Athel Loren

De La Bibliothèque Impériale
« Athel Loren est à la fois le salut et la damnation. Nous traversons les branchages entre éternelle grandeur et totale oblitération. Seule la forêt connaît la réponse, mais la forêt reste trop souvent silencieuse face à la question. »
- Elui Murmurbois, Prophète et Scribe du Roi Phénix.


Un vaste royaume forestier.

Athel Loren est la plus ancienne des forêts du Vieux Monde. Ses arbres les plus vieux sont les jeunes pousses ayant germé à partir des graines semées par les serviteurs des Anciens en personne. C’est un lieu mystique qui s’étend sur une surface immense, mais nul ne sait si ce sont les Anciens ou l’influence du Chaos qui a éveillé ses arbres et leur a donné une âme. Toujours est-il qu’à l’aube des temps, ils ont commencé à raisonner d’une façon surnaturelle, et ont appris des sentiments tels que la haine et la colère. La forêt a peu à peu pris conscience d’elle-même et des autres races qui grouillaient comme des insectes à la surface du monde. Et les intentions de ces dernières ont éveillé sa rancœur…

Des menhirs gravés de runes Elfiques marquent les limites de ce domaine végétal. Au-delà s’élèvent des arbres gigantesques dont les branches frissonnent et se tordent lentement, comme pour échapper à la barrière magique que forment ces pierres gardiennes. Les racines rampent et griffent les pierres couvertes de mousse, au milieu d’une brume persistante qui recouvre les clairières et les cavités du sol. Un tel labyrinthe de troncs et de branches suffit à rebuter l’esprit le plus décidé, car il abrite des yeux épieurs, des mouvements furtifs à peine entr’aperçus et des bruits inquiétants. La tranquillité surnaturelle des clairières tapissées de feuilles mortes et la brise silencieuse soufflant sur les sentiers ne voilent aucunement le sentiment d’être observé et mesuré à chaque pas que l’on y fait.

On aperçoit parfois du coin de l’œil des silhouettes impalpables se déplacer à travers les branches basses et les fourrés, suivies par de petites formes semblant aller d’un arbre à l’autre. Athel Loren sait tout ce qui se passe en son sein, et bien que son influence soit discrète, elle est prête à éliminer tout intrus qui pénètre ses frondaisons. Seuls les fous ou les plus intrépides osent la braver, car c’est un lieu hanté par des créatures et des esprits hostiles.

La forêt d’Athel Loren défie les lois du temps et de l’espace. Il est possible d’explorer ses sous-bois les plus sombres pendant seulement quelques heures, pour ensuite en ressortir et se rendre compte que des siècles se sont écoulés dans la vie réelle. De la même façon, certains se sont déjà perdus dans la forêt pendant des décennies avant de finalement s’en échapper pour s’apercevoir qu’une poignée de minutes se sont écoulées depuis leur disparition. Athel Loren est plus vivante que n’importe quelle autre forêt, et il est impossible de s’y orienter car les repères changent sans arrêt de place. Un endroit où s’ouvrait une clairière se retrouve recouvert d’une végétation inextricable le matin suivant, tandis que les sentiers disparaissent ou se reforment sans cesse.

La plupart de ceux qui pénètrent Athel Loren tournent en rond malgré leurs efforts pour s’enfoncer dans la forêt. Même s’ils essaient d’avancer droit devant, ils retombent sur l’orée des arbres. Une minorité de ceux qui insistent reviennent fous à lier, leur santé mentale définitivement réduite en lambeaux par les horreurs dont ils ont été les témoins. Les autres ne réapparaissent jamais.

Cependant, certains Esprits de la Forêt ne sont pas systématiquement agressifs envers les étrangers. Ceux qui ont de la chance ou un cœur valeureux trouvent parfois un chemin au milieu des arbres, guidés par un rai de lumière ou un sentier moins traître que les autres. Engaillardis par de telles histoires, les étrangers désireux de pénétrer dans la forêt pour tenter de découvrir ses secrets ne manquent pas. Quoi qu’il en soit, il y aura toujours des individus prêts à affronter les dangers d’Athel Loren, attirés par des légendes parlant de connaissances occultes ou de trésors cachés.

L’essentiel d’Athel Loren est plongé dans une pénombre crépusculaire, et seuls quelques rais solaires ou lunaires parviennent à percer la canopée par endroits. Ce n’est que dans les clairières que l’on peut contempler la voûte céleste. Certaines sont si grandes qu’elles pourraient accueillir une cité tout entière, et elles font l’envie des Ducs Bretonniens qui se verraient bien les annexer à leurs propres domaines. Quelques-uns ont essayé. Aucun n’y est jamais parvenu.

Les Elfes Sylvains vivent à Athel Loren depuis près de cinq mille ans. Au fil du temps, ils se sont liés à leur habitat à un point tel que leur nature intrinsèque a évolué pour refléter la forêt elle-même. Ils se sont progressivement détachés des autres Elfes Sylvains et sont devenus secrets, méfiants et repliés sur eux-mêmes. Leur destin est désormais celui de la forêt dont ils sont les gardiens : si celle-ci venait à disparaître, alors les Asrai mourraient avec elle.

Les Royaumes Éternels

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Athel Loren est divisée en douze royaumes, chacun gouverné par un seigneur ou une dame également membre du grand conseil. Certains royaumes sont figés dans le temps, et ne connaissent qu’une seule saison tout au long de l’année. D’autres sont plongés dans une nuit perpétuelle, ou sont au contraire éclairés en permanence par l’astre solaire. De plus, le temps et les distance opèrent étrangement en Athel Loren. Certains lieux spécifiques semblent souvent changer de position, et même les frontières se déplacent d’un jour sur l’autre. Un trajet de quelques lieux peut prendre un an, et des centaines de kilomètres peuvent être parcourus en une heure.

Les halls magiques des seigneurs et des dames sont éparpillés dans les clairières de ces domaines. Leurs immenses entrées sont aménagées dans les troncs d’arbres millénaires ou dans le flanc des collines. Elles sont invisibles pour tous les indésirables, si bien que plus d’un intrus est passé à quelques coudées à peine d’une telle porte sans même la remarquer. Ceux qui ont la chance d’y pénétrer se retrouvent dans de grandes cavernes creusées sous l’arbre ou dans les entrailles de la colline. Des racines forment une voûte grandiose avant de descendre en torsades pour former d’élégants piliers décorés de gemmes et d’argent brillent sous la lumière chaude qui baigne l’endroit. Il résonne en un tel lieu une mélopée envoûtante et des rires semblables au bruissement du Vent. Des lanternes ouvragées décorent les murs, chacune renfermant de petites créatures de forme humaine qui diffusent de la lumière, telles des lucioles.

C’est là que les Elfes Sylvains célèbrent le cycle de la nature. Ils organisent de grands banquets et des jeux lors desquels leur vin capiteux coule à flots. Des enfants, enlevés dans les terres aux alentours d’Athel Loren et destinés à ne jamais grandir, servent joyeusement leurs maîtres Elfiques. Les halls s’emplissent de rires cristallins, de danses et de musiques raffinées. Il arrive que des étrangers, tels que des Chevaliers de la Quête, soient conviés à ces fêtes, toutefois seul un imbécile goûterait aux mets des Elfes Sylvains sans y avoir été invité…

Talsyn, les Bois de l’Éternité

Gouvernés par sire Araloth

Talsyn est le plus vaste et le plus prospère des domaines d’Athel Loren, par conséquent ses guerriers ont toujours formé un contingent majoritaire au sein de ses armées. Certains seigneurs et dames des autres clairières sont jaloux de cette prééminence, qu’ils attribuent non pas au mérite, mais à la présence de la Clairière du Roi et du Chêne des Ages dans les Bois de l’Éternité. Sans doute ce ressentiment est-il fondé tout autant sur la jalousie que sur la vérité, nonobstant, même s’ils sont nombreux à envier le prestige de sire Araloth, rares sont les seigneurs et les dames désireux de partager ses responsabilités.

Le lien qui unit les Elfes Sylvains des Bois de l’Éternité et les Esprits de la Forêt est plus fort que partout ailleurs à Athel Loren. C’est là que le vénérable Homme-Arbre Adanhu avait élu domicile, et depuis sa disparition, ses congénères ont respecté son désir de cœxistence avec les Elfes Sylvains. Certes, on ne peut pas dire qu’ils sont véritablement amicaux, mais au moins se retiennent-ils d’enlever des enfants, comme ils ont tendance à le faire dans d’autres régions d’Athel Loren.

C’est à Talsyn que se trouve le cœur du réseau des racines du monde. Lorsque le monde était jeune, les esprits d’Athel Loren voyageaient à travers elles jusqu’aux forêts des autres continents. Aujourd’hui, la plupart des racines sont mortes, ou les forêts lointaines ont succombé aux haches des races barbares. Malgré tout, les Elfes Sylvains peuvent encore en emprunter certaines pour se rendre même jusqu’à Naggaroth s’ils le désirent.

Arranoc, l’Été Sans Fin

Gouverné par sire Amadri

L’hiver ne descend jamais sur les vertes étendues d’Arranoc, aux clairières éclairées toute l’année par un soleil chatoyant. Pareillement, la nuit ne tombe que rarement sur cette partie de la forêt, et lorsqu’elle survient, elle ne dure que quelques heures à peine. Les esprits de l’Eté Sans Fin sont dynamiques, car le passage des saisons ne les affecte pas. Quant aux Elfes Sylvains de ce lieu, ils sont généreux, et organisent de grandes fêtes à la moindre occasion. Contrairement à la plupart des autres habitants d’Athel Loren, ils accueillent chaleureusement les étrangers amicaux, et ont même permis aux humains de Parravon de s’installer dans leur partie de la forêt (bien que ceux-ci traversent l’existence comme s’ils pouvaient être punis de mort pour s’être gratté le dos contre un arbre). Si les Elfes Sylvains d’Arranoc n’attendent effectivement que de sanctionner la moindre infraction, ils proposent souvent au humains de se joindre à leurs festivités. Même les plus réticents succombent au plaisir de la fête dès la première gorgée de vin capiteux.

C’est ainsi que de nombreux visiteurs passent des siècles entiers dans les clairières de l’Eté Sans Fin, buvant, mangeant et s’amusant sans remarquer le passage du temps. Rares sont ceux à s’apercevoir que leurs convives Elfiques changent régulièrement, et que ces derniers s’engouent avec plus de mesure. Plus rares encore sont les invités qui remarquent que les autres hôtes étrangers sont emmenés en silence par des Esprits de la Forêt quand enfin ils s’écroulent de fatigue. Ces convives endormis sont déposés aux portes des Cryptes de l’Hiver, d’anciennes cavernes antérieures à la venue des Elfes Sylvains. Elles abritent des choses qui dévorent les créatures repues et indolentes abandonnées sur leur seuil. Ainsi meurent tous les hôtes d’Arranoc, sacrifiés à des créatures qui autrement s’en prendraient aux Elfes Sylvains de l’Eté Sans Fin.

Argwylon, les Clairières de la Lune Printanière

Gouvernées par sire Thalandor

Argwylon est une terre lumineuse et merveilleuse, où les rivières sont peuplées de Naïades et où les cascades résonnent de voix fantomatiques. C’est un domaine profondément magique, où se produisent quotidiennement des événements qui seraient qualifiés de miracles ailleurs dans la forêt.

Il s’agit du seul lieu d’Athel Loren où les anciennes traditions d’Ulthuan persistent, et où des chroniques sont tenues ajour. Il n’est donc guère surprenant que les Elfes Sylvains d’Argwylon se considèrent supérieurs aux autres, ce qui ne leur attire pas la sympathie de leurs congénères ni des Esprits de la Forêt. Pour preuve, même les Naïades de la Grismerie, pourtant prodigues de leur compagnie, supportent à peine d’entretenir une conversation avec un Elfe d’Argwylon. En revanche, les aigles les apprécient, car ce sont les seuls Asrai d’Athel Loren capables de parler leur langue.

Modryn, les Futaies Nocturnes

Gouvernées par dame Morlanna et sire Arlas

Modryn est une terre crépusculaire. Le soleil ne perce jamais ses frondaisons, et la seule source de lumière provient des Farfadets capricieux qui se chamaillent et bondissent sans cesse d’une cime a une autre. Les Elfes Sylvains et les esprits des futaies Nocturnes sont affectés par l’obscurité omniprésente et sont amers, même selon les standards d’Athel Loren. Leur magie et leurs coutumes sont interdites dans les autres royaumes, et les Dieux qu’ils vénèrent sont fuis par les autres Elfes Sylvains.

Il n’en a pas toujours été ainsi, Les Futaies Nocturnes étaient autrefois des contrées lumineuses, et ses habitants étaient accueillants. Cela changea lorsqu’Ariel connut une période sombre, et que son vague à l’âme s’étendit à toute la forêt. La reine magicienne finit par retrouver sa joie de vivre, ainsi que tout Athel Loren, sauf les futaies Nocturnes, qui ne se remirent jamais de cette triste époque.

Cavaroc, les Marches Célestes

Gouvernées par sire Edrael

Les prairies et les terres faiblement boisées de Cavaroc s’étendent au sud d’Athel Loren. Les Elfes Sylvains de Cavaroc sont des cavaliers hors pair, et les premiers à répondre à l’appel à la guerre. Ils s’emportent facilement et agissent rapidement pour punir les intrus. De même, si les Elfes Sylvains d’Athel Loren s’aventurent dans le monde extérieur pour porter le fer à l’ennemi, il est fort probable que les cavaliers des Marches Célestes seront à la tête de la charge.

Il n’est guère étonnant que les Elfes Sylvains de Cavaroc soient plus impétueux que les autres, car leurs plaines sont toujours les premières terres attaquées par les Ducs Bretonniens désireux d’étendre leurs domaines. Par le passé, les Elfes Sylvains se contentaient de soumettre les humains par la force, mais récemment, ils ont eu recours à des moyens subtils, notamment en substituant des Damoiselles du Graal de Quenelles par des Esprits de la Forêt changeformes qui contrecarrent les plans des différents Seigneurs Bretonniens.

Atylwyth, le Cœur de l’Hiver

Gouverné par sire Sceolan

Atylwyth est un endroit figé dans un hiver perpétuel. Les branches sont recouvertes d’un givre qui ne fond jamais, et ses clairières d’une épaisse couche de neige. Des statues de glace forment des alignements sur les bords des sentiers et marquent les entrées des halls. Certaines sont des sculptures exquises réalisées par des artistes, d’autres sont des Naïades ou des Farfadets maléfiques pris dans la glace par la magie, afin de les punir de leurs actes passés, ou pour les empêcher de faire le mal dans le futur. Ces statues se modifient quand on ne les regarde pas, car leurs prisonniers tentent infatigablement de se libérer de leur étreinte.

Peu d’Esprits de la Forêt sont éveillés sur ces terres, car le froid mordant les pousse à rester en hibernation, et à attendre en vain l’avènement du printemps. Les liens spirituels entre les Elfes Sylvains et la forêt sont donc ici plus faibles que partout ailleurs en Athel Loren. Les rares Esprits de la Forêt qui s’éveillent ne communiquent pas de vive voix avec les Elfes Sylvains, et préfèrent les influencer par le biais de songes.

Contrairement aux autres régions de la forêt, les défenses Atylwyth ont toujours reposé entièrement sur les épaules des Asrai, car même une menace d’extinction ne peut pas sortir les Esprits de la Forêt de leur torpeur. Les Atylwythi s’entraînent donc au combat avec encore plus d’assiduité que les Elfes Sylvains des autres royaumes, et les halls de sire Sceolan comptent plus de Gardes Éternels que ceux de tous les autres souverains de la forêt.

Cythral, les Bois Sauvages

Entrer dans les Bois Sauvages revient à se condamner.
Gouverné par dame Draya

Tous les esprits d’Athel Loren ne vivent pas en harmonie avec les Elfes Sylvains. Aujourd’hui encore, des milliers d’années après le premier grand conseil, certaines de ces créatures cherchent à éliminer les Asrai par pure perfidie ou parce qu’ils les considèrent comme des intrus. Si on les laissait faire, ils attaqueraient les Elfes Sylvains avec tous les moyens à leur disposition.

Ce fut pour se protéger de cette menace que les premiers Asrai installèrent des pierres gardiennes au sud-est d’Athel Loren, donnant ainsi naissance au Bois Sauvages, c’est-à-dire une prison pour les Esprits de la Forêt les plus maléfiques. Ainsi, en dépit de leur cruauté, les Dryades et les Hommes-Arbres qui vivent ailleurs dans Athel Loren peuvent être considérés comme les moins néfastes de leur espèce. Néanmoins, la ligne de pierres gardiennes n’est pas suffisante pour retenir indéfiniment les habitants de Bois Sauvages. Ces derniers comptent parmi eux des Hommes-Arbres et d’autres créatures colossales, qui n’ont aucun mai à jeter à bas quelques menhirs si l’envie leur en prend. La perte d’une ou deux pierres gardiennes n’a pas d’effet sur l’efficacité du réseau, mais si un grand nombre de pierres adjacentes sont abattues, cela pourrait créer une brèche par laquelle les Esprits de la Forêt s’échapperaient.

Les Elfes Sylvains doivent donc s’assurer que les pierres gardiennes restent debout. Ils ne vivent pas a l’intérieur du Cythral, et ne s’y aventurent qu’en cas d’extrême nécessité. Leurs halls se trouvent aux abords du réseau magique. Les intrus sont malvenus, et pour de bonnes raisons : certaines créatures de Bois Sauvages ont une apparence séduisante afin d’envoûter les mortels. Leurs victimes ont l’esprit dévoré et remplacé par celui d’une Naïade des ombres ou d’un Farfadet maléfique. Les Gardiens des Bois Sauvages doivent être à l’affut de tels imposteurs, et n’hésitent pas à capturer les intrus, à les décapiter et à brûler leurs corps par mesure de précaution. Mieux vaut assassiner un innocent plutôt que de laisser un changelin s’échapper et infiltrer la cour d’Athel Loren.

Tirsyth, le Hall des Cendres

Gouverné par dame Arda

Les Elfes Sylvains des autres régions d’Athel Loren trouvent que le Hall des Cendres est un endroit triste et peu accueillant. Ils en veulent pour preuve le caractère lugubre de ses habitants et les couleurs sombres de leurs habits. Le Hall des Cendres ne résonne d’aucune chanson, uniquement des chuchotements de ces Elfes Sylvains qui vivent en permanence dans l’ombre de la mort.

Ce n’est pas que les Elfes Sylvains de Tirsyth sont plus fatalistes que les autres, mais simplement qu’ils célèbrent la fin de l’existence tout autant que son commencement. Ils décorent leurs clairières de statues en pierre-de-lune à l’effigie des défunts, afin de les commémorer, fait rare ailleurs en Athel Loren. Pour d’obscures raisons, les Esprits de la Forêt aussi font preuve de respect envers les morts, au point que des Hommes-Arbres ont élu domicile près des statues les plus révérées. Malheur à ceux qui tenteraient de les profaner.

Wydrioth, les Pics des Pins

Gouverné par sire Findol et dame Evelyne

Les Pics des Pins sont dans un état de guerre permanent, car ils sont assaillis par les Nains et les Peaux-Vertes des Montagnes Grises. À première vue, leurs pentes ne sont pas plus faciles à défendre que le reste d’Athel Loren, mais lorsqu’un envahisseur parvient aux frondaisons, il se rend compte a quel point les Pics du Pins forment une forteresse végétale. Les Elfes Sylvains ont érigé des bastions au sommet des chênes, et ont créé de véritables murs de ronces. Un labyrinthe de passerelles et de tunnels aux voûtes formées par des racines relie les avant-postes, si bien que ce réseau défensif est capable de repousser toute une Waaagh!. Beaucoup de Seigneurs de Guerre ont rencontré leur destin sur les clairières de Wydrioth, car emmener une armée dans les Pics des Pins est infiniment plus simple qu’en ressortir indemne. Findol et sa cour sont notoirement sauvages, et éprouvent une joie malsaine à massacrer quiconque s’aventure sur leurs domaines.

Fyr Darric, le Bois du Trompeur

Gouverné par dame Heggria

Fyr Darric est la terre sainte de Lœc, et compte de nombreux sanctuaires lui étant dédiés. C’est également la que se trouvent les Halls des Festins de la Danse Guerrière, c’est-à-dire ce qui se rapproche le plus d’une demeure fixe pour les Danseurs de Guerre. Ainsi, les clairières de Fyr Darric résonnent sans cesse de rires, bien que ceux-ci aient des intonations cruelles. En effet, chaque tromperie implique une victime, qui peut subir aussi bien une simple vexation qu’une mort lente et douloureuse.

Cela est encore plus vrai lors du Festival de l’Équinoxe, lorsqu’on promet la liberté à des captifs s’ils parviennent à tuer un Danseur de Guerre en duel. Bien sûr, aucun n’y parvient jamais, car les dévots de Lœc sont des duellistes inégalables. En réalité, l’enjeu n’est pas la libération des victimes, mais plutôt le décompte des blessures qu’un Danseur de Guerre peut infliger avant que son opposant succombe. Ceux qui meurent avec moins de cent plaies sont considérés comme de piètres adversaires…

Torgovann, la Forge de la Lumière Stellaire

Gouvernée par sire Daith

La Forge de la Lumière Stellaire est le domaine des artisans et des forgerons qui fabriquent tous les outils et les armes d’Athel Loren. Au centre de cette région se trouve l’Enclume de Vaul, le sanctuaire dédié au Dieu Artisan, et chaque nuit, les hêtres qui bordent cette clairière sont baignés dans la chaude lumière des temples-forges. Inévitablement, la chaleur de l’Enclume de Vaul attire les esprits des clairières voisines, qui observent tels des enfants fascinés les marteaux qui modèlent le métal. Ces créatures adorent les flammes à cause de la chaleur vitale qui en émane, mais elles s’assurent également qu’aucun incendie destructeur ne se déclare.

Sire Daith, le plus célèbre de tous les forgerons, est le maître de ce lieu depuis plus longtemps qu’aucun Elfe ne peut se le rappeler. On murmure même que Daith est plus âgé qu’Ariel et Orion, et qu’il s’enfuit d’Ulthuan aux côtés des premiers colons. D’autres racontent que c’est lui qui créa l’Armure Dragon d’Ænarion. Si c’est vrai, cela veut dire que Daith est âgé de plusieurs milliers d’années, chose d’ordinaire impossible en tout autre lieu qu’Athel Loren, où le temps s’écoule différemment. Dans tous les cas, son apparence physique ne trahit pas un âge aussi canonique, car il ressemble à un Elfe d’âge mûr. Sa cécité n’affecte en rien ses talents de forgeron, car il vérifie ses créations au toucher, et se fie à la chaleur dégagée par le métal pour connaître son aspect. Daith est également connu en Athel Loren pour sa verve et son tempérament bouillonnant.

  • L’Épée de l’Esprit : En 1703, sire Daith forgea l’Épée de l’Esprit pour le compte de Dame Findol, qui refusa de le payer, prétextant faussement que la lame était imparfaite. Elle changea cependant rapidement d’avis lorsque Daith souleva les bois contre sa demeure. Depuis, Daith est toujours payé en temps et en heure par ses clients.

Anmyr, Terne-Gîte

Gouverné par dame Tevaril et dame Delynna

Anmyr est un royaume en déclin. Il y a de cela plusieurs années, l’horrible Morghur fut tué dans cette région, et son sang corrompit le sol sur plusieurs dizaines d’acres. Addaivoch, le magnifique lieu qui servait autrefois de hall aux seigneurs d’Anmyr, fut réduit à l’état de carcasse desséchée au cours de la bataille. Aujourd’hui, son ombre maussade s’étend au-dessus d’une clairière stérile. Depuis ce jour, les Elfes Sylvains d’Anmyr luttent en vain contre la corruption de Morghur. Les hardes d’Hommes-Bêtes ne cessent de grossir, de plus en plus d’Esprits de la Forêt sombrent dans la folie, et des arpents entiers de forêts sont empoisonnés et meurent. Partout en Athel Loren, la perte d’un seul arbre est une tragédie, c’est dire si le sinistre héritage de Morghur est source de douleur pour la forêt.

Terne-Gîte n’est toutefois pas seul dans son combat contre la corruption. Les sires et les dames des autres royaumes savent que l’influence de « Cyanathiar » s’étendra si on ne la contient pas. Ainsi, des Elfes Sylvains de toutes les régions parcourent les clairières d’Anmyr pour éliminer les Hommes-Bêtes en maraude. Malheureusement, la force seule ne saurait vaincre le mal qui accable Terne-Gîte, car il est également spirituel : les Sabots Fourchus sont des rejetons du Chaos, et leurs actes sont le fruit de la volonté des Dieux Sombres. Seule une intervention divine pourrait sauver Terne-Gîte et restaurer sa gloire passée, toutefois les Dieux des Elfes sont affaiblis, peut-être même trop pour accomplir un tel miracle.


Les Clairières

L’aspect de la forêt de Loren varie beaucoup. Les bois s’étendent des plaines de Bretonnie jusqu’aux contreforts des Montagnes Grises. Sur cette étendue colossale, la nature de la végétation varie d’un bout à l’autre. À certains endroits, le sol est pierreux avec des monticules rocheux et des blocs qui s’élevant entre les arbres. À d’autres endroits, le sol est très meuble, avec des lacs au cœur même de la forêt. Il existe même des étendues dégagées où les hautes herbes remplacent les arbres. Certaine régions sont caractérisés par l’abondance de certaines essences d’arbres.

Si la plus grande partie de la forêt baigne dans une pénombre surnaturelle seulement traversée occasionnellement par les tares rayons du soleil ou de la lune qui parviennent à y pénétrer, il y existe aussi des régions dégagées où il est possible de regarder le ciel bleu le jour ou les étoiles la nuit ; les Elfes Sylvains appellent ces zones "clairières". Ce sont non seulement des endroits ouverts au soleil, mais souvent aussi des points où les courants magiques affleurent à la surface même du sol.

Chaque Clan Elfe venu s’installer dans la forêt le fit dans une clairière particulière. Certains clans se sentirent attirés par un endroit bien défini plutôt que par un autre. Une fois qu’un Clan avait choisi une clairière comme point de départ de sa colonie, les Elfes qui y appartenaient commençaient à adapter leur mode de vie à l’environnement immédiat. Chaque clairière eut une influence subtile sur le clan qui s’y trouvait. Certains clans ne restèrent pas longtemps au même endroit et adoptèrent un mode de vie nomade qui les mena d’un bout à l’autre de la forêt. Lorsqu’ils s’installent pour une petite période, ils choisissent toujours le même type de clairière au milieu du même type d’arbres.

Les légendes Sylvaines parlent de certaines clairières marquantes de la forêt de Loren, chacune possédant ses caractéristiques et étant occupée par un clan particulier. Certaines de ces clairières sont partagées par plusieurs clans, d’autres sont évitées par tous. Les clairières sont parfois assez vastes et certaines sont en fait plutôt un réseau de clairières reliées entre elles qu’une véritable clairière. Avec le temps, la clairière principale d’un clan peut changer, mais elle se situe généralement dans la même région de la forêt, sauf dans le cas des clans nomades. Mais ceux-ci recherchent toujours le même type de clairières partout où ils vont.

Yn Edryl Koiran, la Clairière du Roi

La Clairière du Roi est un lieu vaste et merveilleux, entouré par d’énormes chênes millénaires. Lorsque les Elfes Sylvains pénétrèrent pour la première fois dans les profondeurs de la forêt, ils décidèrent de tenir leurs conseils et leurs rituels en ce lieu. Au fil des siècles, les Tisseur de Charmes créèrent une véritable cité au milieu des arbres. Les branches des grands chênes furent courbées afin de servir de toits, de galeries couvertes et de passerelles. C’est ainsi que des salles, voire des bâtiments entiers furent construits simplement avec des branches et du feuillage. Sous terre, les mêmes méthodes furent utilisées, mais cette fois avec les racines, pour donner naissance à des salles souterraines.

Bien qu’elle soit vaste, cette ville est invisible pour un œil non exercé, car elle se fond dans la forêt et passe inaperçue auprès des étrangers et des ennemis : l’essentiel des constructions se trouve en effet sous terre ou loin au-dessus du sol. De plus, la clairière du Roi est camouflée par le pouvoir de la magie. Ainsi, même si un intrus parvient jusque-là, il a toutes les chances d’errer pendant des heures sans rien remarquer.

Le Chêne des Âges, le cœur d’Athel Loren
Les Glands des Âges
Des glands poussent toute l’année sur le Chêne des Âges, mais il les perd lorsque Ghyran, le Vent de la Vie, souffle le plus fort. Ces graines magiques sont ramassées assidûment par les servantes d’Ariel et planté dans les régions de la forêt qui ont été ravagées par les guerres ou les incendies. Ces glands sont si imprégné de Magie qu’ils passent de jeune pousse à l’état d’un immense chêne en quelque secondes. Cette Magie justifie par ailleurs de ramasser les graines dès leur chute : le dernier écureuil à avoir consommé un gland du Chêne des Âges piétina l’essentiel de la Clairière du Roi, et il fallu réunir les armées de trois royaumes pour en venir à bout.

C’est depuis la clairière du Roi qu’Ariel et Orion gouvernent le royaume d’Athel Loren. Ils ne règnent pas seuls, car ils sont aidés dans leur tâche par un conseil composé actuellement de quinze seigneurs et dames originaires des divers domaines d’Athel Loren. Avoir sa place au conseil est un grand honneur qui se transmet de génération en génération depuis que les Asrai se sont installés dans les bois. Officiellement, les décisions sont prises à l’unanimité, mais en réalité, c’est Ariel qui tient les rênes du conseil. Personne, pas même Orion, ne peut s’opposer à elle lorsqu’elle a décidé quelque chose. Il s’agit là du meilleur atout des Elfes Sylvains tout autant que leur plus grande faiblesse, car bien que l’autorité d’Ariel leur apporte une unité dont les peuples de Naggaroth et d’Ulthuan manquent cruellement, il arrive qu’Ariel se trompe et prenne des décisions qui nuisent à Athel Loren.


Yn Edri Eternos, le Chêne des Âges

Le Chêne des Âges est le centre spirituel d’Athel Loren. C’est là que fut fondé le royaume sylvestre des Asrai, là que la mort et la résurrection rituelles d’Orion ont lieu chaque année. Les origines du chêne sont un mystère pour tous en dehors d’Ariel, car c’est au cœur de cet arbre qu’elle passe les longs mois d’hiver, et qu’elle se réfugie en cas de grave menace. Nul ne sait si elle vit alors dans l’arbre, ou si des halls ont été façonnés sous ses racines, car personne n’a osé le demander.

C’est là, sous les branches de cet arbre vénérable, que d’innombrables générations de sorciers d’Athel Loren ont appris la magie. En effet, celle-ci s’accumule en ce lieu, et ses aspects changent au gré des vents ésotériques. Le chêne est magnifique lorsque Ghyran souffle en force, et d’apparence plus décrépite quand Shyish est ascendant. Rares sont les artefacts de ce monde aussi imbus de magie qu’un simple gland de cet arbre. D’ailleurs, la plupart des sorciers Elfes Sylvains qui s’aventurent hors d’Athel Loren en emportent un avec eux. Il leur sert de charme protecteur, de souvenir de leur terre natale, mais aussi de réserve de pouvoir lors des cas désespérés.

Beaucoup d’Asrai pensent que le destin du Chêne des Âges est étroitement lié à celui d’Athel Loren, mais aussi à celui de toute leur race. C’est pour cette raison que quelles que soient les calamités qui s’abattent, et quels que soient les ennemis qui se présentent à l’orée de la forêt, les Elfes Sylvains ne reculeront devant rien pour éviter que le Chêne des Âges soit profané.


Athel Caiellin, le Bois des Songes

Athel Caiellin ne fait pas vraiment partie d’Athel Loren. Il s’agit plutôt d’une zone à part de la forêt. C’est un lieu de prophéties funestes et de terreurs indicibles, de magie bouillonnante et de choses démoniaques. Les Asrai n’entrent dans le Bois des Songes qu’en cas d’urgence, car ils savent qu’ils courent alors le risque d’attirer l’attention de Slaanesh. Les serviteurs du Prince du Chaos parcourent Athel Caiellin en quête d’Elfes Sylvains errants, et se battent entre eux pour passer le temps.

On ne peut pénétrer en Athel Caiellin qu’aux endroits où la Magie imprègne profondément les terres. Beaucoup de tels sites varient au rythme des saisons, et ne peuvent donc servir de portail qu’en plein été, ou au cœur de l’hiver. Ils sont souvent indiqués par des arches de pierre blanche recouverte de lierre, qui servent à avertir les voyageurs que le Bois des Songes s’étend au-delà. D’autres entrées sont simplement signalées par des murmures portés par la brise, ou par une légère luminescence dans l’air au-dessus de clairières à l’aspect étrange et perturbant.


Yn Cromarc Wyldyr, la Plaine Sauvage

La forêt de Loren est entourée par d immenses plaines parsemées de bosquets. On peut apercevoir çà et là des menhirs, des cairns et des cercles de pierre. Certains de ces vestiges furent érigés par des tribus humaines pendant l’Antiquité. Les origines des autres restent un mystère. Aux limites de ces plaines se trouvent les pierres gardiennes déposées par les premiers Asrai d’Athel Loren : ils connaissaient le pouvoir qui résidait dans la forêt et souhaitaient contenir sa colère.

C’est ainsi que la Plaine Sauvage est la véritable frontière d’Athel Loren, mais elle se modifie sans cesse, car les arbres luttent pour reconquérir les terres dont ils ont été chassés. Lors des printemps les plus vigoureux, il arrive que les arbres renversent des pierres gardiennes et que leurs jeunes pousses s’implantent au-delà. Lorsque cela se produit, les Tisseurs de Charmes usent de leur magie pour limiter l’expansion de bois. Même si ce faisant, ils protègent les paysans Bretonniens des alentours, ils agissent en réalité dans l’unique but de maintenir l’équilibre de la forêt. En effet, bien que l’instinct des arbres les pousse à étendre leurs racines sur le monde, les Elfes Sylvains cherchent à préserver l’unité de la forêt, car elle est la source de sa force. Si les arbres et les esprits pouvaient se propager librement, beaucoup d’entre eux périraient. Pire encore, les autres ne pourraient survivre qu’en devenant aussi cruels et assoiffés de sang que les plus terribles serviteurs des Dieux du Chaos. C’est pour cette raison que les Asrai protègent non seulement Athel Loren des intrus, mais également d’elle-même.

À une époque, ces terres furent disputées aux Elfes Sylvains par les Seigneur Bretonniens. Il y eut beaucoup d’agitation et des affrontements sanglants. Les Asrai faisaient souvent semblant de fuir vers la forêt pour entrainer derrière eux des Chevaliers imprudent qui n’en ressortaient jamais. Finalement, les humains apprirent à respecter la puissance d’Athel Loren, et le Roy lui-même reconnut la domination du Roi et de la Reine des Forêts sur ces terres. Depuis, les pierres levées marquent la frontière du royaume, au-delà de laquelle nul ne peut s’aventurer sans le consentement des Elfes Sylvains : outrepasser cette limite, c’est ce condamner soi-même !


Sources

  • Livre d’Armée des Elfes Sylvains, V8
  • Livre d’Armée des Elfes Sylvains, V6
  • Livre d’Armée des Elfes Sylvains, V4