Dryade

De La Bibliothèque Impériale
« Blonde comme l’aurore, clair comme le jour,
L’intrépide Brandouin rencontra dame jolie,
Toute de fleurs parée, et moult très vert atours ;
Dans la forêt vivante, le hardi la suivit,
Et plus personne ne le revit,
Non, plus personne ne le revit. »
- Extrait de Quatre Chevaliers Sans Cervelle, fameuse chanson à boire Bretonnienne


Lorsque la forêt est meurtrie, il n’y a pas de compromis qui tienne : c’est la promesse de vengeance.
Les Dryades sont des créatures amères dont le cœur est tel un roncier de glace. Elles ne ressentent ni remords ni compassion, et leur dévouement envers Athel Loren ferait passer l’homme ou l’Elfe le plus zélé pour désinvolte. S’en prendre à la forêt attire la colère des Dryades, qui ne considèrent leur vengeance assouvie que lorsque le corps du profanateur gît au sol, brisé et déchiqueté par leurs redoutables serres. Seul un fou narguerait ouvertement une Dryade, mais hélas, ces esprits féminins sont si différents des créatures mortelles qu’elles sont susceptibles d’interpréter tout geste comme une insulte, même si ce n’est aucunement le cas. Rares sont les mortels à commettre deux fois cette erreur, et encore faut-il que l’individu en question soit exceptionnellement chanceux, ou très rapide. Ce sont des combattantes insaisissables, aux actions imprévisibles et difficiles à cerner. Il n’est pas rare qu’une telle créature complimente sincèrement son adversaire après un coup particulièrement inspiré de sa part, avant de le décapiter quelques instants plus tard.

Les Dryades sont capables d’adopter différentes formes, et ironiquement prennent souvent celle d’Elfes nues au corps sublime, bien que leur peau garde toujours une couleur verdâtre et que leurs cheveux ondulants soient entremêlés de feuilles et de fougères. C’est sous cette forme qu’elles arpentent les frontières d’Athel Loren. Elles ne font aucune discrimination dans le choix de leurs proies, et s’en prennent aux tueurs d’arbres, aux envahisseurs ou aux innocents égarés avec la même malveillance. La seule action sensée lorsqu’une telle créature vous approche est de s’enfuir aussi vite que possible, mais la plupart des individus seront dupés par l’apparence avenante d’une Dryade ou séduits par les mélodies de son chant irréel. Rapidement envoûtée, la victime se laisse entraîner dans les sombres tréfonds de la forêt. Ce n’est que lorsque leur malheureuse proie est complètement sous leur charme, l’esprit submergé par le désir et les promesses susurrées a ses oreilles, que la Dryade frappe. Sa beauté laisse alors place à une vision de cauchemar, tandis que la haine qui consume son âme rejaillit sur son apparence physique. Sa chevelure se mue en une masse de ronces, son visage angélique se tord dans un rictus sauvage, ses membres graciles se couvrent d’écorce, et ses doigts s’allongent en branches cruelles capables de transpercer leur victime. Alors que celle-ci est toujours en proie à sa transe, son sang abreuve le sol avide de la forêt et son corps est démembré avec une barbarie indicible.

Lorsqu’Athel Loren part en guerre, les Dryades répondent à l’appel des Hamadryades, les plus anciennes et les plus puissantes de leur espèce, même si elles continuent d’agir de leur propre chef, ignorant allègrement les ordres, à l’exception des plus vagues. Elles se joignent souvent aux grands Hommes-Arbres dans la bataille, faisant office de garde d’honneur. Elles prennent alors leur aspect guerrier et partent chasser sur les flancs de l’armée. Leur nature agile leur permet de couvrir de grandes distances rapidement et tombent par surprise sur un ennemi qui se croyait hors d’atteinte l’instant d’avant, jaillissant de bois que ce dernier croyait sûrs. De fait, l’attaque de Dryades courroucées est souvent le premier signe qu’Athel Loren se prépare à la guerre. Il n’est pas rare non plus qu’un général disparaisse mystérieusement de sa tente au beau milieu de la nuit malgré les gardes, et que l’on retrouve son corps déchiqueté dans une clairière à l’aube du lendemain… Les Dryades ne sont pas réputées pour leur pitié.

Transformation

Les Dryades sont des changeurs de forme naturels. Au combat, elles se transforment pour incarner la vengeance de la forêt, adoptant un aspect terrible et sauvage. Au début des hostilités, une Dryade choisit l’aspect qu’elle va faire sien pour combattre, et elle peut changer de forme comme elle le souhaite.

  • Bouleau : Une Dryade sous forme de bouleau adopte un aspect blanc argenté avec, pour chevelure, une masse de feuillage délicat vert-jaune ou fauve. Ses longs doigts semblables à des fouets cinglent ses ennemis.
  • Chêne : Une Dryade sous forme de chêne est plus robuste et résiste mieux aux blessures. Sa peau devient coriace et noueuse, et ses membres s’épaississent. Sa chevelure se transforme en une masse de feuilles de chêne et de glands.
  • Saule : Une Dryade sous forme de saule est une créature à la peau verte et aux longs cheveux jaunâtres. Ses doigts deviennent incroyablement longs et ressemblent à des ramilles cinglantes. Elle peut les entortiller autour de l’arme d’un ennemi, la rendant difficile à manier.


Hamadryades

Les Hamadryades sont les plus vieilles des Dryades. Elles ont toujours été les servantes des aïeux d’Athel Loren, et leur dévotion envers les Hommes-Arbres frise le fanatisme. Cependant, avant la venue des Elfes, les Hamadryades étaient bien plus. À cette époque, elles régnaient sur la forêt et contrôlaient les Vents de Magie pour qu’ils nourrissent les pousses et les branches. Ainsi, très peu de Hamadryades apprécient les Elfes, elles sont même nombreuses à les haïr, et peu importe que Durthu ait guidé les Elfes dans la forêt précisément car il savait que la nature cruelle des Hamadryades aurait fait sombré Athel Loren. A présent, elles veillent et attendent que le vent tourne de nouveau. Un jour prochain, elles espèrent que les usurpateurs seront chassés de leurs perchoirs et que l’ordre naturel des choses sera restauré.

Source

  • Livre d’Armée des Elfes Sylvains, V4
  • Livre d’Armée des Elfes Sylvains, V6
  • Livre d’Armée des Elfes Sylvains, V8