Char de Slaanesh

De La Bibliothèque Impériale
Les trois premiers malheureux périrent instantanément, emportés dans ce tourbillon d’acier démoniaque. Le quatrième, victime du destin moqueur, resta accroché sur la chaîne centrale. Il y resta suspendu un instant, tandis que l’engin continuait sa course et lacérait ses talons. L’une des Démonettes tendit sa griffe. Elle caressa d’abord la joue du malheureux, comme une mère rassurant son enfant. Puis, comme je le voyais venir, son sourire aimable devint une grimace de pure méchanceté. En un éclair, la griffe sectionna les poignets de la victime. La seconde suivante, il ne restait de l’homme que ces mains tranchées - qui tenaient encore la chaîne - et l’écho d’un hurlement dans la nuit.
- Extrait du Liber Malefic
Char de Slaanesh, les Moissonneuses Parfumées, les Faucheuses Décadentes, les Sœurs Batteuses

Le Prince du Chaos tire une grande fierté de son domaine splendide et décadent. Hélas, les conflits incessants qui caractérisent les Royaumes du Chaos entravent la quête de perfection de Slaanesh, car après chaque bataille, ses terres sont jonchées de cadavres disgracieux. C’est pourquoi les Chars de Slaanesh sillonnent les plaines, avec leurs lames acérées, pour réduire les corps en fragments suffisamment menus afin que l’étrange flore puisse les assimiler rapidement.

Bien sûr, les lascives Démonettes rechignent à accomplir ce genre de corvée ingrate pour l’entretien des jardins de leur maître. En effet, lors de tels travaux, il n’y a ni émotions à consommer, ni sensations de tourments à goûter, et faute de stimulations de cette nature, les Démonettes deviennent léthargiques et leurs formes s’estompent. De ce fait, faute de volontaires, les chars n’avaient pour équipage que les Démonettes qui avaient déplu à Slaanesh, et se trouvaient condamnées à des millénaires de service, affectées à cette moisson morbide.

Or, les Démonettes sont aussi rusées que cruelles. Deux d’entre elles contournèrent les instructions de leur maître en conduisant leur char en pleine bataille. Il apparut bientôt que les lames conçues pour débiter les cadavres pourrissants étaient également très dangereuses pour les vivants. Les têtes et les membres tranchés volaient comme des fétus de paille ; les fluides vitaux éclaboussaient abondamment les montures et l’équipage. Les Démonettes n’y étaient pas indifférentes, car elles n’avaient jamais connu un tel ravissement durant une bataille. Comme tout ce que produisaient les domaines de Slaanesh, le métal dans lequel le char avait été forgé était en phase avec les sensations des êtres vivants. En plongeant dans la chair, les lames transformaient la souffrance des victimes en nuées d’encens spirituel si enivrant qu’il rendait les Démonettes frénétiques, les rendant trop vives pour qu’on puisse les suivre du regard tandis qu’elles frappaient.

Quand Slaanesh eut enfin vent de ce manquement à ses instructions, son courroux fut terrible, car aucun Dieu du Chaos ne tolère qu’on bafoue son autorité. Mais d’un autre côté, il était satisfait du carnage que ce simple char avait su répandre à lui tout seul. Et c’est ainsi que le Prince décréta que servir parmi l’équipage d’un char ne serait plus une punition, mais une promotion prestigieuse. Depuis, les Chars de Slaanesh sont à l’avant-garde des assauts, tranchant et mutilant l’ennemi sur leur passage en une sinistre moisson. Puissamment tractés par des montures véloces, ils font vibrer l’air par leurs couleurs impies, leurs essieux gémissent tel un chœur d’âmes tourmentées, composant avec les incantations des Démonettes et les mugissements des montures une cacophonie qui ébranle la santé mentale. Quand le Char percute les rangs ennemis, les Démonettes hilares dansent et bondissent sur l’attelage en répandant les entrailles.

Un Héraut de Slaanesh part souvent en guerre sur l’un de ces Chars. Cela, pour mieux apprécier les souffrances des victimes du chariot, mais également pour bénéficier d’une position avantageuse, et être bien en vue de ses vassaux aussi bien que de l’ennemi. Du haut de son trône roulant, le Héraut peut se pencher pour soustraire un spécimen intéressant à la gueule garnie de rasoirs du Char. Ce n’est pas un geste de bonté. En fait, les ennemis attrapés de la sorte ne tardent pas a supplier qu’on les rende aux lames implacables, afin d’échapper au Héraut.

Et en ce qui concerne les deux Démonettes qui avaient osé agir selon leur caprice, Slaanesh les métamorphosa en statues de marbre qu’il planta au bout de la grand-route de son domaine, le dos à jamais tourné aux plaisirs décadents qu’elles convoitaient. Désormais, ces damnées servent silencieusement d’exemple à l’intention de tous les adeptes du Prince du Chaos qui seraient tentés d’outrepasser Sa volonté.

Source

  • Livre d’Armée des Démons du Chaos, V8