École Impériale d'Artillerie

De La Bibliothèque Impériale
« L’Empire doit sa grandeur à trois choses : la foi, l’acier et la poudre noire. »
- L’Empereur Magnus le Pieux


Il y a maintenant longtemps que les armées de l’Empire recourent à l’artillerie. La glorieuse cité de Nuln a bâti l’essentiel de sa prospérité à l’aide des canons tonitruants qui constituent la fierté de bien des régiments impériaux. Malgré la réputation déplorable des explosions, engorgements et autres déficiences des armes à poudre noire, celles-ci sont très appréciées de beaucoup de nobles, aussi bien pour le vacarme qu’elles produisent que pour leurs origines Naines. Développées et perfectionnées par les Nains pour faire face à l’incursion dévastatrice de la Waaagh! menée par Gorbad Griff'Eud'Fer, ces armes paraissent redoutables, ce qui suffit pour bien des gens à justifier leur présence au sein de l’arsenal impérial.

Au départ, les armes à feu impériales étaient exclusivement le produit de spécialistes expulsés de la Guilde des Ingénieurs Nains pour leurs idées trop radicales. Ces expatriés se virent offrir des sommes d’argent et des terres par de puissants Nobles Impériaux à condition de fabriquer les meilleures armes possibles, ceci dans des conditions pour le moins rudimentaires avec des humains plus ou moins ignares en guise d’assistants. Ces humains finirent par apprendre cet artisanat et commencèrent à concevoir leurs propres armes. On compte parmi leurs récentes créations le Canon à Répétition Feu d’Enfer et le Tank à Vapeur Impérial.

Nuln fut choisie comme site de la fonderie militaire impériale pour plusieurs raisons. Tout d’abord, c’était une communauté prospère au carrefour de plusieurs routes marchandes, si bien que les matériaux bruts étaient d’un accès facile et que les produits finis pouvaient être transmis vers tous les coins de l’Empire, assez rapidement. Nuln disposait également d’une fonderie de cloches qui fournissait l’église et les établissements locaux. Elle fut facilement convertie pour la fonte des armes à feu. En outre, les Nains représentaient déjà une minorité substantielle au sein de la ville, offrant une main-d’œuvre qualifiée et abondante.

La première fonderie et école d’artillerie vit le jour durant le siècle précédant la Grande Guerre Contre le Chaos. Les Ingénieurs Nains avaient l’autorisation de leur Guilde de partager leurs secrets de conception avec les humains, tant qu’ils ne leur divulguaient pas celui des Runes, qui ne devaient en aucun cas agrémenter les armes des hommes. Sans compter que ces Ingénieurs exilés exigèrent un dédommagement copieux. L’Empire s’empressa de l’acquitter, car il cherchait désespérément un atout contre les hordes de Peaux-Vertes qui mordaient régulièrement sur les frontières méridionales. Les coffres du comte du Wissenland furent vidés à plusieurs reprises durant les dix années que demanda la construction, mais il fut au bout du compte en mesure de rembourser sa mise au triple en moins d’une décennie. Aujourd’hui, l’École Impériale d’Artillerie est le meilleur site d’apprentissage des armes à feu pour un humain, notamment en ce qui concerne les pièces d’artillerie. C’est également le seul endroit où ces armes sont conçues, en dehors des fonderies Naines.

Difficile de manquer l’École Impériale d’Artillerie. Ses murs de plus de cinq mètres cernent la bâtisse sur trois fronts, la muraille de six mètres de la ville se chargeant du quatrième. L’école domine l’Aver et offre une vue imprenable sur l’île du même nom, où se déroule l’essentiel de l’entraînement des artilleurs. Les remparts sont en blocs de calcaire noircis par deux siècles de suie et d’embruns fluviaux. Deux tours de 7,50 mètres marquent l’intersection entre les murs est et nord, avec le mur ouest, plus long, qui comprend également la porte principale. Le bâtiment forme un rectangle inégal qui s’élargit légèrement là où le mur suit le cours du fleuve. Dans l’enceinte, on trouve divers dortoirs aux allures de casernes, une grande cour pour les exercices excluant les détonations et des forges ramassées le long du fleuve. Toute la muraille est hérissée de canons et plusieurs Mortiers sont montés sur des chariots au milieu de la cour, à proximité de grandes piles de lourdes boules de pierre. Deux Canons à Répétition Feu d’Enfer occupent le mur nord, le long duquel on trouve les cuisines et la salle principale (qui fait également office de réfectoire pour les élèves) pour le rez-de-chaussée, les salles de classe au premier étage et les quartiers du personnel au second. Le mur ouest ne présente qu’un accès, une porte tout juste suffisante pour laisser passer un homme qui donne sur un escalier en bois étroit descendant vers le fleuve. Il s’y trouve un quai, deux ou trois petits canots y étant amarrés à toute heure.


Histoire des Armes à Feu dans l'Empire

Le Vieux Monde connaît actuellement une sorte de révolution. Les Nains y ont introduit leurs canons dévastateurs en même temps que la poudre, que l’on appelle aussi poudre noire. Lorsqu’ils l’ont essayée sur les champs de bataille, la plupart des chefs de guerre ont vite compris que malgré ses inconvénients évidents (son manque de fiabilité, par exemple), la poudre à canon permet d’obtenir des résultats grandement supérieurs à ceux des méthodes guerrières traditionnelles. Les armures deviennent quasiment inutiles, car les canons font des ravages impressionnants et sont capables de pulvériser des troupes de soldats d’une salve de mitraille ou de renverser des fortifications sous leurs boulets. Au début, il ne s’agissait que de simples canons, mais on a rapidement inventé des armes plus petites, conçues pour être manipulées par un seul individu. À mesure que les Ingénieurs ont perfectionné le procédé, ils ont mis au point des armes à feu qui pouvaient être tenues en main, des pistolets à répétition et bien d’autres choses encore. Dès les débuts, ces Ingénieurs ont accompli plusieurs progrès impressionnants, mais cette technologie reste expérimentale et coûteuse, si bien que les guerriers disposés à prendre des risques personnels et à engager les dépenses nécessaires à l’acquisition d’une telle arme ne sont pas encore très nombreux.

Les premiers fusils, très primitifs, n’étaient rien de plus que des tubes de métal fixés sur des fûts en bois, avec un trou sur le dessus qui permettait d’enflammer la poudre noire au moyen d’une mèche d’amadou ou d’une chandelle. De nos jours, la plupart des armes à poudre sont équipées d’une platine à mèche ou à silex. Les armes à poudre noire du Vieux Monde se rechargent toutes par le canon : l’utilisateur doit verser la poudre et la balle par l’embouchure de l’arme. Presque toutes celles que l’on trouve dans l’Empire sont des produits d’importation de fabrication Naine ou sont manufacturées à Nuln et à Altdorf. Dans ces deux villes, la disponibilité de ces armes est ainsi plus élevée qu’ailleurs.

Armes à Feu Primitives

Les premières armes à feu du Vieux Monde furent les couleuvrines. Il s’agissait, pour l’essentiel, de versions miniatures des canons utilisés par les Nains, avec un canon de métal monté sur un fût de bois. Tout près de la base du canon, il y avait une petite cuvette d’amorçage percée d’un trou, contenant une petite quantité de poudre, que l’utilisateur touchait d’une mèche enflammée pour que l’étincelle se communique par un conduit jusqu’à la charge contenue dans le canon. Comme l’artilleur devait amorcer cette dose de poudre à la main pour enflammer la charge proprement dite, ces armes étaient d’une précision toute relative et il fallait généralement un support d’un genre ou d’un autre pour obtenir un résultat valable. Leur portée efficace maximum était de 30 mètres environ.

Platines à Mèche

Peu de temps après l’invention de la couleuvrine et ses échecs cuisants, à la fois contre la cavalerie lourde du Chaos et les simples Chevaliers qui s’opposaient dans les querelles entre Comtes Électeurs rivaux, les Ingénieurs inventèrent un mécanisme de mise à feu permettant à l’utilisateur de tenir son arme à deux mains, diminuant ainsi la nécessité d’un support. Ce mécanisme se compose pour l’essentiel d’un bras mobile (ou serpentin) que l’on remonte en arrière et qui pince une mèche enflammée. Lorsque l’artilleur presse sur un levier, il libère le bras qui se trouve poussé dans la cuvette d’amorçage où il enflamme la dose de poudre, donnant naissance à une étincelle qui se précipite dans la chambre du canon par un conduit (ou lumière). La charge de poudre qui s’y trouve est alors mise à feu et le projectile est propulsé vers l’avant.

La platine à mèche représente une avancée considérable par rapport aux premiers modèles d’armes à feu, mais il faut tout de même du temps pour allumer la mèche, ce qui rend ces armes pratiquement inutiles si l’artilleur n’est pas préparé à l’avance. En outre, avec ses averses continuelles, le climat de l’Empire est tel qu’arriver à conserver une mèche allumée est une véritable performance et l’humidité du climat s’est révélée redoutable pour les mécanismes de mise à feu. C’est ainsi que les arcs sont restés les armes de prédilection de la plupart des régiments.

Platines à Silex et Platines à Rouet

En réponse aux difficultés incessantes que rencontraient les soldats qui utilisaient des armes à feu, les ingénieurs de l’Empire ont alors développé un nouveau mécanisme de mise à feu. Ils ont remplacé le bras à ressort par une petite roue dentée. Lorsqu’on presse la gâchette, la petite roue tourne en frottant contre une plaque métallique et fait jaillir des étincelles qui tombent dans le bassinet d’amorçage. Simultanément, en Arabie, on a inventé la platine à silex qui est une variation sur le concept du rouet. Dans ce mécanisme amélioré, la gâchette libère un bras porteur d’un petit morceau de silex qui vient frapper une plaque métallique en générant des étincelles qui tombent dans le bassinet.

Avec l’invention des platines à silex et des rouets, qui sont moins courants, les ingénieurs du Vieux Monde ont pu concevoir toutes sortes d’armes à feu différentes. Certaines sont dotées de plusieurs canons, tandis que d’autres sont des pistolets plus petits. Dans l’Empire, toutes ces inventions ont entraîné l’apparition d’une multitude d’armes nouvelles : par exemple, les pistolets de duel pour ceux qui préfèrent les armes plus petites et des armes à longue portée beaucoup plus précises, comme le Long Fusil de Hochland. En fait, l’École Impériale d'Ingénierie a tellement progressé qu’elle commence maintenant à expérimenter avec des armes à chambres multiples, capables de tirer plusieurs fois avant de devoir être rechargées.

Il est important de se souvenir que les armes à feu sont encore relativement nouvelles et expérimentales dans le Vieux Monde et qu’elles ne sont pas d’un usage très répandu. Elles restent chères, peu fiables et la plupart des gens préfèrent de beaucoup se servir d’arcs longs ou d’arbalètes pour attaquer à distance. En outre, la plupart des gens ne sont guère tentés à l’idée de subir les explosions malheureuses qui tuent ou handicapent un trop grand nombre de soldats, ce qui ne les incite pas à utiliser ces armes régulièrement.


Les Canons de Nuln

« Il n’existe aucun problème qui ne puisse être résolu avec des canons. »
- Chef Artilleur Boris Kraus de Nuln

On forge trois types de canons de campagne à l’École Impériale d’Artillerie : les Grands Canons, les Mortiers et les Canons à Répétition Feu d’Enfer, en plus de centaines d’armes plus modestes et de pistolets. Étant donné que chaque arme est conçue séparément, les réparations sont également très spécifiques. Les Grands Canons, Canons à Répétition Feu d’Enfer et Mortiers qui éclatent ou se fissurent ne peuvent être arrangés et sont rapportés aux fonderies de l’école avant d’y être portés à température de fusion et mélangés à d’autres métaux pour construire de nouvelles armes. Le bronze est le métal de prédilection pour ces armes.

Le Maître Alchimiste surveille l’étape de mélange de la poudre et s’assure de disposer d’une réserve des ingrédients nécessaires (obtenus auprès des détaillants locaux) pour l’année à venir. Les munitions sont coulées sur place. Pour les charges des petites armes, on recourt à la tour à plomb, tandis qu’on se sert de moules pour les boulets de canon. Quand les munitions commencent à manquer, les Grands Canons et même les Canons à Répétition Feu d’Enfer tirent souvent des boules de pierre façonnée plutôt que des projectiles métalliques plus coûteux. On engage souvent des tailleurs de pierre pour accompagner les armées qui partent assiéger. Leur fonction est alors de trouver une carrière accessible pour y extraire la pierre et préparer ces munitions.

Les cloches sont toujours fondues ici, ce qui permet de grossir les revenus de l’école, ainsi que ceux de Nuln.

Les Grands Canons

Les Grands Canons de l’École Impériale d’Artillerie sont la terreur des ennemis de l’Empire. Dans un bruit de tonnerre, ils projettent des boulets de fer sur l’infanterie adverse, traçant des chemins carmins dans ses rangs, rasant les cités et terrassant les monstres. En effet, même les plus grandes créature ne peuvent ignorer la puissance d’un canon, comme le démontra le Maître Artilleur Pumbart von Steyr durent le siège de Middenheim où il décapita net un Dragon d’un tir bien ajusté. Mais souvent, les canons fonctionnent mal : des faiblesses dans les méthodes de fonte peuvent laisser des brèches minuscules ou d’autres déficience dans le métal qui entraînent l’explosion du canon lors de sa mise à feu ; la poudre peut aussi ne pas s’enflammer ou exploser prématurément. En dépit d’accidents spectaculaires, les Grands Canons sont des armes extrêmement efficace qui ont été l’instrument de plus d’une victoire au service de leurs utilisateurs.

Toujours très critique, les Nains ne ratent pas une occasion de faire savoir que tout ce que ces canons ont de "grand", c’est que c’est un Nain qui en a conçu les plans à l’origine.

Les Grands Canons Impériaux, très efficaces, envoient des boulets de fer perforants avec un aplomb dévastateur.

Les Mortiers

Plus trapus que les grands canons, les Mortiers sont des armes lourdes à fût court, sans culasse (la force de recul étant absorbée par le sol), conçues pour tirer en cloche, fournissant à l’armée la possibilité d’attaquer un ennemi retranché. Au lieu de projeter des boulets plein, ils emploient des munitions creuses remplies de poudre et munies d’une mèche. Ces dernières explosent sur l’ennemi dans une tempête de fragments de fer rougis et de shrapnel, provoquant des dégâts effroyables et fauchant les soldats par régiments entiers.

Mettre à feu un mortier, nécessitant un double allumage difficile et dangereux - le projectile puis la charge propulsive - est toujours délicat, car la qualité de l’amorce est grandement aléatoire et il n’est pas rare qu’elle se consume avant que les servants aient fini de charger l’obus. Ainsi, les équipes de mortiers ont tendance à être superstitieuses et arborent de nombreux porte-bonheur et autres charmes sur leurs uniformes.

Un Mortier compense son manque de pouvoir d’arrêt en faisant des ravages explosifs.

Les Canons à Répétition Feu d'Enfer

Le Canon à Répétition Feu d’Enfer, ou Macroprojecteur de Plomb Pernicieux à Haute Vélocité de von Meinkopt, est l’une des plus sinistres armes à poudre noire jamais inventée. Sa puissance de feu dévastatrice peut anéantir un régiment entier en une seule salve tonitruante. Cette invention terrifiante de l’ingénieur fou von Meinkopt s’est répandue à travers tout l’Empire en un temps record. Ses neuf fûts séparés sont répartis sur trois châssis, eux-mêmes fixés sur un support pivotant, ce qui permet au Feu d’Enfer d’effectuer plusieurs tirs en une seule salve dévastatrice, capable d’anéantir le plus coriace des régiments en un clin d’œil dans une véritable tempête de plomb mortelle. Même les Guerriers du Chaos et leurs lourdes armures ne sont pas à l’abris.

Le problème, c’est que ces mécanismes sont loin d’être fiables, aussi les enrayements et les incidents de tirs sont nombreux, et ces canons explosent souvent. C’est pourquoi les servants qui opèrent ces machines ont en général déjà réglé leurs obsèques aux prêtre de Morr. Depuis la mort de von Meikopt lors de la mise à feu d’un exemplaire "fiable", les ingénieurs ont tendance à observer ces intéressants prototypes d’assez loin…

Les Canons à Répétition Feu d’Enfer éviscèrent l’opposition à distance avec une pluie continue de tirs de poudre noire.

Les « Enfants de la Balle »

L’École Impériale d’Artillerie entretient une relation de longue date avec l’orphelinat de la cité. Elle enseigne le métier d’ouvrier, d’artisan ou d’artilleur aux garçons qui en sont issus et s’assure non seulement qu’ils reçoivent une formation et les bases de la bienséance, mais aussi qu’ils apprennent les rudiments des mathématiques et de l’instruction. Outre ceux, nombreux, qui deviennent soldats, ingénieurs, fabricants d’armes à feu ou artilleurs, bon nombre sont engagés comme clercs, scribes et hérauts par les maisons de la noblesse, beaucoup servant aussi brillamment les sphères gouvernementales au sein de l’importante bureaucratie impériale.

Le plus souvent, ceux que l’on surnomme les « Enfants de la Balle » sont levés depuis une heure lorsque retentit la salve matinale et ont même pris leur petit déjeuner, préparé les forges pour que les flammes soient bien vives et assuré des dizaines de corvées mineures pour que la journée d’apprentissage se déroule au mieux.

Les Enfants de la Balle sont autant apprentis qu’élèves, car les tâches qu’ils effectuent parachèvent leur éducation. Il leur arrive également de remplir quelques besognes pour réduire leur dette envers l’école. Les plus ambitieux vont même jusqu’à travailler au point de ne plus rien devoir une fois leur diplôme en poche. Ces cas restent néanmoins rarissimes.

Le temple de Véréna accueille la plupart des orphelines de la ville, mais il arrive qu’une de ces jeunes filles fasse montre de l’intérêt ou des aptitudes requis pour être prise en charge par l’école, sous la tutelle de l’un des maîtres ou d’un noble intéressé. Elle peut alors y apprendre l’un des divers métiers enseignés par l’École Impériale d’Artillerie, y compris le maniement des armes. Un grand soin est pris pour ce qui est de sa sécurité, notamment pour qu’elle ne soit pas importunée par les garçons les plus chahuteurs, bénéficiant ainsi d’une d’intimité dont ne jouissent pas les dortoirs masculins.

Les Enfants de la Balle et ceux de l’aristocratie - qui sont ici pour se former à devenir des Pistoliers - n’ont pas l’habitude de se mêler les uns aux autres. Outre le fait de disposer d’un dortoir et de cuisiniers attitrés (et donc d’une meilleure nourriture), les nobles ont tendance à regarder les orphelins de haut, mais ils se conduisent de même avec l’essentiel du personnel. Ce dernier est parfaitement conscient de cette rivalité et œuvre efficacement pour en empêcher l’escalade. Les disputes sont interdites, les sanctions prenant la forme de corvées supplémentaires souvent désagréables, de renvois d’au moins une semaine, voire d’expulsion dans les cas les plus sérieux. Les infractions graves, comme le vol, le meurtre et autres crimes, sont confiées aux autorités de la ville. Bien entendu, qu’ils soient innocents ou coupables, les Enfants de la Balle connaissent dans ce cas un sort moins enviable que leurs homologues de la haute société.


Le Cursus

Chaque élève apprend les bases de l’entretien des diverses armes à feu : comment les nettoyer et les huiler quand on ne s’en sert pas, comment les préparer pour un voyage et comment les réparer provisoirement sur le champ de bataille. On leur enseigne également l’art du siège, notamment la construction intégrale sur le site de catapultes, de balistes et de tours de siège.

De nombreuses compétences peuvent s’apprendre ici, à condition d’en payer le prix. Les élèves potentiels commencent par rencontrer un Enfant de la Balle établi, afin de déterminer ce qu’ils souhaitent étudier, après quoi ils pourront regarder si cela correspond avec ce que l’école propose pour l’année. Une personne qui cherche à suivre un cours spécifique pour accroître son savoir devra débourser davantage pour ce sujet d’étude que celui qui souhaite s’immerger complètement dans l’apprentissage de l’artillerie, mais elle risque moins d’être refusée quand la classe sera pleine. En revanche, elle ne pourra être logée ou nourrie à l’école.

Le coût de l’enseignement est décidé par le Conseil des Maîtres de la Guilde des Mécaniciens, qui regroupe les meilleurs instructeurs de l’école, qui ont tous connu une réussite sans pareille dans leur domaine d’expertise. En général, c’est le maître d’une discipline donnée qui fixe les honoraires des cours qui y ont trait.

Les Canonniers

Le Canonnier est spécialisé dans la gestion de toutes les armes de siège, des balistes aux trébuchets, sans oublier les engins à poudre tels que les Grand Canons, les Mortiers et les Canons à Répétition Feu d’Enfer de l’arsenal impérial. Les réparations sur le champ de bataille sont souvent nécessaires, quand une roue se brise ou qu’un affût cède et les Canonniers avisés apprennent vite à dépanner temporairement ces machines pour garder le rythme des salves. Ils comptent sur le travail d’équipe et ont sous leurs ordres des groupes d’Ingénieurs capables de manipuler efficacement leurs armes. On les rencontre rarement dans un contexte autre qu’une armée de taille.

Autant ingénieur que soldat, le Canonnier doit apprendre à ne pas s’exposer sur le champ de bataille, car il est une cible de prédilection. En général, il reste en retrait, derrière les lignes avant, mais l’efficacité de son arsenal en fait un point de mire des projectiles ennemis, des créatures volantes et des attaques magiques. En outre, déplacer les divers engins n’est pas une sinécure. Ces opérations se font souvent sur un sol boueux, strié d’ornières et jonché de pierres, de quoi éprouver l’endurance tandis que des vies sont en jeu. La vie du Canonnier n’est pas faite que de gloire, comme beaucoup le croient.


Le Quotidien

La salve matinale sert de signal du lever pour la majorité des élèves. Avant le petit déjeuner, ils doivent participer à la gymnastique obligatoire que supervise le Maître des Exercices. Cette étape est caractérisée par trois tours au pas de course autour de la cour centrale de l’école. Ceux qui ont le pied léger peuvent profiter du temps gagné ici pour passer plus de temps à table, ce qui suffit souvent à les stimuler. Le petit déjeuner est suivi par des exercices de tir sur cible au pistolet. Ensuite, viennent les mathématiques et la lecture, suivies dans l’après-midi des exercices d’artillerie plus lourde ou de travaux à la forge, les corvées de nettoyage précédant le dîner. On ne fait pas de pause pour déjeuner.

Personne ne peut se soustraire au nettoyage et autres labeurs ingrats. Quand un aristocrate souhaite étudier ici, il doit se soumettre aux mêmes privations que tout le monde et ses parents ou les nobles qui le parrainent doivent signer un document attestant qu’ils comprennent ces termes et les acceptent. Les élèves bien nés bénéficient de quartiers et de nourriture bien supérieurs, mais pas question de tirer au flanc.

L’été est consacré à l’apprentissage de l’artillerie à proprement parler : tir sur cible, exercices de rechargement des armes et de visée, enseignement des meilleures techniques de transport d’un site à l’autre en temps de guerre. L’hiver est la saison de l’entretien.

On apprend à réparer les armes et leurs affûts, on étudie l’alchimie qui permet de produire la poudre, on forge de nouveaux canons, etc. Tous les élèves participent à cette routine hivernale, même si tous ne cherchent pas à devenir artilleurs. C’est ainsi que pour les élèves qui n’ont pas cette vocation, les exercices estivaux ressemblent fort à ceux d’hiver. Quelle que soit la saison, il n’est pas question que les forges s’éteignent, même si elles peuvent n’être que braises pendant la nuit.

On fait partie du Conseil des Maîtres de la Guilde des Mécaniciens à vie, à moins que le maître soit gravement blessé, qu’il choisisse de prendre sa retraite ou qu’il parte. Chacune des trois divisions (artilleurs, forgerons et ingénieurs) soumet ses recommandations au vote du conseil, avant approbation par la Comtesse Emmanuelle von Liebwitz, actuelle Comtesse Électrice et marraine de l’école.

Le Directeur gère l’école et se charge des commandes d’armes des divers Comtes Électeurs pour renforcer leurs armées au service de l’Empire. Ceux-ci dépensent des fortunes pour acquérir leurs pièces d’artillerie et former les servants qui les manipulent. Il est non seulement en charge de l’administration de l’école, mais doit également connaître les ficelles des affaires. Son talent de négociateur fera la différence entre une année prospère et une saison maigre.

Le Maître des Fonderies est aux commandes de tout ce qui a trait à la fonte des canons de Nuln, ce qui en fait un membre important de la communauté. Il est particulièrement compétent pour tout ce qui concerne la production de ces armes. Sa fonction est de superviser la conception et de s’assurer que les délais sont respectés. Le Maître des Fonderies est autant administrateur qu’expert et, bien que peu connu hors de Nuln, il apparaît comme une véritable personnalité dans les murs de la ville. On attend également de lui une certaine diplomatie, pour mitiger les fiertés froissées et les tempéraments fougueux que les flammes des forges attisent parfois. Il est l’arbitre ultime en cas de dispute ; sa parole dicte la loi à l’École Impériale d’Artillerie et pèse même en dehors.

Le Maître Canonnier enseigne à ses élèves l’art d’employer l’artillerie sur le champ de bataille, insistant sur la précision et la sécurité. Les élèves apprennent à calculer les distances et les hauteurs cruciales en phase de siège et à tirer efficacement lors d’exercices de simulation d’assaut. Le Maître Canonnier supervise les exercices physiques, assigne les préposés aux salves quotidiennes, recommande les élèves dignes de servir comme artilleurs au sein de l’armée et s’assure que ses garçons reçoivent un enseignement de qualité pour tout ce qui concerne le maniement de l’artillerie impériale.


Traditions

Voici un aperçu des traditions majeures que l’école observe.

Salves Quotidiennes

Dès leur plus jeune âge, on inculque aux élèves de l’école l’importance de la ponctualité. L’une des traditions les plus anciennes de l’école se retrouve à travers les salves matinales et vespérales. Une heure après l’aube et une heure avant le coucher du soleil, on fait retentir le plus gros canon de l’école pour indiquer l’heure à tous ceux qui peuvent l’entendre, c’est-à-dire à peu près tous les habitants de Nuln, et jusqu’à trois kilomètres en amont et en aval du Reik et de l’Aver, voire davantage selon les conditions climatiques. On ne charge aucun projectile dans le canon, l’explosion produite par la poudre et le rembourrage suffisant à signaler l’heure, tandis que l’absence de munition minimise les risques de blessures. Chaque élève finit un jour par avoir la responsabilité de manipuler le canon pour les salves quotidiennes. Les plus anciens ont l’honneur de superviser les opérations et d’être en charge de ces salves pour une semaine entière. Les élèves ainsi assignés bénéficient généralement d’un traitement de faveur (nourriture et bière) pour la journée ou la semaine de leur service.

Semaine de la Poudre Noire

Cette fête marque la fin de la saison pleine de l’artillerie et des séances d’exercices de tir en extérieur, avant l’hiver. La Guilde des Mécaniciens passe les mois qui précèdent l’événement à fournir les provisions nécessaires. Chaque jour de la semaine de la poudre noire, les Enfants de la Balle se présentent aux portes de l’École Impériale d’Artillerie à midi avec des paniers remplis de pétards, de cierges "magiques" et de bombes fumigènes, puis ils distribuent des feux d’artifice à tous ceux qui en demandent. Après le dîner et avant de se coucher, les plus anciens se chargent de remplir des emballages en papier de poudre et de mèches pour la distribution du lendemain, sous l’œil vigilant du Conseil des Maîtres. Cette fête qui avait au départ pour fonction de se débarrasser des surplus de poudre avant qu’elle ne devienne instable annonce désormais la fin de l’année et l’arrivée de l’hiver.

Festin de Véréna

Une fois par an, la Comtesse Emmanuelle tient un grand festin en l’honneur de la Guilde des Mécaniciens pour la remercier du prestige et du commerce qu’elle apporte à la cité. L’école se vide littéralement à cette occasion, affluant dans la salle de bal du palais de la Comtesse. Les élèves de première année ne sont pas invités, même si beaucoup se faufilent quand même, sachant que les gardes du palais ne font pas de zèle contre ce genre d’infraction. Les membres de la guilde sont censés se présenter sous leurs plus beaux atours et les tailleurs de Nuln en profitent pour faire un excellent chiffre d’affaires à cette époque de l’année.

Silence de Fer

Selon la tradition, on doit éviter tout bruit important lorsqu’un canon refroidit après avoir été fondu, sans quoi des défauts risquent d’apparaître. Juste avant cette phase de refroidissement, un carillon parfaitement identifiable retentit dans l’Industrialplatz et la ville observe un silence presque total pendant l’heure qui suit. Les chariots et les carrioles ne bougent plus, les conversations et les affaires se font dans le murmure et les exercices de tir sont reportés à l’heure suivante. Alors, les cloches du Silence retentissent à nouveau et tout revient à la normale. En temps de guerre, elles sonnent plusieurs fois par jour alors qu’on ne les entend que trois à cinq fois par semaine en temps normal.

Baptême des Canons

Chaque fois qu’un nouveau canon est conçu, la Guilde des Mécaniciens organise une courte cérémonie pour lui donner un nom. La Comtesse transmet le nom choisi à la fonderie par courrier spécial, plusieurs jours à l’avance, afin qu’il puisse être inscrit sur le canon. Le Maître de Guilde en place, Erich Stahlheim, se présente et fait couler quelques gouttes d’huile sacrée sur le cylindre. Si l’huile dégouline sur le côté droit du canon, on considère qu’il fera une grande arme de siège, capable d’infliger des dommages considérables aux bâtiments et structures. Si elle coule vers la gauche, l’arme sera redoutable sur le champ de bataille, capable d’anéantir de nombreux ennemis. Si l’huile s’accumule au sommet du cylindre, le désastre est annoncé. Cela augure de défauts dans l’arme qui la rendent aussi dangereuse pour ceux qui la manipulent que pour leurs cibles. Généralement, ces canons sont retirés de la circulation sur-le-champ.

Parades Militaires

Lorsque les engins de siège partent en campagne, la ville peut s’attendre à un afflux financier et la fanfare retentit dans toutes les rues. Les commerces ferment pour la journée, à l’exception des débits de boissons, qui ouvrent une fois que la parade a quitté la ville. Les Nulners viennent par milliers pour accompagner le départ des machines de siège et faire leurs au revoir à ceux des leurs qui partent sur le front.


L’École et l’Économie de Nuln

Outre sa contribution monétaire directe aux coffres de la ville, l’École Impériale d’Artillerie offre un atout indirect certain à l’économie de la ville. De nombreux visiteurs se rendent à Nuln pour entrer à l’école ou acheter des armes à feu, et il faut les nourrir, les loger et leur fournir des provisions. L’école engendre elle-même des dizaines d’emplois de bûcherons, mineurs, tonneliers, charrons, charpentiers et autres artisans qualifiés qui ne résident pas à l’école. Les fermiers vendent des tonnes de céréales, légumes, lait et viande aux cuisines de l’école pour assurer l’alimentation des élèves. On pourrait donc dire que cette institution est la cheville ouvrière de l’économie de Nuln.

Sites Importants

L’école impériale d’Artillerie influe sur tous les aspects de la ville, même si cette empreinte est surtout notable à proximité du campus.

L’île d’Aver

Cette île sert pour les exercices d’artillerie lourde. Des règles strictes de conduite doivent être respectées par tous ceux qui se trouvent sur ou à proximité de l’île durant les exercices, car les blessures graves et la mort sont vite arrivées en pareilles circonstances. Les exercices ont lieu selon un calendrier que l’on peut consulter une semaine à l’avance sur la place centrale de la ville.

Les Armes de l’Artilleur

Cette taverne est la plus appréciée des artilleurs et canonniers qui ne sont pas en service. Les élèves trop jeunes de l’école n’ont pas le droit de pénétrer dans cet établissement, sous peine d’être suspendus, même s’ils ne sont dénoncés que lorsqu’ils sont impliqués dans une bagarre ou autre affront. Les élèves adultes, en revanche, ainsi que les soldats et les membres du personnel de l’école sont les bienvenus. La bière y est bonne, la nourriture passable et la compagnie plaisante, quoique bruyante.

Maison de la Botte Jaune

Cette pension douillette propose des chambres confortables et des repas dans le calme. On n’y sert pas d’alcool, ce qui n’en fait pas un lieu très couru, mais un établissement où les aventuriers qui cherchent un peu de tranquillité pourront se reposer. Les deux étages supérieurs proposent des chambres, tandis que le rez-de-chaussée offre un dortoir et une petite salle à manger. La famille qui gère l’auberge dort en bas, dans une chambre séparée du comptoir d’accueil par un rideau. Par le couloir qui sépare la réception des escaliers, on peut guider les chevaux vers la cour intérieure pour la nuit. Le gîte coûte entre 15 pa pour une place dans le dortoir situé de l’autre côté de la cour, et 5 co pour une grande chambre avec son petit salon. Pour ces prix qu’il n’est pas question de négocier, on a également droit à un petit déjeuner copieux.


Personnalités

L’École Impériale d’Artillerie est le foyer de nombreux élèves et talents. Les personnages notables de l’établissement, membres du Conseil des Maîtres de la Guilde des Mécaniciens, sont présentés ci-dessous.

Sources

  • Warhammer JdR : Arsenal du Vieux Monde
  • Warhammer JdR : Le Compagnon
  • Livre d’Armée de l’Empire, V8
  • Livre d’Armée de l’Empire, V7