affamé. Les Skinks ne savent pas pourquoi les crapauds aboyeurs raffolent des œufs d’Entérodactyles, s’attirant ainsi les foudres des adultes, cependant les éclaireurs Skinks mettent cette singularité à profit pour disséminer des crapauds aboyeurs aux alentours du campement ennemi, histoire de décupler la fureur des Entérodactyles lors de la bataille.

Source

  • Livre d’Armée des Hommes-Lézards, V8