Chronique des Hommes-Lézards

De La Bibliothèque Impériale
Avant les hommes, avant même les Nains et les Elfes, les Anciens arrivèrent sur ce monde. Puis vint le Chaos et le Grand Dessein fut jeté à bas. Au cœur des ténèbres d’un monde foudroyé, nous qui étions déjà vieux à l’aube des temps sommes les derniers de leurs serviteurs et il nous revient de restaurer le Grand Dessein, et de vaincre par là même les jeunes races qui se sont écartés du droit chemin.
- Inscriptions figurant sur l’un des piliers est de la Cité-Temple d’Hexoatl
Les Hommes-Lézards guerroient pour la survie du monde depuis les tout premiers jours.
Depuis les tout premiers jours de leur création, les Hommes-Lézards guerroient pour la survie du monde. Leurs armées s’articulent autour de guerriers sauvages nés pour le combat, et appuyés par des monstres dont les pas font trembler le sol. Leurs chefs énigmatiques sont des Mages d’une puissance telle qu’aucun mortel ne peut espérer les égaler. Malgré tout ce qu’ils ont perdu au cours des millénaires de conflit menés contre les ennemis de l’Ordre, les Hommes-Lézards poursuivent le combat et éradiquent tous ceux qui barrent la route de leur mission sacrée. Voici l’histoire des Hommes-Lézards et de leur défense acharnée du monde, telle qu’elle est décrite sur les glyphes des temples-pyramides de Lustrie

Suite au Grand Cataclysme, un calme surnaturel était tombé comme une chape sur le monde. De nombreuses Cités-Temples étaient en ruine, le pouvoir des Prêtres-Mages Slanns avaient périclité, beaucoup étaient mort lors des combats contre les Démons et les survivants s’étaient retirés dans les profondeurs de la jungle, se détachant progressivement des affaires terrestres.

La mission des Prêtres-Mages Slanns et de leurs serviteurs était double. Même si le Grand Rituel des Elfes avait contré l’invasion du Chaos, sa menace restaient présente. La sauvegarde du réseau géomantique était donc vitale, car il servait à maintenir le Grand Bouclier, dont les défenses permettaient de repousser les Démons et d’alimenter secrètement le pouvoir du Vortex au centre d’Ulthuan. De nombreux Prêtres-Mages se consacrèrent exclusivement à cette tâche, leur vigilance permettant de garder en état de fonctionnement le Grand Bouclier, même si aux yeux de leurs serviteurs, ils semblaient immobiles ou plongés dans une léthargie improductive. Les Prêtres-Mages Slanns avaient laissé à la charge des Elfes une grande partie des sites de défenses des Anciens, et avec le temps les nouveaux venus oublièrent que ces lieux ne leur avaient pas toujours appartenu. Certains furent rebaptisés, voire reconstruits, dont la Citadelle du Crépuscule, la Forteresse de l’Aube et le site originel de Tor Elasor. Il s’agissait de défenses dressées par les Slanns pour contenir les Désolations du Chaos du sud, et à ce jour les Hauts Elfes continuent d’accomplir les tâches qui permettent à ces sites de poursuivre leur office.

La seconde tâche des Prêtres-Mages était de rassembler toutes les pièces du puzzle qui leur permettrait de comprendre le Grand Dessein des Anciens. Celles-ci étaient éparpillées à travers le monde sous la forme de Plaques Sacrées. Au cours des siècles, les Hommes-Lézards s’attachèrent à retrouver ces indices et à compiler les informations que révélaient ces plaques d’or. Relatant un événement passé ou à venir, certaines annonçant des incursions du Chaos, d’autres révélant des prédictions ou des prophéties. Les événements futurs sont considérés comme des prophéties, mais aussi des instructions, et les Hommes-Lézards veillent à ce qu’ils se produisent au moment voulu et selon les modalités indiquées. La simple suspicion du vol ou de la découverte d’un tel objet est souvent suffisante pour pousser un Prêtre-Mage Slann à sortir de sa contemplation et à ordonner le rassemblement d’une armée afin de la récupérer.

L’Aube de la Création

Les Héritiers des Anciens

Les Anciens, qui donnèrent naissance à la société des Hommes-Lézards, étaient une race mystérieuse venue des étoiles. Ces êtres distants et étranges se trouvaient dotés d’une intelligence et de pouvoir si incroyables qu’ils étaient capables de modeler l’univers à leur guise. C’est à bord de vaisseaux argentés à même de traverser des distances inimaginables en un battement de cœur qu’ils rejoignirent le monde, apportant avec eux leurs serviteurs. De toutes ces créatures, les plus favorisées étaient les Slanns. Possédant de considérables capacités spirituelles, ces derniers reçurent de leurs créateurs le don d’altérer la matière, le temps et l’espace. Ce furent eux qui, à partir des plans des Anciens, créèrent les immenses constructions qui, telles des lunes, flottaient jadis au-dessus des pôles nord et sud, des portails permettant de voyager instantanément d’un point de l’espace à l’autre.

Il y a de cela bien longtemps, les monde n’était qu’une planète sauvage habitée par des formes de vie primitives, des Dragons et des Dragons-Ogres. Les conditions étaient extrêmement rudes : le glace recouvrait l’essentiel des terres et le blizzard soufflaient sans cesse, tandis qu’en d’autres lieux, des volcans propulsaient dans l’atmosphère de la lave en fusion et des scories empoisonnées. Toutefois, quelques poches constituées de jungles chaudes et humides substituaient, et c’est là que la toute première civilisation, celles des Hommes-Lézards, se développa sous l’impulsion des Anciens. Il s’agit de la plus ancienne des races intelligentes, dont les cités situées au plus profond des jungles devinrent des centres très actifs bien avant que les ancêtres des Nains et des Elfes ne voient le jour.

Sous l’influence des Anciens, le monde changea de façon irrévocable. La planète fut rapprochée du soleil et son orbite ainsi que son axe de rotation altérés afin de rendre le climat plus clément. Des plantes et des formes de vie d’une infinie diversité furent introduites. C’est sur les terres qui plus tard appelé la Lustrie que les Anciens firent bâtir leur capitale. La topographie et le climat de ses régions correspondaient si bien à leur métabolisme extraterrestre que toute une série de cités fut par la suite construite autour de la métropole. D’autres furent aussi érigées en divers endroit de la planète, puis l’unique continent se trouva divisé en plusieurs petits par la volonté des Anciens, afin que les plaques tectoniques s’agencent d’une manière qui correspondait davantage à leurs buts. Cela ne leur posa guère de problèmes car les communications et les voyages entres les continents s’opéraient alors instantanément et sans poser de difficultés aux Anciens. Même leurs serviteurs favoris, les Prêtres-Mages Slanns, étaient capables d’en faire autant, bien qu’avec moins de facilité que leurs maîtres vénérés.

Au cours d’innombrable millénaires, les Anciens et leurs serviteurs Hommes-Lézards furent les maîtres incontestés de la planète. Leur technologie, tout comme leur aptitude à manipuler les énergies magiques, étaient toutes puissantes, bien que l’une et l’autre ne fussent en réalité qu’une seule et même chose.


La Chute

Le Grand Cataclysme

Les Hommes-Lézards furent les défenseurs du monde contre les Démons lors du Grand Cataclysme.
]]Les Anciens continuèrent de régenter l’évolution des races qu’ils avaient sélectionnées pour les servir pendant des lunes et des lunes, car le temps n’avait que peu de sens à leurs yeux, et ils regardèrent le monde évoluer selon leurs désirs. Ils enseignèrent aux ancêtres des Elfes à se servir des énergies magiques, ainsi qu’aux Nains qui, bien ne pouvant s’en servir, les appréhendaient de façons instinctives. Pourtant, une période d’horreurs s’apprêtait à voir le jour à cause d’un événement qui allait conduire la planète au bord de la destruction. Un ennemi gagnait en force, un ennemi qui était constitué d’énergie pure et se trouvait être la source des pouvoirs magiques des Anciens, si grands qu’ils en étaient devenu incontrôlables. Alors que la vie s’épanouissait dans toute la galaxie, souvent sous l’impulsion des Anciens, la dimension du Chaos s’agitait sous l’effet des passions et des émotions qui parcouraient l’univers.

Finalement, les Anciens furent confrontés aux créatures engendrées par ces émotions au cœur des Royaumes du Chaos et durent livrer une guerre pour le contrôle de cette dimension intangible. Peut-être que les races auxquelles les Anciens donnèrent vie à cette époque étaient destinées à combattre les créatures du Chaos. C’est peut-être à cause de l’intensification de ce conflit que les Anciens créèrent précipitamment d’autres races à partir des tribus sauvages qui écumaient les terres comme les hommes, puis les Halflings et les Ogres. Quoi qu’il en soit, elles vinrent elles aussi prendre place aux pieds des leurs Dieux.

Puis un désastre survint en -5600 (Calendrier Impérial). En une gigantesque explosion de ténèbres absolues, les portails polaires s’effondrèrent sur eux-même, ce qui provoqua leur destruction. Nul ne sait si les Anciens tentèrent de sceller ses entrées ou si ce furent les attaques constantes de leurs ennemis qui provoquèrent la catastrophe mais les portails tombèrent vers la planète comme des comètes qui heurtèrent violemment le sol où ils se trouvent toujours aujourd’hui, s’apparentant désormais à de grands anneaux entouré de machinerie impies, écrasant les montagnes environnantes. Ils sont comme des blessures sanguinolentes, une déchirure dans la texture de la réalité et un passage vers une autre dimension. Partout ailleurs, des météorites aux traînées multicolores et incandescentes zébrèrent le ciel et l’illuminèrent d’une lueur malsaine. Aucune région ne fut épargnée, car de la poussière de Malepierre recouvrit les terres et entraîna des mutations horribles chez toutes les créatures qu’elle touchait. Dans le ciel, la matière du Chaos s’agglutina et donna naissance à une deuxième lune verdâtre et menaçante.

Les énergies du Chaos se déversèrent sur la planète, détruisant la plupart des cités des Hommes-Lézards. L’essence même de la réalité fut déchirée, de sorte que chaque être vivant en ressentit le cri d’agonie au plus profond de son âme.

Des restes des portails brisés des Anciens émergea ce qui allait menacer la planète à jamais. Des Royaumes du Chaos surgirent toutes sortes de Démons, des cauchemars matérialisés détruisant tout sur leur passage. Des énergies magiques brutes s’engouffraient à travers ces nouvelles portes, soufflant sur la planète en vagues toujours plus intenses. Les armées des Hommes-Lézards combattirent les Démons lors de guerres apocalyptiques qui coûtèrent la vie à des millions d’entre eux.

La destruction des portails marqua le départ des Anciens. Personne ne sut vraiment ce qu’il advint d’eux, pas même les Slanns. Certains pensèrent qu’ils avaient été annihilés par le flux d’énergie chaotique, antithèse ultime de ces êtres si perfectionnés. D’autres avancèrent que, de par leur nature divine, les Anciens s’étaient révélés vulnérables à l’attention des Démons, qui avaient fini par prendre possession d’eux pour les dévorer de l’intérieur. D’autres encore soutinrent qu’ils avaient réalisé qu’elle malédiction avait frappé la planète et préféré l’abandonner à son destin. Quoi qu’il en soit, les Anciens disparurent, laissant seul derrière eux leurs serviteurs favoris pour faire face à la menace que représentaient les armées et les énergies du Chaos.

Les Hommes-Lézards se préparèrent à faire face aux horreurs qui se déversaient sur le monde. De nombreuses Cités-Temples furent détruites par les hordes de Démons au cours de ces premiers jours funestes. Mais d’autres résistèrent, bien qu’entouré par un océan d’abominations.

Les Fils Abandonnés des Dieux Disparus

Les combats entre les armées des Cités-Temples et les légions du Chaos sont sans pitié !
Abasourdis par l’onde de choc engendrée durant l’effondrement des portails polaires et l’horreur de la perte de leurs maîtres vénérés, les Prêtres-Mages Slanns n’eurent d’autres choix que de prendre les choses en main. Leur magie, faible en comparaison de celle des Anciens, mais cependant d’un niveau bien supérieur à celui qu’aucune créature n’avait jamais atteint ou même n’attendrai jamais, devint de plus en plus difficile à contrôler. Les vagues d’énergie chaotique allant et venant de façon imprévisible, perturbant les pouvoirs des Prêtres-Mages, dont certains périrent même à cause du trop-plein d’énergie. Ceux qui survécurent s’empressèrent d’ériger un série de barrières protectrices afin d’endiguer les flots d’énergie corrompue qui soufflaient sur la planète.

Les Slanns avaient compris que s’ils ne faisaient rien, les vents du Chaos finiraient par détruire le monde, et toute vie serait absorbée par les entités démoniaques. Ils tentèrent donc de réactiver le réseau de protection tissé tout autour du globe, basé sur un certains nombre d’édifices situés aux endroits où les lignes d’énergie tellurique se croisaient. D’autres lieux destinés à combattre les forces du Chaos furent consolidés, des poches de résistance éparpillées de part et d’autre des continents, y compris en Lustrie, au plus profond des jungles des Terres du Sud, ainsi que sur l’île d’Albion.

C’est ainsi que les Prêtres-Mages Slanns revêtirent par la force des choses le rôle de protecteurs de ce monde qui avait été façonné selon la volonté des Anciens. Au fur et à mesure que leur nombre diminuait, ils se retirèrent toujours plus profondément dans leurs jungles, tentant désespérément de préserver leurs propres Cités-Temples de l’emprise du Chaos. Contraint de se battre pour protéger leurs domaines, ils abandonnèrent les autres continents à leur sort, ce qui présageait du sombre destin de la planète.

La Défense d’Itza

Au fur et à mesure que les Cités-Temples tombaient, la toile de pouvoir qui recouvrait le monde s'affaiblissait, si bien que les Démons purent attaquer directement Itza, la Première Cité, le cœur du réseau défensif magique des Hommes-Lézards. Itza était sous la protection du Seigneur Kroak, le premier Slann à avoir vu le jour. Alors que le destin du monde était en suspens, il rassembla ses troupes.

Puisant dans les réserves affaiblies du réseau géomantique, le Seigneur Kroak érigea un bouclier protecteur autour de la cité sur lequel la horde démoniaque s’écrasa pendant des jours sans succès, les Démons s’évanouissaient dans l’air alors qu’ils griffaient et frappaient la barrière d’énergie. Finalement, le Prêtre-Mage fut incapable de maintenir le bouclier plus longtemps et le fit s’affaisser dans une décharge d’énergie monumentale qui bannit plus de cent mille Démons et rasa la jungle à des kilomètres à la ronde. Cependant, il restait encore d’innombrables Démons qui s’empressèrent de se ruer à l’assaut de la Première Cité. Alors qu’Itza paraissait perdue, les Gardes du Temple du Seigneur Kroak s’avancèrent pour tenir le Pont des Étoiles qui menait à la Grande Pyramide. Ils formèrent une cohorte aussi large que la chaussée et d’une centaine de rangs de profondeur, et bloquèrent le passage aux Démons au moment où ils atteignaient le pont. Les abominations lancèrent leur cri de guerre et se jetèrent sur les Saurus. Ceux-ci se battaient à un contre mille, pourtant ils ne reculèrent pas d’un pas. Lorsque le soleil atteignit son zénith, ils continuaient le combat et tenaient le pont imperturbablement. Au coucher du soleil, leurs lignes s’étiolaient mais à l’aube du matin suivant, ils repoussaient toujours farouchement les Démons. À midi cette même journée, le gouffre sous le pont débordaient presque de cadavres et il ne restaient plus qu’un Garde du Temple sur dix encore en vie. Un par un, ils finirent par être massacré par les nuées de Démons qui se jetaient incessamment contre eux. Au coucher du soleil de ce deuxième jour, le dernier d’entre eux expira et la horde démoniaque se rua sur le pont. Toutefois, la défense obstinée des Gardes du Temple avait donné le temps au Seigneur Kroak d’achever son sort le plus puissant.

Sa Grande Pyramide était telle un îlot de calme au milieu d’une mer infernale. Il puisa une dernière fois dans les immense réserves de pouvoir du réseau protecteur des Slanns, les Prêtres-Mages des autres temples tombant au bord de l’épuisement tandis qu’ils contribuaient indirectement à la défense d’Itza. Le Seigneur Kroak libéra alors des incantations héritées directement des Anciens. D’un mot, il fit s’abattre une tempête de feu des cieux. D’un geste, il déchaîna des ouragans sur les terres. D’une pensée, il provoqua des séismes qui ouvrirent des failles béantes et engloutirent des légions de Démons. Le temps ralentit, et le tissu de la réalité menaça de se déchirer irrémédiablement. Mais le Seigneur Kroak finit par succomber. Il fut assailli par douze Buveurs de Sang protégés de sa magie par la rune de leur Dieu. Ils atteignirent le haut de la pyramide et massacrèrent sa forme immobile. Néanmoins, l’esprit du Seigneur Kroak était si déterminé et si dévoué envers la défense de sa cité qu’il ne pouvait pas admettre la défaite et continua le combat en ignorant la perte de sa dépouille mortelle. Libéré de ses entraves de chair, il s’éleva dans les airs au dessus de la Cité-Temple ravagée et lança son dernier sortilège, le plus puissant, qui pris la forme d’une lumière si intense qu’un second soleil semblait s’être matérialisé dans le ciel. Ses rayon inondèrent les Démons et les réduisirent en cendres. La première Cité était sauve, et avec elle la pierre angulaire du réseau de protection des Hommes-Lézards, mais le prix à payer avait été terrible.

Finalement, ce furent les Elfes d’Ulthuan qui sauvèrent le monde de la destruction grâce à leur Grand Rituel. Assiégés de toutes parts par les Démons, ils menèrent en -4500 leur Grand Rituel qui créa un vortex magique au cœur de leur île-continent, un vortex qui aspire encore de nos jours une vaste partie de l’énergie magique qui souffle sur le monde. La résistance acharnée des Hommes-Lézards avait monopolisé de nombreuses légions démoniaques, ce qui donna aux Elfes acculé le temps nécessaire d’achever le Grand Rituel. Les Elfes avaient appris l’art de la Magie grâce aux Anciens et aux Prêtres-Mages Slanns, et ils s’étaient révélé très doués en la matière, capable même de manipuler les Vents de Magie d’une façon que les Slanns eux-même ne pouvaient ou ne voulaient pas. Mais le puissant sortilège qu’ils lancèrent leur coûta extrêmement cher, condamnant leurs Mages les plus expérimentés à une éternité de tourments.

Privés des énergies parcourant le monde, les Démons ne purent maintenir leur existence matérielle et commencèrent à disparaître, rejoignant les pôles nord et sud où les Vents de Magie étaient suffisamment forts pour leur permettre de se matérialiser.

Une fois les Démons bannis, une nouvelle aube se leva sur les jungles de la Lustrie et des Terres du Sud. Les domaines des Hommes-Lézards avaient été réduit à l’état de ruines fumantes, et même si la jungle finirait par repousser, les survivants savaient que cela n’allait pas être le cas des Cités-Temples anéanties. Les Prêtres-Mages Slanns posèrent un regard impassible sur un monde irrévocablement changé par la souillure du Chaos et comprirent que l’heure de l’avènement des jeunes races avait sonné. Le monde voulu par les Anciens était fondé sur l’ordre et la stabilité, et c’est à cela qu’aspirent les Slanns. Aujourd’hui encore, ils tentent de remédier aux déséquilibres causé par le Chaos, tentant de comprendre et même de restaurer la science mystérieuse des Anciens, et attendant le jour où ils reviendront des étoiles chercher leurs fils perdus. Mais en attendant ce jour, il était du devoir des Hommes-Lézards de poursuivre l’œuvre de leurs créateurs : le Grand Dessein.


Durant le Chute, les Prêtres-Mages Slanns et leurs armées affrontèrent les entités démoniaques pendant des siècles, jusqu’au sein de leurs Cités-Temples.

L’Âge de l'Isolement

Le bannissement des Démons du Chaos inaugura une nouvelle ère pour la Lustrie. Les Hommes-Lézards sortirent des ruines de leurs Cités-Temples pour découvrir une terre désolée.

Méditations sur une Nouvelle Ère

Les Slanns ordonnèrent à leurs serviteurs de rebâtir ce qui pouvait l’être. Cette tâche urgente offrit aux Prêtres-Mages le temps de méditer sur la meilleure façon de guider leur peuple. La lutte désespérée contre les Démons n’avait laissé aucun répit pour envisager un avenir privé de la clairvoyance des Anciens. Les Hommes-Lézards ne furent pas dérangés durant leur reconstruction. En effet, les autres races civilisées récupéraient également du conflit, et la Lustrie était devenue très dangereuse. Traverser ce continent, c’était aller au-devant de la mort, car toutes sortes de bêtes prédatrices et les maladies tropicales persistaient - effets résiduels des nombreux sorts défensifs des Slanns, ou de la souillure du Chaos.

L’intention des Slanns était de fortifier leurs propres défenses avant de renouer contact avec les jeunes races. Ils pensaient certainement poursuivre le rôle de guide pour lequel ils furent créés, mais également mener à bien les projets inachevés des Anciens. Toutefois, durant cette nouvelle ère, les Slanns découvrirent que même leurs conceptions les plus abouties étaient déplaisamment défectueuses. Des détails échappaient à leur vigilance, et ils passèrent le plus clair de leur temps dans un état contemplatif afin d’en comprendre la raison.

Les Slanns luttèrent pour se remémorer les rituels qu’ils effectuaient de façon routinière avant la venue du Chaos. Plus d’un millier d’années s’était écoulé depuis, et il ne restait pas un Slann de la Première Génération pour les guider, car aucun n’avait survécu. Ainsi, pas un seul de tous les Slanns survivants n’avait été en contact direct avec un Ancien. Il fallut un temps considérable pour ne serait-ce que déterminer quels nœuds de la Toile Géomantique étaient encore utilisables, car de nombreux sites avaient été endommagés, voire détruits. La Grande Catastrophe eut un effet persistant sur les Slanns. Ils avaient regardé dans le tourbillon de pur Chaos et cette image s’était imprimée sur leurs esprits ordonnés, embrumant leur conscience et assombrissant leurs souvenirs. Un long repos leur fut nécessaire pour qu’ils récupèrent après une période d’intense réflexion. Toutefois, même réduits à l’ombre de ce qu’ils étaient, les Slanns demeurèrent les maîtres des arts mystiques, aux compétences inégalées par les mortels.

Bien que le Grand Rituel des Elfes détournât l’essentiel du pouvoir du Chaos, il ne l’avait pas éliminé. Les pôles de la planète ondulaient encore sous son emprise corruptrice, et le monde subissait le flux erratique de ses énergies. Les Slanns identifièrent les terribles menaces cherchant à saper le vortex des Elfes au centre de leur île-continent d’Ulthuan. Si le vortex cessait de drainer la magie du monde, les Démons auraient tôt fait de réapparaître. Ainsi les Slanns débutèrent-ils leur plus grande entreprise de ce nouvel âge. Ce qui restait de la Toile Géomantique fut utilisé pour renforcer le Grand Bouclier - un cordon de siphons de défenses et de sentinelles qui tiendrait le Royaume du Chaos à distance et prêterait secrètement sa puissance au vortex des Elfes. De nombreux Prêtres-Mages consacrèrent les millénaires suivants à l’accomplissement de cette tâche à l’exclusion de toute autre.

Les autres Prêtres-Mages Slanns entreprirent de mener à bien le Grand Dessein. Juste avant la Grande Catastrophe, les Anciens avaient dicté leurs instructions et leurs prévisions sur des plaques d’or ou de pierre. Les vestiges des intentions de ces êtres divins étaient à présent éparpillés à travers le monde, souvent ensevelis et en piètre état. Les quelques Plaques Sacrées retrouvées furent étudiées et leur signification mûrement interprétée. Depuis, les Hommes-Lézards arpentent le monde à la recherche de ces artéfacts. La simple éventualité d’en retrouver un suffit à sortir un Prêtre-Mage de son état de contemplation profonde, afin de lever un puissant ost et de partir le récupérer.

Un Déclin Long et Inexorable

L’activité journalière des Slanns ralentissait tandis que de nouvelles générations de Skinks et de Saurus apparaissaient régulièrement dans toutes les Cités-Temples restantes. Alors que les Slanns se réfugiaient dans leur propre univers cérébral, les Prêtres-Skinks - les plus intelligents de leur race - devinrent les meneurs des Hommes-Lézards au quotidien. Ce fut leur dynamisme qui permit de restaurer les Cités-Temples, et de rebâtir tous les édifices dont ils avaient encore les plans. Ce fut sous leur impulsion que la jungle fut élaguée pour développer des voies de communication entre les Cités-Temples.

Ainsi, au fil des ans, la civilisation des Hommes-Lézards, jadis la plus avancée, régressa à un stade primitif. Les Anciens furent élevés au rang de Dieux, vénérés par le peuple à sang froid de Lustrie. Les Skinks les imploraient désormais en temps de crise, en offrant des sacrifices pour attirer l’attention de ces divinités distantes. Les reliques collectées sur ordre des Slanns furent considérées comme des merveilles; tout espoir de comprendre leur technologie abandonné, remplacé par les rituels et superstition.

La Venue des Sang-Chaud

Suite à la Grande Catastrophe, les Elfes furent la première des jeunes races à poser le pied en Lustrie. Parmi les Hauts Elfes, seuls leurs Archimages les plus érudits pouvaient soupçonner l’existence des êtres qui vivaient dans les jungles du sud, les autres croyant n’y trouver que des ruines. Un navire gracieux perça le voile de brume à proximité de l’isthme de Pahuax. Fouler les terres de Lustrie revêtait une profonde signification pour ces explorateurs, car il avait été interdit aux Elfes de quitter Ulthuan. C’était comme s’ils profanaient le domaine des Dieux, et ils ne furent, en conséquence, pas spécialement bien accueilli. Des mois plus tard, affaibli par la maladie, ils rapportèrent au Roi Phénix Bel-Shanaar l’existence des créatures à sang froid de la jungle. Des années s’écouleraient avant que des Elfes d’Ulthuan se risquent à nouveau en Lustrie.

Au fil du temps, les races commençaient à explorer le monde autour d’eux et à entrer en contact les unes avec les autres, ce qui n’était pas prévus dans le Grand Dessein. C’est également vers cette époque que la Cité-Temple de Chupayotl fut engloutie dans l’océan, un événement qui n’était prévu par aucune Plaque Sacrée connue. Le doute s’insinua dans l’esprit des Slanns, qui pouvait à présent juger à quel point l’entropie affectait le Grand Dessein. Aussi un débat animé - tout au moins du point de vue des Slanns - sur le cours des actions à mener agita les Prêtres-Mages. Finalement, au bout de quasiment deux millénaires, le Seigneur Quex puisa dans les réserves du réseau géomantique et entreprit de déplacer les continents, ce qui eut des répercussions dans le monde entier !

L’Âge des Conflits

Pendant des éons, la Lustrie fut cachée, un domaine quasi impénétrable dont les jungles hostiles avaient dissuadé presque tous les intrus. Mais le monde entrait dans une ère nouvelle, et les jeunes races furent progressivement attirées vers les terres des Hommes-Lézards, convoitant leurs merveilles et souhaitant vérifier si les rumeurs de cités d’or étaient fondées. La plupart de ceux qui foulèrent ses côtes dorées connurent une mort horrible à peine avaient-ils pénétré dans la jungle, mais d’autres parvinrent à piller des sites périphériques, et d’emporter chez eux assez de richesses pour bâtir de véritables empires.

La venue de ces peuples était prévue à un certain degré, et ces intrusions étaient souvent des raids isolés, dont les Slanns se préoccupaient peu, ou dont ils profitaient pour observer les jeunes races. Les Prêtres-Mages étaient obnubilés par la découverte et la protection des plaques anciennes et des sites sacrés, et n’avaient que peu de considération pour les babioles dorées. Ainsi les ruines les plus délabrées et couvertes de végétation pouvaient être farouchement protégées, tandis que les statues d’or incrustées de joyaux étaient laissées à l’abandon. Toutefois, les Skinks étaient moins négligents, et insistaient pour obtenir l’ordre de récupérer les objets les plus insignifiants. Lorsqu’ils étaient déboutés de leur demande, les meneurs les plus hardis inventaient des prétextes pour s’en prendre aux intrus, ne tolérant personne sur leur domaine.

Durant ce nouvel âge, les ennemis vinrent en nombre et plus fréquemment. Le rôle des patrouilles de Skinks fut ainsi d’alerter les armées de la garnison ou de la Cité-Temple la plus proche. Nul envahisseur ne pouvait résister au déploiement d’un ost de Saurus, mais un assaut à plus grande échelle sur la Lustrie sortit les Prêtres-Mages de leur torpeur. Le monde était de nouveau en train de changer.

Le Rat et le Serpent

Les Skavens ont trouvé…
…leur némésis.
En -1399, la venue de la race nécrophage appelée Skavens et la longue guerre contre le Clan Pestilens annonça le début d’une nouvelle ère pour les serviteurs des Anciens. Celle-ci fut annoncé dans la Prophétie de Sotek, mais seules les Cités-Temples de Chaqua et de Zlatlan possédaient les Plaques Sacrée relatives à cet événement. Une guerre de plus d’un millénaire éclata lorsque les rats bipèdes ravagèrent la Lustrie et répandirent des épidémies meurtrières. Après que la population de la Cité-Temple de Chaqua fut décimée, Tehenhauin, le Prophète de Sotek, réunit les survivants et les conduisit hors des murs de la cité, prêchant la parole de Sotek à travers toute la Lustrie. L’empire des Hommes-Lézards fut plongé dans la guerre, le sang et les épidémies. Ce fut une époque de carnages à une échelle délirante qui firent couler des fleuves de sang. Les deux camps ne montraient aucune pitié et n’hésitaient pas à commettre les actes les plus vils pour l’emporter. Les Hommes-Lézards avaient compris que cette race abjecte n’avait aucune place dans les plans éclairés des Anciens, n’étant guère plus que des parasites amenés à exister par les pouvoirs du Chaos et devaient donc être éradiqué de la face du monde.

Les années deviennent des décennies, et la guerre s’enlisa. Tehenhauin exhortaient ses guerriers à capturer toujours plus d’hommes-rats et à les offrir en sacrifice à Sotek. À chaque bataille, le nombre de Skavens sacrifiés augmentait. Finalement, en l’an 100 du Calendrier Impérial, les combats atteignirent leur paroxysme. Le nombre de Skavens sacrifiés ce jour-là fut si grand qu’on raconte que les eaux de l’Amaxon devinrent rouges. Des nuées de serpents surgirent des profondeurs de la Lustrie et les tunnels sous Quetza furent envahis par des millions de reptiles. Les Skavens qui ne furent pas dévorés dans l’instant durent fuir, en proie au venin des créatures de la jungle. Les Skinks racontent que Sotek lui-même se lança aux trousses des Skavens, et qu’il continue aujourd’hui encore à les traquer jusqu’au bout du monde. Tel es le mythe de Sotek.

Ils Vinrent de Naggaroth

Les plus acharnés des pillards se révélèrent être les Elfes Noirs de Naggaroth. À partir de -215, pendant que les Hommes-Lézards étaient occupés à repousser les Skavens, les Elfes Noirs commencèrent à lancer des attaques dans les jungles de Lustrie. Les Prêtres-Mages Slanns avaient suivi, grâce à leur don de vision, la guerre civile en Ulthuan et avaient longtemps considéré ses conséquences, mais ils n’avait jamais rencontré ces êtres malveillants, qui différaient assez peu des Hauts Elfes avec lesquels ils n’avaient eu que très peu de contacts après leur première et désastreuse rencontre à Pahuax. Ils les percevaient tels que les Anciens avaient envisagés les Elfes : une race unie et équilibrée. Durant des siècles, les Prêtes-Mages avaient médité sur la nature des Druchii, aussi avaient-ils permis aux Elfes Noirs d’entrer en Lustrie sans heurt, ou plutôt, sans leur opposer directement les Hommes-Lézards, car il était impossible d’éviter l’hostilité de la jungle elle-même. De la sorte, les Slanns espéraient avoir un aperçu de leurs intentions, et ainsi tenter de connaître leur place dans le Grand Dessein, pour savoir s’il convenait de tolérer leur actions ou de les punir. Les Elfes Noirs décidèrent à leur place en n’ayant aucun égard pour la sagesse et la souveraineté des Slanns, et frappèrent avec une précision diabolique au cœur même de la Lustrie.

« Si nombreux que soient les périls, les gains à en tirer sont encore plus importants. Aussi précis et silencieux qu’une lame dans la nuit, une preste attaque contre les temple côtiers les plus faibles et les plus isolés peut nous permettre de ramener de grands trésors, et les Matriarches nous donneront un bon prix pour ces objets de pouvoir qu’elles convoitent si jalousement. » écrivit celui que l’on connaît sous le sobriquet de Scribe Noir de Karond Kar.

Cela ne fit que conforter les Prêtres-Mages dans leur opinion que les jeunes races avaient dévié du Grand Dessein. Ainsi convinrent-ils par télépathie que tout contact avec une telle race ne pouvait que dégénérer en conflit.

Les pillards Elfes Noirs de Naggaroth sont une source de conflits permanents.
Les Elfes noirs arrivaient en Lustrie de plus en plus nombreux depuis qu’ils avaient découvert la Voie Ténébreuse, vaste réseau de rivières et de mers souterraines qui s’étendait partout depuis les terres froides de Naggaroth. Les armées d’Elfes Noirs avaient utilisé ce moyen pour émerger au cœur de la Lustrie, évitant ainsi les dangers de la jungle. L’approche passive des Slanns fut abandonnée après la profanation du monument d’Izzatal et la tentative des Druchii de capturer les Prêtres Skinks du temple flottant de Chotec. Cependant, l’acte le plus haïssable des Elfes Noirs fut très certainement le vol de la Stèle Étoilée de Quetli.

Ainsi commença une nouvelle ère de haine et de défiance entre les Hommes-Lézard et les Elfes, résultant en des milliers de morts de part et d’autres, et une vague d’agressivité des Hommes-Lézards à l’encontre des races à sang chaud qui essayaient de s’en prendre à leurs royaumes. Car le fiasco du vol de la Stèle Étoilé ne freina en rien les ardeurs des Elfes Noirs. Ainsi, en 1004, à l’équinox de Tlac-Ipec, le Tlatoani Mazdamundi consulta les plaques de Huatl et érigea la chaîne des Sentinelles Grises pour bloquer une force d’invasion Elfes Noirs se dirigeant vers le nord de la Lustrie. En 1721, une armée de pillards utilisa la Voie Ténébreuse pour attaquer Xlanhuapec. Les intrus contournèrent les défenses magiques des la ville et pénétrèrent dans les quartiers extérieurs. Les Hommes-Lézards, profitant de la brume et de leurs connaissance du terrain, montèrent une série d’embuscades dévastatrices pour massacrer les envahisseurs.

La Venue des Hommes

Un autre peuple allait bientôt s’intéresser de près à la Lustrie. L’arrivée des Hommes sur la terre des Hommes-Lézards avait été prophétisée il y a des millénaires de cela, gravé sur la plaque du Trois Centième Cycle des Deux Lunes à Itza. Les Anciens les avaient néanmoins nourris et sortis de la barbarie. Leurs favoris parmi eux avaient engendré la première grande civilisation humaine de la Terre du Soleil, comme les plaques de la Cité-Temple de Zlatlan en gardent le souvenir. Il avait été prédit que les hommes viendraient en Lustrie en nombre et qu’une ère sombre les suivrait car les Hommes-Lézards connaissaient la soif de richesse qui les animait. Malgré tout, leur espèce avait été créé par la volonté des Anciens et constituait une partie importante de leur énigmatique Grand Dessein.

Ainsi, cinq siècles après la récupération de la Stèle Étoilée, de nouveaux empires était apparu de l’autre coté du globe. Les Hauts Elfes dominaient les mers et interdisaient le passage à tous navire qui tentait de traverser le Grand Océan, mais un peuple réussit à outrepasser le blocus des Elfes : les Norses. Les premiers humains à accoster en Lustrie et à survivre furent ceux du fameux aventurier Losterikson. En 888, ils découvrirent des ruines non loin de la côte et eurent tôt fait de piller les lieux, inconscient du blasphème que constituai leur simple présence. Le fruit de leur pillage rendit les quelques survivants de l’expédition extrêmement riche. Le dernier navire nordique retourna chez lui chargés de richesses, et toute la Norsca ne parla bientôt plus que de ce nouveau continent ou l’or coulait à flot.

L’expédition de Losteriksson n’était pas la première incursion nordique dans les mers qui entouraient la Lustrie, juste la première à être couronnée de succès. D’autres aventuriers s’étaient déjà frayé un chemin le long des côtes de Naggaroth jusqu’au continent inexploré de Lustrie. Ces expéditions ayant connu une triste fin, personne ne put raconter leur histoire et elles ne figurent dans aucune saga nordique, Losteriksson revendiqua donc pour lui-même la découverte de ce continent. Les Nordiques ne mirent pas longtemps à retourner en Lustrie et ils y fondèrent un village. Celui-ci fut appelé Skeggi, en l’honneur de la fille de Losteriksson, qui fut le premier enfant à naître sur ce nouveau continent. Losterikson interdit aux nordiques de s’aventurer dans la jungle, mais de jeunes guerriers avides de richesse ne tardèrent pas à lui désobéir. La plupart ne revinrent jamais. Les Hommes-Lézards vinrent quelques fois pour tenter de déloger les nordiques, mais sans grand succès, et le village survécut et prospéra.

Ainsi Skeggi finit par devenir un lieu prospère à partir duquel les hommes du nord lancèrent maintes expéditions. En dépit du funeste destin des raids dans la jungle profonde, les pillards qui restaient sur les côtes trouvèrent de nombreux sites riches en butin. Les merveilles et les trésors des grandes Cités-Temples du cœur de la Lustrie restèrent cependant hors d’atteinte. Sur ordre des Slanns, les Hommes-Lézards endurèrent les raids mineurs, car leurs indispensables méditations étaient accaparées par des choses plus importantes.

De Vieux Ennemis

Losteriksson ne ramena pas avec lui que des chasseurs de trésors. Les nordiques, féroces guerriers du nord, avaient emmené dans leur cœur leurs sauvages Dieux. Ils érigèrent des idoles grossières et tinrent des cérémonies barbares en leur honneur. Les noms des divinités des humains étaient inconnus en Lustrie, mais pas leur pouvoir, et une énergie qui ne s’était plus manifestée sur le continent depuis des siècles commença à se réveiller. La méditation des Prêtres-Mages fut troublée alors que les échos d’un lointain passé résonnaient d’un Slann à l’autre. Ils devaient maintenant faire face à la possibilité que le Chaos revienne sur le monde, et particulièrement sur les rivages de Lustrie, véhiculé cette fois-ci par les âmes des hommes du nord.

Ce fut la Mort du Seigneur Zhul, le Prêtre-Mage en chef de Xahutec, qui éveilla les Slanns à la résurgence du Chaos. Xahutec, la Cité-Temple du défunt Prêtre-Mage, fut définitivement abandonné peu après et sa population migra vers les autres Cités-Temples. L’incident ouvrit l’esprit des Prêtres-Mages Slanns au fait que le Chaos ne se résumait plus à la force qui avait engendré les ignobles hommes-rats et contaminé l’âme des jeunes races, il était devenu une force tangible. Si une seule créature du Chaos, a fortiori agonisante, pouvait perturber un Slann au point de causer sa mort, qu’adviendrait-il si un grand nombre de ces êtres se manifestaient ? Les Prêtres-Mages comprirent que leur plus vieil ennemi était bel et bien de retour. Ils allaient devoir faire face à des adversaires bien pire que les Skavens, les Elfes Noirs et les hommes, ceux là même qui étaient parvenu à abattre les Anciens et avaient manqué de détruire le monde : les Démons.

Chasseurs de Trésors

« Bienvenu en Lustrie ! Qu’allez-vous y trouver ? »
Les nordiques ne furent que les premiers hommes à entreprendre le périlleux voyage vers la Lustrie, car les histoires concernant ce continent d’or et l’intérêt qu’il suscitait avaient crû de concert. Alors que les Elfes étaient conscient de la présence des Hommes-Lézards au cœur des jungles (même si leur mémoire avait été déformée par des générations d’arrogance), les humains n’avaient aucun souvenir de l’antique civilisation cachée en Lustrie, pas plus qu’ils ne se souvenaient des serviteurs des Anciens qui les avaient guidés vers la civilisation. Pour eux, la Lustrie semblait être un nouveau monde regorgeant de dangers et de richesses, un pays qui pouvait faire la fortune d’un homme ou lui apporter la mort, car le continent possédait de vaste ressource de ce métal que les hommes convoitaient avec tant d’avidité. En effet, sur de nombreuses cartes humaines, l’Isthme de Pahuax est appelé le Nouveau Monde d'Or.

Des chasseur de trésors et des aventuriers commencèrent à affluer depuis la Tilée, l’Estalie, l’Empire, la Bretonnie et même Cathay. De nombreux vaisseau furent arrêtés par les flottes Elfiques en patrouille, mais certains parvinrent à passer, en particulier les navires Tiléens dont les contrebandiers étaient spécialisés dans l’art de la discrétion. Le Nouveau Monde d’Or était devenu un repère de pirates et de pillards qui utilisaient ses anses et ses criques pour se cacher entre deux attaques.

Au cours du millénaire qui suivit la construction de Skeggi, les Hommes-Lézards ne firent que peu de cas de la présence humaine en Lustrie. Les aventuriers et les explorateurs n’eurent qu’un impact réduit sur le continent, tandis que les marins nordiques, fidèle à leur nature, se préoccupaient d’avantage des côtes que de l’intérieur des terres. De plus, la population réduite des villages ne représentaient pas encore une menace conséquente. À l’échelle de leurs desseins, les Prêtres-Mages Slanns considéraient qu’aucun de ces raids ne constituait un problème sérieux, et ils se rendirent à peine compte de la présence des intrus, leur méditation tendaient vers des problèmes autrement plus préoccupant. Ce ne fut que lorsque les hommes du Vieux Monde commencèrent à venir en grand nombre et fondèrent de nouveaux centres d’habitation tels que Port des Pillards, Cadavo et Bourbeville que leur présence se fit vraiment sentir. Avec l’augmentation du trafic maritime, les raids humains dans les jungles se firent de plus en plus audacieux, et l’avidité des habitants finissaient toujours par provoquer la colère des Hommes-Lézards. Mais les Slanns, qui ne comprenaient pas l’attrait des jeunes races pour l’or, se retinrent de punir trop violemment les incursions des êtres à sang chaud, à moins que ces derniers ne dérobent des artefact trop précieux.

L’Éveil du Seigneur Mazdamundi

Malgré les vagues d’envahisseurs entrant en Lustrie, certains des Slanns les plus vénérables et les plus puissants ne pouvaient être tirés de leur sommeil. Le Tlatoani Mazdamundi, le plus ancien Slann vivant, était plongé dans une profonde léthargie et ses Prêtres Skinks désespéraient de ne parvenir à l’en sortir. Il fallut une démonstration d’avidité et d’arrogance pour forcer le Tlatoani Mazdamundi à atteindre un état d’éveil total.

À trois reprises, El Cadavo, un capitaine mercenaire, installa une colonie, que dans son orgueil il nomma Cavado, sur les côtes de l’isthme de Pahuax. À chaque fois, les patrouilles de Skinks exaspérés firent leur rapport aux Prêtres Skinks, qui gravirent la grande pyramide d’Hexoatl. C’est là que Mazdamundi était étendu en pleine concentration, ses yeux vitreux et sa langue pendante. Chacun de ses réveils fut douloureux, mais le Slann embrumé donna à chaque fois son aval aux demandes des Skinks de repousser les intrus. Ce fut comme si un Stégadon aplatissait une guêpe vampire d’un revers de la queue. Nul n’imaginait que les humains oseraient revenir.

Lorsque les Prêtres Skinks reportèrent avec quelque anxiété qu’El Cadavo avait encore rebâti sa colonie, les yeux globuleux de Mazdamundi s’ouvrirent en grand pour la première fois depuis des éons. Sa contemplation avait été interrompue trois fois en une décennie, ce qui ne représentait qu’un clignement de paupières pour un Slann. Mazdamundi se prépara et scruta les constellations. Ainsi apprit-il qu’il serait indéfiniment tiré de son sommeil, à moins de prendre les choses en main. Le Prêtre-Mage ordonna alors que son trône fut placé sur le dos du plus gros Stégadon, et marcha pour intercepter les intrus.

Mazdamundi était résolu à détruire la colonie une bonne fois pour toutes, en guise d’avertissement pour tous ceux qui auraient la folie d’envahir le royaume des hommes-lézards. Le Slann déchaîna une telle puissance que les plaques tectoniques glissèrent sous le campement humain. Un tremblement de terre secoua la région et réduisit Cadavo en ruine. Lorsque la poussière retomba, les défenseurs gisaient broyé dans leur sang. Satisfait de ne plus être dérangé par les sang-chaud, Mazdamundi rentra à Hexoatl, retour à reprendre sa contemplation des grands mystères de l’univers. Toutefois, son sang était agité désormais, et jamais son sommeil ne fut aussi profond qu’après cet événement.

L’Âge de l'Éveil

Les Prêtres-Mages Slaans se tournent de nouveau vers le monde extérieur.
Depuis le décès du Seigneur Zhul, les Prêtres-Mages se sont tournés vers le monde extérieur. Ils n’ont que peu de contact directs avec les terres situées hors de leurs jungles, mais ils savent que de grandes forces sont à l’œuvre au-delà des mers. Ils sentent que le Chaos croît en puissance aux pôles, et qu’une ère de péril va commencer. À tout moment, pratiquement la moitié des Prêtres-Mages Slanns vivants du monde est occupée à s’opposer à l’influence du Chaos où qu’il se rencontre. Leur corps astral se bat dans l’éther contre des êtres qui, sans leurs efforts, s’échapperaient des Royaumes du Chaos pour envahir l’univers matériel.

Lorsqu’une vague d’énergie mystique s’échappa du nord en 2302, une vaste horde de serviteurs mortels du Chaos envahit les régions septentrionales du Vieux Monde. Les Hommes-Lézards étaient trop loin du lieu où se déroulèrent les événements pour intervenir directement, mais tous les Prêtres-Mages se plongèrent dans une méditation profonde et unirent leurs pouvoirs pour repousser l’invasion, même l’esprit du défunt Seigneur Kroak sembla prêter sa force et sa sagesse à l’effort. Magnus le Pieux orchestra la défense des royaumes humains sans jamais savoir que l’intervention des Slanns renforça le Grand Bouclier pour faire barrage à l’énergie chaotique qui se déversait sur le monde, et permit à son peuple de ne pas être rayé de la carte. De plus, les Prêtres-Mages détectèrent une faiblesse dans le Vortex mystique maintenu par les Hauts Elfes. Ils prédirent que l’œuvre du Grand Rituel allait péricliter, et aidèrent à lui faire conserver sa puissance grâce à l’énergie de la Toile Géomantique. À ce jour, les Maîtres du Savoir ne sont pas conscients de cette aide magique, mais il est possible que les plus puissant d’entre eux soupçonnent qu’un pouvoir autre que le leur est à l’œuvre…

Le Grand Bouclier Faiblit

La vigilance constante des Hommes-Lézards s’avéra fondée, car les Prêtres-Mages détectèrent une perturbation qui agitait la Toile Géomantique. Il semblait que le Grand Bouclier dans son ensemble était attaqué, et commençait à rapidement faiblir. Au fil des mois qui suivirent, la pression ne fit que croître, mais les Slanns finirent par en identifier la raison en 2520 : l’île d’Albion, antique bastion du pouvoir des Anciens. Cédant aux promesses des Puissances de la Ruine, certains gardiens de l’île furent corrompus et dissipèrent les brumes protectrices qui la dissimulaient depuis le Grand Cataclysme. Des milliers de chefs de guerre, de mercenaires sans foi ni loi, de chasseurs de trésors et d’aventuriers, toutes races confondues, s’y étaient précipités et se livrèrent à de sanglantes batailles pour asseoir leur domination, guidés par les Oracles, des humains auxquels les Anciens avaient transmit une partie de leur savoir, ou par les Émissaires Noirs, au service d’un mystérieux Maître Ténébreux.

L’île d’Albion constituait un point clé du Grand Bouclier qui permettait de refluer l’énergie chaotique qui s’écoulait du portail dans le nord, sa chute ne pourrait avoir que des conséquences si catastrophiques que les Slanns durent se résoudre à agir directement pour protéger les intérêts de leurs maîtres. Les Hommes-Lézards utilisèrent d’anciennes voies mystiques afin d’envoyer une puissante armée sur Albion, guidé par le Tlatoani Mazdamundi lui-même, accompagné du Grand Kuraq Kroq-Gar. Les Hommes-Lézards s’attelèrent à détruire toute trace de corruption et à restaurer les protections magiques dont bénéficiaient l’île, même si les brumes protectrices ne réapparurent pas. Grâce aux pouvoirs du Seigneur Mazdamundi, le climat d’Albion fut altéré et la jungle commença à apparaître. Les Hommes-Lézards s’affairèrent à l’édification de la nouvelle Cité-Temple de Konquata, le Lieu de Résistance, au cœur de l’île.

Les Plaques Perdues

Sitôt que la cité de Konquata eut été érigée, un deuxième frémissement subtil dans la Toile Géomantique. Comme une seul homme, les Slanns d’Hexoatl élevèrent leurs défenses et cherchèrent la cause de cette perturbation. Leurs corps astral plana dans l’éther, suivant les lignes de la toile qui parcouraient la Lustrie et convergèrent vers la Lance des Dieux, une immense colonne de cristal qui émergeait à un mille des eaux de la Mer des Tempêtes. De là, ils tournèrent leur regard vers le sud et découvrirent que la source de la perturbation se trouvaient sur les Îles des Tortues, un archipel long de plusieurs milliers de lieues bordant la quasi totalité de la côte ouest de la Lustrie.

Une centaine de Téradons s’envolèrent des aires de la Première Cité, mené par le Tupac Skink Ten-Zlati, l’Oracle du Seigneur Kroak. Il leur fallu plusieurs jours pour atteindre leur destination : un temple, vraisemblablement d’origine Homme-Lézard, mais en parfait état, comme si les millénaires écoulés depuis le Grand Cataclysme l’avaient épargnée. Dans le narthex, ils trouvèrent des Plaques d’Or disposées sur le dais. Ten-Zlati comprit qu’un segment du Grand Dessein, perdu depuis longtemps, venait d’être retrouvé, et que cette découverte annonçait un tournant dans l’historie des Hommes-Lézards.

Alors que les Slanns étudiaient les plaques et s’efforçaient de maintenir le Grand Bouclier, attaqué de toutes parts, un Champion du Chaos que ces suivants appelaient Vashnaar le Tourmenteur profita de la faiblesse des défenses du Grand Bouclier pour lancer en 2522 une attaque particulièrement sournoise contre la Cité-Temple d’Hexoatl.

Le Siège d’Hexoatl

Le Siège d’Hexoatl dura deux cycles lunaires, et l’armée du Seigneur du Chaos ne fit que croître durant cette période. Les Hommes-Lézards assuraient une défense solide et montèrent plusieurs contre-attaques intrépides, mais il devint clair que la horde de Vashnaar, avide de faire couler le sang de ses ennemis, allait l’emporter, ne serait-ce que par le poids du nombre. Mais tout changea lorsque les renforts venus des autres Cités-Temples et d’Albion arrivèrent à Hexoatl pour vaincre l’armée chaotique, et en un instant, la jungle devint vivante. Des colonnes de Saurus se jetèrent dans la mêlée, conduites par les phalanges resplendissantes de Gardes du Temple. Alors que le soleil descendait sur la jungle, les ombres laissèrent place aux éclairs libérées par les Machines des Dieux. Le carnage fut total.

Après la défaite de Vashnaar, Les Prêtres-Mages estimèrent que celui-ci avait simplement tiré avantage de la fragilisation du Grand Bouclier due aux événements d’Albion et que d’autres pourraient donc en faire autant dans son sillage. Le Chaos, déclara le Seigneur Mazdamundi, allait se réveiller, et les Prêtres-Mages, de même que tout les Hommes-Lézards, devaient en faire autant, car une terrifiante bataille contre le Chaos allait se déclencher.

Assaut en Lustrie

Ainsi, comme l’avait prédit Mazdamundi, la même année, dans le grand nord, Archaon fut couronné par les quatre Dieux et lança une invasion cataclysmique du Vieux Monde qui allait embraser tout le nord de l’Empire. Mais la terre de Sigmar n’était pas la seule à être la cible de cette incursion du Chaos. Loin à l’ouest, au delà du Grand Océan, un ancien pouvoir s’éleva à Naggaroth. Morathi, la Sorcière Suprême, avait renouvelé d’anciens pactes avec Slaanesh et son Culte du Plaisir se développa à nouveau. Le Temple de Khaine fut impuissant face à cette nouvelle menace, car Morathi allait mener les Elfes Noirs dans des raids contre les temples Hommes-Lézards à la recherche d’artéfacts qui lui donneraient encore plus de puissance dans la société de Naggaroth.

En un instant, la jungle devint vivante…
Ainsi, dans les jungles humides de Lustrie, les Elfes Noirs et leurs alliés barbares avaient rapidement dépassé Tlanxla et poursuivirent vers le sud, livrant sans cesse bataille à des éclaireurs Skinks, à d’immenses lézards et à la jungle elle-même. Face à ces incursions, les Prêtres-Mages Slanns sortirent peu à peu de leur méditation, et ce n’était qu’une question de temps avant que les Hommes-Lézards ne ripostent avec la férocité qui est la leur. Mais en attendant, chaque temple pillé, chaque autel profané ne faisait que servir la cause des Druchii.

Rapidement, les jungles et les marécages grouillants de Lustrie étaient devenus un champ de bataille sanglant. Les Maraudeurs alliés à Morathi menèrent une grande excursion vers les ruines de Chaqua, tandis que ses cultistes de Slaanesh continuaient de se battre dans les temples des faubourgs de Tlanxla. Dans les Bassins de Frai qui reposent sous les bâtiments des Cités-Temples, de nouvelles générations de Saurus, plus forts et plus féroces, se développaient. Les Slanns sortirent de leur contemplation lorsque des Maraudeurs et des Druchii mirent à sac les ruines des temples environnant Tlanxla et Quetza. Du fait de cette perturbation de leur concentration, les Royaumes du Chaos purent s’étendre et les incursions démoniaques devinrent de plus en plus fréquentes. Le futur était sombre, car le plus redoutable des Démons chevauchait à présent les Vents de Magie : le Maître Ténébreux, Be'lakor !

Cependant, dans les mangroves et les marais de Lustrie, les adorateurs Slaaneshi de Morathi commencèrent à ressentir les effets éprouvants du royaume des Hommes-Lézards. Des attaques d’éclaireurs Skinks, puis de colonnes de guerriers Saurus, stoppèrent l’avancée des Druchii juste au nord-est de Quetza et ils risquaient d’attendre longtemps avant de recevoir de l’aide, car les alliés barbares de la Matriarche Suprême avaient subi de lourdes pertes à cause des maladies, des prédateurs indigènes et des attaques des Hommes-Lézards. La guerre autour des temples des Anciens atteignit un nouveau stade lorsque les Prêtres-Mages s’éveillèrent totalement pour combattre les pillards Elfes Noirs et leurs alliés Hungs. Des mercenaires recrutés à Port-des-Pillards aidèrent également les Hommes-Lézards en échange de leur or, tandis que les armées de Saurus d’Hexoatl écrasèrent un contingent imposant de disciples de Slaanesh à proximité des Pics Macu. Ils menaçaient maintenant de couper aux Elfes Noirs toute retraite vers Naggaroth.

Les combats en Lustrie avait été féroces mais bien que quelques temples mineurs aient été pillés, ni le culte de Slaanesh de Morathi ni ses alliés Hungs n’ont réussi à atteindre les Cités-Temples des Hommes-Lézards. Les Saurus et les Skinks combattirent vaillamment pour protéger leurs maîtres Slanns, se servant des cours d’eau, des marécages et de leur connaissance de la jungle pour tendre des embuscades meurtrières aux envahisseurs. Les armées d’Hexoatl contrôlaient les jungles septentrionales de Lustrie, et pour éviter d’être encerclées, les armées de Druchii furent forcées de battre en retraite vers la côte ouest, où mouillaient les Arches Noires Tour de l’Illumination Ténébreuse et Palais de la Désacralisation.

Des rumeurs étaient parvenues jusqu’à Morathi et l’avaient mise au courant de l’attaque d’Hellebron contre le temple de Slaanesh à Naggarond. La Grande Sorcière s’était empressée de revenir à Naggaroth afin de répondre au défi que lui a lancé la Reine Matriarche des Furies. Leur rencontre risquait de provoquer un embrasement, car les deux sectes sauteraient sur la première occasion pour déposséder leur rivale. Une guerre civile pourrait bien être déclenchée si la situation dégénérait. Des groupes d’Elfes Noirs avaient toutefois réussi à revenir de Lustrie avec des coffres remplis d’or et de bijoux, mais très peu de Plaques Sacrées avaient été dérobées. Les Slanns n'ayant désormais plus à se préoccuper de la menace que faisaient peser les pillards sur ces artefacts, ils pouvaient à nouveau se concentrer pour contrôler les flux de vents magiques qui polluent le monde en s’échappant du portail polaire.

Le Message des Plaques Perdues est Révélé

Avec la retraite des troupes de Morathi et la fin de la Tempête du Chaos, la pression sur le Grand Bouclier s’amoindrit, sans toutefois disparaître entièrement. Les Prêtres-Mages réalisèrent que cette attaque n’était pas une simple incursion. C’était le premier assaut de la guerre qui allait engloutir le monde. Mais ce fut le Seigneur Mazdamundi qui trancha le problème. Il révéla que les plaques récemment redécouvertes étaient liées aux projets qu’avaient les Anciens pour le monde, et qu’elles avaient été créées quelques jours seulement avant le Grand Cataclysme.

Le message des plaques des Îles des Tortues, annonça-t-il, était irréfutable. Le Grand Dessein ne pourrait être réalisé tant que tous les éléments corrompus introduits depuis le Grand Cataclysme n’auraient pas été éliminés. Et de toutes ces corruptions, les pires étaient les serviteurs du Chaos. Toutes ces créatures, poursuivit Mazdamundi à l’intention de ses pairs, devaient être éliminées à tout prix. Faire preuve de laxisme dans cette tâche serait un manquement grave aux devoirs qu’ils avaient envers les Anciens.

Le Chaos, déclara Mazdamundi, se réveillait, et les Prêtres-Mages, de même que tous les Hommes-Lézards, devaient en faire autant. Les rêves mêmes des Slanns allaient devoir ériger une nouvelle défense contre le retour des héritiers du Chaos. Les conflits que les Hommes-Lézards avaient livrés contre les jeunes races ne seraient que de petites escarmouches lorsqu’ils auraient atteint leurs pleins pouvoirs. Les jeunes races qui ne se rallieraient pas aux Hommes-Lézards devraient être considérées comme des ennemis. L’ultime bataille contre le Chaos, conclut Mazdamundi, allait enfin se déclencher.

Sources

  • Livre d’Armée des Hommes-Lézards, V6
  • Livre d’Armée des Hommes-Lézards, V7