Buveur de Sang

De La Bibliothèque Impériale
Je contemplais une bête enragée, enchaînée à un mur par des anneaux d’airain maculés de sang. Chacun de ses grondements faisait trembler le sol ; chacun de ses mots était empli de fureur guerrière. Lorsque le Démon posa ses yeux sur moi, il me demanda de le libérer, de lui permettre de répandre la gloire du carnage sur ce domaine une fois encore. Je considérai sa requête un moment, car avoir un allié dans ce sinistre royaume eut été bienvenu. Puis je réalisai la folie d’une telle chose ; qu’il n’y avait aucune place pour la loyauté dans le cœur noir d’un Démon. La rage était son seul maître et le massacre l’unique compagnon qu’il reconnaîtrait jamais.
J’ai quitté ce lieu en hâte, et prié pour que les chaînes retiennent la créature jusqu’à ce que je fusse loin.
- Extrait du Liber Malefic

Les Buveurs de Sang

Les Poings de Khorne, les Goûteurs de Sang, les Seigneurs des Crânes, les Dévoreurs d’Entrailles et de Chair, les Messagers de la Mort, les Ensanglantés, les Gardiens du Trône, les Tyrans du Trépas, (Khak’akaoz’khyshk’akami)

Les Buveurs de Sang sont les Démons Majeurs de Khorne. Ils sont tout simplement les serviteurs du Dieu du Sang les plus brillants et les plus puissants, ce qui fait d’eux les favoris de leur maître. Leur soif de sang dépasse de loin l’entendement des mortels. Nul massacre, nul empilement de cadavres ne saurait les satisfaire, car les Poings de Khorne veulent toujours plus de morts. Les Buveurs de Sang ne sont pas seulement les plus dangereux des Démons de Khorne, mais de toute leur engeance. Un Buveur de Sang est un véritable messager de la mort capable de massacrer une armée entière, car il ne vit que pour frapper, mutiler et tuer. Il est la fureur de la guerre incarnée, la rage primale du monde libérée de toute entrave et faite chair. Mais qu’attendre d’autre d’une créature dont le maître est le Dieu du Sang, du Massacre et du Meurtre ?

Il est possible de converser avec un Buveur de Sang, car ces créatures parlent toutes les langues des mortels, dont elles connaissent les moindres dialectes et accents. Mais cela ne changera rien à l’affaire, car les Seigneurs des Crânes ne souhaitent que le massacre du monde pour en traîner la carcasse fumante aux pieds de Khorne. Le meurtre est la seule raison d’être des Buveurs de Sang, qui pointent leur tête dans les cieux menaçants pour évaluer les promesses de sang et de mort, avant de récolter de nouvelles pièces susceptibles de rehausser le Trône des Crânes. Sur le champ de bataille, le Buveur de Sang maîtrise le conflit. Ses légions sont soumises à sa volonté meurtrière et perpètrent des actes sans cesse plus dévastateurs pour faire honneur au nom de Khorne. Il s’agit d’êtres d’une incroyable ruse, dont l’instinct suffit à s’imposer sur les meilleurs et les plus ingénieux des généraux mortels. Ils sentent l’orientation de la bataille, et n’hésitent pas à employer leurs lames et leurs troupes à la moindre occasion, avec une efficacité redoutable.

Quand ils se joignent au combat, leur impact est terrifiant. D’un balayement de leur redoutable hache runique, ils peuvent terrasser des régiments entiers. Leur seule présence suffit à carboniser la terre et le battement de leurs ailes provoque de violents orages, comme si la haine qui bout dans les veines de Khorne éveillait l’essence des cieux. Le Buveur de Sang allie un machiavélisme déroutant avec une force incroyable. Nul homme ne peut se dresser contre une telle incarnation de l’esprit guerrier, car elle se jette dans chaque bataille avec un abandon total, dévastant tout ce qui passe à portée sans se soucier de sa propre intégrité. L’Ensanglanté aiguillonne les mortels, les conséquences de sa haine lui important peu. Mais le pire est que l’effroyable aspect du monstre galvanise les autres serviteurs du Dieu du Sang, qui entrent dans une frénésie presque suicidaire. Lorsque ces demi-dieux de la mort sont capables de fouler la terre, il faut une armée entière pour ralentir la progression d’un ennemi aussi implacable.

Cependant, ce n’est pas la colère des Buveurs de Sang qui les rend supérieurs aux autres Démons Majeurs, pas plus que leur force infernale ou l’habileté gagnée par une éternité de batailles. Ils doivent cela à l’enracinement de tous ces traits dans l’instinct meurtrier du plus bestial des prédateurs. L’âme des Buveurs de Sang n’est que colère et n’abrite ni pensée, ni gout pour l’intrigue et la manipulation - ils ne songent qu’à la chasse, au sang à verser au nom de Khorne et aux crânes à empiler au pied de son trône.

Ainsi, le Buveur de Sang est le plus implacable et le plus obstiné de tous les Démons. D’autres créatures de l’éther savent se retirer du champ de bataille si elles sont en mauvaise posture, afin de recouvrer leurs forces ou d’user d’autres armes, mais ce n’est jamais le cas du Buveur de Sang. S’il se retrouve encerclé, submergé, mortellement blessé ou même confronté à un héros imbu de pouvoirs divins, il continue de se battre. Telle est sa nature : il ne recule pas, ne faiblit pas, mais continue de rugir de défi à chaque coup, de manier sa hache avec une fureur sans cesse décuplée et de rendre honneur à son maître à chaque geste.


Manifestation

L’apparition d’un Buveur de Sang dans le Vieux Monde ravage invariablement la terre, produisant des vagues corruptrices dans toutes les directions. Les mortels se retrouvent contaminés par toute cette haine et cette soif de violence. Sur des kilomètres à la ronde, le ciel s’obscurcit et adopte un aspect spectral, des nuages gonflés de sang filant à travers le firmament pour déverser des torrents écarlates sur la terre. Des éclairs noirs émanent de ces abominations puantes, jaillissant des cieux dévastés par le Chaos pour embraser le continent.

Quand le Démon Majeur s’approche de ses ennemis, son essence émane par vagues de son imposante silhouette et contamine le cœur et l’âme des mortels qui croisent sa route. Les esprits s’échauffent alors et les émotions s’attisent. Le moindre affront, la moindre insinuation perçue donnent lieu à des bagarres générales, et les amis d’hier s’entre-tuent sous l’influence de la rage qui consume leur cœur. D’autres phénomènes témoignent de l’influence du Buveur de Sang. Les animaux se comportent étrangement et attaquent sans provocation. Les plantes muent, développant des piquants, voire des dents qui claquent l’air en quête de chair fraîche. Et, plus inquiétant encore, les objets inanimés se mettent à suinter. Des perles de sang noir apparaissent et dégoulinent à la surface des lames et se mélangent aux liquides déjà contenus dans des récipients.

Puis, il arrive. Des nuages noirs se déversent sur la plaine, étouffant le soleil. De ces profondeurs cyclopéennes, des éclairs rouges se succèdent dans un rugissement à faire douter les plus braves des héros ou à leur faire commettre les pires violences. Et, quand la pluie acide se déclenche et que le vent la fait s’abattre à l’horizontale, une énorme créature déboule de ce foyer de violence et se déploie pour apparaître telle qu’elle est: un Démon gigantesque à la peau d’un rouge suintant et à la crinière maculée de sang. Cet être incarne le meurtre, le massacre. Il est le Buveur de Sang. Il prend les airs, soulevé par de grandes pennes noires qui battent lentement et diffusent des relents de sang et de cuivre. Sa seule présence suffit à réveiller la violence qui sommeille dans le cœur des hommes, à les plonger dans de noires pensées et à susciter chez eux une soif de sang qui ne demande qu’à être étanchée.


Aspect

La guerre incarnée !

Ceux qui ont affronté un Buveur de Sang et survécu à l’expérience évoquent tous la forme colossale d’un Démon à face de chien, une impression de barbarie suprême, un monstre écumant et grognant porté par des ailes noires assez vastes pour masquer le soleil. Le monstre présente les pattes inférieures d’une bête à mi-chemin entre le taureau et la chèvre, et le haut du corps d’un homme, recouvert d’un épais pelage noir et crépu, souillé de sang. Son cou puissant est surmonté d’une tête bestiale munie de défenses et de deux cornes de taureau pointant chacune d’un côté, le tout orné de symboles de Khorne. La peau rugueuse d’un Buveur de Sang est couverte d’une fourrure rêche et de plaques d’airain, que ses nombreuses victimes laissent en permanences poissées de sang. Cette armure a été forgée sur la chair du Démon par Khorne en personne, et elle fait partie intégrante de son corps. Par conséquent, même l’armure du Buveur de Sang est imprégnée des énergies impies qui nourrissent sa fureur. De nombreux Buveurs de Sang aiment dépecer le visage de leur victime qu’ils arrachent du crâne pour en agrémenter leur armure, comme pour parfaire la pureté de leur perversité.

Dans une main, il brandit une Hache de Khorne, une Arme-Démon avide de sang et de carnage, connues pour trancher la chair et l’acier avec une aisance redoutable. Un long fouet barbelé, grâce auquel le Buveur de Sang écorche vives ses proies, siffle dans son autre griffe. Ces fouets capable de lacérer aussi bien la chair que l’âme de ses victimes, ont été conçus à partir de la peau séchée d’adeptes de Slaanesh et ils émettent des gémissements et des hurlements à chaque flagellation, les âmes ainsi damnées exprimant leur souffrance éternelle. Ces armes sont maniées avec une force herculéenne par des muscles durs comme l’acier et une colère immortelle qui ne peut être assouvie.

Pouvoirs

Les Buveurs de Sang n’ont aucune capacité magique, car Khorne n’a que mépris pour les tours de passe-passe, et interdit la pratique de la sorcellerie. Seuls les fous pourraient considérer cela comme une faiblesse, car quel Dieu du Massacre chercherait à écarter une arme aussi puissante que la Magie ? Il se trouve qu’un Buveur de Sang possède une aversion qui fait écho à celle de son sombre maître. Ainsi la présence d’un sorcier dans les rangs ennemis attise-t-elle sa fureur, et poussera le Démon Majeur à se battre avec plus de férocité, si une telle chose pouvait s’imaginer…

De plus, les Buveurs de Sang produisent une aura de colère et de haine impies qui alimente la bête qui sommeille en chaque mortel, l’incitant à commettre des actes meurtriers. Mais cette soif de sang n’endurcit pas les hommes au point de les rendre insensibles à la vue traumatisante de ce Démon. Ceux qui ont été témoins de la grandeur d’un poing de Khorne sombrent presque invariablement dans la folie, l’esprit consumé par la portée de cette puissance et le destin funeste qu’elle promet.

Quand un Buveur de Sang apparaît, il fend l’air de son horrible rugissement qui n’est autre que le chœur de mille âmes gémissantes. Ceux qui ont le malheur d’entendre l’appel du Buveur voient leur âme se dessécher devant ces flammes de haine. La réverbération suffit à rendre fous tous ceux qui la perçoivent, qui plongent dans une orgie meurtrière dans laquelle les mortels s’entre-tuent avec un effroyable abandon, oubliant jusqu’aux concepts d’alliance et d’amitié.

Bien que le carnage que peuvent engendrer les humains soit terrible, rien n’est comparable à ce que les Ensanglantés peuvent perpétrer dans leurs armées. L’imposante forme du Buveur de Sang vient ternir les rayons du soleil, les relents de sang et de mort forment des nuages de putréfaction suffocantes qui paralysent l’ennemi, en proie à la nausée. Les coups des haches Démoniaques et les lacérations des fouets éviscèrent les victimes, telles de vulgaires membranes gonflées de sang. Quand un Buveur de Sang se laisse aller au meurtre, un nuage de brume cramoisie l’enveloppe.


Un Buveur de Sang menant les armées de Khorne au combat.

Sources

  • Warhammer JdR - Le Tome de la Corruption
  • Livre d’Armée des Démons du Chaos, V8