Bylorhof

De La Bibliothèque Impériale

Bylorhof est une ville de Sylvanie où l'on vénère Bylorak, le dieu des marais, que certains assimilent à un aspect de Taal ou de Manann. Néanmoins, pour les gens du cru, Bylorak n'a rien d'un simulacre, comme le prétendent les érudits. Il est leur dieu et ils sont fiers de résider dans son saint des saints.

Bylorhof, comme toute la Sylvanie, a été durement touchée par la Peste Noire de 1111. C’était alors une ville aux rues boueuses et aux toits de chaume entourée de champs et de marais, dans une province de collines verdoyantes et de forêts dense. Le baron von Rittendahl était le préfet de Bylorhof au nom du comte Malbork von Drak. Le seigneur local avait fermé les yeux sur les malheurs de la ville. Enfermé dans son château, le baron von Rittendahl avait veillé à sa propre protection en s’offrant les services d’un sorcier. La magie de l’enchanteur n’avait cependant pas suffi à tenir la peste à l’écart du château. Ironie du sort, il avait été parmi les premiers à périr. Le baron terrifié était maintenant complètement retranché et espérait encore échapper à la pandémie en restant dans l’isolement. Et pour cela, il avait fait appel à son suzerain, le comte Malbork von Drak. C’était un homme violent et il imposa une quarantaine, entourant la ville de mercenaires chargés de tirer à vue sur toute personne cherchant à fuir la ville. Les corps de ceux qui s’y étaient essayés pendaient à un gibet et dissuadaient leurs voisins d’en faire autant.

Les cultes classiques de Shallya et de Morr, dont Frederick Van Hal, tentèrent d’endiguer la maladie, mais leur échec les discréditèrent. La plupart des prêtres de Bylorak étaient morts, et le grand prêtre avait fui dans un ermitage, quelque part au sein du marais, abandonnant ainsi son temple. En son absence, des Fanatiques de l’ancienne religion s’étaient résolus à prendre les choses en main. Ils avaient défoncé les portes du temple et volé la représentation de leur dieu, afin que Bylorak soit témoin de la dévotion et de la foi de ses disciples. C’était une effigie partiellement humaine taillée dans une pierre verte, une sorte d’homme trapu aux larges épaules, avec une gueule de crapaud béante et un œil laid au milieu du front. Ses cheveux étaient constitués de roseaux du marais, et sa barbe, de mousse. Il tenait un poisson dans la main gauche et un crâne humain dans la droite. Tous les six pas, les hommes qui poussaient l’idole s’arrêtaient. Hurlant le nom de leur dieu à l’adresse du ciel, ils se flagellaient violemment. Considérant les dieux de l'Empire comme des êtres faibles et impuissants, ils s’étaient à nouveau tournés vers les vieilles divinités des Fennones. Le temple de Bylorak avait ravivé de vieux rites qui laissaient les morts dans la fange du marécage afin que nul n’ait besoin de passer sous l’arche du jardin de Morr.

Lorsque Vlad von Carstein entreprit de chasser tous les prêtres de Sylvanie et que les prêtres de Sigmar, de Shallya et de Morr qui vivaient à Bylorhof s'enfuirent, le prêtre de Bylorak refusa de partir. Il entra dans la clandestinité et continua à entretenir le culte de son dieu dans le cœur du millier de fidèles de Bylorhof. Les vampires les ignorèrent, les considérant comme de pauvres adeptes d'un bon à rien de «dieu des marais qui s'étendent derrière le poulailler. »

Les choses prirent un tour différent lorsque le comte Ranelf von Feuerfliege reçut le gouvernement de la ville après la résurrection de Mannfred von Carstein. Impatient de démontrer ses capacités, il s'attaqua au culte de Bylorak et fut vaincu. Son corps décapité flotte à présent entre deux eaux, planté sur un épieu au fond des marais de Bylorhof. Devant la soudaine vacance du pouvoir qui s'ensuivit, les prêtres de Bylorak prirent le contrôle du gouvernement et assurèrent au peuple qu'il n'y aurait pas de représailles. Ils rouvrirent les temples de la ville et invitèrent des prêtres du Stirland à venir les administrer. Ils commencèrent également à négocier avec les autorités de Wurtbad pour qu'elles les reprennent dans leur giron, en leur laissant subtilement entendre que, faute de réponse de leur part, ils n'hésiteraient pas à demander l'assistance de l'Averland.

Avec ses quatre temples et son culte du dieu des marais plus florissant que jamais, Bylorhof brille d'un douloureux éclat de sainteté aux yeux des vampires qui la regardent. C'est le seul site de Sylvanie qui ait réussi à résister victorieusement à l'influence des comtes vampires. Du moins, jusqu'à maintenant.

Sources

  • Warhammer JdR v2 - Les Maitres de la Nuit
  • C.L. Werner, La Peste Noire 1 : Hiver Mort, Black Library, 2013